CHAPITRE PRÉLIMINAIRE
BE L ORIGINE DES PEIKGIPAUX PEUPLES ANCIEITS.
Avant d'arriver aux monuments positifs d'une science constituée^ il est nécessaire de rechercher l'origine de la science elle-même. Or, cette question est intimement liée à celle de l'origine des peuples , et de l'influence mutuelle qu'ils ont exercée le9 uns sur les autres. La' question de l'origine des peuples est donc un préliminaire essentiel pour arriver au point de départ des sciences '.
' Ce chapitre ayant pris plus de développement que nous ne* le pensions d'abord, a formé à lui seul un premier volume que nous avons publié sous le titre de Prodrome d'ethnographie , ou Es-' T. I. I
Précédant toute recherche, il est une vëritë qui domine rhistoire entière de l'esprit humain. La science humaine a ses racioes dans le fond même de FinteUigen^e dé l'honiine, faitei pour connaître , avec toutes les facultés qui devaient la conduire à l'accomplissement de cette haute et noble destinée. Qu'elle ait donc été créée capable d'acquérir par elle-même les premières notions de la science, ou qu'elle ait dû les recevoir d'une révélation divine, ce qui revient au même pour le moment, l'intelligence, une et la même pour tous les hommes, a nécessairement commencé à connaître de la même manière partout ; partout aussi la marche progressive de ses investigations a été la même. C'est ce qui explique pourquoi partout les mêmes vérités fondamentales se rencontrent à côté des mêmes aberrations, quand on est sorti de la vraie route; pourquoi partout aussi le même enchaînement dans le développement des premières, comme dans la suite des secondes. Il n'y a qu'un certain nombre de voies pour arriver au vrai, et un même nombre correspondant de chemins pour tomber dans le faux , et rouler à ses dernières consé* quences.
Mais, et c'est encore une vérité première, l'humanité est créée; elle est sortie d'une seule famille primitive, qui a peuplé toute la terre; les sciences de l'organisa» tion , les sciences ethnographiques, historiques^ archéo» logiques, etc., démontrent ces deux vérités, enseignées
sai sur t origine des principaux peuples anciens, contenant i'kiâtaire neuve et détaillée du boudhisme et du brahmanisme; i vol. m-ë% Parisy 1842. Cet ouvrage n'est dans notre plan que le premier volume de l'histoire des seiences, etc.» dont il peut pourtant être séparé. Nous en résumons ici les conclusions, en renvoyant, pour le» preuve» et ksdétailsi « l'ouvrage déjà publié»
DES PRurciPÀim PBtrpits angieits. |
par DOS livres saints. £t c'est déjà une grande présomption pour la véracité de ces mêmes Écritures touchant le point du globe qu'elles assignent domme centre originel k tous les peuples de la terre. Cependant ^ il s'est rencontré des hommes y en assez grand nombre , qui ont em* ployé tous leurs efforts à contredire ce que le bon sensi général des historiens de tous les temps avait admis conjointement avec l'enseignement catholique. On ne prétendait à rien moins qu'à infirmer la divine origine de celui-ci} pour y réussir, on â cnl qu'en faisant tout sortir de l'Inde ou de la Chine, peuples, arts, sciences, philosophie, religion^ c'en serait fait de la divinité du christianisme^ puisque ses livres seraient convaincual d'erreurs et de plagiat. Plus modérée , quoique basée sur les mêmes données fausses^ une autre opinion, en disant venir presque tout de Tlnde, ne pense pas pat* là infirmer la divinité de l'enseignement catholique. Enfin, une troisième opinion^ en admettant les données des deux autres , croit y trouver la confirmation de la révélation primitive faite à l'humanité avant sa disper-* sion sur la terre ^ et, dès lors , elle ne répugne point à dater de l'Inde et de la Chine le commencement de la philosophie et des sciences. Quoique respectables dans leurs motifs, ces deux dernières opinions glissent trop rapidement vers la première, pour ne pas inspirer quelque défiance; elles n'ont pas, du reste, de meilleurs fondements.
Tout concourt en effet à refuser à Tlndé et à la Chine celte haute initiative qu'on a voulu lui donner sur l'Occident : la tradition d^un déluge universel, admis identiquement le même par tous les peuples '; l'accord de
'Prodrome d'ethnographie {(orne V da C€m histêirejy «h. f, p. U
4 DE. l'origine
toutes les chronologies positives '; la situation géogra* phique, la nature minéralogique, climatérique, le niveau de l'Arménie chaldéenne; les traditions qui concernent cepays; la civilisation toujours connue de ses habitants^; les communications jamais interrompues entre tous les peuples anciens^; leur état social primitifs ; la philologie et la dérivation des langues ^; la religion véritable; ses falsifications dans les cultes païens ^ ; l'astronomie et les autres sciences d'observation 7 ; la philosophie ^ et les arts 9, s'accordent à confirmer le récit de Moïse sur l'origine des peuples. En outre, ce récit étant de tous celui qui renferme le plus grand nombre de caractères de simplicité , de naturel^ de logique et de véracité, à l'exclusion de tous les autres, ceux-ci n'étant jamais d'accord entre eux que dans ce qu'ils empruntent au récit de Moïse, il faut, en saine logique, conclure qu'il est la seule et véritable histoire des origines de l'humanité. Par conséquent, ce qu'il raconte des temps qui ont précédé le déluge, depuis la création , est encore la seule histoire exacte que nous ayons sur ce point. Cette dernière vérité est de nouveau appuyée par les confirmations partielles que son récit reçoit des traditions de tous les peuples , dont les divergences et les oppositions même ne servent qu'à l'ap-
' Prodrome d* ethnographie y ch. II , p. lo.
» W.I//., ch. IU,p. a8.
^ Id. iU,ch. IV,p, 4o.
^ Id, id.y ch. V, p. 5o.
^ Id. èd,, ch. VI, Sg.
• 2d. id.y ch. VII, p. 98 ; ch. VIII, p. 170; ch. IX, p. aog; ch. X, p. 258.
7 Id. id., ch. XI, p. 288.
• Id. id., ch. XII, p. 333.
» /^,^H, ch. XIII, p, 343, etc.
DES PRIirCTPAnx PEtrPLES ANCIENS. 5
puyer davantage. S'il se rencontre çà et là quelques difficultés d'accord, elles peuvent provenir de deux sources: ou de ce qu'on a mal compris et mal interprété le texte, ou de ce qu'on n'a pas assez approfondi les objections.
Une première conséquence qui ressort des faits prouvés dans cet ouvrage, c'est que les peuples de l'àrménie chaldéenne ont hérité de la science antédiluvienne, qu'elle a été pour eux le premier germe. Enfin^ et cette dernière conséquence nous sera plus largement démontrée dans le courant de cette histoire, tout le progrès de l'esprit humain s'est réellement effectué entre l'Asie occidentale et l'Europe, et l'Asie orientale a réellement plus reçu qu'elle n'a donné.