‹ Histoire des sciences de l'organisation et de leurs progrès, comme base de la philosphie;Chapitre 16 sur 45 · PERIODE I · texte numérisé non relu

PERIODE I

PAEHIEBES NOTIONS DB LA SCIBNGB DAIfS l/HUMAmTÉ.

Les traditions de tous les peuples s'accordent, avec FÉcriture révélée et avec la science, pour nous apprendre que l'homme fut originairement créé dans un état de perfection dont il est déchu. Parfait dès le principe, il ne passa point par les développements successifs des. différents âges; il fut créé social, car c'est là sa nature et son état normal. Sa science fut grande. Dieu fut son maître; la nature tout entière lui fut soumise, et il connaissait son empire. Dieu amena tous les animaux devant l'homme, qui leur donna des noms convenables, forma ainsi la nomenclature universelle ' , et arriva

» Genèse fCh.lîf y. 19, ao. j / , » ! ,. \ ^

6 l»REMiiRES ircnoHa

dy premier coup au dernier perfectionnement d'une science achevée.

La chute de Thomme ne fit pas de lui tout à coup up étr^ sauvage^ en lui faisant oublier tout ce qu il avait appris d'un si grand maître ; au contraire j les conjectures raisonnables que noua permettent de faire les lambeaux des traditions antiques^ l'induction y l'analogie, nou^ portent à croire que la civilisation fut grande et la science cultivée avant le déluge. Cependant il ne faut p$is «oublier que la déchéance, dont la croyance se retrouve daps toutes les cosmogonies, ne condamna p9$ seulement Thomme à gagner son pain matériel à la sueur de son front, mais encore le pain de la penséq par les fatigues de l'intelligence, i

Le premier homme vit, pour ainsi dire, l'univers sortir des mains du Créateur; il observa, pendant neuf cent trente ans, les richesses et les phénomènes que la terre et le ciel offraient tour à tour à ses sqns. Est-il permis de supposer qu'il n'ait pas réfléchi sur le rapport des effets et des causes, lui qui était en relation si intime avec la grande cause, son père immédiat; et qu'il n'ait pas connu , aussi bien que ses descendants , la naissance de l'univers, à laquelle il assista? Pendant sa vie, on avait déjà acquis bien des arta : on chantait des poésies y on jouait dçs instruments, on touchait du kini^or et du schougab. On discernait dans la terre les veines de îw et de cuivre , que l'on trav^^illait de toutes les façons % On savait bâtir des édifices, construire des villes ^, et observer les phénomènes célestes ; c'est «ic à l'esprit et au travail des enfants de Seth qu'est due la

■ Gen.^ ch. IV, v.ai, aa.

* Id., ch. IV, V. 17.

DE Lk scisircB DAirs l'humanité. 7

science de Pastronomie ", de la gëomëtrie •; et ih avaient même gravé leurs observations sidérales sur des co* lonnes de pierre : au rapport de Josèphe , on en voyait encore deux en Syrie de son temps. »

Les connaissances astronomiques et métaphysiques que l'on retrouve chez tous les anciens peuples ^ que tous attribuent à leur premier père, et dont ils n'étaient certainement pas les inventeurs, puisqu'ils en ignoraient la valeur, n'ont d'origine raisonnable que dans la science antédiluvienne ; dont les lambeaux furent emportés par chacun de ces peuples. Mais ces débris se conservèrent surtout chez les premières nations fixées après la grande catastrophe. Les peuples qui occupèrent l'Asie ne sentirent jamais l'état de dégradation où tombèrent ceux qui s'éloignèrent de la mère patrie , pour aller coloniser l'univers. Aussi loin , en effet, que l'on peut remonter dans les âges, on trouve les Chaldéens, les Phéniciens, etc., fixés sur le sol, constitués en nations, et cultivant les sciences , le commerce et les arts. Ces faits résultent de l'accord irrévocablement établi , et prouvé par la science la plus profonde et la critique la plus minutieuse, de toutes les chronologies avec celle de Moïse ^, dont l'exactitude est invinciblement démontrée. Mais, après le déluge, tout fut à refaire, et c'est là proprement que commence l'origine des sciences.

Les peuples de l'Asie , les seuls chez lesquels nous

' Josèphe, Jntiq., \. I, ch. ni.

» Jrf. id^ eh. XI.

^ Les recherches de Saint-Martin sur l'Arméme, d'Abel RemiMti sar les langues tartares; ses mélanges asiatiques ; les recherches^ d^ Klaproth , etc., ont invinciblement fixé ce point. — Nous renvoyons sur cette question à notre ouvrage sur l'origine des peuples : Pro^ drome d'ethnographie, x vol. in-8^.

8 PRCMliEB£S NOTIONS ,

devons chercher les premiers délinëaments delà science humaine , puisqu'ils sont les seuls existants comme na^^ tion à répoque primitive de la dispersion , se partagent en deux types bien distincts et parfaitement tranchés : le type oriental, sous lequel on peut compter les Chinois et les Indiens, et le type occidental , qui renferme les peuples qui occupèrent le couchant de l'Asie, l'Afrique et l'Europe; entre ces deux extrêmes se trouvent les Perses, qui sont comme le moyen terme, non-seulement par leur position sur le globe, mais encore par leur religion , leurs sciences et leurs mœurs.

Bien que les communications n'aient jamais été interronipues, depuis l'antiquité, entre les peuples de l'Asie occidentale et ceux de l'Asie orientale, cependant il est positif et certain que tout le mouvement intellectuel, d'où est né le progrès des sciences, s'est exercé unique^ ment dans le périple de la Méditerranée. Les Indiens et les Chinois ont eu une influence plutôt passive qu'active; ils ont plutôt travaillé en dehors que contribué à l'avancemen^; ils ont peu reçu peut-être, mais ils ont encore plus reçu qu'ils n'ont donné. Cette vérité, opposée aux idées systématiques qui ont régné et régnent encore dans beaucoup d'esprits , ressort des recherches delà critique la plus rigoureuse et de l'étude philosophique du développement de l'humanité '. Les sciences étaient d'ailleurs très-avancées en Occident, quand elles sont nées, pour ainsi dire, dans la Chine et l'Inde, où elles n'ont fait que très-peu de progrès.

Nous pourrions donc laisser de côté cett€ partie de Fhistoire des sciences, sati s lacune véritable , comme avait cru devoir le faire M. de Blainville dans son Cours,

• Voir le tùàme ouvrage. \ . . ,, .\>

D£ Là SCIBKCE DAITS L^HUWANITIÉ* ^

puisqu'elle ne se rattache à aucune période du mouvement scientifique, dont il a âuivi le développement dans ses leçons 9 et que nous devons étudier dans cet ouvrage. Cependant , pour ne rien laisser à désirer, nous la traiterons sommairement, en son temps, plutôt comme un appendice curieux que comme un élément nécessaire. Nous en retirerons néanmoins un avantage important , celui de mieux constater que tout appartient à rOccident , par lequel nous devons commencer pour être logiques, et dans l'ordre du développement naturel.

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