‹ Histoire des sciences de l'organisation et de leurs progrès, comme base de la philosphie;Chapitre 33 sur 45 · L. IV · texte numérisé non relu

L. IV

'^ ^h^ IV»

De la voix .

Du sommeil et de la veille.

k» l.2*§ /L. Vet VI. Dans les animaux. B. de l'accouplement..

5^ I S'^ 1 A. distinction de sseies.

b*.63 l(Cefchapltre est, dapstûu8 lesau- c, du produit de l'aoo S p teurs, le dernier du livre précô* piuuui uc w

-S'Sï{ <*eBt). coupiement.

«JS j iS I

ij5'^(l. vu. • Dans l'homme HISTOIRE |L. Vni.

NATURELLE, j L. IX..

Des actes physiques* Des actes moraux.. .

' crustacés.

i mollusques.

I insectes, 'quadr. ovipares, i serpents.

I oiseaux*

poissons.

téiacés, — amph.

quadr* vivipares.

^ Il me semble qu'il y a ici une faute contre l'ordre, et que cette étude devait précéder celle des parties composées, cotnme cela tt lieu dans le Traité des pai^s des a&imailti

4* Tableau. >— kfistote.

HISTOIRE DE SES OUVRAGES.~n. db pabtibus ▲ndcaliuu

Lib.I.

^ ,. , \ principes ,

Prolégomènes j^ *^

' sujet.

Lib.II.

/emiTEB ALITAS SITE LÏS U- QVIDES ET LSS SOLIDES.

générale.

Spécialités .

[ Des organes des sens.

/ des organes' des sens ]

' et des parties qui]

s'ajoutent à la peau.

' i)es dents, etc.

Lib. m.

Au col.

des organes de la vie organique ou des viscères.

Lib. IV.

Tout ce qui est audessous depuis les serpents, appartient i encore au IV* livre. \

Dans la poitrine j dès «veines.

V du poumon.

Des viscères en général. |

(de la vessie Des viscères en particulier] des reins, (^dela rate.

De leurs enveloppes eti

cloisons I diaphragme

Dans l'abdomen; desintes- 1 tins et de Festomac dans les mammifères, . . . ^ . .

Cfa. I. Mode d'envisager la science, renseignement .

Ch. II. Des principes de la distinction des corps naturels .

Les corps naturels mortels ; périssables.

sur la fibre.

sur la lympbe et la graisse.

sur la moelle.

sur le cerveau.

sur la chair.

sur les vaisseaux.

sur les os et les cartilages.

des oreilles.

des jreux,

des poils,

des narines.

de la langue.

de la bouche, de Tœsophage.

de la trachée-artère, du cœur.

Dans le» serpents et ovi-

DESCRIPTlOnS DES P&RTIES HATURELI^S DAHS 1.E8 AîtlkAUX

enveloppes des intestins et de l'estomac.

deTépiploon? fiel ou non.

de lactibus P

Si l'on voulait continuer à placer ce livre dans ce traité, il est évident qu'il faudrait commencer par lui ; mais ne serait-ce pas tout simplement une répétition de ce qu'il a fait dans la partie anatonuque de son Traité des animaux ?

exsangues

sanguins .

[ mollusques.

I insectes.

I testacés .

I crustacés.

i vivipares comparés

avec Vhomme.

loiseaqx.

'poissons.

/cétacés.

I phoques.

^ ambigus. < chauves-

I souris.

\ «utruchet

aaO EPOQUE GRECQUE.

5* Tableau.

n. Analyse des ouvrages d'Aristote qui ont trait à la zoologie, m. De la GénératioD.

/généralités..

Lib. I.

Anima est quasi principium omnium animalium

Iuniversalis generationis partitio.

principium générât : esse mas et fœmina genilalia membra.

de differeniiis instrumentorum gênera tionis:

quod animalium membra ad ooituc accommodentur.

I mâles. . • { cur nonnuUa animalia membrls gène rationiit careant.

différentielles organiques

femelles.

Anatomîe des organes de la génération dans les animaux

3U0 modo serpentes coîunt ^ e situ uterorum aut vulvarum.

vivipares.

I ovovivipares.

mollusques \ utram tutus anf inalla habeaat msectes. 1 rua geoitalium,

meatus excrementorura. quod [ saoguinis careant ac membra

Lib. n..

Lib. m.

Lib.nr.

Lib. V.,

quod animalia emittant semen.

réfutation de Topinion d*£mpédoclt . , , - à ce sujet

Étiologie I des menstrues.

\ ) réfutation de Topinion de ceux qui pen-

sent que la femelle a une semence.

I Sur la semence et l'action de la se- 1 *!"«"«,«*; ^ cause et le principe coo-

menoe | "u de la génération.

7 de la nature de la semence.

si ce sont les mâles qui fournissent la

semence à la femelle, quelles sont les causes de la génération.

f vivipares «... ) comm. le foetus s'anime-il dans Tutérust'

/ des causes de la stérilité.

I des mulets. ^de Tœuf en général, dans les oiseaux.

^Produit de la

génération ou

développement

dans les

animaux

poissons. ] réfutation pour

•ovipares.... {Poiss. cartilagineux, les poissons carmollusques tilagineux.

insectes, abeilles.

^ testacés.

I* de la génération en général.

? distinguer les sexes, cause de la ressemblance, cause de la monstruosité, cause de la superfétation.

les animaux vivipares parfaits ?

sur les moles.

de la durée de la gestation, /de la différence des yeux.

I du sens de l'ouïe, etc.

Questions diverses qui n*ont aucun I de la division des poils, trait à la génération, et qui par 1? lesbommes blanchissent, conséquent ne devraient pas être ici. ] P quelques-uns changent de poils ?

I de la couleur des animaux I de la voix des animaux.

\ des délits.

ARI&TOTE. aSkl

Cet exposé nous prouve le plan général des œuvres d'Aristote en histoire naturelle; nous allons en donner les détails 9 en commençant par le traité de Anima.

De Anima, irepi ^^uxyiç- Ici se présentent d'assez graves questions. Jusqu'à présent, en effet, cet ouvrage a été regardé comme un traité psychologique sur l'intelligence, sur le principe immatériel, en un mot, sur l'âme humaine, de anima^ de Vàme. De là, la négation de l'être spirituel dans l'homme, et par suite, en poussant à l'extrême les idées d'Aristote, la négation de tout être spirituel, puisque l'homme est le plus divin de tous les êtres qu'il considère. Mais en l'approfondissant, on se convainc bientôt que le titre seul, mal entendu et mal traduit, a conduit à la fausse interprétation de tout l'ouvrage, en faisant d'Aristote lé père du matérialisme le plus grossier, tandis que ce n'est de fait qu'un- traité de haute physiologie. D'autres ont prétendu que, par le mot anima ^ il entendait le monde entier, et, par conséquent, allait à établir positivement le panthéisme matérialiste.

Cependant, que penser de ces opinions? Lorsque nou? cherchons à définir l'animal , et que nous prenons ce terme en lui-même, dans son étymologie, nous voyons bientôt que le mot animal veut dire vivant. Ce mot, au singulier, nous fait comprendre une véritable abstraction , d'autant plus exacte et plus vraie, que nos connaissances sur les êtres de la nature sont plus développées. Mais, sous le nom pluriel les animaux ^ nous comprenons une des plus, grandes séries des êtres qui sont à la surface de la terre. Cette série pourtant est bien moins étendue pour nous qu'elle ne l'était pour Aristote, qui y comprenait tous les êtres organisés ( ^u^^ia, psuchia ), par opposition aux êtres inorganisés ( a^u^ia.

a99 ÉPOQUB GBMCQVIR.

apsuchia ). Le mot animal vient du mot latifi anima, qui lui-même vient du grec anemos (ave(i.oç), qui veut dire vent^ souffle; d'où le souffle ^ la respiration ^ étant un des signes de la vie qui apparaît le premier et disparait le dernier dans les animaux surtout élevés ^ et étant par là même propre à caractériser les êtres vivants , on a pu appliquer ce mot aux ^yyfyi (psuchia) des Grecs, qui pourtant n'avaient point confondu tous les ^\yfyt (psuchia) dans une même catégorie, mais les avaient distingués en Çoa vivants, et cura végétants. Les Latins, en recevant ces deux divisions , les nommèrent animalia etvegetalia. Plus tard, quand on revint dans la science au point où l'avait laissée Aristote, on sentit le besoin de revenir sur le partage des êtres en trois règnes, minéral, végétal et animal, et de le ramener à celui d'Aristote en deux règnes, organique et inorganique; ou bien en ^/uj^ia, êtres qui peuvent vivre, donner la vie, se nourrir, se rafraîchir; et en a^j^uj^ia, êtres qui sont privés de toutes ces fonctions.

Cependant le mot anima, dont nous avons vu l'origine et la signification primitive, qui veut simplement dire vie, étant par les langues chrétiennes contracté dans le mot âme, s'était élevé jusqu'à signifier l'être que nous ne pouvons juger que par ses actes, l'être immortel, l'être émané du souffle de Dieu. Ainsi agrandi, ce mot ne traduisait plus le ^/u)^iQ(psuchè),qui ne pouvait signifier pour Aristote que souffle, respiration, rafraîchissement, vie et tous les phénomènes qui en dépendent, comme nous allons nous en convaincre par le contenu de ce traité. Il ne faut donc plus traduire wapi ^\rfy\% par de Anima, de Vânie, mais bien par de Vita, de la vie,

XiV. /. Après avoir consacré son premier livre aux .ûpinions des apciens vas la vie , Aristote la défînil daD§

ARisTOTB, aa3

le second j ZlV. // et II] : a L'être animé est séparé de l'être inanimé par la \ie; or, comme ce qu'on appelle vie se fait par différents actes , quand même il n'y en aurait qu'un, nous disons que l'être qui en est capable vit. Ces actes sont l'intelligence, le sentiment, la loco* motion et la station ; en outre, le mouvement propre à la nutrition et à la croissance ou à la décroissance. C'est pourquoi toutes les plantes paraissent vivre, puisqu'en effet elles paraissent avoir en elles-mêmes cette puissance , ce principe par où elles éprouvent à des lieux divers l'accroissement et le décroissement. • . . , et elles vivent tant qu'elles peuvent recevoir l'aliment. Or, cette puissance vitale peut être distinguée et séparée des autres , tandis que les autres puissances vitales, dans les êtres mortels eux-mêmes, ne peuvent être séparées de celle-ci ; ce qui, néanmoins, se voit dans lesplantes,car il n'y a en elles, comme il est évident, aucune autre puissance, aucune autre fonction vitale que celle-là. La vie donc, à cause de ce principe, appartient à tous les êtres vivants. Mais l'animal est animal, d'abord à cause du sentiment : car, ces êtres mêmes qui ne jouissent point du mouvement, qui ne changent point de place, mais qui ont le sentiment, non-seulement nous disons qu'ils vivent, mais, de plus, nous avons coutume de les appeler animaux. De tous les ^ens, le tact, d'abord, réside dans tous les animaux. Et comme la puissance végétative peut être séparée de toute espèce de tact et de tout sentiment, le tact aussi peut être séparé de tous les autres sens. Nous appelons végétative cette partie de la vie dont les plantes participent; mais tous les animaux paraissent posséder la puissance de sentir pai^ le tact. Plus tar4 nous exposerons pour quelle fin oes deux fonctioBi «'exécuteat} qu'il aous sufiâse malatenant de dire que

2^4 ÉPOQUB GRECQUE.

la vie consiste dans la possession de l'un des principes dont nous venons de parler, et qu'elle est définie par ces principes, le végétatif, le sensitif, l'intellectif, et aussi

parle mouvement Certains animaux semblent

posséder toutes ces puissances , d'autres quelques-unes, et d'autres une seulement; ces puissances sont la nutritive, la sensitive, l'appétitive, la locomotive et Tintellective. Les plantes n'ont que la nutritive; d'autres êtres ont de plus la sensitive. Dès que la sensitive y est, l'appétitive s'y trouve aussi; car l'appétit est le désir, la colère et la volonté. Mais tous les animaux ont au moins un des sens, le tact. Or celui qui a un sens a aussi le plaisir et la douleur, et la perception de ce qui est agréable et de ce qui est pénible. . . . Qu'il nous suffise donc de dire que ceux des animaux qui ont le tact, ont aussi la puissance appétitive. ^Pour l'imagination cela n'est pas

évident Plusieurs ont en outre la locomotive; et

d'autres, comme l'homme, possèdent la ratiocinative et l'intellect; et s'il est encore quelque chose de tel ou

même de plus élevé C'est pourquoi il faut

chercher en tous quelle est la vie de chacun , ou quelle est la vie de la plante, quelle est celle de la bête, et enfin quelle est celle de l'homme. Dans la suite, il faudra considérer pour quelle fin cela est ainsi, car la puissance sensitiven'est point sans la végétative; mais la végétative est séparée de la sensitive dans les plantes; de même, sans le tact, nul autre des sens n'existe: car plusieurs animaux n'ont ni la vue, ni l'ouïe, ni l'odorat; et encore, parmi les êtres qui sentent, quelquesuns jouissent de la puissance locomotive, d'autres n'en jouissent pas. Les derniers et les moins nombreux ont la raison et l'esprit (^mens); mais ceux des êtres mortels qui ont la raison, ont tout le reste; ceux, au con-

ARISTOXE. !^a5

traire y qui n'ont que l'une quelconque des autres puis* sauces, n'ont pas tous la raison ; quelques-uns manquent d'imagination , d'autres vivent d'elle seule. Quant a V intellect contemplatif:, c'est une autre question. » Âristote fait de l'intellect contemplatif l'instrument de la science, la iréritable puissance du mens; il ne l'accorde qu'à l'homme, et voilà pourquoi il dit que c'est une autre question.

« La vie est la cause et le principe du corps vivant. . . Elle est la cause d'où découle le mouvement. C'est aussi pour elle que tout le reste se fait; car tous les <»corps naturels, tant des animaux que des plantes, sont les instruments de la vie. s^ 11 consacre le reste du traité à considérer les sens , le mode de leur action et les choses sensibles. Il parle ensuite du tact, de sa place et de son instrument. Il ne reconnaît que cinq sens, et distingue nettement l'intellect du sens, qui en diffère tellement, que l'intellect existe par la puissance et l'acte sans matière. Il admet donc l'immatérialité du principe pensant.

De cet exposé précis, résulte donc : que, par le mot anima ^ Âristote n'entendait pas le monde entier, comme l'ont voulu certains analystes : anima non omnis natura est, l'âme, et mieux la vie, n'est pas toute la nature; et il a distingué les êtres qui l'avaient de ceux qui ne l'avaient pas, par les deux grandes divisions des , ijruxia et des a^J^ixta. Ainsi le panthéisme est détruit. Mais il ajoute :

L'âme n'est pas le corps, anima non corpus; l'âme est une, sentant, etc. Anima est actus, l'âme est l'acte, et il entend par âme, la vie, ce que l'on a nommé le principe vital; et enfin, il distingue nettement l'intellect du sens; l'intellect, le mens, existe par la puissance et T. I. i5

!iù6 ÉpoQtri dbfeCQUE.

l'acte sans maiièrè. Par li, le matérialisme est renversé.

Gepefadàtit j il fhùt en convenir, et c'est Une des raisons c|m ont cohtiîbuë & la faiissè interprétation de ce traité et au jugement de sa portée scientifique, Arîstotte a confondu quelques idées propres à Tintellect {mens) y avec ce qui ne convient qii'au principe vital, anima.

Goriciuohs donc que ce traité ii'est qu'une grande et belle physiologie générale , et qu'encore une fois Aristote est amené, paria logique et là force de la raison , jusqu'à la reconnaissance dû principe inimortel qui réside dans l'hôtnmè; mais qu'il s'arrête là, parce qu'il n'est pliis dans les choses périssables^ et qu'ici commençait le domaine de la théologie dont il s'était interdit dé parler, et dèà \oH cette physiologie générale le conduit uatùrelleiHerit à l'histoire des animaux.

IL De P histoire des animaux. Ce nouveau traité j di' visé eh hetif livres, ëàt celui sur lequel Ëuffbn a le plus appuyé.

Il commence , dans son livre premier, pal* des prolégomènes et des définitions générales sur la subdivision et la classification des animaux* H distingue les parties des ahiitiaux en sini^les et compdl^éesrles parties simples sont celles qui peuvent être divisées en parties similaires, coiiimek chair, les os; li^s parties composées ne peuvent étt^ subdivisées en parties similaires, comme la main. Les parties composées sotit foriiiées des parties simples. Suit ta comparaison dés aniniaux sous le rapport des parties composées.

Les parties simples se subdivisent en molles, humides, sèches et solides.

Lies parties réunies composent les animaux, (}ii'il

ARISTOTB. a2T

subdivisé à leur totir en plusieurs classes, d'après la manière de vivre, qui comprend le séjour, la fixité ou Ufnobilitë^ lé mode de locomotion, la nourriture et l'édUbàbilité^ d'après leurs actions, leur caractère moral j et enfin leurs parties ; ce qui le conduit à Tétudc dès parties conimunes aux animaux, et susceptibles de différences ou de ressemblances. A cette occasion, il étudie lei^ organes avec lesquels l'animal prend sa nourriture, ceux dans lesquels elle se rassemble, et ceint qui servent à la décharge dû superflu ; là bou- *îhé, l^eàtomac et lés intestins; puis les organes de la géiléraiioii et le sens du toucher. Nouvelle subdivision des aniinaux d'aptes le mode de génération : tout aniÊâal nâit sous forme d'animal vivant, d^œuf ou de V*.

Une dUtre subdivision repose sur le mode de locoitidtiQti des pieds, dotit il donne la proportion çtle nombre j deuk-quâtrè, ou plus de quatre.

Arrivant étifin à la séparation des animaux en dîfFérentd genres, que nous nommons classes, il admet les ânimatlt qiiî ont du sang et les animaux qui n'ont pas de «aii^.

Ce preralëi' chapitre ise termine par rexposîtioii de son plati; il traitera dé ce qui est commun aux animaux , et de fee qui les différencie.

Mais avant de pénétrer plus loin , il cherche un terme de comparaison, et prend l'homme comme mesure, patxîfe que c'est celui (\\ie nous connaissons le mieux. « Il felit donc commencer par les parties de l'homme . . . , ^àt^ qUfe^ ierïïke tous les aniniaùx, l'homme nous est tiéoigât^ii-jsilient plus connu •, et, en lui comparant tous

' De Jnim., 1. 1, ch. VL

aa8 ifPOQUE GBKCQUE.

les autres animaux^ vous découvrirez facilement qu'il les surpasse tous '. »

Dans une première étude des parties organiques ex* térieures, il donne une excellente description topographique externe de Thomme en nommant chaque partie. Les parties internes lui sont moins familières que les externes ; il faut , dit-il , pour les reconnaître , les comparer avec celles des animaux dont la nature se rapproche le plus de celle de l'homme.

Organisation des animaux, A. Parties composées. Cette mesure déterminée, le second livre entre en matière par l'étude des parties composées externes dans les animaux à sang; chez les quadrupèdes vivipares d'abord, puis dans les quadrupèdes ovipares qui ont du sang, comme les crocodiles et les caméléons; dans les oiseaux, qu'il divise d'après la conformation des pieds et le nombre des doigts ; dans les poissons et les serpents, ce qui renferme la grande division des vertébrés ou ostéozoaires. Il ne fait pas l'anatomie complète de chaque espèce tout de suite, mais il considère chaque organe dans toutes les espèces, l'une après l'autre; de là il passe à un autre organe, et ainsi de suite. Exposant d'abord l'anatomie physiologique externe, dans les genres dont nous venons de parler, il termine par l'anatomie interne dans ces mêmes genres. Avant cette dernière partie sont intercalés deux alinéas, qui certainement n'appartiennent pas à ce chapitre.

La même observation s'applique à ce qu'il dit, au chapitre premier du troisième livre, des organes de la génération dans les animaux qui ont du sang ; organes mâles d'abord, organes femelles ensuite. Des lettres intercalées

» Jd,,id., ch.XIL

D^gitizecl

ARisTOTE. aa^

dans le texte indiquaient très-probablement des dessins

qu'il avait faits sur les parties qu'il décrit. Mais Scalîger

propose, et Schneider, dans sa nouvelle édition du

traité des animaux , accepte de reporter ce chapitre à la

fin du livre second, et sans doute avec raison. En effet,

il est terminé par cette phrase : Hactenus de partibus

curimalium quœ dissimilibus inter se pariiculis constant^

tctm interioribus quant exterioribus. Dans cette manière

de voir, le livre second se compléterait par le chapitre

premier du troisième livre, et ainsi l'étude des parties

composées serait bien terminée par celle des organes de

la génération.

B. Parties similaires. Le livre troisième commencerait également bien , par le chapitre second , l'étude des parties similaires en parlant du sang et des vaisseaux qui le contiennent. A ce sujet, Aristote s'étend trèslonguement sur les opinions de ses prédécesseurs, et les réfute. Il passe ensuite à la partie tendineuse et aponévrotique des muscles, qu'il appelle nerfs, les faisant naître du cœur assez malencontreusement. La sérosité, les fibres et la chair sont assez bien analysées. Il a vu que les os qui se fléchissent ou sont articulés entre eux, sont liés par des muscles, et qu'autour de tous les os, il y a une multitude de muscles; dans la tête, pourtant , suivant sa remarque, il n'y en a aucun ; mais les sutures des os la composent et la solidifient. Le nerf (tendon), dit-il, est scissile dans sa longueur, mais non en travers. La fibre, selon lui, tient le milieu entre la veine et le nerf (tendon). Il analyse le sang.

Des os, du squelette et dés cartilages qu'il regarde comme de la même nature, il passe à la peau, aux poils, aux cornes et aux plumes, toutes choses qu'il se garde bien de confondre avec les os , mais entre leS'»

a3o ^^?Ç Ol^CQUE.

quelle^ il trouve de§ an^tlogies çX dçs r^e.i;a|)|{iQpçs* H parle cj^s meaibriines qui ^qtoufent le wicveau ^t le cœur, et de celles qui entourept les 03; par cpo^ quent il copnaissiût }e périoste, gqssi bien que les qr^^pa* l^raiies des \iscère§. Toutes ces membranes e^iistçiity dit41, daps tous les animaux « même le^ plus petits^ bien qu^elles y goieql; moins apparentes à caw^e de î^ur téniiité. Une nouvelle dissertation sur la chair, Ipi ^R fait retrouver les éléments, dans le sang, qu'il apaly3^ ici plus en détail^ reqonnaissapt très-bien le principe du coapîum et la partie toujopfs fluide. La n[|Qellç es^ étudiée, le lait et la liqueur spermatique soqt aiialy$es^ C|t tout cela d'unç oiapière assez çopy^pabW*

Cette partie contient, comme on le voit, tout ce fpiî n'est pas viscère; très-probablement elle n'est pas k sa place, puisque dans ses prolégomènes il range les parties simples avant les parties composées^ c'est bien, du reste , ce que nous comprendrions aujourd'hui 3PUS I^ titre (J'anatomie générale.

Le livre quatrième commence par une phrase de liaison ayeç les précédents. «J'ai parlé, ^it l'auteur, (jes animaux qui ont dw sang^ des parties qui sont communes ou propres à chaque genre, des parties similaires, des parties composées ^ des parties internes et de^ parties externes. » Cependant, comme dans leç premiers chapitres il traite des généralités, il iîqus semble que ces chapitres devraient être reportés au liyre premier^ après les généralités sur les animaux qui ont du sang.

Dans le chapitre premier il subdivise les animaux exsangues en mollusques, crustacés, testacés et insectes.

Dans |e second^ il f tudie les parties externes §t les

partiel^ iiltiçrne^ des mollusques, ^t flo|)n^ Ips ^pji^d^vi-* $ioDs gepëriques d^ ces animau^. l^es d^i|?L dents ^ les yeuic, le cçrveau coptçnu dans un cartibge interp^, et le fqdiment de la langue che? les sèches, Ips poulpps et les calmars, ne lui ont pas échappé. Pans cette division est rsiPgé l'argonaute y auquel il ^ttrjb^e ^ coquille; question longtemps débattue par les n^tu^istps mo* dprnes, qui ont cru que cette coquille n'appartenait pas à ranimai ; mais il paraît constaté wjourd'Uui qu'Aristote ne s'était pas trompé.

Le chapitre troisième est consaçj'é aux crustacés étudjés dans leurs subdivisiops ^ leurs formes extérieures et leurs parties intérieures. Ici se trouve intercalé un alinéa qui appartient aux animaux exsangues en général , et qui occupe différentes places suivant les éditions; il semble donc qu'il devrait être reporté au chapitre premier.

Lte chapitre quatrième traile des test^cés , d^ns lesquels il comprend les oursins, les univalve§, et les bivalves.

Les chapitres cinquième et sixième comprennent les oursins, les théties, peut-être les ascidies, et enfin les insectes, dont il continue l'histoire au septième chapitre, en y comprenant les animaux trop peu connus pou^ être classés.

Là finissent les généralités de classification et d'an^tomie que nous reporterions au livre premiert

Nous ne laisserions pas non plus^ au quatrième livre, son chapitre huitième, qui renferme des généralités sur les sensations dans tous les animaux. 11 est évident, du moins, que cette partie doit être séparée de la précédente , puisqu'il n'y est plus question d'anatomie différentielle, mais de physiologie, ou mieux d'histoire

i3li lÊPOQtJJS GRÎÉ'CQUE.

naturelle dans tous les aïiîmaux ; c'est pour cela qu*elle ferait pour nous partie du livre second , aussi bien que la première partie du chapitre neuvième, dont la fin , qui traite de la \oix, rentrerait, selon nous, dans le livre troisième de l'histoire naturelle.

Le chapitre dixième , du sommeil et de la veille dans les animaux , resterait au livre quatre.

Les deux ou trois derniers alinéas , qui terminent le livre quatre, doivent être reportés au commencement du livre cinquième.

Ce dernier livre traite de la génération, et d'abord des actes et des rapports des sexes, du produit de la génération, et de l'analyse du sperme. Mais, chose bien remarquable , pour étudier cette fonction , il suit un ordre inverse à celui qu'il a tenu jusqu'ici, commençant par les animaux inférieurs pour venir ensuite aux supérieurs. Il va même plus loin , et pose* avant tout des généralités de comparaison sur la reproduction dans les végétaux et les animaux.

Dans ce livre, encore, se rencontrent des alinéas intercalés, et une transposition relative aux oiseaux et aux quadrupèdes ovipares, qui ne sont pas à leur place, étant avant les testacés ; mais, en revanche, les insectes, les entomozoa sont après les crustacés et les mollusques, et leur sont par conséquent supérieurs, puisque l'ordre est inverse.

Les livres sixième et septième sont la continuation du précédent. Le septième est tout entier consacré à la génération dans l'espèce humaine, et aux changements qui arrivent sous ce rapport chez l'homme, depuis la naissance jusqu'à la vieillesse. Ce livre n'a pas toujours occupé la même place; tous les manuscrits grecs, et les traducteurs antérieurs à Gaza, le mettent le dernier.

ARISÏOTE. ' ÛÎ3

Harpocration a cité un texte comme tiré du neuvième livre, et qui est présentement du septième d'Arîstote. C'est Gaza qui a donné aux livres Tordre actuel, et il a été généralement suivi.

Le livre huitième , consacré à ce que nous nommons riaistoire naturelle des animaux, renferme toutes les particularités de mœurs et d'habitudes, et mérite, par conséquent , de former un livre tout à fait à part. 11 commence par quelques généralités, entre autres sur la gradation des êtres. « Le passage des êtres non animés à ceux qui le sont, se fait peu à peu dans la nature; la continuité des gradations contient les limites qui séparent les deux classes, et soustrait à l'œil le point qui les divise. Après les êtres inanimés viennent les plantes , dont les unes semblent participer plus à la vie que les autres. Des plantes aux ani maux, le passage n'est pas subit; on trouve, dans la mer, des corps dont on doute si ce sont des animaux ou des végétaux. Cette dégradation a également lieu pour les fonctions vitales , pour la faculté de se repro-* duire et de se nourrir. »

A des considérations sur les divers genres d'animaux , sous les points de vue de séjour, de nourriture, de reproduction , etc., succèdent de très-longs détails sur les migi^ations des oiseaux et des poissons, citant, parmi ces derniers, ceux qui se pèchent dans le fleuve du Strymon, Il parle ensuite de la retraite des animaux pendant l'hiver, et des changements de peau, des circonstances de séjour qui leur sont favorables ou défafavorables par rapport à la température, et enfin de leurs maladies particulières, chez les cochons, les chiens, les bœufs, les chevaux, les ânes, les éléphants. Ce livre est complété par l'exposé des différences que

IfiS 4Qiaiai|K ppj^ntent siiiysipt leâ pays qfi'tl^ hskbh tent ^ et suivant qu'ils ^ofit ou non 4^ds }e t^paps de l|i g^$latioi}.

Il est continué par le livre neuvième ^ intitulé : £ki earqctère moral des animaux. Quoiqvi^ lrèp-4^cpysu , cq livr^ peqt en efiet rentrer 4ans çpljii qui çst cot|sacr^ à l'histoire naturelle; il contient sana ^0^\e 4fî do)|bl^s emplois, des transpositions et des iiif^fpqla* Uons; on peut çnéme ajouter qu'il n'est nulle|peq( ter^p^qé , cQfpme l'ont déjà fait observer beafippup 4@ (critiques.

Quoi qu'il en soit, Aristote y traite des (^i^ér^pees ^ntre les mâles et les femelles; des anjinaux qui sont ^nnei^is qu amis; de ceux qui vivent en trçjupç; des cerfs et de^ biches ; des différences qpe pré^ei^lept les animaux dans la manière de se conduire à rég4{*d de leqrs petits ; des remèdes qu'ils apportent à leurs p^a* dies». Il expose certaines particularités offertes par plu* sieurs oiseaux, et donne entre autres l'histoire de la perdrix, du coucou, et d'un grand qombre d/espèç^s d'oiseaux , mais sans ordre bien évident. Suivent fies par* ticularités sur la manière de vivre des poissons; de^ particularités chez les mollusques , les insectes , et spéqjalemeqt chez les abeilles, dont il fait une longue |)istoife; eqfin chez les guêpes. Des différences sous le rapp^ri; du courage, de la férocité dans le lion, le tbps, le \^o^ nase , l'éléphant et le dauphin. Il passe ensuite , presque sans transition , aux changements de coqjeur (déterminés chez les oiseaiix par la saison î l'âge et 1^ c^^tration.

La fin de ce livre est singulière et tout à fait tronquée. C'est d'abord un paragraphe sur la rumination, qui n'est lié ni à ce qui précède , ni à ce qui suit; puis

ARisfora^ ftSS

^^ f^\ï\P^ encore plqs singulier sur une particularité piithologique, qui pe tient absolument à rien; q0 qui prouve toujours que la iliffpositiou des livide» auriez animavix a été rétablie, après fiU^ration, p^i: 4?^ tuaitia tout à fait ignorantes.

L'analyse que pouj venons de faire noua permet 4'e^^inmer l'ordre dans lequel doivent être raflgés fjea neuf livres. L'ouvrage d'Aristote était partagé en livrea, inçtis nullement en chapitres et en ^ection^^ qui n'oqt été imaginé^ que parles traducteurs, Noqs savons ^ 4'aprèa Piogène Laérce, qu'il ne contenait que peuf livres; ainsi^ le dwiènae, qu'on y a joint dans plusieurs éditions, nq doit pas y être placé- C'est une dissertation sur les causes qui peuvent rendre l'homme ou la femme impuissants, et, par conséquent ^ sur un point ayant trait à la génération. Gesner, Scaliger et Casaubon pensent qu'il doit être joint à celui de la génération 4e J'hon^me. Plusieurs autres, et Camus surtout, ne veulent pas qu'il fasse partie du traité des animaux ; Camus même ne l'atti^ibue pas à Àristote : il n'y reconnaît ni sa ma* nière^ nj son style, ni ses opinions; les anciens ipa-^ nuscrits ne le contiennent pas, et Pline n'en a rien extpit.

Les neuf autres livres doivent être rangés dans l'ordre où ils sont, du ipoins pour la plupart, en acceptant la réforme établie par Gaza , pour le livre qui traite (le la génération dans l'homme. Il se pourrait aussi que Iq livre III j consacré aux parties similaires, dût être avant les parties composées.

Quant à la circonscription des livres, on doit accepter la rectification de Scaliger pour le chapitre I du troisième livre, qui doit être porté à la fin du second*

i36 JÉPOQtTB GRECQUE.

Il nous semble qu'on doit en faire autant pour le dixième chapitre du quatrième livre, qui doit commencer le cinquième, entièrement consacré à l'histoire de la génération. Il faudrait en faire de même pour les deux alinéas placés dans le livre second, à la fin de l'examen des parties externes des animaux qui ont du sang, et avant l'examen des parties internes; ces deux alinéas doivent être retirés de cette place.

///. Des parties des animaux et de leurs causes. Quatre livres. Le traité des parties des animaux et de leurs causes est le second ouvrage qui nous reste d'Aristote sur les animaux ; il roule plus spécialement sur l'anatomie et sur la physiologie, comme l'indique son titre.

Le premier livre renferme des généralités intéressantes sur la science, sur l'époque d'Aristote et sur sa marche méthodique.

Il y a, dit-il au premier chapitre, deux modes d'envisager et d'enseigner les choses : la science et la prati- \\(\y\eyScientiaet peritia.l^e^ sciences naturelles peuvent être entendues de deux manières : connaître la nature de chaque être en particulier, ou la nature des êtres en général. Il étudie ensuite les causes diverses de la formation des parties de l'animal. Les membres, dit-il, ne naissent point sans un ordre déterminé.

Il distingue son époque et sa morale de celle de Socrate. Du temps de Socrate, dit-il, l'usage de définir existait ; mais la recherche des choses naturelles manquait.

Le chapitre second est dirigé contre ceux qui divisent un genre en deux différences; qui placent, par exemple, les oiseaux d'après le séjour, les uns avec

ARISTOTB. &i37

les mammifères , et les autres avec lès poissons ; il en est de même pour les multipèdes ; les uds terrestres et les autres aquatiques.

Dans le chapitre troisième, il réfute ceux qui veulent établir des différences par privation seulement, et traite de la vraie manière de diviser, ou des principes de classification. Il faut donc, conclut-il, diviser par les choses qui existent dans la substance même, et non par celles qui lui sont accidentelles; il faut encore diviser par les opposés. Les êtres animés doivent être divisés par les qualités communes du corps et de la vie, et puis aussi par leurs différences. Par là , il établit les deux grands principes de toute vraie classification , les ressemblances qui rapprochent les êtres, et les différences qui les font distinguer entre eux.

Préparé par le précédent, le quatrième chapitre traite du genre et de l'espèce; et le cinquième des substances naturelles en partie périssables, en partie impérissables; il détermine le sujet de son étude les êtres périssables et mortels ; étude qui a ses attraits ; car, dit-il, la nature, auteur de tout, procure d'admirables jouissances aux hommes qui savent comprendre les causes, et qui sont vraiment philosophes.

Ce premier livre ne contient donc que des prolégomènes, où il expose les principes généraux et détermine l'objet de ses investigations.

Le second est consacré à l'anatomie générale. Rappelant d'abord ce qu'il a exposé dans le traité des animaux , il examine , dans le chapitre premier, la composition des êtres.

Dans le chapitre second et dans le troisième, il étudie les parties simples similaires, qu'il divise en hâ-

^38 ÉpoQxm <3rccque.

mides et en solides ou sèches. Les humides cottiprenlieiit : sanguisj saniesy aéeps^ servun^ meduUa , geniturci , /ac, caro.

Les sèches comprennent : os , spina , nervus , vence.

Le chapitre quatrième est une nouvelle étude sur la fibre et les animaux qui en manquent. Il confond àvéb la fibi-e, telle que nous l'entendons, la fibrine du saiig, et dit que celui des biches et des dàimà en est privé.

Dans les chapitres suivants ^ il étudie tbilte^ les autHés parties similaires, et examine dans quels àhlttiailx elles se trouvent.

Au chapitre sept, il parle du cerveau et de sa natui*e, de la moelle qui est jointe au cerveau. Il y a, dans ce -chapitré, quelque^ points importants; itiais il est évident que les articles des finitions de là tête et dé la cause du sommeil , qui s'y trouvent , sont dès horsd'œuvre.

Ëp tt'âitant, dans le huitième chapitre, de la chair et de ce qui en tient lieu, il définit l'animttl, l'être qui jouit des sens : animal definimus quod sehswn obtinet.

Dans l'étude des veines, des os et des cartilages, qtie comprend le neuvième chapitre, on rencontre Une comparaison très-ingénieuse des vaiss^ux avec léë Os, la démonstration que tous les os forment uti systèttie conlinu> dotit toutes les parties se touchent et s'enchattietlt; en outre, des observations piquantes sur plusieurs points d'ostéologie. Cette partie se tel-mine par les on- ^es, les cornes, lés becs des oiseaux, qui se rapproohept, dit-il^ des os.

Depuis le chapitre neuvième jusqu'au dix^sepiième^ il traite de l'appareil digestif et des organes àeê sens. Ces derniete l^ot étudiés dans un ordre assez raËÎoii-

AtitSTOt£. a 39

nel, en commençant par l'oule; et ti'a^ôrd de la (^o^ition des oreilles dans les quadrupèdes, puis des tiiéâis auditifs dans les oiseaux. Il a très-exactement observé que les plfoques n'ont pas de conque externe.

De roule, il passe aux yeux, et ix>n8aGre tout Uti chapitre aux paupières. Dans l'hotnoie, les oisefilUx et le^ quadrupèdes, elles sont, dit«il, composées dé p^aii; les poissons, le$ insectes, les crustacés n'en ont poiiit. A roccabiôn des cils, il parle aussi des poils et des che- Teuxi et, ap^èft avoir remarqué que tes quadrupèdes sont plus poilus en dessus qu'en dessous i il ajoute : Homo coriîra parte magis supina qwam prona : hottêo maxime animûlium piloso capite est.

Il se deàlànde en terminant : Pourquoi la nature a donné des cils et des sourcils aux animaux ? et il y répond.

Il décrit ensuite la disposition des narines et des lèvres dans les animaux^ et quels sont leurs nsàges. C'est dans le même chapitre qu'il décrit si bien la trompe de l'éléphant , la regardant comme le nez de cet animal; qu'il parle de la langue^ servant à un double usage, à goûter et à produire la parole. Pour ces deux usages, il renvoie à son traité des animaux, et continue à étudier la langue, sa position et ses différences chez lés animaux divers; elle est un instrument de tact et de goût, et plus large dans les oiseaux parleurs que dans les autres. Il avait aussi trèsbien connu cet organe dans les crocodiles et les serpents , etc.

Le livre trdisième commence par l'examen des phanères, ce qui fait asiea; suite au3^ organes des $ails. En donnant la structure des dents, il les diti^e en àigués pour couper, maxillaires pour moudre f si €n

•l4o lÉPOQUE GRECQUE.

canines. Le bec des oiseaux leur tient lieu de lèvres et de dents.

Au chapitre deuxième, les cornes, leur structure et leurs différences; les animaux qui en manquent^ sont tout autant de questions parfaitement à leur place ; c'est par là qu'il termine Tanatomie externe dont il a traité jusqu'ici. Il \a maintenant parler des parties internes , depuis le chapitre troisième jusqu'au quatorzième.

Il commence par le cou pour finir par l'abdomen. Son chapitre sur le cou, le gosier, la trachée-artère (de collo^ g^^j arteria)j etc., est intéressant. En pénétrant «de plus en plus dans l'intérieur, il parle des viscères, et d'abord de ceux de la poitrine, du cœur y dont il dit plusieurs choses assez bien traitées.

Puis des veines et de leurs dispositions dans les animaux qui ont du sang; chapitre peu important et incomplet.

Plus long et meilleur, celui sur les poumons et leur forme achève ce qu'il avait à dire sur les organes de Tappareil circulatoire.

Suit un chapitre sur la forme des viscères , leur place dans le corps des animaux, etleur fonction. La vessie est considérée, sous ces trois mêmes points de vue, aussi bien que les reins. Pour ceux-ci, il examine, dans un ehapitre plein de curieux détails, à quels animaux ils ont été donnés, et prononce qu'aucun animal ayant des ailes, des écailles ou un test, excepté la tortue , n'a de reins.

Les enveloppes des viscères viennent trèsHnaturellement après eux. Quelques mots sur le diaphragme d'abord, portent à croire qu'il le confondait avec les membranes. Ces membranes sont étudiées eu elles- . mêmes et dans leurs fonctions. Il dit que tous les vis-

AKISTOTE. a4l

cères sont contenus dans des membranes/ dont les plus fortes sont celles du cerveau.

lia structure , la position et les fonctions des viscères connues, il emploie un chapitre à montrer que tous ces organes ne se trouvent pas dans tous les animaux, et un autre à faire voir la différence qui existe entre les viscères et la chair.

L^anatomie des parties intérieures est terminée par un chapitre consacré aux intestins et à l'estomac. Ce chapitre, assez étendu, contient d'excellentes choses, entre autres la description de l'estomac des ruminants. Il est encore question des viscères dans les premiers chapitres du quatrième livre , puis il reprend la matière du traité des animaux, et parle des parties externes et des parties internes, dans les insectes, lestestacés, les crustacés et les mollusques; ensuite de ces mêmes parties dans les animaux à sang: les animaux vivipares^ ovipares , les oiseaux et les poissons. Viennent ensuite les incertce sedisj les animaux ambigus, comme les veaux marins et les vespertilions, qui participent, les premiers des aquatiques et des terrestres, les seconds des quadrupèdes et des oiseaux ; enfin l'autruche, qui est en partie quadrupède, en partie oiseau.

Il termine en annonçant son traité de la génération. L'ordre et la méthode ont été beaucoup moins dérangés dans l'ouvrage que nous venons d'analyser. L'on voit, en effet, comme tout y est suivi et enchaîné dans un plan qui embrasse l'intégrité du sujet.

IF. De la génération. Cinq livres. Le traité de là génération, qui comprend cinq livres, n'est pas aussi bien i&uivi; ce n'est, d'ailleurs, que le développement des mêmes questions déjà exposées dans le traité des aniillaux. Il commence toujours par des généralités, et lie T, I. i6

^^a ÉPOQUB MECQUE.

cette iWpohartte question aux lois de Cômpbsitîott iftt de décomposition dans l'univerâ. tl etposè \& prîfli cipe, la source de la génération, rju'il plate daris les dedx sexes; étudie les diverses parties des orgatieâ re* producteurs, puis leurs différences dans le mâle et la femelle. Les mêmes organes j considérée dans les ariimaux vivipares, ovovivipares, dans les mbllusqueâ fet les insectes, il arrive au mode d'action de la semence, et à révolution do fœtus , dont il décrit les entfeloppes dans les animaux vivipare^. Le développe* ment, cliez les ovipares, le Conduit à rexattiôrl de l'œuf ^ dans les oiseaux et les pdissons, remarquant que, parmi ces derniers, les poissons cartilagineux sont vivipares; enfiri^ il termine par la génération dârt« les mollusques , les insecte^ , les abeilles et les testâmes. Le livre quatrième est consacré à des que^idns itlèôlubies sur la génération; et, dans le cinquième^ il répèle Ses considérations sur les yeux, les poils j là voix et les dents, toiites choses qui sont évidettUttéot déplacées.

11 y a beaucoup d'articles intercalés dans cet ouvragé} et ilest bien moins intéressant que lès précédents*

Vin. Exposé ntéthodiquê des principes et d)ei faits tmponants qu'Arismte a introduits dùni la sdentè ds^ corps organisés en géHétal et en parficuUer.

Nous venons de voir comment les livrés laissés par Aristote, ou du moins sous son nom , constituent,, pour les f)àrties qui nous regardent ^f un ensemWiî aus» énident que celui dont nous avons eipdsé rench^neôièat dans son encyclopédie scientifique.

Nous avons pu aussi nous convaincre que chacun Ai

/IRISTOTH* ' a4H

se$ grands ouvrages sur les animaux^ (]uaild il est interftrété convenablement, qu'on le débarrasse de tout CQ qtie Id maladresse y a sans aucun doute intercalé, laisse disétnent apercevoir une conception aussi logique, aii^^i méthodique que leur ensemble.

Il nous teste à examiner quels sont les principes que la smen<5e aficceptés des mains de son fondateur, soit qu'ils aient été le résultat d'un assez petit nombre de faits observés par lui , et auxquels son génie a suppléé , »oit qu'il les ait puisés dans la tradition, ce que nous ne pensQps pcls.

Noui» n'avons pas ici la prétention de recueillir tods les |aits d'observation contenus dans les écrits d'Aris*tote, mais seulement les principaux, ceux qui ont porté Ooup^ et d'où sont sortis les principes. Et afin dé mettre plu$k d'0rdrQ dans cette analyse, nous parlerons suceesàivem^nt d^^ principes de zooclassie , d'aliatomie^ de physiologie , d'histoire naturelle ou d'éthique , de zoo- UQinîe. et de zooiatrie.

I. Zooclassie. — La zooclassie^ comme l'indique soû fiOTi) , est la partie de la zoologie qui traite des pHncipe^ de ]a classification des animaux et de leilr dénomination rationpelle. On entrevoit facilement de quelle import&pc^ iplle deviendra; mais pour apprécier ses ^y^nt^ges, il faut sen faire une idée juste ^ bâr faute de fie l'avoir pas comprise, on l'a ridiculisée. La classifle^Uotli logiquement établie sur la vraie connaissance de la qatur^^ est le plus haut perfectionnement auquel k sci^i^ce puisse atti^indre; alors, en fefffetj elle n'est autre chose que la lecture des lois d^ pt*éateur , CQrtSte- >ées paf l'observation positive de faits» aSsez nombreux; et pli|s elle s'approche du plan naturel des étre^, tel V^A% ^û i^éçessair^tnent être çpR$it p»r i^ iostver^ijae

intelligence, et plus l'on comprend qu'elle est parfaite, puisqu'elle est arrivée à la plus haute conception de la nature créée. Mais c'est là le grand travail de la science, celui qui ne peut arriver à sa perfection que le ^dernier. Ce qui n'empêche pas celle-là de faire, sous ce rapport, plus ou moins de progrès, suivant sa direction.

Acceptant, comme son maître Platon, que l'ordre est la raison de tout , Aristote pouvait moins qu'un autre négliger cette partie importante en elle-même, mais qui le devient d'autant plus qu'il y a un plus grand nombre d'êtres connus. Il a d'abord traité des principes qui doivent servir à établir la classification ; dans son ouvrage des parties des animaux^ il consacre à cette question trois chapitres. Les mêmes genres ou classes ne doivent pas être divisés d'après la considération du séjour; il ne veut pas non plus qu'on établisse de caractères négatifs, la privation pe pouvant être une différence. Mais il faut, dit-il, que dans chaque objet il y ait une différence quelconque et par opposition. Il a ensuite traité des genres et des espèces.

Il montre dans son Traité des animaux , comment ils doivent être subdivisés en plusi^irs classes, d'après les considérations du séjour, en aquatiques^ terrestres et amphibies; d'après les considérations de la mobilité ou de Timmobilité , du mode de locomotion, de la nourriture, de l'éducabilité; d'après le caractère moral : sauvages, susceptibles d'apprivoisement ou domestiques; d'après leur manière de vivre, leurs actions, leurs mœurs ou habitudes, leurs parties, qu'elles soient les mêmes ou analogues.

Aristote était entré dans la vraie voie, il avait jeté les bases de la méthode naturelle en l'établissant sur des résultats comparatifs et sur les caractères de pre-

ARISTOTK. a45

mier ordre. Considérant d'abord tous les êtres sous le rapport de leurs éléments , il trouve qu'ils diffèrent entre eux par la vie définie dans sa plus grande généralité, pour lui servir de caractère distinctif entre les deux grands règnes organique et inorganique , ^'^X** ^* i^uyioL. Le progrès des sciences a fait revenir à cette division , momentanément remplacée par celle des trois règnes.

Mais les êtres vivants ou organisés se distinguent à leur tour en deux grands sous-règnes, par les caractères de plus haute importance. Bien qu'Aristote n'ait pas discuté à fond ces caractères, il se fonde néanmoins sur les actes de la vie , distinguée nettement en ^ie végétative et en vie animale. Il définit d'une manière précise l'animalité par la sensibilité et la locomotilité; de sorte que, pour lui, l'animal est l'être qui sent et qui se meut. Animatum ab animaio differt motu et sensu. Sa conception a pénétré plus avant : elle lui a montré une échelle de gradation dans les êtres entre lesquels les passages sont si imperceptibles, de ceux qui sont animés à ceux qui ne le sont pas, que dans leur série on n'aperçoit pas du premier coup auxquels des deux appartiennent les confins et les moyens termes. D'abord, dit -il, après le genre des êtres inanimés, vient le genre des plantes, dont les unes diffèrent des autres parce qu'elles paraissent participer davantage à la vie. Mais tout le genre des plantes, par rapport aux autres corps privés de vie, est comme un animal, tandis que par rapport à l'animal, il est inanimé. Le passage des végétaux aux animaux est continu, comme nous l'avons dit. Bien des êtres , en effet , dont on douterait s'ils sont animaux ou plantes, vivent dans la mer; attachés au sol, si on les arrache, la plupart

^46 ^POQn GtKGQUE.

pér|§iietiti gQQifiiç le» piofies fixées:.. Tout le genre dm re^t^c^i; est àgpblable aux plantes, si oo le cdmpap avpc le^ aqim^M^ qui miiroheut. Dans qiielques^uns^.les fopctipng de^ $eu$ ne se manifestent par aucun îndipe; d^i^g jl'au^re^, pll^s apparaissent légèrpmenl et d'itpé iQ^i]iièfje fqrt ol^seqre. La substance des corps ches plU? sieurs qs|; fi\i^rm^9 comme dans les théties et h genre acalèphe ; mais Téponge est entièrement sem.l>}ablp ^ux plantas. TopjoUrs donc^ avec }a pl|is peMte diflfiérepcç, lp§ uns paraipsept ppsséder ^^ pfiu p)u§ ^f yp^ et de moMY^^^Pf^t q^^ l^s autres. Il en est s|bso}))n|çpf de fnéme pppr toutes \eè fqpctiqps vitales '.

Af is^otp avait doqc compris qu'il y a dans 1^ q^)Hri9 un ensemble; e|: qu^ chaque groupp forms qnS yérîta-r ble s^rje dont les degrés passent jmpçrc^ptibl^P^cnt: de l'un à raMtrjËi, 4ppHi? le plus imp^ff^it jmqq'? celif» 4aus lequel la vie est arrivée à sa plus b^H^e pf rfectipp. Fondé sur ce principe, il pbprcbfi à recppn^ître cçttfî série daps Ip règpe ^ipipi^l j qu'il divisa d'abord pn ^flir ïn^\]\ r^isonpables e\ aniipaux saps raison; ps^r pefte distinction cjfiirept précise, l'espèce humgjn^} ?ftffl"?Pf 4u fjévelpppemept ^nimal, est mi^e en dehors ^ç {a spr rip des; anipiaq?^, fjqpt: elle est la ipesiire. Âppliqq^p{;^ 1^ classificatiqi:^ |es principes par lui établis, il disti]:|gu^ Ips genres des quadrupèdes viyipqres, des quadrupèdes pvip^fps^ ensuit^ ç|es oiseaux, des poisson^ çt dp^ fp^p; pents.

3a définition d^e l'anipial, un être qui ^enf et qui ^e, meut y étajt bien jugée: il saurait dû s'y tenir ; mais lorsqu'il prélendit difTérencier }es animaux p^r le sang, il se tromps^ pn établissant ses deux grapdes divisions

» Des A^îmaux^ I. Vpi, ç}i. }.

d^hnimefut à seing et d'âqimaiiy f^mnpfum'CeX^f^ dc^rnière olaks^ est ensuite aous-divisée ati^ci nmr\^ de bonheur que la première; i} y trpuvQ : iMe9 mollusques, %^ ]es çrufataciés, 3^ l63test8eésj parmi le^quéU sput ranges les échinites et les théties, et 4** lfi« insectes.

Popf ét?b|ir sei^ sub4jvisions et distinguer s§8 squsggnrg§ 01} ei^pfcgs le^ iips des autfes, il ^f sert, (J^ns les quadrupèdes, de la considération de^ aieml3rgg^ ^|i nombre, de la division ou de la réunion des doigts, de la présence ou de l'absence des cornes, et ^e ïe^j-f^l^tion avec la forme des pieds. De là des liiultidigités, des bifide^ o^ l^isulques, et des solipèdes ou solidongules. Il s'appuie aussi sur la forme des dents, diffépente dans les lions, les chiens, etc., et dans les animauf à cornes; sur l'absence des premières^ <^ents de la mâchoire supérieure dans ces derniers, en ayant bien soin d^obsèrver que tous les animaux qui manquent de ces dents n'ont pas jibur cela des cornes, pa^- exemple, les chameaux.

Les oiseaux sont égaleipept différenciés par la conformatipu des pieds : un grapd nombre ont les doigts divisés; (l 'autres sont palmipèdes; ceux de haut vol ont quatre dpigts, trois en avant, un eq arrière. Un petit nombre en a deijx ep avant et deux en arrière. Les oise^U?^ n'opt qi écailles, ni poils, mais des plumes; ils tf'drit pi dents, ni lèvres, mais un bec.

Lés poissons sont divisés en cartilagineux qui produisent des petits vivants, et en squammeux qui tous font ^^s cpufs. Il place la greqouille parmi les partilfjgip^px, rer|[iarquant toutefois qu'elle ne produit pas jlp petits viypn^s.

Il divise les serpents, en y comprenant les congres et leg ^qgqilles, d'après |e lieu de |(îiih Ijabitption, en aquatiques et en terrestres.

a48 lÂPOQUE GRECQUE.

Dans les animaux exsangues, il suit à peu près la même marche ; le nambre, la présence ou l'absence des pieds y la conformation de la coquille; dans les insectes, le nombre , la forme solide ou membraneuse des ailes, et leur absence , lui fournissent des caractères.

D'après ces principes, Aristote propose de ranger la série des êtres, telle que nous la résumons dans le tableau suivant.

/àil^uxCa» «Ans Tie.

Tégéunts.

/non classés.

4 aUes

r.llnscctcs... (*'^^*{aailcs % 1 ( non ailés,

S (crustacés.. \ partie

; à étot. I sans étui.

■nvants, ,

testacés..

solide

en dehors

nnivalves.

operculés, bivalves.

\ vivants.

irraisonna- j blés...

^mollusques— .partie solide en dedans, serpents.

oiseanx.— ambigus, autruche, quadrupèdes ovipares.

!de mer. d*eau douce, de terre.

tsolipèdes.

bisulques.

fissipèdes.

/ cétacés, q. ambigus . 1 phoques.

J chauvefreon- V. ris.

k raisonnables, —homme, homo animal *eapax xetentiaf, poljrticum et religiosum '.

Aristote avait donc posé les bases de la zooclassie , et ébauché l'application des principes ; il ne s'agissait plus que d'exprimer ces ébauches dans un langage approprié.

' Polit^ 1. 1, c. Il; de Mor,y 1. IX, c. IX \ de part, Anim,, 1. II, c. Il ; l.IV,c.X.

ARISTOTE. •• a49

II. Nomenclature. — La nomenclature est une conséquence de la classification ; la classification, bien comprise , est la science systématisée, et la nomenclature en est la traduction dans un langage convenable. Ainsi entendue y elle doit être nécessairement rationnelle , continue la classification; elle doit être scientifique; car elle n'est que le résumé des principes et des faits, ou mieux , la science même, saisie et comprise par Fintelligence , au moyen du langage et de la logique, ses deux instruments les plus essentiels.

Cette partie ne parait pas avoir été le sujet des réflexions d'Arîstote. Du reste, il en avait peu besoin, elle n'était pas encore nécessaire. On en trouve cependant ça et là quelques indices dans ses ouvrages ; ainsi il emploie des dénominations par privation et par opposition y psfckion y apsjrchion; mais il n'a point de noratenclature binaire linnéenne. Le nom d'un animal est toujours substantif, comme l'a voulu BufTon; ces noms sont pour nous insignifiants; leyr origine est souvent inconnue; ils sont généralement courts, quelquefois composés de deux mots, comme chœropithecos (singe-porc), rhinohatos (raie à nez), leiobatos (raie lisse), malacocraneos (crâne mou), dasjpodos (pieds velus), hippomyrmex (cheval-fourmi), pw/My>A;^/«^ (sentinelle, coquille).

III. Anatomie. — La méthode fournit l'ordre dans lequel les animaux doivent être étudiés. Une fois cet ordre trouvé, vient l'anatomie , qui a pour objet l'étude de la structure organique dans l'homme et dans les animaux ; elle se divise en générale et en spéciale. Cette étude, pour être convenablement faite, a besoin, en plusieurs cas , de certains procédés. Nous ne trouvons peut-être qu'un passage dans Aristote qui ait quelque

i^ppovt svfec un prbcëdé aDatbmiqne; c^esl cchif ou il recommande, pour mieux Yoir le système rasoulaire, 4etQii(Ter ranimai. Quâdl à l'anatomie proprement dite* Aristote s'en e$t beaucoup occupé.

t<! Générabei. Un animal , dit-il , n'est pas forme d'un élénient unique, d'air, par exemple, ou de feu seul, mais de plusieurs parties, composées de plusieurs élé* ments joints et réunis.

Il comprend ce que nous nommons aujourd'hui anatomie générale, sous le ndm d'anatomie des parties similaire j il en traite assez longuement dans deux PH¥r9gés ^ dans le Traité des Animaux et dans celui des P^rtieiç de^ 4nimaux. Malheureusement il y cpnfdnd des ti$$Ms» dea systèmes, et même des produits. Cependant, 4'aprè$ \wv état de cohésion, il a très-bien distingué les parties 0n liquides et en solides : les liquides cop)* pr^nn^qt l0 ^ang, la sanie, la graisse, la sérosité; la inqell^ , 1^ semence et le lait ; les solides renferipent les Qs, Içç épiqeç (ou arêtes des poissons), les nerfs (ou teqf^on^) ^ }es vaîs^^aux , lé tissu cellulaire, qu'il nomme la fibr^e, et ^ypc laquelle il confond la fibrjne du sang^ qu'il cQpnais^ait très-bien, et qu'il pensait »|anquer 4^q^ Qelui de^ biches el des daims.

. 4- P^rtie^ liquide^. — La première ^t la plq^ iinv portante partie liquide est le sang ; c'est ^ suivant ^rî^^ote, \xx\^ partie similaire etcomn^iiqe; il efet mêlé jd'qaji pt ç|p terre ; sc^ng^is, eoç so^nie fit per coucoctîaneml sanguis ex t^no çrigiaem efiicit; sanguis concrgscii eacitm corpus^ sensu caret. Il le définit un fluide roqge, y distinguant Iq lyuîphe et 1^ fibre, pt Iq supposant toujours pbaud; paf ponséqpent, 1^ di^tipction des aniniaux à ^ang chau4 ej à ^ang fro|4 P'esf; pas de lui. Ij ^ yu que Ig Ijfliii^e prqvfpq ^esajimentç se rend cpptiqq^Uemenf

au f^ur^ et dotine lieu à la (brmatioti dti jsâii^. l filîrinè du sang, qu'il a confondue avec la jfibre ihiisculàirey est^ suivant lui 9 }>eaucoup plus abondante èii certains animaux qu'en d'autres; c'est elle qui donne lieu au 4^0d^ulum ; pour lui çpcor^ , c'dst du satîg qbè Vient la olialeur animale^ et ce fluide n'exisie (\ii'e dâtiâ lès \^aiss^ux.

Lâ^éroiiîtéy la sanie, la lymphe, sont déâ ^Ub^tànces qtj'i) dit entrer dans la composition du sang.

La gvaisse solide , qu'il nomme axonge^ est parfaite* men\ distinguée de la graisse mollé^ il dit qu'elle ^iént du 3ang, »r sanguine adeps.

Pour la moelle, il prend son point de dëpart daris lâ moi^lià des Qs, mais en y confondant aussi la moelle fpîoiêre. A son occasion il remarque que touis les liquides du corps sont contenus dans dès vases; cottitnê le sang est contenu dans les veines ^ la moelle l'est dans lei os; elle est sanguinolente dans les jeunes isujets, hlapcbe dans les vieux.

Le sperme , ou produit de la génération mâle, ou la semence, e^t un composé d'esprit (pneu ma, qu'il définit ^iq air ehî^ud) et d'eau. C'est un excrément;

^ lait epfin est, conime le sang» pn composé de punies terreq^es et de parties aqueuses; il contient de la lympbe, 4h c^séùm et de la graisse;

T^Ue^ ^ont Ips parties liquides ppùr Aristote; plqs t^H QP les dirtinguqra ^n organique» et en pro*

B. Parties soUdes. — Dans les parties solides, la fibre et 1^# rPHscles étaient peii connus d-Aristote; màip il ^yait aperçM l'ensemble du système fibreux, qu'il a appelé nerfs j et avep lesquels, quoiqu^ la base soit le système fibreux proprement dit, lès nerfs tém

%5a lêPOQUE GRECQUE.

tables sont en partie confondus. La contractilité d^^ la fibre musculaire lui était connue.

Les ligaments [nenfiy veupov) sont le plus souvent confondus avec les nerfs.

Mais les vaisseaux {vasa , ç^lêai) , dans leur ensemble, ont été comparés d'une manière intéressante avec le système osseux.

Il comprend le système musculaire sous 1^ nom de chair ( caro. ffàpÇ); il le considère comme un tout, placé entre la peau et les os, formant une enveloppe à ceux-ci, et s'y attachant par toutes ses fibres pour leur servir de connexion et de lien. La chair est divisible dans tous les sens , et non pas seulement sécable en long, comme les veines et les nerfs (tendons )• Plus humide dans la femelle que dans le mâle, elle est comme une éponge, et n'existe que là où il y a viej c'est une partie commune et similaire, elle est le principe et le corps des atiimaux. Dans les crustacés jet les testacés , elle est autrement placée qu'entre les os et la peau.

Sa comparaison du squelette avec le système vasculaire repose sur ce que la colonne vertébrale est, comme l'aorte pour les vaisseaux , le point de départ, le centre des os. Il a bien compris dans le système osseux les épines, ou os des poissons, et les cartilages. Il dit que la nature dé l'os est terreuse ; c'est une partie similaire sèche et solide ; tous ne contiennent pas de moelle.

C. Produits. — Enfin , comme complément de l'anatomie générale j il faut parler des produits, parmi lesquels devraient être ramenées plusieurs substances dont Aristote a traité ailleurs; en sorte qu'il ne regarde guère comme produits que la sueur et les larmes qui, dit-il, sont une espèce de sueur.

ARISTOTE. a5S

a" Anatonùe descriptive ou spéciale. L'anatomie descriptive ou spéciale y chez rhomme comme type, ou chez les animaux, doit encore plus à Aristote que l'anatomie générale. C'est lui qui, le premier, a montré que, pour l'homme, être dépourvu de vêtements propres, de partie offensive et défensive, était une preuve de supériorité. Le premier aussi , en analysant la main de l'homme , il remarque qu'elle était faite pour être l'instrument de son intelligence. C'est encore lui qui a distingué le premier les membres des parties ; les membres sont externes, les parties sont internes.

Peau. — Appareil sensoriaL Dans l'étude de la peau, il a reconnu que les poils, les ongles, les cornes, le bec et les plumes des oiseaux, étaient en rapport entre eux et avec la peau , dont ils paraissaient des] dépendances, et dont ils subissaient les modifications. Les écailles des quadrupèdes ovipares et celles des poissons, qu'il distingue fort bien par des noms différents, appelant les [premières /;^o//rf^j ou squarres, les secondes lépides ou squammes ^ sont considérées comme les analogues des poils et des plumes, et des dépendances de la peau ; l'écaillé est dans le poisson ce qu'est la plume dans l'oiseau '. Ainsi, quoiqu'il n'ait pu pénétrer plus avant , il avait ouvert la voie et posé la première démonstration de l'enveloppe extérieure de l'animal. Il étudie donc les poils dans les différentes modifications qu'ils peuvent éprouver suivant l'âge, le temps ou les sexes.

Organes des sens spéciaux. — Du toucher. Le rapport et la distinction des sens spéciaux se trouvent dans Aristote. «L'homme a les sens et leurs instruments, les yeux, les narines, la langue^ dans la partie anté-

! Hist. des Animax. 1. 1, ch. I, etc.

aS4 tPOQtm gheçque.

rieure; mais la nature a placé l'oUïe et son imtriiiiîeiit, les oreilles , au côté et au niveau des yeux. De lotis les animaux y l'homme a le tact le plu^ exquis, ensuite le goût: pour les autres sens ^ il est ^urpasâé ^ai* la plupart des animaux. » Il a parfaitemeilt établi ({ue^ de tous les sens, le tact seul est commut) à tous les être» sensibles : « C'est pourquoi, dit-il, le membre dans lequel il existe n'a point de nom. Ce membre est le méiiie pour plusieurs animaux , différent pour d'autres } mais le sens réside toujours dans des parties de subst£|ncê homogène et molle. » Le tact, élevé à sa plus haute perfection, réside dans l'homme, qui seul a reçu pbur cela l'usage de deux mains. Aristote a très-bien décrit toutes les jointures et toutes les flexions qui rerident iâ main un instrument intellectuel si parfait, il a \U dans l'éléphant la main remplacée par la trompe , dont l'extrémité est cartilagineuse, ce qui l'empêçbe de se plier^ et ne lui permet que de se recourber.

l)u goût, — Le toucher général se spéc^s^^se dans le goût, pour juger d'une qualité chimique de 1^ matière, et Aristote a bien senti que les animaux sont doués dû langue pour percevoir les saveurs; son opinidn estqué tous lès animaux qui ont une bouche possèdent le seds du goût. La langue des poissons est osseuse^ idçertaioe et obscure; mais pourtant ils jouissent dti gpôt. Parmi les animaux sans vertèbres (ejcsangues) j les moUusquéà^ les crustacés et les insectes en jouissent certstinemént { dans les testacéâ^ ceux-là seuls qui ont une bouche ont ^ussi le sens du goût.

De todorat. — Les narines sont Tinstruipent de l'odorat; certains animaux ont des narines; d'autres,' comme les oiseaux, ont des méats olfactifs. Les poissons jouissent de l'olfaction, quoique chez eux, pe qui

ARISTQTB. à 65

occupci la placd ded narines n'aille èertltinènfent pas Jil^qu'àu c€[rveau y mais se continue et se porte en f^aK tie 4iix branchies. L'olfaction a lieu chez les tfaollusques^ les crUstacé^y les insectes ;'dans les testacés^ ceijt qui sont immobiles, comme les théties et h» balanos, »e p3r£|l$sent pas dri toul avoir d'bdoraU

De la viâ'ton. — : L'homme, tous les ahimaux qiii mdri çhent ^ur le soi, ^t fnéme tous ceux qui ont du sang, qui aont yiyipares, prit l'orgabe de la vue. Les yeux V0nt ^e terrfiiu^r ai? perteau, et chacun d'eux e^t posé sur une petite veiqp (k nerf opùque). Il décrit les sour^ cils, les paiipières^ la sclétotique^ qp^'il appelle blanc^ ex la pupille, qu'il regarde à tort coniitie l!ihstruipent d0 la vision, flelativedient 9ux autres animaux^ il aTait obçfervé qu'en proportion de sa gbândeur^ les yeilx de l'homme étaiept séparés par ]e plus petit intervalle , et que dans l'homme seul , les yeux étaient affectés de di^ \er$es çoiil^ur^^ puiyant les individus. De leur forme, de leur gr^iodeuf^ de leur Couleur ^ comme aussi de là foripp de lacprïque auditive, Aristo^e a tiré des carac^ (ères physiorïpmiques propre^ à faive jilger le n^Gral da l'individu.

Tous les quadrupèdes ont des yeux; et les tau^ed mi^mes avaient déjà frappé son attention; il a parfaite-^ ment démontré l'existence de leurs yeux ad-dessons de la peau; aydpt^ dit-il» tQUtes les mêmes parties que lel autres animaux , la partie noire, la pupille et le eerde Ukèm^^ mais seujeiijent dans des prcrportions plus pe- |i|e$. Le^ mollusques) les crustacés^ les iilseciesy dnt loua des y^Mx; asser|ipn vraie 9 si nous nous rappelons qp'Ari^to^e rangeait seulement dails la dasae des mol^ jusque^ les premiers geilfes que nous y mettons encore tmJQurd'biii? tandis qu'il plaçait les autté» pdrmî les t^

a56 EPOQUE GRECQUE.

tacés, avec les échinodermes et les théties; en efFet, il accorde le tact, le goût à la plupart des testacés, mais pour la vue et l'ouïe, il n'y a, dit-il, rien de certain. Il ajoute cependant que, d'après leurs actes, les solens paraissent y voir.

De Caudition. — L*oreille est l'instrument de l'ouïe. Chez rhofnme, les oreilles sont placées dans la même circonférence que les yeux , et non au-dessous ^ comme dans certains quadrupèdes. Il rejette le sentiment d'Alcméon, qui pensait que les chèvres respirent par les oreilles. Toute l'oreille extérieure est composée de cartilage et de chair; une partie manque de nom, l'autre s'appelle lobe. L'oreille interne s'ouvre, non au cerveau, mais dans le palais; une veine (le nerf acoustique) lui vient du cerveau. Plusieurs animaux ont des oreilles (externes), d'autres n'ont que les orifices, comme les oiseaux et les animaux couverts d'une peau squarreuse. Tous ceux qui ont des oreilles (externes), les ont mobiles, excepté l'homme. Tous les vivipares ont des oreilles (conques auditives), excepté les cétacés et les cartilagineux; les premiers ont le méat de l'oreille, et quoique les poissons n'en aient aucune apparence, tous cependant entendent, car le son, même très-petit hors de l'eau , est grave et très-grand sous l'eau ; or , c'est au moyen du bruit qu'on donne la chasse à plusieurs cétacés , comme les dauphins, et que l'on pêche plusieurs poissons.

Cette analyse nous montre trois points importants introduits dans la science par Aristote : d'aboi'd, il avait reconnu que les sens spéciaux sont en rapport avec le cerveau; en second lieu, il en avait vu et souvent même deviné les appareils d'après l'observation des actes dans la série animale; troisièmement, il avait senti

ARISTOTE. a'Î7

le caractère d'élévation des sens les uns au-dessus des autres, et avait remarqué leur dégradation plus ou moins prompte, et enfin leur disparition dans la série.

Appareil locomoteur. — A. Partie passive ^ ou ostéologie. Les généralités de l'ostéologie lui étaient trèsbien connues; les spécialités, au contraire, lui ont assez souvent échappé. Il définit parfaitement le squelette, le système osseux, un tout continu, ayant une partie médiane, d'où dépendent toutes les autres. Cette partie médiane est la colonne vertébrale, le principe des os; elle est composée de vertèbres perforées, et s^étend de la tète au fémur. L'épine dorsale porte la tête, les appendices costaux, et les membres qui en sont des dépendances. Tous les os, sauf ceux de la tête, sont réunis par des ligaments; aux articulations, ils sont revêtus de cartilages. Sous les noms d'os, d'épine et de cartilage, il reconnaît trois sortes de squelettes. L'épine était le squelette des poissons et des serpents. Sa définition du système osseux en excluait les dents; de plus, il a fait la remarque spéciale qu'elles ne sont point de la même nature que les autres os. Enfin, il avait noté que la partie passive de la locomotion est en dedans chez les mollusques ' , en dehors, chez les testacés et les crustacés.

B. Partie active ^ ou mjologie. Moins heureux dans lappareil de la locomotion active, la chair, pour lui, n était qu'une masse , et le mot de muscle ne se trouve pas dans ses écrits, quoiqu'il soit dans Hippocrate. Toute la partie extérieure de l'espèce humaine était parfaitement décrite; il en était de même pour les animaux; c'était, du reste, sur les caractères extérieurs que repo-

' U ne faut pas oublier que , sous ce nom , Aristote comprenait seulement les poulpes, les calmars et les sèches,

a 58 ÉPOQUE GHECQUE.

sait la zooclassîe d'Aristote. Les viscères sont aussi parikitement décrits; mais tout ce qui se nomme endères^ ce qui est entre la peau extérieure et la peau intérieure, ne s'y trouve pas et ne devait pas s'y trouver. Le défaut de sujets pour la dissection, le respect outré et superstitieux du paganisme grec pour les cadavres , s'opposera longtemps aux progrès de cette partie de la science. Le christianisme seul, en apportant plus de lumières au monde, lèvera cet obstacle; heureux si ce respect si convenable pour la dépouille mortelle de notre semblable, de celui qui, il n'y a que quelques instants, vivait au milieu de nous, n'y avait pas perdu tout ce qu'il avait de grand et de beau, par la familière impudence d'une jeunesse trop souvent dégradée à force d'infamie et d'incrédulité systématique et matérialiste.

Appareil digestif, — Si les causes assignées ont relardé pour Aristote, et longtemps après lui, l'anatomie endérique profonde, elles ne l'empêchèrent pas de connaître mieux l'appareil digestif , qu'il était plus facile d'étudier. Ayant distingué les dents par leurs usages, il mentionne dans certains pachidermes, le cochon et l'éléphant, les dents exertes (défenses); dans les carnassiers, les dents en scie; dans les herbivores, comme le cheval et le bœuf, des dents unies , qui ressembleront à des meules à moudre le grain dans l'éléphant. Il avait aussi constaté que la plupart des animaux avaient les dents antérieures (incisives) aiguës, et que certains autres en étaient dépourvus à la mâchoire supérieure.

La différence de Pestomac dans l'homme, les carnassiers et les ruminants , chez lesquels il a reconnu quatre cavités stomacales, est parfaitement démontrée, aussi Iptiex^ quiB \^ rapport des estomacs, de leur grandeur, et des circonvolutioa« intestinales, plus ou moins considé-

ARISTOTS. aSg

rables dans ces divers apimaux, avec la présence ou rabsence dçs dents incisives. II a connu le foie, la rate, et aussi le fiel , quoique d'une manière moins nette ; il en est de même du cœcum, du mésentère et de Tépiploqn.

j^ppareil de la respiration. — Il a décrit la trachée* artère , et accepté qu'avec la langue et les lèvres, elle était l'instrument des sons et de la parole , qui q'apparvient qu'à l'homme. La voix peut différer dans les animaux , mais l'éducation foripe la parole. S'il a trèsbien constaté la nécessité de la communication des iiarines avec le poumon pour la respiration , il n'a pas moins bien vu que le poumon est, de tous les organes, celui qui contient le plus de sang, non en lui, mais dans ses vaisseaux; qu'il n'est ni semblable, ni semblablement placé dans tous les animaux; qu^ celui des ovipares est bien plus lâche que celui des vivipiires; que les poissons ont des branchies à la place de pour mons; qij'elles ont été données aux poissons pour respirer; que jamais un animal n'a à la fois des poumons et des branchies; que les poissons (cétacés) qui ont un éveXkl n'ont pas de branchies, mais des poumons.

Appareil d^ la circulation, — Aristote a encore paiîfaiteq(|ênt cqnnu la positiop du cœur, même dans rhomme, quoiqu'il se trompe en ne lui assignant que trois cavités. Il en décrit assez bien la forme générale; il le regarde comme une partie, et en fait l'origine, le principe des vaisseaux. Dès lors, on avait rencontré l'os de la cloison du cœur dans le cheval et le bœuf et suivi les gro3 vaisseaux dans leur trajet. Mais pour expliquer comment Aristote n'a décrit que la partie veineuse du sys^ièa)^ ^asci|lajre, il fjaut se rappelé^ gon procédé anatomique, qui consistait à étouffer l'animal. Ma|gré cela^

il est facile de se convaincre qu'il a réellement connu, non pas physiologiquement^ mais anatomiquement, les deux ordres de vaisseaux.

Toutes les veines naissent du cœur, dît-il; il y en a deux dans la poitrine; elles sont couchées le long de l'épine, mais plus en avant; une plus antérieure, plus sur la droite et plus considérable ; l'autre, derrière celleci, plus sur la gauche et plus petite.

La première, dont le cœur semble n'être qu'une partie dans laquelle le sang se rassemble , s'élève du cœur au poumon, et à l'endroit où nait la seconde, elle se divise en deux branches : l'une de ces branches se ramifie et se distribue au poumon ; l'autre suit l'épine du dos et remonte jusqu'à la nuque du col. 11 est évident qu'ici il décrit le système vasculaire rentrant au cœur, savoir, les veines pulmonaires et la veine-cave, celle-ci recevant ses parties brachio-céphaliques; dès lors, on comprend pourquoi il n'a admis que trois cavités au cœur, les deux ventricules et la partie auriculaire, dont il n'a pas connu la cloison.

« Dans la partie inférieure, la grande veine traverse le diaphragme et donne un vaisseau court % mais gros, qui entre dans le foie, et d'où sortent un grand nombre de rameaux déliés qui s'y perdent. Après quoi, la grosse veine donne deux branches principales, dont l'une se termine au diaphragme, et l'autre remonte et va au bras droit.» Il a donné plusieurs autres détails exacts.

Appareil dépuratif. — Ses livres renferment desparticularilés assez nombreuses sur cet appareil. Le rein

* C'est évidemment la veine hépatique plutôt que la veine-porte quia une tout autre disposition, et alors on conçoit comment a pu être employé le mot de portes pour les grandes ouvertures qui des veines hépatiques se montrent dans la veine-cave.

ARISTOTE. a6l

droit, dit-il, est au-dessus du gauche; tous deux sont en communication avec la vessie par deux canaux remarquables. Cependant, il ignorait que le rein servît à la sécrétion de l'urine; il a même confondu les uretères avec les veines, et prétendu qu'ils contenaient du sang. Tout aussi peu heureux sur la sécrétion de la bile, il connut en compensation la formation des calculs dans la vessie.

Appareil de la génération, — C'est surtout dans l'homme qu'il avait étudié et assez bien connu l'appareil générateur. Toujours guidé par des principes, le rapport final des organes mâles avec les organes femelles a sérieusement fixé son attention. Il connaissait l'os de la verge des chiens. Il a décrit les mamelles, et assez bien remarqué leur position dans les différents genres, pour en tirer des caractères de plus ou moins grande élévation des animaux dans la série. Nous l'avons vu analyser la semence , et ses études sur l'œuf sont pleines d'intérêt.

Appareil excitateur ou animal^ ou système nerveux, — L'appareil excitateur ou nerveux lui était très-peu connu, ce Le cerveau dans tous les animaux, dit-il, occupe la première place. Ce n'est point un prolongement de la moelle vertébrale, mais une partie sui generis. Chez l'homme , il est enveloppé de deux membranes , dans l'une desquelles il y a un grand nombre de vaisseaux très-fins, provenant d'un plus gros de chaque côté. Quant à lui, il n'en contient pas, ou il en manque. Toujours biparti, on trouve dans son intérieur une petite cavité. Existant dans tous les animaux à sang et dans les mollusques {malakid) % il est plus considérable dans l'espèce humaine que dans tous les

' Les poulpes, les calmars et les sèches.

fk6% ^ EPOQUE GRECQUE.

animaux) et plus dans Thomme que dans Id fenÉmë. Froid de sa nature aussi bien qu'au tact $ il n'a aucune sensibilité; il exerce avec le cœlit* la principauté de la vie 9 et a été donné aiix animaux pour le salut de leur nature. Il est la première caUse du sommeil. » On voit qu'ici la science d'Aristote n'allait pas bien loin ; il savait cependant que le cerveau envoie des nerfs aux sens spéciaux.

Tel est en résumé l'état de la science àtiatomique dans Aristote. Il faut toutefois se garder d'oublier que^ dans l'étude des diverses parties , il considère toujours chaque organe chez tous les animaux à sang d'âbdrd^ et «ensuite chez les exsangues^ ce qui Conduisait à l'abàtomie comparée.

IV. Physiologie. — A. Générale. La physiologie avait été étudiée avant lui; c'iest sur cette branche que les philosophes anciens s'étaient le plus exercés , à vidé^ on peut le dire, tant qu'il n'y a pas eu d'anâtomi$ ni d'histoire naturelle. Du reste, par physiologie, Aristote entendait autre chose que nous; pour lui^ elle embrassait toute la nature; c'étaient les hautes questions métaphysiques du temps, de l'espace, etc. Physiologia circa magnitudines^ motum et tempùs versatur. Physio^ logia est de infinito détermination

Aristote admettait le principe vital , qu'il distingue du mens ^ de l'intelligence, qui serait pour lui quelque chose d'immortel. 11 a consacré, comme nous l'avon* vu, tout un long traité à exposer le grand phénomèols de la vie, de son principe et les différents actes par lesquels il se manifeste. Dans sa pensée, le principes vital était la cause de la vie; il lui donne le nom Ranima ou de psyché. Cette vie existe aussi bien chez les végétaux que chez les animaux ; c'est elle qui donne la

forme aux corps vivants. La matièrf qui lets constitue a la puissance de vivre ; mais, pour que cette puissance se convertisse en acte, il faut la forme, et, par conséquent , Y anima , la vie. V anima est au corps vivant ce que le pilote est au vaisseau. Elle se divise en végétative, sensitive et appétitive. Dans les animaux , le cœur et le cerveau en sont les chefs. Le mouvement et la sensation sont le propre d'un être animal ; mais il peut y avoir plusieurs principes de vie, comme dans les insectes. 1j anima j la vie, est une partie irraisonnable ^ conimune et végétative, cause de la nutrition et de Faccroissement. Le principe vital était donc posé dans sa grande généralité, mais en théorie purement spéculative.

B. Physiologie spéciale. On conçoit du reste que les sciences physiques fussent trop peu avancées pour fournir des éléments aux explications des phénomènes. L'analyse même des fonctions, la description des actes étaient encore trop incomplètes pour permettre d'apprécier les circonstances qui pouvaient les modifier en plus ou en moins, et, par conséquent, il était impossible d'arriver à l'étiologie. Le temps des expériences n'était pas encore venu. L'observation devait auparavant demander à la liberté des faits naturels tout ce qu'ills pouvaient enseigner ; c'est par là, en effet , qu'Aristpte a pu chercher la solution des problèmes divers, et d'abord dans les sensations.

Sensations^ La sensation consiste dans un mouveipent, dans un changement que l'animal éprouve'. U attachait une telle importance à la sensation qu'il définit par elle l'animal : l'animal n'est tel que parce qu'il sent; il ne peut être privé de la faculté

â64 JÎPOQUE GRECQUE.

de sentir. L'âme est affectée par le ministère des sens. Le sens général est celui du contact ou du toucher. Tout animal a au moins le sens du tact. Le sens du goût est également commun à tous les animaux; mais tout animal parfait a les cinq sens. II. n'admettait que cinq sens, et tous les efforts tentés depuis lui, pour en imaginer un plus grand nombre, n'ont abouti qu'à prouver que seul il avait trouvé le vrai.

De la locomotion et de la mécanique animale. Pour la locomotion, il a bien compris la chair dans les parties similaires, ou dans l'animal général, mais sans en connaître la propriété caractéristique, la contractilité ; il n'a même pas connu la disposition fasciculée en muscles. Cela ne l'a pas empêché d'établir plusieurs principes de mécanique animale.

Ainsi la marche ne peut se faire sans flexions. L'homme, dont la station est verticale et bipède, a nécessairement les parties supérieures du corps plus légères, et les inférieures plus pesantes comme plus élarjgies; c'est la définition de la pyramide. Un animal qui doit voler ne peut atteindre une grosseur un peu considérable.

Mais toujours logique dans sa marche, il commence par renvoyer à ce qu'il a dit du mouvement en général; distingue ensuite le mouvement communiqué appartenant aux corps inanimés qui le tiennent de l'impulsion , du mouvement spontané des animaux. Dans le mouvement spontané, il sépare les mouvements volontaires de ceux qui ne le sont pas, comme ceux du cœur et du pénis , dans lesquels la volonté n'entre pour rien.

Ces distinctions faites, il établit qu'aucun mouvement ne peut avoir lieu, même dans le vol et dans la nata-

ARISTOTE. a65

tion, si l'air et Teau ne résistent efficacement. Tout mouvement animal a pour résultat général de pousser et de tirer; s'il n'y avait pas toujours un point d'appui, il n'y aurait jamais d'action. La marche ne peut se faire sans flexions. Quand un membre quelconque travaille à un mouvement , il faut qu'un autre se repose.

La direction des mouvements ne peut avoir lieu que dans six sens différents, en haut ou en bas, en avant ou en arrière , à droite ou à gauche. Le mode ou procédé de locomotion est diftérent, suivant que l'animal a deux pieds, qu'il en a quatre ou plus, ou qu'ils sont nuls; mais le mouvement commence toujours par la droite, qu'il s'opère par des membres ou par le tronc, et parla partie antérieure, d'où la partie droite antérieure est la plus noble, le commencement en tout étant plus noble que la fin. Ce qui explique aussi pourquoi les testacés univalves sont toujours contournés à droite.

11 étudie ensuite chaque espèce de locomotion dans les différents animaux. Il ne lui avait point échappé que les flexions des membres postérieurs et celles des antérieurs sont correspondantes les unes aux autres chez les animaux, tandis que chez l'homme elles sont opposées; que dans l'homme seul, la flexion avait une grande étendue; que les bras de l'homme peuvent exercer leur flexion des deux côtés, tant du gauche que du droit et en dedans. Il avait compris que la perfection de la main consiste surtout dans la multidigitation et les brisures des doigts, et que plus les animaux ont de doigts, plus ils peuvent s'en servir comme de mains; la main de l'homme seule le met au-dessus des animaux. Telle est la raison qui le faisait commencer l'anatomie par la main, signe de la perfection de l'homme, qui était son terme de comparaison.

t66 iPOQÏÏ« ailEOQUE.

Cependant > tout ce qui Regarde les muselés étant en arrière , vii que le^ parties endères n'avaient pas été étudiées^ l'étiologie physiologique du mouvement lui était inconnuei II a néabmoins très-bien comparé la locomo^ tion des poissons avec celle des oiseaux , et a fait remarquer la forme du corps des derniers 9 taillé pour fendre Tair^ ainsi que l'usage de leur qUeue dans la direction des mouvements;

Digestion* La digestion est cette fodction par laquelle Ife bol alimentaire est successivement réduit à l'état propre à être absorbé, par la combinaison d'un mouvemfent mécanique et d'une action chimique; mais Aristote n'a noté ni l'une ni l'autre de ces deux opérations. Ainsi, il n'a nullement senti la nécessité du mouvement gastrique et intestinal pour la digestion, non plus que l'importance des fluides gastriques ; on conçoit d'ailleurs que cela lui ftit impossible à cause du peu de progrès, de l'absence même complète de là chimie, qui seule pouvait ici éclairer lisi physiologie. Le mot même de. digestion ri'a pu être conçu par lui; c'est ce qu'il nomme concoctïOj qu'il détlnit commutatiû ^ alteratio. Il a bien senti que le foie et la rate servent à la digestion ^ mais il ne sait pas comment. Il dit qu'elle se fait dans l'estomac; qu'elle ne peut se faire sans chaleur et sans principe vital (nni^à). Par ce dernier trait , il était sur la voie de l'infliience du système nerveux sur la digestion^ s'il avait mieux connu ce système;

Respiration. Comitie dans la digestion^ ^ y & deux choses dans la respiration : un phénomène de mouvement et un phénomène chimique. Aristote a analysé le phénomène mécanique de la respiration. Dans l'inspiration^ dit-il, la poitrine est soulevée, élargie en haut et déprimée ed bas. Il a distingué Yinspiralion de ïexpi-

ARISTOTS. ^ÛJ

ratioTip en disant que l'une était Tintroduôtion du frôidj et l'autre l'émission de la chaleur. Sa pensée était qiie la respiration prend son origine dans les pounaotis. G'esl lui qui a introduit l'opinion que cette fonctidja seryaili à rafraîchir le sang, et celâ^ contradictoirement à ce qu'eniseignaient Diogène et Anaxagore; d'où il est cbnséquemna^nt conduit à nier contre eux et contre Démo? erite, que tous les animaux respirent. Cette erreur noua fait asse^ yoir qu'il ignorait le phénomène chimi(|ue de la respiratioti , et tious ne devons pas nous en étonnen

Circulation. La cit*cuIation est le iliouvement continuel du sang dans les vaisseaux, partatlt d'un point et y revenant par une autre voie.

Aristote, n'ayant pas connu l'appareil circulatoire, ne pouvait analyser ni expliquer le phénomène de la circulation; Mais comme il avait entt'fevu la structure dû coeur, il a remarqué plusieurs'de ses ()articularité3« Le cœur est comme un. animal dans un autre animal; son mouvenlent est tîontinuel. Il efet le premier produit^ le premier vivant; c'est lui qui meurt le dernier; Le cœur est l'origine et la source du sartg : Sanguis per toturii coYpus deri\^atur etpulchra ibi arialogià de hbrtis rigandis et fabrica^ Le sang ne peut être sans vaisseaux ; aussi n'est-il jamais autre part que dans les vaisseaux % si ce n'est dahs le cœur. Le sang bat dans les vaisseaux par tout le corps à la fois-. Le liquidé qui provient des aliments se rendant continuellétiiênt au cœur, la chaleur en fait soulever les parois, c'est ce qui produit le battement; il est continuel, parce qu'il afflué sans cesse de ce liquide qui forme le sang ^

Nutrition. Toutes les fonctioris précédentes préparent celle de la nutrition, qui est le phénomène au moyen du-

' De resp.f cap. XX.

a68 lÊPOQtTE GRECQUE.

quel un OT^anisme entretient, par un mouvement moléculaire, dans un état convenable et calculé, tous les tissu s entrant dans la composition des organes qui le constituent, à l'aide des matériaux fournis médiatement par le milieu ambiant, et immédiatement par le sang.

Il est clair que ce phénomène rentre dans la catégorie de ceux que, de nos jours, on nomme chimiques. Aristote ne pouvait donc l'apprécier que dans ce qu'il avait de moins important, les circonstances extérieures, et surtout l'aliment. Par la digestion, les aliments broyés et insalivés dans la bouche, se changent en chyme sous l'influence du mouvement de l'estomac et des sucs gastriques, en chyle dans les intestins, sous l'influence de la bile et du suc pancréatique; puis, la substance nutritive est mue dans le reste de l'intestin, pour y être absoibée par les vaisseaux capillaires , être ensuite jetée dans le torrent de la circulation, et de là, aller porter la nourriture à toutes les parties de l'organisme, dans lesquelles s'opère la nutrition intime. Aristote, qui ne pouvait connaître tous ces phénomènes chimiques et mécaniques , avait dit que l'aliment se distribue des vaisseaux dans les chairs. Il était donc, sous ce rapport, où nous en sommes; car c'est comme si nous disions que la nutrition se fait au moyen des matériaux portés aux diverses parties par le sang. Mais pourquoi le sang fournit-il aux os du phosphate, aux muscles de la fibrine, ailleurs autre chose? Nous n'en savons pas plus que lui là-dessus. Cependant, il avait attaqué ces questions, et voici la solution qu'il en donne: «L'accroissement, suite de la nutrition, est toujours l'effet de la convenance de la nourriture avec le corps de l'animal '•

ARISTOTE. a69

a La nature ^ comme un bon économe qui nourrit les valets des restes de ce qui a servi aux maîtres, ou de substances de qualité inférieure , et les bétes de celle de troisième qualité, nourrît les chairs et les organes de sensations des aliments les plus purs; leur excédant nourrit les os, les nerfs et les poils, et après eux, les ongles, et c'est le principe vital (vou;) qui fait tout cela. Dans l'accroissement, Aristote discute longtemps pour décider si c'est fa matière qui croit et s'augmente, ou si c'est la forme. Il cherche, dans son traité de la génération des animaux , quelles parties doivent croître les premières.

Dépuration urinaire et sécrétion. Cependant , la vie organique ne consiste pas seulement ii introduire de nouveaux éléments dans les tissus; il faut de plus en expulser ce qui serait nuisible ou superflu. On entend, par dépuration urinaire et par sécrétion en général, l'ordre de fonctions par lesquelles des matériaux de l'organisation lui sont enlevés sous forme de combinaisons nouvelles, soit pour un usage particulier, soit pour la débarrasser d'éléments chimiques trop abondants et superflus.

D'où l'on voit que ces fonctions encore ne pouvaient être connues d'Âristole. Quoiqu'il ait parlé du foie et de sa vésicule, il a considéré la bile comme un excrément du foie. Et malgré la connaissance du rein, des uretères et de la vessie , ainsi que de leurs connexions , il ne paraît pas avoir saisi leurs usages. 11 a cependant regardé l'urine comme un excrément liquide.

Génération. La génération, comme fait, comme résultat, est le prolongement, l'extension de l'individu créé, dan^ le temps et dans l'espace ; après une sépa^{^•

H70 iÉPOQtlE CRBCQUE.

tion plus ou moins manifeste , et sous une forme d'abord plus où moins différente de cet individu. Mais comme , dans un très-grand nombre d'animaux , cette réparation de ce qui doit prolonger l'individu ne peut avoir lieu d^une manière utile que par l'action préalable d'une matière différente, produite par un autre individu dont la réunion au premier constitue l'espèce, on voit comment, dans la génération, se trouvent comprises plusieurs choses.

Arîstote n'a étudié la génération que dans les animaux dont Fespèce est formée de deux sexes, l'un femelle et l'autre mâle.

L'esprit vital {psyché) est le principe de la génération. 11 existe en puissance dans la semence, mais non en acte. La femelle est passive, et le mâle actif. La femelle donne la matière; le mâle, la forme et le principe du mouvement.

Il a comparé la génération des animaux et des plantes, mais en commettant la grave erreur d'admettre des générations spontanées. Il a étudié le lait dans les mammifèi'es, et Ta assez bien analysé; il l'a aussi considéré par rapport au jeune animal , et les mamelles dans leur rapport avec la viviparité ou l'oviparité, et il a reconnu que les cétacés étaient mammifères.

'Produit de la génénation ou œuf^ et déi^eloppemeni. Deux choses sont à étudier dans cette fonction, le produit et son développement.

L'œuf est le germe de l'animal, pourvu de certaine quantité d'éléments de nutrition préparés d'avance, le tout contenu dans des enveloppes de nature diverse. Le développement est l'ordre et la proportion suivant lesquels les parties du jeune animal paraissent et s'accroîssenl depuis l'état de gemmule jusqu'à l'état adulte.

ARisTOTB. ayi

Comme structure , cqmme organisation de l'œuf, Aristoté a très-bien distingué le test (testa), les enveloppes, les chalazes, l'albumen , le vitellus. Il a bien vu que le vitellus est la nourriture du jeune animal; que c'est pour lui ce qu'est en partie le lait pour le foetus. Le développement des parties se fait suivant un ordre déterminé. Suivant ce développement dans l'œuf de la poule, Àristote s'est convaincu que le cœur se formait le premier dans le poulet.

Excitabilité nen^euse. Mais il ne s'était pas douté de Pexcitabilité nerveuse, bien qu'il eût défini l'animal par le sentiment et la locomotion. L'excitabilité nerveuse est la faculté qu'a l'animal de sentir la transmission de Faction médiate ou immédiate d'un corps extérieur sur telle ou telle partie du sien, d'en mesurer l'effet immédiat ou prolongé, d'en prévoir le résultat suivant son avantage ou son désavantage, et de transmettre à son appareil de mouvement l'excitation qui doit le mettre en action.

Quoique cet ensemble de fonctions se trouve compris sous les deux faits corrélatifs de sentir et de se mou^foir^ cependant, comme Aristote, dans le peu qu'il a connu de la structure des organes des sens et de ceux de là locomotion, n'y a jamais compris les nerfs proprement dits; comme ce qu'il a dit de la moelle épinière et du cerveau , qu'il a même séparés , ne l'a conduit à rien concevoir de leurs fonctions, l'irritabilité et l'excitabilité ne sont pas même en germe dans les écrits d'Aristote; on y trouve seulement la sensibilité admise en principe, sans les parties sensibles j qui en sont le siège.

Il en est tout autrement de l'intelligence, p'est-à-dire des actes intermédiaires à ceux de la sensibilité et de l'excitabilité, il s'était élevé jusqu'à la puissance i^tèlle^

27^» lÉPOQUE GRECQUE.

tuelle, et à Faction du principe immatériel, de Tagent immortel y du mens (voiïç). Mens animi instrumentum ut manus in corpore. Mens in anima ut visas in corpore. Mens videt , mens audit Mens instrumentum scientice. L'intelligence est l'instrument de Fâme comme la main est dans le corps; Fintelligence est dans Fâme comme la vue dans le corps; l'intelligence voit, Fintelligence entend. L'intelligence est l'instrument de la science; et c'est là la plus haute prérogative de l'espèce humaine , celle qui la sépare à jamais de tous les animaux.

Chaleur animale. Un dernier phénomène résulte de tout le mouvement vital ; c'est la chaleur animale. Elle consiste en une température propre aux animaux et supérieure à celle du milieu ambiant. L'excès de température des animaux sur celle du milieu ambiant^ ayant sa source, suivant les uns, exclusivement dans le poumon, par la combustion opérée dans l'acte respiratoire; exclusivement, suivant les autres, dans toutes les parties où se font des transfçrmations chimiques, on comprend encore pourquoi ce phénomène n'a pu être mesuré, apprécié par Aristote, que d'une manière fort grossière, et comparativement avec l'état des corps environnants. Le cœur, dit-il, est la source de la chaleur dans les animaux; la chaleur tire son origine de Faliment : aujourd'hui, nous disons de la nutrition; il n'était donc pas loin de nous. La chaleur, dit-il encore, est plus forte au cœur et aux parties environnantes. Les animaux qui ont des poumons sont les plus chauds. La chaleur des animaux commence avec leur vie. La quantité de chaleur se déduit de celle du sang que renferme le poumon.

Ce résumé succinct nous prouve donc qu'Aristote avait jeté noo-seulement les bases de l'analomie, mais

ARiSTOTE. ayS

encore celles de la physiologie. Et dans Tune et Fautre, il a tracé la route à suivre. Bien plus , quoiqu'il ne se soit nullement inquiété de définir l'anatomie et la physiologie comparées, il les avait comprises dans leur principe; et quand Vicq d'Azir vint en donner la seule véritable définition , il ne faisait que trouver dans la maturité de la science ce qu'Aristote avait conçu autrefois et exécuté, autant que les moyens qu'il avait en son pouvoir le lui avaient permis. Suivant Vicq d'Azir, en effet, l'anatomie comparée consiste en ce que, une mesure étant choisie , calculée et étudiée convenable* ment, tous les animaux lui sont comparés pour en déduire le point de perfection de leur organisation, plus ou moins rapprochée de celle de la mesure. Aristote en avait donc rencontré le principe en prenant pour terme de comparaison l'homme, le seul qui puisse être pris, parce qu'il est le seul qui soit un peu connu par lui-même^ et qu'en science positive il faut procéder du plus connu au moins connu, et non du plus simple au plus complexe. V. Zooéthique ou Histoire naturelle. Qu'a-t-il fait en histoire naturelle? L'histoire naturelle est cette partie de la science qui considère les animaux dans leurs mœurs, leurs habitudes et leurs actes, et qui peut même s'étendre jusqu'à les considérer dans leurs rapports avec le lieu de leur habitation. Sur ce point, Aristote a peut-être rassemblé plus de faits que sur aucun autre; il peut encore ici être considéré comme créateur; seulement, ces faits sont épars, quoique portant sur l'ensemble. Le premier, il a décrit les mœurs des mammifères dans l'état libre et dans l'état de domesticité. Observant soigneusement la patrie des animaux, il précède notre grand Buffon dans la géographie zoologique. Par lui , nous savons que le lion fut T- I. l8

autrefois européen. Il a remarqué que les indi?idus d'un pfiys sont plys grands, plus forts que ceux d*un auti'e; que ceux deà pays moiitueux sont plus robustes et plus sauvages que ceux des plaines. Il a envisagé les animaux sous le point de vue dq séjour et de rhabitation fixe^ constante ou variable. Les mœurs et les migrations des oiseaux et des poissons l'ont principalement occupé, et ses considérations là-dessus demeurent encore à la science. C'est lui qui a constaté le premier que les peuples septentrionaux, à grapde stature, aux cheveux blonds et lisses, au teint blanc, étaient placés à une extrémité, pt les noirs à l'autre, et que les habitants des régions intermédiaires forment la nuance mitoyenne, thèse qui sera magnifiquement développée par Buffon si digne de glorifier Aristote et son école, devenue chrétienne, s'il ne lui avait préféré Pline, le compilateur matérialiste, dont l'éloquence J)ilieuse l'a séduit. Pourtant il doit infiniment plus à Aristote qu'il ne se l'avoue à lui-jnéme. C'était la science humaine tout entière diie le Stagîrite cherchait à constituer; aussi en a-t-il touché toutes les bases; et le progrès des siècles, en y arrivant, le rencontre toujours. Mais continuons à le suivre. C'est encore Aristote qui, le premier, a distingué les animaux en aquatiques , terrestres et aériens.

Puis venant aux spécialités, il s'occupçi beaucoup du mode de locomotion dans les animaux divers, ensuite de la nourriture, du mode de la chercher et de la prendre, du mode de la digérer ou de la manger, distinguant les non ruminants des ruminants.

Il a étudié les rapports des sexes avant l'époque des amours, à cette époque : le rut et ses signes, l'époque d€| l'apnée pendant laquelle ils se manifestent; il a surtout beaucoup insisté sur le mode d'accouplement et

toutes ses circonstanoes^ sur les réipfiorts du tn&le et de là femelle avec Je produit ou les petits; sur les rappelais avec ïeÉ individus de même espèce, solitaires ou sociaux, ave0 les animaux de différentes espèces, avec les végétaux , et enfin, avec la nature du sol. D'où l'on voit qu'il avait embrassé tout l'ensemble de cette partie dô là science.

Quand on a puisé dans les branches précédentes les connaissances qu'elles peuvent fournir, il reste encore à en faire l'application c

VI. ZooNOMiE. On entend par zoonomie, les lois, les règles, les préceptes à suivre : i® pour placer les ftnitiiàux dans les circonstances les plus favorables pour lès m^ultiplier, les faire vivre longtemps, et les tiiôdifief dans telle ou telle direction d'utilité à l'espèce humaine; 2® pour atteindre et saisir les animaux; 3** poqr lêB détruire quand ils sont nuisibles, ou en diminuer le nom-* bre; 4° pour les apprivoiser, les adoucir par des procédés convenables, en un mot, les rendre domestiques.

Aristote n'a certainement pas fait un traité sur cette matière intéressant^; mais il a émis les préceptes qui doivent lui servir de base ; c'est ce qu'il nomme disci^ pline.

Où existent, dit-il, des individus privés d'une espèce, il existe des individus sauvages. Il n'y a pas d'animal sauvage qui ne fut susceptible d'être apprivoisé, si on lui fournissait abondamment de la nourriture. Il a parlé aussi de la castration coipme d'un moyen propre à adoucir le naturel des animaux, et à les engraisser, mais sans étiologie. 11 expose de même la manière de gouverner les éléphants.

Novis n'avons pas besoin de faire remarquer que si Airistote h'a en effet parlé du sujet qui nous occupe que

transitoirement pour les animaux, il n'en est pas de même à Tégard de l'espèce humaine, à laquelle il avait consacré trois giands ouvrages sur les règles de conduite que l'homme doit observer par rapport à soimême, comme être moral; par rapport à sa famille, comme chef; et enfin, par rapport à la société d'hommes dont il fait partie. C'est le sujet de ses livres moraux et de sa politique ; mais ce n'est pas ici le lieu d'en faire sentir l'importance.

VII. ZooiATRiE. Enfin , le cercle zoologique se terpiine par la zooialrie, qui est l'art de rétablir, à l'aide de procédés très-divers, sur l'homme et les animaux, telle ou telle fonction dérangée par suite de l'altération plus ou moins évidente de l'organe ou de l'appareil qui les exécute.

Quoique Arîstote soit né d'une famille de médecins, que son père même l'ait été longtemps, probablement en partie sous ses yeux, et que peut-être, il l'ait été luimême, puisqu'on lui attribue des livres de médecine, cependant, ces livres n'étant pas parvenus jusqu'à nous^ nous ne pouvons rien dire sur ce qu'il aurait pu laisser ou transmettre sous ce rapport au faisceau des connaissances humaines.

Nous ne voyons pas non plus qu'il se soit spécialement occupé de la médecine des animaux; quand il en traite, ce n'est que par occasion. Medici, dit-il, non ex lihrisfiunt; les livres ne font pas les médecins. Les médecins attentifs agissent d'après la nature ou sur la nature. Par medicamentum j il entend exclusivement les purgatifs; d'où il dît : Medicamentum concoctionis imr mune esse débet. Medicamenta per contraria fiant.

En finissant ce chapitre , dans lequel nous espérons jiYoir convaincu le lecteur sincère qu'Aristote avait

ARISTOTE. a 77

jeté les bases de toutes les parties de la science, nous croyons utile de constater que le nombre des animaux connus d'Àristole s'élève à soixante pour les mammifères, cent cinquante pour les oiseaux , six pour les reptiles, quatre pour les amphibiens, et cent vingt-six pour les poissons; et dans tous^ il y a absence complète des animaux de l'Inde , si ce n'est peut-être Féléphant et les perroquets. Il parle des chameaux à double bosse de la Bactriane, et de ceux à une seule, de l'Arabie; mais les guerres des Perses amenèrent nécessairement les premiers en Grèce, et le commerce'avait pu y conduire les seconds. Il parle ensuite de quelques animaux de l'Egypte, dont on peut dire la même chose; il en cite quelques-uns d'Ethiopie, sur autorité étrangère. Quant aux animaux sans. vertèbres (exsangues) dont il a parlé, ils paraissent tous appartenir à la Grèce et aux rivages de la Méditerranée. En comparant le nombre des animaux étudiés ou cités par Aristote, avec ceux dont font mention les poèmes homériques ^ on se convainc encore de plus en plus qu'ils appartenaient presque tous à la Grèce. Ainsi, nous arrivons à la confirmation de la thèse qu' Aristote n'est point sorti de la Grèce, et qu'il doit à ses propres observations tout ce qu'il a fait en science naturelle. Ses erreurs mêmes en sont une nouvelle preuve; ainsi, dans le phénomène de la respiration, il a rejeté la vérité soutenue par ses prédécesseurs, parce que son observation personnelle ne l'avait pas conduit au même point qu'eux. Les compilateurs ou les plagiaires ne font pas ainsi. Si enfin, l'on compare l'état déjà si avancé où sont parvenues les sciences chez Aristote, avec le peu de développement qu'elles ont acquis dans l'Inde et à la Chine , même aux temps modernes , on aura la preuve la plus convaincante et la plus solidement établie, qu^

%J^ IZPOQUE GRECQUE.

rinde et la Chine n'ont absolument rien fourni à la Grèce '•

Vin. jéristoîe continué et complété par Théophraste,

Aristote ^vait non-seulenient embrassé la zoologie ds^ns toute son étendue , mais la phy tologie était aussi entrée dans son plan. Il avait, nous l'avons dit, daqs ses traités généraux de physiologie, étendu ses vues et ^es considérations sur les deux parties du règne organique, parallèlement et dans leurs rapports communs. Nous l'jivons même vu, dans les spécialités de physiologie animale, les ramener à la physiologie végétale^ comme terme de comparaison et comme point de départ; c'est ce qu'il a spécialement exécuté pour la génération. Il ne s'était pas borné làj il avait ejiibrassé les détails et toutes les spécialités de la botanique dans des traités particuliers ; nous l'apprenons du catalogue de ses écrits, conservé par Diogène Laèrçe, et lui-méi|ie renvoie souvent à ses livres sur les plantes. Mais tous ces fruités ont été perdus, et les livres de botanique qui ^ccopapagnent ses écrits sont de Théophraste, §pn disciple et son ami, qui peut être considéré comme Aristote prolongé; il a en effet comblé toutes les laciineis d|i plan 4^ son maître, et embrassé sa doctrine dan^ toute son étendue, en sorte qu'on peut dire d'Arisfpte et de Théophraste qu'ils sont un même génie.

Théophraste, né à Éresos, ville maritime de l'île de

" Nous avons longuement exposé cette thèse , plus importante qu'on ne le croit de prime abord, dans l'Essai sur l'origine des peuples [Prodrome d'ethnographie) , qui n'est, dans notre plan, que le preihier volume du présent ouvrage , dont il était primitivement le chapitre préliminaire.

âmSTOTB, Î179

lliesbosy en 871 avant J. C, fut d'abord disciple de Platop avec Aristote, se fit ensuite le disciple de ce dernier, auquel il reçut le nom de Théophraste au Heu de celui 4e Tyrtame qu'il portait, à cause de sa brillante élocution et de son style platonicien. Après la mort d*Aristote, qui lui laissa son école et ses livres, il fut chassé d'Athè* uespar une loi de ses ennemis, interdisant tout ensei-» gisement public ou particulier aux philosophes. Cette loi ayant été rapportée un an après, et son auteur condamné à une amende de cinq talents, les philosophes {rentrèrent dans Athènes, et Théophraste put rouvrir {'école péripatéticienne. Il mourut à un âge extrêmement avancé, puisqu'il composa ses C^rac^^r^^à quatre-yingtdix-neuf ans.

Ses travaux dans les sciences furent aussi vastes que ceux d'Aristote, dont il épousa toutes les idées et desob*servations duquel il hérita. H enseigna sans doute plusieui*s fois dans l'Académie toutes les parties du cercle des connaissances humaine^^ tel c|u'Ar}9tote l'avait tracé* Nous trouvons dans ses écrits métne largeur de vue, même connaissance approfondie des lois de l'organisation qui lui étaient accessibles. 11 avait composé une histoire des animaux dont nous ne connaissons que des fragments, plusieurs ouvrages de minéralogie, dont on ne possède plus que le traité des pierres. Le plus important de tous ces ouvrages est l'histoire des plantes; le secon4 est le traité des causes de la végétation. De ses écrits sur les mœurs, il ne nous reste que son livre des Caractères; c'est une analyse fine des travers de l'esprit humain , et une école morale de la plus grande adresse; sur lui s'est formé notre admirable la Bruyère, qui a surpassé de beaucoup son maître.

pn botanique, Théophraste parait avoir Je premier

a8o liPOQUÉ GRECQUE.

établi les règles de rexpérience ; beaucoup de modernes lui ont fait des emprunts pour fonder leur classification , et ont imité la marche qu'il avait adoptée pour s'assurer des lois de l'organisation des plantes soumises à son examen. Théophraste adopte toutes les idées de son maître sur le rapport direct des caractères généraux et essentiels de l'organisme végétal avec le système qui régit la vie dans les animaux ; il voit les plantes , comme les animaux, soumises aux mêmes lois d'organisation, de nutrition, de reproduction et de développement. C'est toujours le principe vital qui détermine, dans les plantes comme dans les animaux, tous les phénomènes de leur vie. Pour maintenir l'action de ce principe, il faut que l'humide radical soit dans une juste proportion avec la chaleur. La reproduction a lieu par l'action des deux sexes. Théophraste a donné au système antique des sexes dans les végétaux, tout le développement dont il était susceptible de son temps. Le nombre des végétaux qu'il a connus s'élève à cinq cents espèces ou variétés. Il ne les a point tous décrits ; mais ceux dont il parle en détail sont vus dans leur génération, leur grandeur, leur consistance et leurs propriétés; ce qui renferme les germes des diverses branches de la botanique, la physiologie botanique, la botanique descriptive et médicale. Comme il avait aussi considéré les plantes sous le rapport de leur lieu natal, il avait conçu la géographie botanique. Il lésa en outre étudiées sous le rapport de leurs affinités et groupées en deux classes.

Première classe. Les plantes à fibres ligneuses , solides , et dont la durée vitale s'étend le plus souvent au delà d'un siècle.

Deuxième classe. Les plantes d'une texture lâche, d'une consistance peu solide , qui vivent à peine deux

ARISTOTE. a8l

ans y qui périssent le plus souvent dans la première annëe, et même au bout de quelques jours.

On voit que cette division n'est autre chose que les arbres et les herbes de notre célèbre Tournefort , le restaurateur de la botanique.

Théophraste sous-divise la seconde classe des végétaux herbacés en plantes potagères, céréales, succulentes ou oléagineuses. Division peu heureuse, sans doute , mais elle ouvrait la voie.

Il ne nous reste que neuf livres et un petit fragment du dixième, de l'histoire des plantes; nous possédons les six premiers du traité des causes, qui en avait huit. Les écrits de Théophraste subirent le même sort que ceux de son maître, et furent ensevelis dans l'oubli par les héritiers de Nélée, jusqu'à ce qu'Apellicon vhit les en tirer.

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