IX. Résumé
Galien , dont les éléments de la biographie sont tirés de ses propres écrits, naquit à Pergame, ville célèbre par son temple d'Escuiape , dieu de la médecine , et par la protection que les Eu mènes et les Attale, lieutenants d'Alexandre, accordaient aux sciences philosophiques et médicales. Son père était riche et assez instruit pour commencer et diriger lui-même l'éducation de son fils sur un plan large et philosophique; il lui donna les meilleurs maîtres.
A cette époque, les sciences et surtout la médecine s'étaient répandues de proche en proche d'Athènes, dans toutes les villes de l'Asie Mineure, et jusqu'à Alexandrie, où les Ptolémées avaient établi de larges moyens d'instruction dans tous les genres.
Dès lors , Galien s'étant préparé convenablement , il lui fut possible, après avoir fréquenté les principales écoles, de choisir celle qui lui offrait le plus d'attraits, et ce fut celle des péripatéticiens. — Déterminé ensuite à s'adonner à l'étude de l'art de guérir, il put l'apprendre en passant successivement sous différents maîtres ou médecins , à Smyrne, à Corinthe , et surtout à Alexandrie, où il étudia l'anatomie; tout en voyageant cependant dans le but de connaître les substances médicales par lui-même.
Après avoir commencé la pratique de son art dans sa patrie, à Pergame , il fut conduit à Rome, centre de l'empire, et où la faveur dont jouissaient les mpdecins
4l4 lécOLE D^ALEXATTDRIE.
était plus grande; il y fut distingue et appelé pal* l'empereur Marc-Aurèle et ses successeurs. — Il y passa la plus grande partie de sa vie , occupé de la pratique de son art, de renseignement dans le temple de la Paix^ et de la rédaction, de la publication de ses livres, pour ses élèves, ses amis, ou même ses malades et des personnages distingués qui les lui demandaient.
Tous ses ouvrages ont été publiés de son vivant; ceux qui ont trait à la médecine ont été copiés et conservés d'âge en âge, et nous sont venus dans un état suffisant de conservation. Il y en à un grand nombre de manuscrits, beaucoup ont été traduits en plusieurs langues , et ils ont eu de nombreuses éditions dès les premiers temps de rimprimerie.
L'ensemble de ses ouvrages constitue une véritable encyclopédie médicale, comprenant toutes les connaissances nécessaires, aussi bien pour enseigner que pour pratiquer la médecine. Lui-même en a donné le plan dans l'un de ses écrits intitulé : De l'Ordre dans lequel on doit lire ses livres.
Les éléments de ses travaux sont tirés de ses prédécesseurs et de ses contemporains grecs; il n'a rien em* prunté des Romains ; mais il doit beaucoup à l'école d'Alexandrie et à ses propres observations, qui ont été très-nombreuses en anatomie et en physiologie.
L'analyse de ses deux principaux ouvrages : de Adr ministratione anatomicà et de Usu partium^ nous a fait comprendre que si Galien avait été guidé par une idée philosophique élevée, dans l'ordre et le plan adopté, il avait pourtant été obligé de le tronquer pour le but médical qu'il se propose essentiellement.
Cherchant en définitive à apprécier ce que la science a accepté de Galien, outre la grande conception médi-
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cale 'encyclopédique , nous avons vu qu'il a le premier donne une anatomie presque complète dans la masse et même dans quelques détails de l'organisation de l'homme; anatomie tirée , il est vrai, du magot et du singe presque exclusivement; qu'en physiologie, il a le premier institué des expériences, et qu'il en a même fait de très-remarquables sur les nerfs; qu'en médecine on lui doit un système raisonné de la science. 11 est le fondateur de Tanatomie des régions et de la physiologie dans leurs rapports avec la médecine et la chirurgie.
Enfin, nous pensons avoir prouvé que Galien a fait faire à la science un grand pas sous les quatre points de vue : des principes, en acceptant et démontrant les causes finales, la suprématie de l'âme sur le corps, et l'existence d'un Dieu , sage, puissant, créateur et conservateur; d'anatomie, de physiologie et de médecine, dernier progrès par lequel Galien, ayant démontré que la médecine était une science et en ayant donné le secret , ses ouvrages ont été en voie constante de mouvement , et ne sont jamais tombés.