VIII. Ce qu'il a laissé a la science
D'après l'énumération de ses ouvrages par lui^mémé, on voit que Galieh avait travaillé sur le plan d'Aristote; des considérations médicales seules l'ont empêché et devaient l'empêcher de l'embrasser dans toute son étendue. Son plan entre parfaitement dans le plan que nous avons donné de l'encyclopédie médicale. Mais c'est surtout ce qu'il a légué à la science des animaux qui nous importe.
\i Principes. C'est Galien qui a comparé les deux parties qui constituent la science, c'est-à-dire^ l'observation et le raisonnement ( é.r/)m<?/z^m etratio)^ aux deux membres qui nous servent à marcher, agissant l'un après l'autre, le droit le premier et le plus impot*tant. Il a reconnu la nécessité de la philosophie poUr la science, et a nettement accepté et défendu la thèse des causes finales, d'un Dieu créateur et de ses perfections; l'existence dé l'âme et la haute supériorité de l'homme, qui est le plus divin des êtres qui sont sur la terre, au-dessus de tous les animaux ; et il l'a pris comtne mesure pour apprécier la perfection de cçux-ci. Mais il ne s'est pas contenté d'accepter ces hautes vérités, il s'est efforcé de les démontrer par les faits scientifiques.
39a JÊCOLE d'Alexandrie.
II. Anatomie. Galien a été le maître de tous les anatomistes à la renaissance, jusqu'à ce que Vésale Fait réformé par l'heureuse révolution de Tanatomie de l'homme. Il a d'abord traité des procédés anatomiques, de la manière dont il faut préparer l'animal pour qu'il soit plus propre à l'étude; il a décrit les instruments nécessaires à l'anatomiste; et, en troisième lieu, il a établi l'ordre à suivre dans l'étude des parties, d'abord les os, puis les muscles, comprenant le tronc et les extrémités, les trois cavités ou ventres, dans lesquels il propose les parties contenantes et les parties contenues : ce sont donc là trois préliminaires importants introduits dans la science.
An. spéciale. 1® De la peau en général et des organes DES SENS. Il considère la peau comme une partie similaire formée d'artères, de veines et de nerfs, ayant, au-dessus, l'épiderme, au-dessous, une membrane, sans doute le derme ou le peaussier ; elle est partout percée de pores pour la sortie des vapeurs de la transpiration, et couverte, en certains endroits , de poils qui y sont implantés, comme les dents dans les gencives; eUe est le siège des organes des sens , et spécialement du toucher.
La langue est considérée par lui comme le siège du sens du goûty dans la membrane qui la recouvre, et pour cela recevant deux ordres de nerfs, comme l'œil; l'un dur^ l'autre mou; les premiers pour les muscles, les seconds pour la membrane : c'est donc déjà la distinction en nerfs locomoteurs et en nerfs sensoriaux.
Les narines. 1! est, pour le sens de l'odorat, complètement dans l'erreur ; il en place le siège à l'extrémité des ventricules latéraux du cerveau.
GALIEK* 393
De Tœil. Il a parfaitement considéré l'œil anatomiquement et physiologiquement^ comme le siège delà vision. 11 y admet sept membranes^ dont la réline, retic«/a/w, l'arachnoïde, la choroïde, l'uvée, deux sclérotiques , et les tendons des muscles réunis ; trois humeurs: l'humeur vitrée, le cristallin, qui en est le produit, et l'humeur aqueuse, produite par la choroïde. Il a connu l'appareil lacrymal , ses glandes, le canal nasal, les paupières, dont la supérieure seule est mobile, et les cils qîii ne croissent pas.
Voreille est considérée comme l'organe de l'audition ; mais elle est très-incomplétement décrite. Il dit pourtant que l'organe est renfermé dans l'os pétreux, qui est en forme de labyrinthe quand on le coupe; que le fond du conduit de l'ouïe, où se termine le nerf, est, à l'égard de l'organe , ce que le cristallin est à l'égard de l'œil-
a** Appareil de la locomotion. A. Partie passive. Il définit les os en général des corps durs, secs , terreux, dont l'étude constitue l'ostéologie, et l'ensemble le squelette. Il a distingué les épiphyses des apophyses. Il a étudié soigneusement les connexions des os, d'où les symphyses, les sutures, et les articulations qu'il a distinguées en plusieurs sortes. Il a montré leur réunion par des ligaments nettement distingués des nerfs. Puis il décrit tous les os; d'abord ceux de la tête, comprenant les mâchoires et les dents; la colonne vertébrale, en distinguant les vertèbres en cervicales, dorsales, lombaires et sacrées; ensuite le thorax, les omoplates, les cljivicules, l'humérus et le reste des membres antérieurs; enfin les membres postérieurs.
B. Partie active. Il définit la fibre musculaire en ellemême, une fibre déliée comme des fils d'araignée,
3^4 ECOLE D ALfiXAlTDRIE.
continue d^uil côlë avec le nerf (erreur, dU reste, soutenue de notre temps), et, de l'autre, avec les tendons.
Le muscle est bien défini, comme une masse charnue formant une tête, un ventre, et un tendon ou quelle.
11 a souvent désigné ou dénommé les muscles par quelque^ particularités de forme. Ainsi, deltoïde, crotaphyte, plàlisma, myoîdes. Il lésa assez bien décrits, quoique longuement et assez peu clairemetit ^ suivant un plan raisonné, réfléchi, bien qu'assez sitigulier. Il commence par là main , comme la partie de l'homme la plus importante, la plus élevée. — Il a parfaitement compris le diaphragme. C'est la myologie du singe qu'il donne le plus souvent ; mais il ne néglige pourtant pas celle de ThoiUtne ^ et parle même quelquefois des animaux. Il cite un très-grand nombre de muscles, dont il a fait le premier la démonstration, entre autres les interosseux , les lombricaux , etci
3^' Appareil de la digestion , instrumentum cibL Cet appareil forme la troisièiûe cavité ou le ventre^ l'abdonlen et ses parties contenues. 11 a commencé par l'enveloppe générale ou péritoine^ corps mince arachnoïde, qui revêt tous les viscères , et dont dérivent l'épiploon, et le mésentère^ dans lequel il a vu les glandes.
Il a parfaitement décrit la bouche, les dents, la langue, le pharynx et l'œsophage, qui le conduit à l'estomac.
L'estomac a deux orifices, l'un supérieur et l'autre inférieur, qu'il nomme pylore; il est formé de deux membranes, l'une à fibres longitudinales, et l'autre à fibres transverses.
L'intestin est composé de même, et a des glandes in-
tdrnefi pour lubrëfier. Il subdivise les intestine en grêles et en gros. L'intestin grêle en duodénum ^ qu'il nomme exphysiSy en jéjunum et iléon; l'intestin gros, en coecum , colon et rectum > terminé par un sphincter.
L'estomac est compris entre le foie et la rate»
Le foie est formé d'une chair particulière, revêtue d'une membrane propre et du péritoine; il reçoit par la veine porte toutes les veines mésaraïques ; il est subdivisé en iobes^ et sépare liu sang la bile^ qiie conserve la vésicule du fiel.
La rate est un organe formé d'un parenchyme spongieux ^ mais qui l'est beaucoup moins que celui du poumon ^ contenant beaucoup plus d'artères que le foie, et donnant les vaisseaux courts à l'estomac.
L'appareil de la digestion était donc arrivé à un point t^è»4atisfaisant pour les personnes qui tië veulent que des connaissances ordinaires, sans faire de physiologie ni d'anatomie détaillées.
4^ ÂPPARSIL BB LA R£SPiRATioKé Cet appareil est contenu dans la cavité pectorale^ séparée de la précédente par le diaphragme; il est entoui^ par une membrane (la plèvre) à laquelle il ne donne pas de nom, mais qu'il dit être séparée en ses deux parties, le médiastin. Le poumon est formé par un parenchyme lâche, rare^ mou, composé d'une veine, de deux artères^ qu'il nomme veine artérielle ou artère veineuse, et de trachée* Celle-ci est composée de cartilages sigmoïdes , et commence par le laryn)!^ , dans lequel il distingue les cartilages thyroïde, cricoïde, arythénoïde. Il a connu l'épiglotte, la glotte et ses ligaments,
il a connu les lobes ou divisions des poumons, et, entre autres, le lobule sous-cardiaque du poumon
3^6 JÊGOLE d'alexandrie.
Sauf donc certains détails d'anatomie , cet appareil était parfaitement décrit.
5° Appareil de la circulation. U a parfaitement exposé la position, la disposition, la forme et même la structure du cœur ; son péricarde et l'eau qu'il contient, la nature de sa fibre musculaire; ses deux ventricules et les oreillettes, qu'il nomme épiphyses ; les valvules qui sont entre elles; le trou de Botal, les trois valvules sigmoïdes de l'entrée de l'artère pulmonaire.
Il a très-bien distingué les veines des artères par leur structure, les unes n'ayant qu'une membrane, les autres en ayant deux, dont l'intérieure est la plus épaisse et à fibres transverses. Il a montré que ces deux ordres de vaisseaux contenaient du sang; il a commis Tendeur d'envisager le foie comme le centre des veines, a oublié la veine cave, mais très-bien décrit la veine porte. Les artères sont toujours accompagnées d'une veine; les artères et les veines s'anastomosent à leur origine ou à leur terminaison; les artères se partagent en artères antérieures ou supérieures, et en artères inférieures ou aorte.
6® APPAREIL DE LA siÉCRjÉTiOTT. Il a counu commc organes servant à lubréfier ou à quelque usage : les mamelles, pour produire le lait, et qui ont des rapports avec la matrice ; les glandes salivaires, lacrymales, pérîglottes, agmydales, intestinales, les prostates; les reins, leur canal excréteur ou uretère, leur réservoir ou la vessie; mais il est beaucoup moins avancé dans leur description que pour les appareils précédents.
7® Appareil de la génération. L'appareil de la génération lui est connu dans la femme et dans l'homme; il a noté leur similitude, du moins dans les parties principales; dans la femme les ovaires , les trompes, la
matrice, le vagin , les nymphes ; dans l'homme les testicules, les ëpididymes et les bourses, le canal déférent, la vésicule séminale, les prostates, le pénis^ sont décrits et comparés ; et il en a montré l'harmonie et les rapports.
8^ Appareil de l'excitation et de la sEirsiBiLiTi. Les plus anciens anatomistes regardaient la masse pulpeuse contenue dans le crâne, comme un tout homogène, analogue à la moelle des os ; plus tard on l'appela encéphale, et Aristote distingua le premier le cervelet du cerveau. Galien adopta cette division, en l'attribuant à Hérophile, comme à Tanatomiste le plus célèbre. Aristote n'avait vu que des cerveaux d'animaux, puisqu'il dit que le cervelet est après le cerveau ^ Il parait certain qu'Erasistrate* et Rufus ^ avaient vu et disséqué des cerveaux humains ; ils disent que le cervelet est sous le cerveau. Galien n'a disséqué que des cerveaux d'animaux; il dit lui-même qu'il a étudié les membranes du cerveau sur des animaux vivants ^. Ses descriptions prouvent qu'il n'avait étudié ce grand système que sur des singes, dont il nous apprend qu'il avait une grande quantité à sa disposition , surtout à Rome.
Dans les grandes villes, les bouchers préparaient des têtes de bœuf pour l'étude du cerveau ^.
Membranes. Suivant Galien , les anciens anatomistes désignaient toutes les membranes du corps par le mot méninges^ et il ne sait comment, plus tard, ce nom fut
' Hist. anim.y 1. I, ch. XVI.
* Gai., de Usu part,^ 1. VU , ch. XL
^ De Corp. hum, part, Paris, 1 554, P* ^7,-40.
* De Décret. Hipp. et Plat.y 1. VII, cli. III.
* Gai., de Jdmin. anaUy 1. IX, ch. IV.
398 ]£C0L£ D'4lf1^9^4NpiUE.
réservé m% «eules enveloppeti cérébrales'. Il D'a<i* mettait que deux membranes pour le cfivveau, la dure* mère et la pie-mère. Il conseille de s^ servir* pour scier les os» d'instruments bien aiguisés, afin 4? ménager Forigine des nerfs^ le cerveau, le septumluciduWi }ê# veines , les artères , ce qui est auprès du b^Uiûo ou înfundibulum ^ et le reste ^.
San^ distinguer positivement les deux feuillets dç la dura»mère, Galien admet qu'elle se réfléchit sur elleqiéme pour constituer les cloisons du cerveau. }1 a décrit la grande faux du cerveau qui divise les deu:i hémisphères, la tente du cervelet qui le sépare du œr* veau 9 et la fau^ du cervelet,
£n incisant la dure*mère de chaque côté de la fau^ du cerveau et de la tente du cervelet, on voit les vais? seaux qui se distribuent aux trois parties du cerveau ^ ramper superficiellement, ou se porter dans la pro* fondeur, et s entrelacer tous pour constituer la pi^mère, véritable tissu de veines et d'artères, dont le^ mailles sont remplies par une petite membrane^. La pie-anère enveloppe toute la surface du cerveau , pénètre dans les a^^fracluosités et les ventricules*; elle est unie, d'une part, au cerveau, et de Tautre, à la duF^ mère, par des ramifications vasculaires ^ entre ces deux membranes existe un espace vide démontré par l'insufflation i et qui permet les mouvements d'inspiration et 4'e<xpiration du cerveau ^.
l^, previier des anciens, et beaucoup mieux que les
' Gai, €ie Jdmin.y 1. IX, ch. II.
» Gai., de Jdmin., l.IX, c:h. I.
» Gai., de Décret^ JSipp. et Plat.^ l Vil, ch. III. -
* De Usu part., 1. VïU , ch. VllI.
* De Usu part.y 1. VIII, ch. IX ; dk 4dminist, artat, 1. IX ^ çli, II.
modernes, Galien, dirige par les causes finales et ta sagesse de Dieu dans ses œuvres, avait compris et exposé en germe la sublime harnionie et l'admirable usage des enveloppes du cerveau. De même, dit-il, que Dieu a placé Pair comme élément moyen entre le feu et l'eau , ainsi la nature a disposé les membranes entre le cerveau qui est mou , et l'os qui est dur, comme un terme moyen , non-seulement par position , mais par substance, et de plus, elle a établi une proportion entre ces deux membranes; siinsi, la pie-mère, rapprochée du cerveau par sa consistance, en est l'enveloppe protectrice j la dure-nière est celle de la pie-mère, et le crâne celle de la dure-mère. Le crâne met le cerveau à l'abri des chocs extérieurs, la dure-mère le défend du contact des os dans ses mouvements d'élévation, et l^i pie-mère le protège du froissement de la dure-membrane. La dure-mère soutient, en outre, par ses replis, les diverses parties du cerveau, maintient les ventricules et les canau3^ béants. La pie-mère, en rassemblant les vaisseaux, les empêche de glisser |ur ta surface humide du cerveau. La substance cérébrale ne pouvçint se soutenir d'elle-même,' s'affaisse aussitôt qu'elle est dépouil* lée de la pie-mère, bien plus encore sur le vivant que sur le cadavre, où l'évapor^tion des esprits durcit la fibre nerveuse \
M. Daremberg, juste admirateur de Galien^ et qut pourtant n'approuve pas ces dernières idées, dit : « Je lui demanderai, avec Vésale, où il a pu prendre une pareille idée du cerveau; car, enfin, le cerveau le plus mou, celui du cochon, par exemple^ ne i'est jsimais à
* ^ahfde U9upart,y\.yiUj ch. IX; de Admin. anat., 1. IX, ch. IV; de Usu part.y 1. IX, ch. VII; l. VÏIÏ, ch. VIII, dans M. f>€^ remherg.
400 iCOLE D^ALEXA.NDR1£.
ce degré, surtout sur le vivant : voilà cependant où peut conduire l'esprit de système et la manie des interprétations '. » Mais voici que l'anatomiste, qui aie plus et le mieux étudié le système nerveux encéphalique, M. Foville , a été conduit à développer et à démontrer de la manière la plus admirable, ce qui n'est qu'en germe dans Galien, qu'il venge avec autant de justice que de modération. « Si, dit-il, les considérations dans lesquelles nous sommes entré, sont exactes, et nous ne pouvons nous empêcher de les croire entièrement fondées, on devra conclure autrement que M. Daremberg à l'égard de l'usage que Galien attribue à la pie-mère. Et, dans ce cas, il serait très-remarquable que l'attaque dirigée contre Galien tiendrait à ce qu'on aurait cessé de comprendre aussi bien que lui les intentions de la nature ^.i>
Poursuivant sa belle idée, Galien avait attribué aux vaisseaux et aux membranes de là moelle épinière les mêmes usages ; et, comme pour justifier pleinement sa pensée, démontrée par M. Foville pour les vaisseaux encéphaliques, que souvent un seul instrument suffit à plusieurs fonctions, Galien expose que les artères de la pie-mère servent à la sécrétion des esprits animaux en même temps qu'à protéger et à soutenir la substance cérébrale. 11 fait des rapprochements pleins d'intérêt entre les plexus vasculaires du cerveau , et ceux des testicules. Ailleurs, il compare la pie-mère, avec laquelle il comprenait l'arachnoïde, à la seconde membrane du fœtus, séparée de son corps par une couche de fluide ^.
* Thèse de M, Daremberg, p. 22.
• * Traité complet de Vanatomie^ etc., du système nerveux céréhro^ spinaly^SicM. Foville, p. 536.
3 De Usupart., l.YUÎ eilX; M. FonWe, même ouprageyf. 537.
G4LIEN. 4oi
Ven^eau. Galien ne dit que fort peu de chose des circonvolutions cérébrales; il a remarqué que le cervelet n'était pas formé de grandes circonvolutions comme le cerveau. Maïs il a très-bien vu le corps calleux , les ventricules latéraux , le troisième et le quatrième ventricule , qu'il appelle ventricule de la voûte du cervelet. Il a également bien connu la cloison transparente^ la glande pinéale, les tubercules quadrijumeaux et le corps vermiforme du cervelet. Mais il ne parait pas avoir distingué la substance grise delà substance blanche, quoiqu'il ait enseigné que la substance du cerveau lui était propre. Ayant aperçu une différence dans le degré de mollesse ou de dureté des diverses portions des centres nerveux, et du cerveau en particulier, il avait constaté que cet organe, chez les jeunes animaux, est plus mou que chez les vieux, et qu'il remplit plus exactement la boite osseuse; que dans la vieillesse, il s'atrophie et retombe sur sa base; que, quand cet endurcissement du cerveau est poussé trop loin, les sens s'obscurcissent et les mouvements se perdent.
Guidé par une conception, celle du mouvement des esprits vitaux, qui font la force du cerveau, et par celle de l'élaboration des liquides qui entretiennent sa vie, il était arrivé à une systématisation du système nerveux, qui, quoique fausse , n'est pas à dédaigner. S'il touche à une sorte de phrénologie, c'est avec une modération remarquable, et en réservant la nature de l'âme et sa liberté.
Moelle épinière. Galien la regarde comme une production et une prolongation du cerveau ; ses enveloppes sont le prolongement de celles du cerveau , dont la moelle diffère parce qu'elle n'exécute pas de mouvements comme lui, qu'elle est contenue dans le canal vertébral, composé d'os mobiles, tandis que les os de la tête, qui T. I. a6
4oa licoLE d'alexandrie.
protègent le cerveau, sont immobiles. Mais les membranes dans le rachis sont disposées pour protéger la moelle contre le mouvement des vertèbres ; elles sont baignées d'un fluide visqueux, analogue à celui de tous les organes qui jouissent de mouvements. M.Daremberg ne voit dans ce fluide que le fluide arachnoïdien : « Il n'est, en effet, dit*il, guère supposable qu il ait entendu par cette humeur le tissu cellulo-graisseux qui unit la dure-mère au rachis, et qui n'est guère développé qu'à la région sacrée, » Ce que dit M. Daremberg est vrai de Fhomme; mais s'il avait tenu compte de l'anatomie des animaux, il eût mieux compris Galien, qui n'avait disséqué que des animaux, chez lesquels le fluide gélatinograisseux est beaucoup plus développé que dans l'homme.
Galien assure avec raison que la moelle est plus grosse au niveau de certaines vertèbres qu'en d'autres endroits. La moelle, ajoule-t-il, a été produite aussi grosse qu'il le fallait pour subvenir aux besoins des parties auxquelles elle distribue des nerfs. Enfin , la moelle est de même substance que le cerveau, mais seulement plus dure, et elle se durcit de plus en plus, à mesure qu'elle avance près de sa terminaison.
Nerfs, La division des cordons nerveux en paires symétriques, dont on étudie isolément l'extrémité centrale et la distribution à la périphérie, appartient à Galien, qui avait appelé ces paires des conjugaisons, nom infiniment préférable à celui de paires, qui est venu plus tard. Par conjugaison, il entend l'ensemble de la distribution harmonique de deux nerfs homologues^ ayant chacun une origine identique, mais séparée, sur l'hémisphère droit et gauche du cerveau, et se rendant symétriquement à des organes pairs ou impairs. Il ad-
GALÎBN. 4o3
met sept paires de nerfs cérébraux, qui comprennent tous les nerfs admis aujourd'hui j sauf le pathétique et Toculomoteur externe; trente paires spinales ; la sixième paire sacrée est regardée par lui comme un nerf unique, par lequel la moelle épuisée se termine : c'est le seul nerf qui fasse exception à la loi générale de la conjugaison '. Aristote avait fait naître les nerfs du cœur; Galien le réfute et introduit dans la science les premiers et les véritables principes du système nerveux; et il arrive même jusqu'à sa notion la plus élevée, puisqu'il dit que le nerf distingue l'animal de la plante^, vérité fondamentale de la science de l'organisation; enfin, il admettait qu'il y a des nerfs distincts pour Je mouvement et pour le sentiment.
La théorie du système nerveux était donc aussi avancée qu'elle pouvait l'être, et contenait des vérités premières que la science a fécondées, mais qu'elle ne dédaignerait pas d'avoir découvertes même de nos jours.
Dans l'anatomie de développement. Galien avait envisagé l'anatomie dans tout son ensemble, non-seulement à l'état statique, mais encore à l'état dynamique ou de développement, lia connu, dans le fœtus, les trois membranes, le chorion, l'amnios, l'allantoîde et ses communications avec la vessie par l'ouraque, le placenta et le cordon ombilical; la communication des deux ventricules du cœur.
Nous pouvons donc conclure que Galien est véritablement le créateur de l'anatomie; c'est lui qui l'a fait sortir de l'enfance, en spécialisant nettement toutes les diverses parties de l'organisme. Sans doute, il a profité des travaux de ses prédécesseurs , mais, dans un grand
■ Gai., de Diss. nerv., V ; de Usa part., 1. XIII, ch. V, VI, Vil. » De Usu part.^ 1. IV, ch. Xm.
4o4 ÉCOLE d' ALEXANDRIE.
nombre de cas, il les a redressés , et il n'y a presque pas d'appareils où il n'ait fait le premier plusieurs démonstrations importantes qu'ils n'avaient pas aperçues. Nous allons voir qu'il n'a pas moins fait marcher la physiologie.
III. Physiologie. B. Générale. Cette partie delà science était peu avancée dans Hippocrate et Aristote; elle était nulle dans Pline, qui n'admettait pas et qui ne pouvait admettre les causes finales , sans lesquelles il est impossible de faire de bonne et de véritable physiologie. Galien est le premier physiologiste. Ayant dit, en effet, qu'il fallait connaître les altérations avant de chercher à les guérir, et que pour y arriver, non-seulement l'étude de l'organisme, mais encore celle des fonctions, était nécessaire, on doit le regarder comme le créateur de la méthode expérimentale en physiologie. 11 est vrai pourtant que c'est plutôt l'altération de l'organe que celle de la fonction qu'il faut connaître, comme cela est démontré par cette grande amélioration, due tout entière à la médecine française, dans ces vingt-cinq ou trente dernières années. Mais Galien a le premier institué ou au moins essayé des expériences en physiologie ; le premier, il a recommandé d'étudier, sur les animaux vivants, ce qu'avaient montré les animaux morts. Nul n'a mieux démontré que lui l'importance de la main , au point d'y trouver l'instrument complémentaire de l'intelligence de l'homme. Aussi la main lui paraît être la partie par laquelle l'homme est homme {homo est homo). C'est lui qui, le premier, a le plus nettement établi que le corps est tel parce que l'âme est telle; que le corps est pour l'âme, et non l'âme pour le corps, et que, par conséquent, l'âme est avant le corps. Il avait rejeté avec mépris les atomes et le système de l'épicuréisme. Dès lors.
GAUEN. 4o5
il ne faut plus s'étonner s'il est l'un des organologistes qui aient le mieux senti et prouvé l'importance de la considération des causes finales, puisqu'il a consacré à cette thèse son plus long et l'un de ses meilleurs ouvrages.
C. Spéciale, i^ Sensations. La théorie des sensations^ la physiologie des sens spéciaux, ne pouvaient lui être connues; la physique lui manquait. Le sens du toucher pourtant a été assez bien analysé. Il a lieu, dit-il, par tous les nerfs, dont les rameaux se distribuent dans toutes les parties du corps. Les fonctions de la main ont été si admirablement traitées, qu'on n'y a rien ajouté depuis lui.
2® Des PHJéNOMÈNES d'inhalabilité. Ce sont ces phénomènes qui sont les suites, les conséquences de la faculté dont jouit l'animal, d'absorber, de prendre plus ou moins immédiatement les matériaux de sa constitution aux corps qui l'entourent, et qui deviennent des conditions de son existence. L'absorption est immédiate lorsqu'elle agit sur tout ce qui se présente à la surface d'un organisme; Galien n'a rien vu dans cette absorption générale. Elle est médiate, lorsqu'elle s'opère sur des matériaux modifiés par leur contact avec la surface des organes digestifs. Galien a connu l'absorption intestinale par suite de la digestion dans l'estomac et le duodénum; il a même connu l'absorption du cœcum. Il a attribué aux veines mésaraïques l'usage d'absorber le chyle dans les intestins, et de laisser la masse qui va former les excréments.
Pour la respiration , il a vu qu'il y avait une portion d'air absorbé ; mais c'est tout ce qu'il en a su.
La circulation^ conséquence de l'absorption, lui a été inconnue dans son ensemble, quoiqu'il ait admis la continuation des veines avec les artères. Il a aperçu les
4o6 £GOL£ d'ALEXAIVDRIE.
mouvements de systole et de diastole dans les artères, mais non leur étiologie, quoique toutes les finesses de l'étude des maladies par le pouls lui soient dues.
3^ Phénomènes intermédiaires ou chimiques ou de CONVERSION. Sanguification. Galien est le premier qui ait employé ce mot, et qui ait senti ce qu'est cette fonction de conversion , qui en ait donné une étiologie, erronée sans doute; suivant lui, elle a lieu dans le foie. Il a défini le chyle une substance blanchâtre venant des aliments, composée de sérum et de coagulum. Le chyle amené par les veines dans le foie, s'y change en sang par l'action du parenchyme de cet organe, la sanguification n'ayant été que commencée dans les veines mésaraïques.
Il ne s'est pas occupé de la formation de la graisse. Quant à la nutrition, il dit qu'elle se fait par l'exsuda* tion du sang à travers les pores des vaisseaux, et par la faculté attractive des parties. Or, si l'on veut bien y réfléchir, on verra que cela ne peut pas avoir lieu autrement.
4** Des phénomènes d'exhalabilité , c'est-à-dire de ceux qui rendent au monde extérieur, qui rejettent de l'organisme plus ou moins immédiatement des ma* tériaux de nature et de combinaison variées, et dont l'usage est variable.
Sécrétions, Galien a reconnu que le sang apporté dans certains organes, comme les reins, le foie, la rate, etc., y produit une sécrétion. Les reins, dit-il, attirent du sang son humidité superflue, la rassemblent dans une cavité membraneuse qui se trouve au milieu des reins, d'où elle va dans la vessie par le canal de l'uretère. Il dit que le foie produit la bile jaune, et la rate la bile noire.
Génération, Il a dit que la semence de la femelle sert à la nourriture du fœtus , et celle du mâle à la formation
de ses membranes ; il était donc forf peu avancé dans Fétiologie de celte grande fonction.
5** Des PH^rcoMÈWES d'ihritabilité. Ce sont les phénomènes par lesquels l'animal montre qu'il sent et qu'il vit; ceux de locomotion et de phonation. Ils sont produits par la fibre musculaire ou contractile, sous l'influence de la volonté, ou sans cette influence; ce qui donne l'irritabilité volontaire, et l'irritabilité non volontaire. Galien a montré, par des expériences, que la fibre musculaire ou contractile devait être distinguée en fibre volontaire et en fibre involontaire. Il a admis quatre mouvements : i** mouvement de contraction; a** mouvement d'extension; 3*^ mouvement de transla-* tion; 4^ mouvement de torsion.
En coupant les nerfs intercostaux et les nerfs récurrents, il a démontré que ce sont les nerfs qui transmet* tent la volonté.
La mécanique de la locomotion de translation géné*rale ne l'a pas occupé ; mais c'est lui qui le premier â donné à la fonction locomotrice de la main le";nom Ôl appréhension. Il a parfaitement senti et exposé le mécanisme de la locomotion respiratrice. Dans la produc^ tion de la voix^ il a montré que cette fonction a pour substratum la fibre musculaire et les muscles, et pour instruments le larynx et l'appareil respiratoire. Il a lé premier très-bien vu que le phénomène a son siège datis la glotte. Par la section des nerfs récurrents, qui a déterminé le mutisme, il a prouvé que ce phénomène est musculaire volontaire. Il a donné une théorie de là voix, en disant que l'air passe d'un endroit large dans un endroit qui se restreint graduellement pour s'élargir ensuite.
Quant aux phénomènes d'imtabilité non volontaire,
4o8 EGOLK d'aLEXAITDRIE.
il a vu comment la disposition des fibres longitudinales et tiansverses de l'estomac et de l'intestin donnait lieu à la marche de la matière alimentaire, que les mouvements du'cœur sont indépendants de la volonté, puisque le cœur séparé continue à se mouvoir.
6^ Phénomènes be sensibilité. C'est par eux que l'animal détermine les phénomènes d'irritabilité, et par conséquent ses mouvements; ils ont pour substratum le système nerveux, et pour instruments préliminaires les organes des sens.
Galien regarde le cerveau comme le siège de l'entendement, et les nerfs comme les organes des sentiments et des mouvements. Les nerfs du cervelet sont, selon lui, destinés aux mouvements.
La théorie des sensations, en général, est nulle dans Galien; il en est de même de la théorie des sensations réfléchies ou de l'intelligence; cependant ayant regardé les ventricules du cerveau comme le.siége de l'entendement et de l'âme raisonnable, il a admis que le cerveau est le siège de l'irritation volontaire et de la sensibilité, et il a fait des expériences pour prouver que ce siège est dans les parties profondes. Il a nommé esprits animaux le produit de l'acte du cerveau agissant dans l'acte de la volonté. Il a créé l'expression d'impression pour rendre la cause de la mémoire ou du souvenir. Lçs esprits animaux sont mus par une faculté qui n'a rien de commun avec les corps; ils ne sont pas la propre faculté de l'âme , mais bien ses organes immédiats. Les esprits animaux meuvent le nerf, le nerf meut le muscle , et le muscle meut l'os.
D'après ce rapide aperçu , il faut donc encore regarder Galien comme le père de la physiologie expérimentale. Il a fondé la science de la médecine , et donné
une vraie direction à Tart médical^ en le basant sur l'anatomie^ et en lui fournissant cette certitude qu'il a dans un grand nombre de cas. lia d'ailleurs^ dans des points assez nombreux^ étendu l'anatomie et la physiologie comparées 9 comme nous en avons donné plusieurs preuves remarquables.
Mais après avoir analysé ce qu'il a laissé à la science anatomique et physiologique , il n'est pas hors de propos de jeter un coup d'oèil sur ce qu'il a fait pour la médecine.
IV. Ce quHla laissé à V art de guérir. Pour apprécier convenablement ce qu'il a apporté de perfectionnements à cet art, appliqué à l'espèce humaine, il faut jeter un coup d'œil sur ce qu'il était avant lui.
En parlant des auteurs qui se sont occupés d'une manière plus ou moins directe , plus ou moins naturelle, de la science des animaux, nous avons vu qu'Hippocrate et son école nous avaient laissé peu de chose d'exact ou de suffisamment exact sur l'anatomie de l'homme ; plus de choses erronées que de vraies sur la physiologie; un commencement fort intéressant d'appréciation d'une partie de l'histoire naturelle de l'homme; mais encore mieux dans le diagnostic et surtout dans le pronostic des maladies qu'en tout autre point. Du reste cette école avait transmis peu de chose sur la description des maladies , et sur leur classification naturelle; le traitement ou la curation par expectation ou la diète fut porté fort haut; le traitement rationnel ou par indications demeura à peu près nul; le traitement empirique, quoique peu actif en général , prédomina cependant.
En parlant de Pline , nous avons vu combien l'art de guérir s'était étendu ^ combien de remèdes étaient offerts
4lO ÉCOLE d'aLHANDRIE.
et acceptés , depuis l'incantation recommandée par Caton jusqu'aux applications d'emplâtres, au point que presque tous les animaux connus et leurs parties, les végétaux et leurs parties, beaucoup de minéraux étaient indiqués pour telle ou telle maladie.
Ce serait sortir de notre cadre que de nous arrêter à montrer, en détail, quels progrès l'art de guérir avait faits, avant d'arriver à Galien; nous devons nous borner à quelques observations.
Chez les Grecs ^ par la continuation de l'école d'Hippocrate, à Cos, par l'école de Cnide, par l'influence même des travaux d'Aristote, l'art de guérir devait se perfectionner en suivant ses progrès logiques , puisqu'il était dans la bonne voie; et ces progrès devaient se porter naturellement sur une connaissance plus complète de l'organisation , dés fonctions des organes , sur la distinction et la description des maladies, sur les indications de traitements.
Chez les Romains ^ les choses devaient prendre une autre direction , parce que les hommes qui venaient de Grèce exercer la médecine à Rome, centre de l'empire, étaient hors de la vraie voie, de la marche naturelle des choses, c'est-à-dire en deçà ou au delà; de là, la médecine des incantations, celle des emplâtres, des charlatans guérisseurs, ou celle des médecins à sys^ tème. Il en était résulté des sectes en médecine comme il y en avait en philosophie, et comme il allait, par suite, advenir en religion.
Les sectes médicales du temps de Galien étaient au nombre de quatre principales.
1® Les empiriques ^ dont Acron, plus ancien qu'Hip pocrate, mais surtout Sérapion d'Alexandrie sont considérés comme les fondateurs, soutenaient qu'il^est inu-
tile de raisonner en mëdecine , et qu'il faut s'attacher exclusivement à l'expërience.
1^ Les dogmatiques^ dont Hippocrate et son école sont considérés comme les maîtres, posaient en principe la connaissance des causes cachées et naturelles, les actions naturelles, les fonctions du corps humain, et par conséquent la connaissance de son organisation.
3** Les méthodistes^ dont Asclépiade et Thémison sont regardés comme les inventeurs, ayant la prétention de trouver une méthode pour rendre la médecine plus aisée à apprendre et à pratiquer, ne cherchaient pas les causes des maladies , mais ce qu'elles ont de commun, leurs rapports naturels. Ils réduisaient toutes les maladies au strict um^ au laxum^ ou à l'/Vitermedium.
4^ Les éclectiques j Archigène à leur tête, avaient, comme l'indique leur nom, l'idée de choisir dans chaque système ce qu'il y avait de bon.
Ainsi , comme il serait aisé de le prouver, la médecine n'était nullement scientifique, c'est-à-dire que ses règles, ses préceptes, ne reposaient réellement sur aucun principe d'identité de la nature des choses, et elle ne pouvait, par conséquent, être enseignée qu'empiriquement.
Galien formula nettement ce que c'était que la médecine, et ce que c'était qu'une maladie. Il pose en principe que, pour connaître un art^ il faut connaître sa fin. Etablissant plusieurs catégories d'arts, il admet que celui de guérir est au nombre de ceux dont l'ouvrage subsiste, est effectif, refaisant^ rétablissant ce qui avait été altéré. Cet art soutient et rétablit le corps de l'homme en lui conservant la santé, ou en la lui rendant quand il l'a perdue. Mais, comme pour réparer uu«
4l3 iCOhn J)' ALEXANDRIE.
maison y il faut que Farchitecte en connaisse préalablement la composition, la structure, Galien démontre aussi la nécessité absolue de Tanatomie, et, comme conséquence, la connaissance des usages des organes, ou la physiologie.— Il définit une maladie^ une a ffeclion contre nature j dans laquelle une fonction ou une action est lésée. — Il partage les maladies en deux groupes principaux, suivant que l'aflfection est dans les parties similaires, ou dans les instruments, les organes, d'où les maladies organiques.
En thérapeutique y comme méthode générale de traitement, il recommande d'avoir égard : i** à la fonction lésée; a"" à la cause de cette lésion ; 3** aux causes qui ont précédé la cause immédiate ; 4** aux symptômes. — Dans les maladies d'organes , il veut qu'on fasse attention à la forme, au nombre, à la quantité, à la position des parties affectées.
Malheureusement Galien attacha trop d'importance aux causes cachées, aux causes médiates, à leur influence, et c'est là-dessus qu'il fonda son système général de médecine.
Produisant :
Admet- Le feu.,., le chaud. Dont le mélange Chaud et humide., sanguin.
tant L'eau Tbumide. 2 à 2 produit Froid et humide... pituite.;
comme Vair le froid. les Chaud et sec bile jaune.
éléments: La terre, le sec. tempéraments: Froid et sec bile noire.
Il voulait que dans le corps humain tout mouvement fut dû à des esprits ,
f naturels.... dans le sang.
Qu'il partage en | animaux,,, dans le cerveau, d*où le mouvement. \ vitaux dans le coeur.
La science de la médecine, dans Galien, se rapprochait plus de l'école hippocratique que de toute autre; il aimait à se dire lui-même le sectateur d'Hippocrate,
GiiLIEir. 4^^
sans pourtant accepter absolument toutes les vues des dogmatiques de son époque. Il embrassa la médecine et la réforma dans toute son étendue, et il fut encore ici le véritable créateur de l'art scientifique de guérir.