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DURÉE DE LA CIVILISATION

coups redoublés des barbares de l'intérieur et de l'extérieur, combinés avec des erreurs de principes sociaux et d'organisation politique. Ce sont des idées de pessimistes, opposées à celles des optimistes qui voient dans la sélection une cause indéfinie de progrès, tandis qu'elle est seulement une cause d'adaptation aux conditions, bonnes ou mauvaises, qui se présentent. Pessimistes et optimistes me paraissent ne pas avoir observé suffisamment les faits

Les catastrophes comme celles de 4793 et 1871 à Paris ne peuvent pas durer. Elles sont locales et trop opposées à la nature humaine pour qu'on puisse les comparer à autre chose qu'à des ouragans dont l'effet est aussi passager que terrible. L'horreur qu'elles inspirent n'est pas sans avantage pour le maintien des habitudes civihsées.

Plus graves sont peut-être les tendances générales dont je parlais. Ainsi la civilisation repose en grande partie sur la propriété individuelle, cause incessante d'activité, et nous voyons que par les impôts cette propriété est réduite de plus en plus dans beaucoup de pays. Il y a des villes de Suisse et d'ItaUe où des propriétaires, censés riches, doivent abandonner au fisc 30, 40 ou 50 7^ de leur revenu, pour taxes générales ou locales. Les guerres, les travaux publics faits par l'État, les traitements et les gaspillages d'une multitude d'employés, avec la facihté des emprunts, conduisent ainsi à faire de ceux qui possèdent des administrateurs de capitaux dont les produits leur reviennent seulement en partie, le reste passant à des redevances croissantes et perpétuelles. Sans doute on élude les impôts d'autant plus qu'ils sont plus lourds, moins

' L'optimisme et le pessimisme, a dit M. Scherer dans un article remarquable du Temps (29 août 1876), sont deux manières également subjectives et impertinentes de considérer les choses.

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