SECTION III
Exposé des faits.
§ 1. Opinion de l'Académie des sciences de Paris sur les savants étrang-ers à la France, de 1666 à 1883 K
Le règlement qui a constitué huit Associés étrangers pour toutes les sciences et tous les pays, est de l'année 1699. D'après l'article 5, il devait y avoir douze associés français et il pouvait y avoir en outre huit associés non français. L'habitude s'établit aussitôt d'avoir huit associés tous étrangers. De nos jours encore, d'après le règlement de 1802, les associés sont au nombre de huit et nécessairement étrangers.
On trouve la Hste de ces savants illustres, avec la date de leur élection, dans X Histoire de V Académie royale des sciences, par Fonlenelle, en particulier au volume 2 (1 733), p. 345 de l'édition in-4°; dans les Tables des mémoires de l'Académie des sciences, par Godin et Demour, jusqu'en 1760, in-4°, et les Nouvelles tables, par l'abbé Rozier, de 1666 à 1770, in-4°, 4 vol., Paris 1775. Pour la suite il faut consulter la Connaissance des temps, YAlmanach royal et enfin les Amiuaires de l'Institut, petits volumes in- 12, qui se publient de nos jours chaque année. C'est au moyen de ces divers documents ^ que j'ai dressé le tableau com-
^ En raison des motifs donnés dans la note, page 216, il sera rarement question des nominations postérieures à 1870.
» Un de mes amis avait eu la bonté, il y a bien des années, de consulter, à Paris, sur ma demande, certains volumes de VAlmanach royal et de la Connaissance des temps qui sont très difficiles à rencontrer. Il avait examiné aussi au secrétariat de l'Institut les
EXPOSÉ DES FAITS. 219
plet des associés étrangers, tableau qu'on ne trouve nulle part et sur lequel il y a cependant des observations curieuses à faire.
Avant le règlement de 1699 l'Académie, qui remonte à 1666, avait admis quelques étrangers célèbres à titre de membres, par exemple Huyghens, Gassini, Leibniz, et ceux d'entre eux qui vivaient en 1699 furent classés parmi les Associés étrangers du nouveau règlement. Huyghens, qui était mort en 1695, a été en quelque sorte un étranger associé, plutôt qu'un Associé étranger. Je n'ai pas voulu retrancher du tableau un savant aussi illustre, qui aurait été certainement maintenu parmi les huit s'il s'était trouvé vivant en 1699. Le plus ancien des Gassini, Jean Dominique, n'est pas non plus qualifié d'associé étranger, parce qu'il était devenu membre résidant à Paris en "l 699. Je l'ai conservé au tableau à cause de sa naissance hors de France et de son admission dans l'Académie avant l'organisation de 1699. Enfin un savant français, Moivre (ou Demoivre), après avoir été membre ordinaire de l'Académie, s'était vu forcé de quitter la France, par suite de la révocation de l'Édit de Nantes, et l'Académie l'avait classé, par exception, parmi ses associés étrangers. Il mourut quelques mois après. Je n'ai pas cru devoir le comprendre dans la catégorie des étrangers.
Le tableau complet se compose, pour le laps de 21 8 ans S
registres des premières années de l'ancienne Académie, et avait constaté qu'ils renferment peu de choses sur les élections Les ouvrages publiés par les secrétaires, dans le XVIII- siècle, sont plus complets, parce qu'ils reposent, en partie, sur des souvenirs alors très vivants. Les volumes publiés par M. Alfred Maury et M Bertrand, sur l'histoire de l'Académie, donnent peu d'informations sur les nommations d'étrangers. Ils sont très intéressants en ce qui concerne la biographie et les travaux des savants français
L interruption de l'Académie pendant la révolution, de 1790 à 1802, n a pas eu d'importance sous le rapport des associés étran-
d'un total de '104 noms. Il m'a paru convenable de retrancher trois personnages d'un rang élevé (un prince et deux grands seigneurs), qui n'ont rien publié et qui avaient évidemment été nommés à titre de protecteurs des sciences dans leurs pays respectifs. Restent 101 noms de savants de premier ordre. Je donnerai sur eux quelques renseignements biographiques, d'où l'on peut tirer des conséquences assez intéressantes
L'Académie des sciences ne tarda pas à reconnaître que huit nominations ne suffisaient pas pour rattacher à elle les savants de divers pays qui méritaient son estime et pouvaient lui rendre des services. Elle institua des Correspondants. Ceux-ci, pendant tout le XVIII'"^ siècle, ont été en nombre illimité, français ou autres. Dans la réorganisation de l'an XI (1802) ils furent affectés à chaque section, c'est-à-dire à chaque science, avec un nombre limité pour chacune. Dans l'origine, les correspondants étaient ceux de tel ou tel membre, avec la sanction de
gers. On reprit, en 1802, ceux qui existaient, et on fit immédiatement quatre élections pour combler les vides. Ce fut à peu près comme si l'Académie avait siégé dans les années précédentes, car, dans tous les temps, il est arrivé qu'on n'a pas pourvu immédiatement aux places vacantes.
' Pour ces détails, j'ai consulté les Éloges publiés par les secrétaires perpétuels de l'Académie; une collection de dix-neuf volumes d'éloges divers qui se trouve dans ma bibliothèque, et les grandes collections intitulées : Biographie universelle; Gonversations-Lexicon; Encyclopédie des gens du monde; Esch et Grûber, Allgein. Encyclopédie, in-4°, publiée jusqu'à la lettre P; Vapereau, Dictionnaire des contemporains; Desobry et Bachelet, Dictionnaire; Bouillet. Dictionnaire universel ; Mortimer, Poclcet dictionnary, ed. 2, London 1789; et surtout Hœfer, Nouvelle biographie, publiée par Didot, en 46 volumes in-8'', ouvrage que j'ai toujours trouvé exact et particulièrement recommandable. Quelquefois j'ai recouru aux biographies spéciales que les auteurs de cette dernière collection ont eu le soin d'indiquer. J'ai pris aussi des renseignements auprès de personnes bien informées.
EXPOSÉ DES FAITS. 221
l'Académie. Jean-Dominique Gassini, à lui seul, en avait treize. D'après ce que j'ai vu de ces titulaires, dont je possède des listes spéciales pour 1750 et 1789, on ne peut pas dire que leurs noms permettent, à eux seuls, d'apprécier la répartition des savants hors de la France. On nommait souvent alors des consuls établis dans des pays lointains, sans doute dans l'espoir d'obtenir par eux des informations utiles. Le nombre des correspondants non français était variable, de 30 à 40 environ. Les plus distingués sont souvent devenus associés. Quelques-uns ne sont plus connus dans la science. Ces listes demandent donc à être contrôlées par d'autres, pour qu'on puisse en déduire des conséquences historiques. Le système actuel d'élection des correspondants, par science et en nombre fixe, a donné des titulaires en général mieux choisis. Les 55 à 65 correspondants non français de notre époque, réunis aux huit associés étrangers, représentent mieux que dans le siècle précédent le personnel scientifique des divers pays hors de France. Sans doute, et il faut souvent le répéter, il y a beaucoup de savants d'un vrai mérite, qui n'entrent pas dans une liste en nombre hmité, mais le fait de la limitation, avec élection entre plusieurs candidats choisis préalablement par des hommes spéciaux, rend la liste bonne en elle-même. On comprend d'ailleurs que les omissions ne tombent pas plus sur un pays que sur un autre.
Les côtés faibles du système actuel de nomination des correspondants sont : 1° la fixation, assez arbitraire, du nombre attribué à chaque science ; et 2° la proportion, arbitraire aussi, mais peu variable, du nombre des français et des étrangers parmi les correspondants d'une section. Il y a d'excellents motifs pour choisir les étrangers et les nationaux dans un esprit un peu différent, mais il serait difficile d'expliquer pourquoi la section d'astronomie a 1 6
correspondants, qui en 1882 étaient tous étrangers, tandis que la seclion de minéralogie et géologie en a liuii, dont depuis quelques années 5 ou 6 étrangers, et la section d'économie rurale dix, dont 3 étrangers. Comme il est d'usage de remplacer un étranger par un étranger et un français par un français, les astronomes étrangers se trouvent avoir beaucoup plus de probabilité d'être élus que les savants d'autres catégories \ Ces différences du reste ne font rien au point de vue, par exemple, de la distribution par pays. Quel que soit le nombre des correspondants étrangers pour l'astronomie, si l'Académie nomme plus d'astronomes d'un pays que d'un autre, il y a probablement dans le premier plus d'astronomes distingués que dans le second.
Les élections étant faites au fur et à mesure des vacances, ce sont les travaux antérieurs à chaque date d'élection €t quelquefois des travaux anciens, qui déterminent les choix. Cela doit être vrai surtout des associés étrangers, parce qu'il n'y en a que huit pour toutes les sciences et tous les pays, excepté la France. La même observation est d'autant plus fondée pour une des sciences que les correspondants non français sont peu nombreux relativement aux savants étrangers qui cultivent cette science. Ainsi l'Académie n'a que six correspondants pour la section de mécanique, dont ordinairement trois sont nommés hors de France. Il en résulte qu'on doit nommer dans ce cas surtout des hommes âgés, connus par d'anciens et importants travaux. La liste des titulaires d'une certaine
' Les différences de nombre entre les correspondants pour diverses sciences sont difficiles à expliquer. Dans le règlement constitutif on a admis une égalité complète de nombre pour toutes les sciences quant aux membres ordinaires de l'Académie. Chaque section a six membres. Le même principe n'a pas été appliqué aux •correspondants, je ne sais pourquoi.
EXPOSÉ DES FAITS. 223
année représente^ en général, des hommes qui ont marqué dans les dix, quinze ou vingt ans qui ont précédé*.
Comme je l'ai dit ci-dessus, il m'a paru convenable de retrancher trois noms d'associés étrangers, pour avoir une liste composée uniquement de savants qui aient fait des découvertes et publié sur les sciences. Je n'ai pu découvrir aucun mémoire scientifique du lord Pemhroke, élu en 17'10, du duc d'Escalone \ élu en 'J712, et du prince de Lœwenstein-Wertheim, élu en 1766. Le tome II de l'Histoire de l'Académie, où sont énumérés les travaux de chaque Associé étranger jusqu'en 1733, n'indique rien pour les deux premiers, et les divers dictionnaires I se taisent complètement sur le dernier. La table générale des mémoires de l'Académie de Berlin, publiée en 1871 (Verzeich. der Abhandl. 1 vol. in-S»), ne mentionne aucun article sous son nom. Ces trois personnages présidaient des sociétés, encourageaient la culture des sciences et avaient sans doute du mérite indépendamment de leur naissance, mais on ne peut pas les compter parmi les savants proprement dits, surtout parmi les savants illustres.
Après avoir défalqué leurs noms il est resté au tableau 101 savants, dont 52 avant la fin du siècle dernier et 49 dans le siècle actuel.
n ne faut jamais oublier cette circonstance lorsqu'on veut apprécier les listes actuelles de correspondants ou associés Elles repondent à des données antérieures. Les savants qui se distinguent maintenant et qui semblent quelquefois plus distingués que les titulaires actuels seront nommés plus tard.
» D'après une information de M. Colmeiro, professeur à Madrid Il y a eu successivement quatre ducs d'Escalone présidents de l'Academie royale espagnole pour la langue castillane. Celui que l'Academie des sciences de Paris s'était associé doit être le duc d'Escalone qui a été ambassadeur d'Espagne en France
des huit associés étrangers de l'Académie des Sciem
Date de
l'élection,
Noms
Science.
Huyghens,
Cassini (J. -Dominique), Rcemer (Olaus de), Leibniz ^ De Tchirnhausen,
Guglielmini, Hartsœker, Newton (Sir Isaac), BernouUi (Jacques), Bernoulli (Jean),
Viviani (Vincent), Poli (Martin), Bianchini, Sloane (Sir Hans), Marsigli,
De Crousaz (Jean-Pierre),
Manfredi,
Ruysch,
Halley,
Boerrhaave,
Morgagni,
Wolphius (Christ. -Wolff),
Poleni,
Cervi,
Folkes (prés. S. R. de L.),
Bernoulli (Daniel, fils de Jean),
Bradley,
Van Swieten,
lien de naissance.
Physicien Astronome Id.
Philos, math.
Mathématicien
Math. Médecin Physicien Id.
Chimiste Astronome Méd. botaniste Naturaliste
Philos, math.
Astronome Anatoraiste Astronome Méd. natur.
Anatomiste Philosophe Physic. arcliit.
Médecin Antiq. chimiste
La Haye Perinatro (Nice) Aarhus (Danemark) Leipzig
Kissingwald (Lusace)
Bologne Gouda
Woolstrop (Angletem Bâle Id.
Florence Lucques Vérone
Killileagh (Irlande) Bologne
Lausanne Bologne La Haye
Haggerston (Angleter Woorhout
Forli
Breslau
Venise
Parme
Londres
Mathématicien 'Groningen Astronome Sherburn (Angleterre Médecin Leyde
» Ont été considérés comme d'un même pays : 1° les ^^cossais, Angla f Irlandais; 2° les Italiens de tous les Etats d'Italie; 3° 1^^^^"^" '^"f cienne confédération; 4° les Suisses des divers cantons et f ^ Pa^s ai uj alliés à la Suisse, comme Genève et Neuchâtel. Cependant la ^ altenn autrefois suisse, a été considérée comme italienne.
EXPOSE DES FAITS
ÏA U TABL. I
taris nommés depuis la fondation en 1666 jusqu'en 1883.
■M de domicile.
nnde, Paris ligne, Paris linhagen
nvre
l'-Lausitz
.iiie, Padoue i''ldorff
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, Paris
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Natioualité
Hollande Italie
Danemark Allemasfne
Italie Hollande Angleterre Suisse Id.
Italie Id.
Id.
Angleterre Italie
Suisse
Italie
Hollande
Angleterre
Hollande
Italie
Allemagne Italie Id.
Angleterre
Suisse
Angleterre
FJollande
Culte ^
Profession on position sociale da père.
Diplomate, ministre d'État.
Noble.
Sans fortune.
Professeur de morale.
Noble.
De la classe moyenne.
Pasteur.
Gentleman. Petit propriétaire.
Bourgeois de Bâle, membre du Gonseil Id.
Noble.
Position aisée.
Noble.
Collecteur de taxes*.
Noble.
Officier.
Notaire.
Magistrat.
Fabricant de savon.
Pasteur.
Propriétaire.
Brasseur.
Noble.
Gentleman.
Mathématicien.
Gentleman.
Rentier.
iVctmi^ufXlT'^^^^^^ --protestant La véritable orthographe du nom n'est pas Leibnitz, mais Leibniz, d'après Sloano t'^ft \Nouvelle UograpUe par Hœfer, au mot KbnL Sloane était d'une famille écossaise établie depuis peu en Irlande.
Date de
Noms.
Science,
Lien de naissance.
1 1 'élection.
aaller (Albert de), j
^hysiol. phys. ' \natom. etc.
îeckbourne (Angletern 3erne
VTarnlesfield (Lord), Euler (Léonard), Jablonowski (Prince), Linné,
Douglas (Comte Morton),
\stronome
Mathématicien
Astronome
Maturaliste
Bâle Pologne
Rœshult (Suède) Edimbourg
T\0 la frrîinfîfi
Franklin, Margraff, Tronchin, Pringle (Sir John),
Géomètre Physicien Chimiste Médecin Id.
Turin Boston Berlin Genève
Stichelhouse (Ecosse)
1 A TQC)
XlULl Lci ,
Bergmann, Bernoulli (Jean 11), Wargentin, Bonnet (Charles),
Anatomiste Chimiste Mathématicien Astronome Philos, natur.
Kilbridge (Ecosse)
Katherinenberg
Bâle
Stockholm Genève
1 1 io4
Priestley, Camper,
Banks (Sir Joseph), Black (Jos.),
Mathématicien
Chimiste
Anatomiste
Naturaliste
Chimiste
Saint-Pétersbourg
Fieldhead (Angleterre
Leyde
Bordeaux
1 A Ton
1 1 iyu Ail XI.
TTn'TcrViol /'William^
De Saussure (Hor.-Bén.), Maskelyne,
Rumford (Thompson, C'«de), Pallas,
Astronome Physic. géolog.
Astronome Physicien Voyag. natur.
Hanovre
Genève
Londres
Woburn (Massach.) Berlin
Gavenaisii (Lora nemi;,
Volta,
Klaproth,
De Huraboldt (Alex.), Jenner,
Physicien
Id.
Chimiste Voyag. physic.
Médecin
Nice Corne
Wernigerode Berhn
Berkeley (Angleterre
Werner, Watt (James), Scarpa, Piazzi,
Davy (Sir Humphrey),
Minér. géolog
Mécanicien
Anatomiste
Astronome
. Waran (Silésie) flrppnnrk (Ecosse) Motta (Frioul) Ponte (Valteline) Penzance (Anglcterr
EXPOSE DES FAITS
Liea de domicile.
idres ne
fidres Ilin logne ha!
[ mbourg
l'in, Berlin, Paris
[ladelphie
[lin
lis, Genève : dres
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L've
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lie 11, Paris it-Pétersbourg
dres
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lin
i^, Berlin
di'CS
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le
pme dres
Culte.
Angleterre Suisse
Angleterre
Suisse
Pologne
Suède
Angleterre
Italie
Etats-Unis Allemagne Suisse Angleterre
Suéde Suisse Suède Suisse
Russie Angleterre Hollande Angleterre Id.
Allemagne
Suisse
Angleterre
Etats-Unis
Allemagne
Angleterre Italie
Allemagne Id.
Angleterre
Allemagne Angleterre Italie Angleterre
Profession ou position sociale h père.
Noble (baronet).
Avocat et littérateur.
Noble (Pair d'Angleterre).
Pasteur.
Noble.
Pasteur.
Noble (Pair d'Écosse).
Noble.
Teinturier.
Pharmacien.
Banquier.
Noble.
Petit propriétaire.
Employé de l'administration des domaines
Mathématicien.
Pasteur.
Magistrat.
Mathématicien illustre.
Apprêteur de draps.
Ministre prot. et rentier.
Propriétaire rentier.
Négociant écossais, établi à Bordeaux.
Prof, de musique.
Propriétaire agronome.
De fortune moyenne.
Propriétaire agriculteur.
Prof, de chirurgie.
Noble (Pair d'Angleterre).
Noble.
De la classe moyenne.
Noble.
Pasteur.
Inspecteur des forges.
Ingénieur entrepreneur.
Négociant.
Propriétaire.
Doreur, sculpteur sur bois.
IIISTOIRE DES SCIENCES.
Date l'élection.
Noms.
Gauss, Berzelius, Wollaston, De Candolle (À.-P.), Young (Thomas),
Olbers, Dalton, Blumenbach, Brown (Robert), De Buch,
Bessel,
Œrsted (J. -Christ.), Faraday, Jacobi,
Brewster (Sir David),
Tiedemann, Mitscherlich, Lejeune-Dirichlet, Herschel (fils. Sir John), Owen,
Plana, Ehrenberg, Liebig, Wœhler,
De la Rive (Auguste),
Science.
Mathématicien
Médec. physic.
Mathématicien
Physicien
Zoologiste
Botaniste
Géologue
Astronome
Physicien
Chimiste
Astronome
Physicien
Anatomiste
Minéralogiste
Mathématicien
Astronome
Zoologiste
Astronome Naturaliste Chimiste
Id.
Physicien
Lien de naissance,
Murchison (Sir Roderick I.), Géologue Kummer, Agassiz (Louis), Airy (Sir George), Wheatstone (Sir Ch.),
Tchebicheff,
De Candolle (Alph.),
De Baer,
Don Pedro d'Alcantara, Thomson (Sir William),
Bunsen (R.-W.-E.),
Mathématicien Zoologiste Astronome Physicien
Mathématicien Botaniste Zoologiste Se. diverses Physicien
Id.
Brunswick Westerlôsa Londres Genève
Milverton (Angleterre) Arbergen
Eaglesfield (Angleterre
Gotha
Ecosse
Stolpe
Minden Rudkjœbing Newington près Londre Potsdam
Sedburgh (Ecosse)
Casse!
Neurade
Dûren (Prusse rhénam Slow près Windsor Lancastre (Angleterre)
Voghera Delitsch (Saxe) Darmstadt Eschersheim Genève
Taradale (Ecosse) Sorau (Nieder-Lausitz Mottier près Morat Alnwick Gloucester
Okatoiï (Kalouga) Paris
Piep en Esthonie Rio de Janeiro Belfast
Gôttingen
EXPOSÉ DES FAITS
iLiea do domicile.
Nationalité.
Culte,
Profession on position sociale dn père.
itioâfen
Ickholra idres
liève Iidres
Allemae'ne
Suède
Angleterre
Suisse
Angleterre
Tuilier
X U Xll Vl •
Pasteur.
Id.
Magistrat, rentier.
Négociant (de la Soc. des arais soit Quakers) .
iimen
lichester
itingen
idres
lin
Âllpmno'np
Angleterre Allemagne Angleterre Allemagne
1 aoluU.1 •
Négociant (de laSoc. des arais so'ilQuakers). Pasteur.
Id.
Noble.
tingen
enhagen
dres
nigsberg
nbourg
Id.
Danemark Angleterre Allemagne Angleterre
rinn^piilpr incfîpo
l^UIJoClilOl Uo JUotlt'C.
Pharmacien.
Maréchal ferrant.
Négociant.
Directeur d'une école.
pcfort
lin
idres
Allfimae'np Id.
Id.
Angleterre Id.
Pniln^nnliA
1 IJllUoUUllC»
Pasteur.
Directeur de la poste à Diiren.
Astronorae illustre.
Fabricant.
in lin ich
l-ingen lève
Italie
Allemagne Id. ^ Id.
Suisse
Noble.
Employé municipal.
Droguiste.
Sans fortune.
Docteur, professeur et magistrat.
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s-Unis înwich dres
A nnrlof ûr>T«n
Aiigieitji re Allemagne Suisse Angleterre Id.
henueman.
Médecin.
Pasteur.
Agriculteur.
it-Pétersbourg
ève
pat
de Janeiro gow
Russie
Suisse
Prusse
Brésil
Angleterre
mjuic, [jicôiuciH ub id iiouiesse oe oorowsk. Botaniste, rentier.
Président de la noblesse.
Empereur.
Professeur de mathématiques.
lelberg
A.llemagne
Officier.
Peut-être faut-il regretter que l'Académie n'ait pas augmenté de temps en temps le nombre de ses Associés étrangers. Le chiffre de huit, fixé à l'époque de Newton, n'est plus suffisant, le personnel des hommes de science ayant quadruplé ou quintuplé, si ce n est décuplé, et les sciences s'étant beaucoup ramifiées. Aujourd'hui quinze ou vingt associés étrangers représenteraient à peu près les huit du commencement du XVIII""° siècle. On peut en juger par les listes de présentation quand il y a une élection d'associé. Elles contiennent quelquefois des noms tellement égaux et tellement illustres que l'Académie ferait une bonne nomination même en tirant au sort.
Par ce motif, il sera convenable d'attribuer de l'importance aux listes de correspondants. Elles complètent un peu rénumération des savants que l'Académie a voulu distinguer, mais elles sont si étendues et il est si difficile de les obtenir pour les époques un peu anciennes, que je me suis borné à celles des années 1750, 1789, 1829 et 1869, c'est-k-dire à 39 ou 40 ans d'intervalle pendant deux siècles'. J'intercalerai dans la liste des correspondants de chacune des quatre années les associés étrangers qui existaient alors, afin de montrer l'ensemble des savants plus ou moins illustres que l'Académie avait honorés de ses suffrages.
Dans le tableau des associés étrangers et dans celui des correspondants et associés qui va suivre, l'indication des
' J'avais d'abord pensé aux années 1750, 1790, 1830, 1870; mais on voit que je serais tombé sur trois époques de révolutions ou de guerres. Les années 1789, 1829 et 1869 ont l'avantage de terminer des époques de tranquillité, pendant lesquelles rien n'a pu altérer les relations entre les savants de divers pays. Voir la note page 216.
EXPOSÉ DES FAITS. 231
nationalités n'est pas tirée des documents officiels, car ils indiquent seulement les résidences. J'ai été obligé de faire de nombreuses recherches pour l'établir et il s'est présenté plusieurs difficultés. Dans les cas douteux, je n'ai pas cru convenable de partir uniquement de la nationalité politique des individus, laquelle dépend un peu trop des lois de chaque pays. J'ai été obligé de tenir compte quelquefois du lieu de naissance, de l'origine du père et même du pays dans lequel un savant a été élevé ou a vécu, car il s'agit ici de nationaUtés réelles et intellectuelles, plutôt que politiques et légales. Gavendish, fils d'un membre de la Chambre des pairs d'Angleterre, était né à Nice, mais il a été élevé et a vécu en Angleterre: je l'ai considéré comme Anglais. Black, fils d'un négociant de famille écossaise, établi à Bordeaux, était né à Bordeaux, mais il a été élevé et a vécu à Edimbourg: je l'ai aussi compté comme Anglais. Van Swieten, né en Hollande, d'un père hollandais, s'était fixé a Vienne : je l'ai considéré comme Hollandais. Herschel père, né en Allemagne, élabli en Angleterre, est compté comme Allemand ; tandis que Herschel fils, né en Angleterre, où il a toujours vécu, est compté comme Anglais. En suivant les mêmes principes, je me suis cependant trouvé dans l'embarras pour fixer la vraie nationalité scientifique de La Grange et Euler fils. Le premier est né k Turin, d'une famille d'origine française, alliée à celle de Descartes \ Son père déjà était né en Itahe. Ainsi de La Grange était plus Italien que Herschel fils n'était Anglais. Il avait été élevé à Turin et y enseignait les mathématiques, lorsqu'il fut appelé à Berlin pour devenir mem-
' Quelques ouvrages mentionnent de La Grange comme petit-fils de Descartes. C'est une erreur. J'ai suivi la notice très exacte que Maurice, ami de La Grange, a insérée dans la Biographie universelle.
bre de l'Académie des sciences. Plus tard il vint résider à Paris. D'après l'ensemble de ces faits, et en partant des mêmes points de vue que ci-dessus, je n'ai pas considéré de La Grange comme Français, mais plutôt comme Italien. Dans le fait, s'il avait été Français, l'Académie n'aurait pas pu le nommer associé étranger.
Albert Euler est né à Saint-Pétersbourg, où son père, l'illustre Léonard Euler, de Bàle, était professeur. Il a vécu en Russie, en Allemagne et en France. Après beaucoup d'hésitation, je l'ai classé comme Russe, à cause
des deux faits de sa naissance et de son éducation en Russie.
EXPOSÉ DES FAITS
TABJLJ3AU II