BELGIQUE
L'époque la plus glorieuse pour la Belgique, au point de vue scientifique, a été la seconde moitié du XVI™" siècle, antérieure au temps dont nous nous sommés occupés. Dodoens, L'Obel, de l'Escluse, Fusch (qu'il ne faut pas confondre avec l'Allemand Fuchs), Coudenberg, et autres, brillèrent alors dans les sciences naturelles. « Malheureusement, dit M. Édouard Morren, dans son éloge de Coudenberg, nos villes durent céder à la supériorité des armes de l'Espagne, aux talents et à la politique d'Alexandre Farnèse, prince de Parme. Une grande population abandonna sa terre natale pour se soustraire au joug espagnol.
et porta ses arts, son industrie et ses richesses en Hollande, en Angleterre et ailleurs. » J'ai signalé (p. 339) des savants de premier ordre, nés en Suisse ou en Allemagne, qui descendaient de Belges protestants, expulsés de leur pays. L'effet de ces actes de barbarie et de la pression morale qui les accompagnait, a produit des résultats qu'on peut constater jusqu'à notre époque. La Belgique n'a pas eu un seul Associé étranger de l'Académie des sciences de Paris né chez elle, mais il en est sorti quatre cl'une seule famille d'origine belge, élevée à Bâle, sous des conditions absolument opposées. En 17501a Belgique n'avait pas même un membre correspondant des trois grandes sociétés ou Académies. En 1789, 1829 et 1869, sa position sur les listes a été moins mauvaise. Chose remarquable 1 c'est le pays opprimé qui a pris les devants sur le pays oppresseur (voir sur les tableaux Belgique et Espagne, aux quatre époques) Personne n'ignore le développement de l'instruction dans la libre Belgique d'aujourd'hui, et quant aux autres causes, favorables ou défavorables, qui existent maintenant, je laisserai chacun de mes lecteurs les énumérer lui-même.