‹ Histoire des sciences et des savantsChapitre 57 sur 82 · M CO · texte numérisé non relu

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Ainsi l'influence religieuse, hors de France, a été moins défavorable aux catholiques dans les sciences morales, historiques et sociales que dans les sciences mathématiques, physiques et naturelles.

Nous verrons plus tard qu'en ajoutant les savants français, on trouve, pour l'ensemble de tous les pays, à peu près l'égalité numérique entre protestants et catholiques, sans qu'il en résulte cependant une égalité proportionnelle à la population des deux cultes.

5° Les localités qui ont donné naissance aux titulaires du tableau actuel sont tout à fait dispersées. Turin est la seule ville qui en ait fourni 2, et les 46 autres sont nés dans autant de locahtés différentes. Nous n'avons ici rien qui ressemble à la production de mathématiciens à Bàle ou de naturalistes à Genève (page 379), mais nous constatons de nouveau que les villes célèbres par leurs universités n'ont pas produit plus de savants que les autres (voir page 380).

6° La distribution des 50 titulaires selon les nationalités mérite d'être examinée. Comme la condition de divers pays a changé du XVIII'"® au XIX""® siècle, et que notre tableau concerne les nominations des deux Académies (morale et inscriptions) depuis 1 833 seulement, je mettrai en regard ces 50 titulaires et les 50 derniers Associés étrangers élus par l'Académie des sciences (page 228).

* SCIENCES MOIIALES. 509

Les 50 dernières nominations d'associés étrangers par les

Académie des Académie des Sciences mathé- Sciences morales matiques, etc. et des Insoript.

Allemagne (ancienne conféd.). . 18 21

Angleterre (les trois royaumes). 17 12

Brésil 1 0

Belgique 0 2

Danemark 1 1

États-Unis 1 3

Hollande 0 1

Italie 4 8

Norvège 0 1

Russie 2 0

Suède 1 0

Suisse 5 1

Autres pays 0 0

Total JO^ JO

Les trois États Scandinaves groupés ensemble 2 2

On voit aussitôt que l'Angleterre et surtout la Suisse et la Russie ont eu moins de nominations pour les sciences morales historiques et sociales que pour les sciences mathématiques, physiques et naturelles; tandis que c'est l'inverse pour l'Allemagne et surtout pour l'Italie, les États-Unis et la Belgique.

La proportion des titulaires à la population de chaque pays aurait de l'importance si les nombres n'étaient souvent trop faibles pour avoir une valeur en statistique. Je note seulement que pour les trois pays où il y a eu plus de 7 Associés des Académies des sciences morales et des inscriptions, la proportion, sur un milhon d'habitants.

est :

Angleterre • 0,387

Allemagne (ancienne Confédération) . . 0,356

Italie 0,302

510 IIlSTOmE DES SCIENCES.

J'ai conservé la désignation ancienne de l'Allemagne pour faciliter les comparaisons avec les tableaux qui précèdent et parce que tous les savants que j'ai énumérés étaient nés et ont été élevés avant l'état politique actuel. Si l'on veut distinguer l'Autriche de l'Allemagne, on trouve 19 titulaires pour l'Allemagne et 2 pour l'Autriche (de Hammer et de Hùbner). Alors les proportions deviennent :

Allemagne 0,487

Autriche 0,100

Les trois titulaires américains sont une petite fraction pour l'ensemble des États-Unis, mais deux de ces savants, nés dans la Nouvelle-Angleterre, constituent une forte proportion pour les six États qui la composent.

En Europe, cinq petits pays ont ensemble six Associés, proportion élevée pour une population de 14 millions et demi, car elle est de 0,414 sur 1 milUon. La Suède, le Portugal et la Grèce n'ayant aucun titulaire, l'ensemble des petits États donne un chiffre inférieur à celui de l'Italie. On ne peut pas oublier cependant que tous les Italiens compris sur la hste sont nés et avaient été élevés quand leur pays se composait de petits États et que beaucoup desavants allemands étaient nés aussi et avaient été élevés dans de petites principautés ou villes libres de l'ancienne Confédération. Envisagés de cette manière, les petits États ont eu pour les sciences môrales, comme pour les autres, une supériorité marquée sur les grands. Les nominations faites en France et en Allemagne

1 D'après les populations indiquées à la page 395 pour année qui correspond à l'époque moyonne des nominations.

depuis 1870 ne peuvent pas être employées, à cause du trouble que la guerre leur a fait subir. Quand une Académie a cessé, pendant plusieurs années, d'élire des savants d'un certain pays, il en résulte un déficit dans la représentation de ce pays et un nombre exagéré de nominations faites ailleurs. Je suis donc obligé de consulter des Académies qui n'aient pas été influencées par des causes étrangères à la science. C'est le cas, par exemple, des Académies italiennes, comme celle des Lincei à Rome et celle de Turin, qui ont une classe des sciences morales, historiques et philosophiques \ Elles nomment chacune dix associés étrangers ^ La première avait en outre 34 correspondants et la seconde 39 non italiens, dans les années 1882-83. En retranchant les doubles emplois, le nombre des titulaires est de 73, qui se divisent comme suit pour les nationalités :

' D'après la liste de janvier 1884 dans les Transunti dei Lincei, 1884, et Elencho delV Accademia di Torino, 1881, Atti, 1882, 1883.

' A la fin de 1883, l'Académie des Lincei a décidé de ne plus avoir une catégorie distincte d'Associés.

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