‹ Histoire des sciences et des savantsChapitre 64 sur 82 · LE MOT NATURE · texte numérisé non relu

LE MOT NATURE

toute équivoque. C'est de renoncer à l'emploi du mot nature et de ceux qui en dérivent. On ne saurait croire combien cela est facile. Je m'en suis assuré pratiquement dans de nombreuses rédactions. Au lieu de dire : « la nature a donné des ailes aux oiseaux, » ou bien « les transformations d'espèces sont un fait naturel, ou un fait qui n'est pas naturel, » je dis : les oiseaux ont deo ailes ; les transformations existent ou n'existent pas, s'expliquent ou ne s'expliquent pas. Il ne m'en coûte plus de n'employer jamais le mot nature ni ses dérivés, excepté pour dire la nature d'une chose, ou pour opposer le mot naturel à celui d'artificiel, ou encore dans les mots histoire naturelle et naturaliste, qui n'offrent aucnne espèce d'ambiguïté. En d'autres termes, le mot nature n'a pas moins de cinq acceptions différentes dans les livres. J'en conserve deux : la nature opposée à l'art et la nature d'une chose. C'est bien assez. Les trois autres, que j'abandonne, manquent de réalité, de fixité ou de clarté. On peut décrire toutes les formes et tous les phénomènes sans les employer.

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