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( 274 ) plus illustre de ses amis, Galilée, était persécuté, il s’adressa au cardinal Barberini, qu'il connaissait particulièrement, pour le prier d'obtenir du pape qu'on laissât au moins mourir en paix l’auteur de tant d’immortelles découvertes. Les sollicitations d’un magistrat aussi respectable par ses talens que par son caractère, d’un homme pieux et sincèrement attaché à la religion catholique, qui s'exprimait avec une noble franchise, semblaient devoir faire une vive impression sur l’esprit d'Urbain VIIT, qui le connaissait et qui avait appris à l'estimer; malheureusement elles ne produisirent aucun résultat : on lui répondit (1)
à peine. Vainement Peiresc prédisait hardiment
msn, ere ee ne
chéologie, l’histoire naturelle et l'astronomie. Ses manuscrits renferment une foule d'observations sur les satellites de Jupiter, sur les taches solaires, sur le magnétisme , sur toutes les parties de la philosophie naturelle. Dans une de ses lettres à Galilée, publiées par M. Cibrario, on lit qu’en observant Saturne avec son ami Gassendi, il avait vu une espèce de trou: c'était, comme on le conçoit, une première idée de l'anneau (Lettere inedite di principi e d’uomini illustri, p.90. —On peut consulter aussi les registres XXX VI, vol.2; XXX VI, vol. 2; LIIT- LX , vol. 1 et2a, etc., des manuscrits de Peiresc à la bibliothèque de Carpentras).
Voyez la note XVIII à la fin du volume.
(1) En général, à Rome , on ne répondait pas aux sollicitations en faveur de Galilée (Voyez Lettere inedite di principt
(275 ) avecune justesse remarquable, qu'une telle persécution serait une tache (1) pourle pontificat d’'Urbain VIII, et que la postérité la comparerait à la condamnation de Socrate. Galilée, aveugle, ne fut pas moins contraint de passer ses derniers jours relégué (2) à la campagne, loin de toute consolation (3), n’osant pas recevoir ses amis ni leur écrire, tremblant même de communiquer à qui que ce füt ses découvertes de crainte de tomber
dans les embüches de l’inquisition (4). Et ce-
e d'uomini illustri, p. 85. — Venturi, memorte, part. II, p- t9r et suiv.).
(1) «E saria appunto una macchia allo splendore e fama di « questo pontificato » (Lettere inedite di principi e d’uomini illustri, p. 86.— Voyez aussi p. 88).
(2) Une seule fois on lui permit d’aller à Florence, à condition qu’il ne pourrait sortir, mème pour se rendre à l’église, qu'avec la permission de l’inquisiteur ; mais bientôt il dut retourner à son carcere d’Arcetri (Venturi, memorie, part. IL, p. 228).
(3) On voulait l’isoler absolument : en 1638 , le père Castelli, qui était à Rome, ayant désiré se rendre à Florence, le pape ne lui permit de voir Galilée que devant témoins (Venturi, memorie, part. Il, p. 229).
(4) Voici ce que, en 1657, Galilée répondait à Antonini, qui lui demandait communication de ses dernières découvertes.
» $’i0 nonavessi, Illustris. Sig., nui per mille altririscontri, « ferma certezza del candido e sincero affetto suo verso di
( 276 ) pendant ni sa cécité, ni son grand âge, ni les rigueurs du Saint -Office ne purent l'empêcher un seul instant de se livrer à ses profondes et fertiles méditations, d'animer ses élèves à la recherche de la vérité, de cette vérité que, d’après le témoignage même de ses ennemis, il préchait avec un ascendant irrésistible, et dont il fut le martyr. Où trouve-t-on un autre exemple, depuis que le monde existe, d’un homme pliant sous le faix des années, aveugle, traqué par les inquisiteurs , et nonobstant cela, capable de publier ces Discours et Démonstrations matheématiques qu'on ne pourra jamais assez admirer ? Lorsque, le 8 janvier 1642, cet illustre vieil-
lard descendit au tombeau (r), sa gloire pou-
« me, potrei stare in dubbio se l’istanza che ella mi fa del « comunicarle io in particolare scrittura certa mia osserva- « zione fatta nella faccia Lunare, derivasse (come ella mi « scrive) da zelo e timore che ella abbia che i miei scoprimenti « ed invenzioni non mi vengano da altri usurpati nel modo « che di alcune mi è accaduti, o pure se il consiglio suo | « tendesse al mantenermi interi gli odi di moltissimi invi- | « diatori delle tante verità scoperte da me nella Natura, e nelle « scienze, per li quali odi mi irovo in stato di non lieve | « calamità. » (Galilei, opere, tom. IE, p. 47). Viviani dit que Galilée avait fermement résolu de ne plus rien publier (Galilei, opere, tom. [, p. rxxxi). | (1) Voyez Nelli, vita, tom. IL p. 850.
vait défier la rage de ses ennemis; car lors même qu'on eût trainé son corps à la voirie, comme on le voulait à Rome (1), que tous ses ouvrages eussent été détruits, comme on essaya de le faire, œuvre de son génie ne pouvait plus périr; il avait créé la philosophie naturelle, les hommes avaient appris de lui comment ils doivent étudier la nature; enfin il laissait une école florissante composée d'élèves idolâtres de sa mémoire et imbus de ses préceptes, qui n’eurent qu'à suivre ses glorieuses traces pour se rendre célébres. Des cendres de Galilée naquit bientôt cette société qui s’est rendue immortelle sous
le nom d’Académie del Cimento.
Ce n’est pas en quelques pages qu'on peut espérer de tracer la vie ni d'apprécier les travaux d’un tel homme; la vie de Galilée est un ouvrage qui manque encore aux sciences, bien qu’on l'ait plusieurs fois entrepris. Les difficultés naturelles d'un tel sujet sontencore augmentées par la perte de la plus grande partie des écrits de cet homme célébre. Nous avons vu que, plus occupé de faire
des découvertes que de les livrer à limpres-
nn (1) Nellr, vila, tom.Il, p. 85r el suiv
(278 ) sion, Galilée se contenta pendant longtemps de les communiquer à ses élèves et à ses amis; de sorte que, se répandant ainsi partout, elles furent souvent reproduites par des plagiaires, qui tentèrent de se les approprier. Plus tard, lorsqu’il songea enfin à réunir et à publier ses travaux, l’inquisition l’arrêta et le condamna au silence. Après sa mort, des élèves dévoués voulurent recueillir les ouvrages qu'ilavait préparés, et ces lettres ou il avait si souvent exposé: ses plus ingénieuses découvertes, mais l’inquisition intervint encore d’une manière odieuse et barbare. Renieri, à qui il avait confié les observations des satellites de Jupiter, et qui devait les réduire en tables, vit à son lit de mort ses manuscrits pillés et dispersés par les suppôts du Saint-Office (1). Plus tard, le petit-fils de Galilée étant entré dans les ordres, brüla, par scrupuie de religion, plusieurs manuscrits, parmi lesquels il parait certain que :se trouvaient des: écrits inédits du grand philosophe toscan (2).
de ti, à rm 2 —— ce
(1) Targioni, notizie, tom. 1, p. 314-315.— Lettere inedite di uomini illustri, tom. Ï, p. 74.
(2) Viviant, quinto libro, p. 104.
( 279 ) Enfin Viviani, qui ne cessa de montrer un si vif attachement à la mémoire de son maître, s'étant appliqué pendant longues années à rassembler les manuscrits de Galilée dans la vue d’en donner une édition complète, se vit forcé de les enfouir dans up silo (1) pour les soustraire aux recherches actives des moines si puissans en Toscane sous Côme IIL. Après la mort de Viviani, ces précieux manuscrits, découverts par un domestique, furent employés aux plus ignobles usages, Enfin, le hasard ayant fait tomber une lettre autographe de Galilée entre les mains du sénateur Nelli, cette lettre Jui donna l'éveil, il se procura tout ce qui restait encore dans le silo (2), et il ajouta à cette collection des manuscrits de Vivianiet d'autres sayans qui avaient été dispersés avecuneimpardonnable incurie (3). Actuellement ces manuscrits, cachés depuis plu-
sieurs années dans une bibliothèque de Florence,
nn
(1) Targioni, notizie, tom. À, p. 122-124.
(2) Targioni,notizie, tom. I, p. 124-125.
(3) Nelli raconte la dispersion des livres de Viviani qui existaient à la bibliothèque de l’hôpital de Santa Maria Nuova de Florence (Nelli, vile, tom. IL. p. 762). C'est peutètre dans la même circonstance que fut égaré le manuscrit
( 280 ) attendent un éditeur; et lon doit s'étonner qu'on n'ait pas songé à donner une édition complète des écrits qui restent encore du plus grand philosophe de l’Italie, dans laquelle devraient naturellement être compris les travaux inédits de ses plus illustres disciples. Un tel recueil honorerait le pays qui l'entreprendrait, et serait le plus beau monument qu'on pût élever aux sciences. Ces reliques ne sont pas aussi minimes qu'on pourrait le croire : la collection manuscrite dont nous parlons se compose de plusieurs centaines de volumes, parmi lesquels les ouvrages inédits abondent; et lon sait que des hommes tels que Galilée, Torricelli et Viviani consignaient dans tous leurs écrits, dans leurs lettres, et jusque dans les moindres fragmens, des idées nouvelles et dignes d’être répandues. Il faut qu'on n'oublie pas, en Toscane, qu’une grande réparation est due à Galilée, et que la meilleure manière de protester contre ses per-
sécuteurs, de se montrer plus avancé que les
du Traile des nombres carres, par Fibonacci, qui existait dans cette bibliothèque et dont nous avons parlé dans le second volume (p: 40).
(‘aër?) Médicis, et de rendre un digne hommage à la gloire du grand homme qu'ils n’osérent préserver d’une injuste persécution, c’est de conserver et de transmettre à la postérité tous les débris, les moindres reliques de ce martyr de la philosophie.
La perte de tant de précieux ouvrages que nous regrettons serait moins funeste, si les amis et les élèves de Galilée avaient écrit sa vie d’une manière exacte et complète; malheureusement ils ne l'ont pas fait. La terreur inspirée par Pinquisition était si profonde alors, que nul n’osa tracer exactement l'histoire de la vie et des travaux de Galilée. Quelques pages écrites par un chanoine de Florence nommé Gherardini, qui avait reçu les confidences de Galilée sont ce qui nous reste de plus authentique sur ce grand homme (1). Mais Gherardini n’était nullement savant, et en écrivant ses souvenirs longtemps après la mort de son illustre ami, il a parfois commis des erreurs; cependant, ces mémoires, qui ne parurent que vers la fin du siècle der-
nier, sont ceux quicontiennent le plus de rensei-
(1) Targioni, notizie, lom. IE, p. 65 et 76.
( 282 ) gnemens sur la vie de Galilée. Viviani, qui com= posa pour le prince Léopold de Médicis une notice biographique sur le grand philosophe toscan, se vit forcé de taire la plupart des faits relatifs à la sentence de l’inquisition, et de donner des louanges (1) à des princes qui s'étaient montrés si pusillanimes , et si indifférens an mé-
rite de ce grand homme. Viviani fut réduit à
déclarer que si Galilée avait montré quelques
dispositions à soutenir le mouvement de la terre,
c'est parce que s'étant élevé jusqu’au ciel par ses admirables découvertes, la providence éternelle
avait permis qu'il se rattachät à la nature hu-
maine par ses erreurs (2)l On comprend le sens de cette phrase, à une époque où l’inquisition était encore l’effroi de tous les penseurs;
mais une biographie tracée sous l'influence de
telles craintes, ne peut guère inspirer de con-
(1) Galilei, opere, tom. 1, P- LXVI, LXXI, LXXXIX, XC, etcs
(2) Galilei, opere, iom. I, P+ LXXVII. — Dans son Quinton libro degli elementi d'Euclide, Viviani a donné quelques fragmens de lettres de Galilée; on verra par les documens.
que nous publions plus loin avec quel soin il en retranchait tout ce qui était relatif à l’inquisition.
Voyez la note XVIL à la fin du volume.
fiance. Plus tard, il est vrai, on a publié divers écrits sur Galilée, mais ce ne sont trop souvent que des analyses ou des expositions incomplètes ; les plus considérables de ces biographies étant rédigées d’après des documens inédits sont dénuées de preuves {1), et lon-peut craindre de voir souvent les idées de l’auteur dénaturées par l'interprétation de l'historien. Au reste, tous ces travaux sont: incomplets et parfois inexacts; les plus considérables sont dus à des écrivains étrangers aux sciences et manquent.tout-à-fait d'ordre et de méthode. La biographie de Galilée est encore à faire: on ne pourra l'écrire d’une maniere convenable que lorsqu'on aura réuni tous ses ouvrages etique l’on aura fait paraître toute sa correspondance, qui renferme l’histoire de ses admirables découvertes et qui doit révéler les circonstances les plus intéressantes de sa vie
Malgré l'impossibilité où nous sommes de
(1) La vie de Galilée par Nelhi devait être suivie d’un nombre très considérable de pièces inédites que l’auteur cite toujours, mais qui n’ont jamais vu le jour. Les Memorie de Venturi sont rédigés sans ordre et sans méthode, et l’auteur a le défaut grave de ne donner que des extraits des pièces qu'il aurait dû publier en entier.
( 284 ) rendre compte d’une manière complète et détaillée de toutes les idées nouvelles et ingénieuses que Galilée a répandues dans chacun de ses écrits, de toutes les découvertes qu'il y a consignées, nous ne saurions nous empêcher cependant d’en signaler rapidement quelques-unes, en nous arrêtant de préférence à celles qu’on attribue d'ordinaire à d’autres savans. On sait généralement que Galilée a inventé le thermomètre, le compas de proportion et le microscope; que sur une vague indication il a deviné et perfectionné le télescope, et qu'armé de ce puissant instrument qu'il dirigea le premier vers le ciel, il a découvert les satellites de Jupiter, les phases de Vénus, les taches et la rotation du soleil, les montagnes et la libration de la lune. Gn sait aussi qu'après avoir découvert l’isochronisme des oscillations du pendule, il appliqua cette remar-
que à la mesure du temps (r) et à la musique,
(1) On a beaucoup disputé pour savoir si Galilée avait appliqué le pendule à l'horloge avant Huyghens. Galilée a certainement fait cette application, mais sans combiner d’abord le ressort avec le pendule, combinaison nécessaire afin que le mouvement de ce pendule pûL se prolonger longtemps.
( 285 ) comme il a appliqué les observations des satellites de Jupiter à la détermination des longitudes en mer; qu'il a posé les bases de lhydrostatique, créé la dynamique en donnant la théorie de la chute des graves, et appliqué le principe des vitesses virtuelles au calcul des effets des machines. Ces faits sont rapportés par les biographes et consignés dans tous les ouvrages d'histoire littéraire. Mais on sait moins que Galilée s'était occupé de toutes les branches de la philosophie naturelle, qu'il avait composé des traités spéciaux sur l'optique, sur le choc des corps, sur le magnétisme, sur le mouvement des animaux, et que si ces ouvrages ont péri, on en retrouve la substance dans ses autres écrits. Ce n’est qu’en lisant les ouvrages qui nous restent de lui, que l’on peut se faire une idée de la pénétration de son esprit,
et de la sagacité avec laquelle il savait tirer des
Quelques savans ont cru cependant qu’il imagina cette combinaison lorsqu'il était déjà aveugle, et que son fils construisit avant Huyghens une véritable pendule : mais c’est là un point bien difficile à éclaircir (Voyez à ce sujet Galiler, dialogo, p. 443 et 447. — Nelli, vita, tom. IE, p. 721 et suiv. — Saggi di naturali esperienze, Firenze, 1691, in-fol., p. 22. — Venturi, memorie, part. T1, p. 286 et suiv.).
( 286 ) phénomenes les plus communs des conséquences singulières et inattendues. Affirmant que le plus ! beau de tous les livres était la nature, et qu’en l’observant on était sur de découvrir la vérité, ! Galilée ne négligeait rien de ce qui lui tombait ! sous les yeux. Un morceau de bois abandonné : dans un coin de l’arsenalde Venise,une grappe de raisin que le soleil faisait mürir dans un champ, | une lampe que le vent faisait osciller, un instrument à l’aide duquel un jeune homme glissait : le long d’une corde, lui fournissaient également : matière à d’utiles et profondes méditations. On doit lui savoir gré d’avoir conservé, dans ses écrits, le souvenir de ses premières observations, d’avoir montré par quel hasard il y avait d’abord été conduit; car non-seulement ces excursions philosophiques intéressent au plus haut degré et reposent l'esprit par la facilité, l'abandon même qui semble présider aux plus grandes découvertes, mais on peut y puiser les plus utiles exemples de la méthode des inventeurs et du grand art d'observer. Il est vrai qu’à part la perfection du style, les ouvrages de Galilée, lorsqu'on ne les lit pas avec une attention particulière, semblent d’abord ne rien offrir d’extraor-
dinaire, tant ils paraissent simples et clairs ; mais
c'est en cela surtout que ces écrits sont admirables; car, composés à une époque où l'on admettait les causes occultes, où l’on raisonnait toujours à priori, ils se distinguent par une logique si simple et par une si juste application des principes du sens commun à la philosophie naturelle, qu'on les croirait sortis de la plume de quelque illustre savant des temps modernes plutôt que de celle d’un homme entouré de ténebres, et obligé de lutter sans cesse contre des erreurs victorieuses. Ce n’est qu'en se reportant à l’époque où il vécut, et en comparant ses écrits ‘avéc ceux de ses adversaires, que l’on peut comprendre combien cette simplicité qui les distinigue était difficile alors; combien ces vérités, si répandues aujourd’hui, étaient alors cachées et sublimes. D'ailleurs, plusieurs des observations qu’il a consignées dans ses écrits, et qui ont Ipassé presque inaperçues, ont servi plus tard, “entre les mains d’autres savans, de base à d’im-
iportantes théories. | Bien que Galilée considérait surtout les mathématiques comme un instrument propre à mesurer les phénomènes naturels et à rechercher les causes qui les produisent, cependant, même
comme géomètre, il s’est placé à la tête de ses
contemporains. Il n'aurait fait que déterminer.
la trajectoire décrite par un corps qui ne suit
pas la verticale en tombant, que cette découverte eût suffi pour lui assurer l’immortalité. Mais Ga: lilée avait aussi imaginé le calcul des indivisibles; et bien qu'il n'ait jamais publié ses recherches à ce sujet, il est certain qu'elles avaient précédé celles de Cavalieri (1), qui s’est rendu si célèbre: par ses travaux sur la même matière. Les persécutions dont Galilée fut la victime l'empéchérent seules d'achever l'ouvrage que depuis long-| temps il préparait sur les indivisibles; il avait! commencé aussi à s'occuper du calcul des pro: babilités : en cherchant à résoudre un problème, qui se rattache à la partition des nombres, il avait distingué fort à propos les arrangemens des combinaisons (2), et l'on voit, par ses lets]
tres, qu'il s'était longtemps occupé d’une ques:
ES
(1) Voyez Venturi, memorie, part. Il, p. 265. — Galileis discorsi e dimostrazioni matematiche, p. 27 et suiv. L Cavalieri avait d’abord publiée dans le Specchio Ustorio une autre découverte de Galilée qui s’en plaignit (la parabole, tracée par un projectile). Cavalieri s’excusa de son mieux et reconnut tous les droits de Galilée (Venturi, memorie,\ part. Il, p.264).
(2) Galilei, opere, tom. LIT, p. 119-125. (
( 289 ) tion délicate et non encore résolue, relative à la manière de compter les erreurs (1) en raison géométrique ou en proportion arithmétique, question qui touche également au calcul des probabilités et à l'arithmétique politique.
Dans les mathématiques appliquées, dans la | physique, Galilée a fait une foule de remarques ‘ingénieuses dont on essaicrait en vain de faire l'énumération. Ici, c’est un procédé pour dé- Berminer le poids de l'air (2); là, des recherches sur la chaleur rayonnante, qui, ditil, traverse l'air sans l’échauffer, et qui est différente de la lumière (3); plus loin, des considérations sur la vitesse de la lumière, dont il ne croit pas la pro-
pagation instantanée (4). Sa méthode pour ap-
(1} Galilei, opere, tom. IL, p. 55 et suiv.
(2) Galiler, discorsi e dièmostrazioni matematiche, p. 82-85.
(3) Galilei, opere, tom. IL, p. 441.— On voit au même enlroit que Galilée admettait l’existence de l’éther.
(4) Galilei, discorsi e dimostrazioni matematiche, p- 42- 4. — Une remarque que Galilée fait ici sur les éclairs, si Île ne démontre pas le mouvement progressif de la lumière, emble prouver au moins que la propagation de la lumière et elle de l'électricité ne sont pas toutes deux instantanées.
Jescartes croyait la transmission de la lumière instantanée.