On trouve au même endroit unautre moyen fort simple
de rendre seusibles les vibrations. Toutes les recherches de Galilée sur l’acoustique méritent l’attention des savans. (3) Gatilei, dialogo, p. 392 et suiv.
ble (1). Qui sait jusqu'où il serait parvenu en fait de connaissances sur le système du monde, et combien il aurait enrichi encore toutes les branches de la physique et de la philosophie naturelle, si l’on n’eût pas comprimé l’essor de son génie! Que d'idées ingénieuses, de germes féconds anéantis avec les écrits de ce grand philosophe!
Malgré les effets d’une persécution acharnée, Galilée nous apparait encore comme un des esprits les plus vastes et les plus sublimes qui aient jamais paru sur la terre. Grand astronome et grand géomètre, créateur de la véritable physique et de la mécanique, réformateur de la philosophie naturelle, il fut en même
temps un des plus illustres écrivains de l'Italie,
et 1] força ses adversaires à reconnaître que l’ou pouvait être à-la-fois géomètre et homme d’es-
prit. Poëete enjoué et auteur comique plein
de verve et de sel, il excella dans la théorie et ‘dans la pratique de la musique, et se distingua dans les arts du dessin. Il fut le modèle et le
maître des savans du dix-septième siècle, des
(1) Galilei, dialago, p. 447.
Torricelli, des Viviani, des Redi, des Magalotti, des Rucellai, des Marchetti, qui apprirent de lui à faire marcher de front et avec un égal succes les sciences et les lettres, et qui appliquèrent ses préceptes à toutes les branches des connaissances humaines.
La philosophie scolastique ne put jamais se relever du coup que Galilée lui avait porté; et l'Église, qui malheureusement se fit l'instrument de la haine des péripatéticiens, partagea leur
défaite (1). Comment, en effet, oser prétendre à
(1) Nous avons déjà montré que Galilée a été le véritable réformateur de la philosophie. Cependant on ne trouve nulle part l'exposé de ses doctrines philosophiques. Occupé surtout de faire des découvertes, il n’avait guère le temps
d'exposer ses principes; et d’ailleurs son système consistait
à ne jamais séparcr le précepte de l’application, car il voulait surtout établir la philosophie pratique. Peut-être plus tard, s’il eût été libre, il aurait composé un ouvrage spécial sur ceite philosophie, à laquelle il disait avoir consacré plus d'années que de mois aux mathématiques, Mais comment aurait-il pu en présence de linquisition faire connaître ses principes, s’ils étaient tels que l’affirme un voyageur francais qui s'exprime ainsi: « Le 6 novembre 1646... je fus me promener avec le S. Viviani qui a été trois ans avec M. Galilei. Il me dit son opinion du soleil qu'il croyoit une estoille fixe, la conservation de toutes choses, la nullité du mal, la participation à l’âme universelle. » ( Monconys, voyages, Lyon, 1655, 3 vol. in-4, part. Ï, p. 130).
( 295 ) Pinfaillibilité, après avoir déclaré, /ausse, absurde, herétique et contraire a l’Ecriture, une des vérités fondamentales de la philosophie naturelle, un fait incontestable et admis désormais par tout le monde! La persécution contre Galilée fut odieuse et cruelle, plus odieuse et plus cruelle même que si l’on eût fait périr la victime dans les tourmens; carla nature humaine a les mêmes droits chez tousles individus, et il n’y a pas de priviléges en fait de souffrances physiques. Galilée dans lestourmens nemériterait donc pas d’exciter une plus grande commisération que tant d’autres victimes moins célebres de l’inquisition : aussi, ce ne fut pas sur le corps seul de Galilée qu’on s’acharna ; on voulut le frapper au moral, on lui interdit de faire des découvertes, et, l'enfermant dans un cercle de fer, on le laissa aveugle et isolé se consumer dans les angoisses d’un homme qui connait sa force, et auquel il est défendu d'en faire usage. Cette fatale vengeance, qui pesa si longtemps sur Galilée, avait pour but de le rendre muet; elle effraya ses successeurs et retarda le progrès de la philosophie; elle a privé l'humanité des vérités nouvelles que cet esprit sublime aurait pu décou-
vrir, Enchainer le génie, effrayer les penseurs ,
( 294 ) arrêter les progrès de la philosophie, voilà ce que tentèrent de faire les persécuteurs de
Galilée. C’est là une tache dont ils ne se laveront
Jamais.