‹ Histoire des sciences mathématiques et physiques chez les BelgesChapitre 16 sur 37 · OG · texte numérisé non relu

OG

Solon la coulunio, olles élaicnt rédigéos ol défonduos imhliqiiomoiit en langue latine. Cet usage aneien fut eonibaltu en dernier lieu , et une dissertation fut publiée en langue française : ce fut eelle de M. Plateau Sur les impressions de la lumière, sujet traité depuis avec tant d'habileté par le même savant. Nous devons à lu justice de dire que les auteurs de ces dissertations sont en général des hommes connus, qui appartiennent aujourd'hui au haut enseignement et aux grades militaires les |dus élevés (').

(*) Il fallait quatre à cinq ans pour obtenir le diplûinc de docteur. Voici les dissertations inaugurales qui furent publiées dans les trois universités de nos provinces :

IMVKKSITÉ DE

De quibusdam locis qfometricis ^ neenou de ci/n d focaîi ^ par A. Quetelet, le 34 juillet 1819 (depuis directeur de l'Observatoire royal).

2. De acquationnm differentiaiium primi orciim*, et duarum indeierminntarum snlutionibus pecnUaribnsj par Jean Le Maire, le 24 avril 1821 (professeur à rOniversité de Liège, décédé).

3. De figurâ terrae tum hydroitaticac leyibuSf (um observationibH» determinatdf par A. Timniermans, le I*' août 1822 (professeur a rilniversité de Gand, décédé).

4. De priucipio yravitatif }iuivrr$aU$y par Ed. De l.#annoy , le 2 août 182Ô (général du génie en retraite).

5. De pre»$ione fulcorum eorporis in piano horizoutali tncum6en/i« , par P. V’crraerl, le 8 août 1823 ( professeur à l’École de navigation à Ostendej.

G. De re$oln(ione tum aUjebraied^ tum Vtneari aequationum binomialium ^ par François Verhuist, le ôaoùt 4825(professeuràrÉcolc militaire, décédé).

7. De burometro et de ipsin» formulannn principiitf par Briinon Renard, le 51 octobre 1826 (general d etal-major).

8. De tranaformatione vel reduetwne aequationis genrralisnmaesectmdi gra dus inter très variubites y et de nonnulHs proprietatihus quibus gaudent superficies centra prardiluey |Kir J.-B. Guinard , le 2 décembre 1826.. ...?

9. De legibus mathematicis electricitatis dynamicaCf par D.-B.-J. Mareska, le 26 tlécembre 1826 (profe.sscur à ri'niversitc de (îaml, décédé).

10. De qiiibusdam tetroffoni «rrnow tetraedri pt'nprietatibus , par Maiiderlier, mai 1829 (professeur à TUniversité de Gand).

La révoluliuii di- 1850 suivit le cours ordiiinire de Imites les révolutions et eliangca la face d’une infinité de choses. Il fut aussi question de réorganiser l’Académie; mais, malgré les préjugés qui s’étalent élevés contre elle, l’Académie qui, dés lors, avait la conscience de son avenir, sut se tenir deliout et résista à l’orage qui la menaçait. Elle était loin de prétendre sans doute que son organisation ne pût être améliorée, et qu'il n’y eût aucune modification à introduire dans son intérieur; mais elle avait à cœur de le faire par

H. Trntnmen hiozoogruiac générait* , par C.-F.-A. Morpcn , 4829 (profrsscur à l'univfr.^îitc de dcccdc).

42. De générait dynamicae principio ejuigue u*u ad solvcnda dynamicae probletnataf p.ir Ad. Lcschevin, le H octobre 4829 (professeur de mathématiques n PAthénée de Tournay).

15. Dr theoria arearttm et plani inrarinhiliê j par Eiig. I,.agronge, le 27 octobre 4829 (colonel du génie à l'École militaire).

44. De ttatu machinarum ad motum proximOf par J. Brelcl, le 10 janvier 1830 ?

45. De guibusdam cureis geomctrici*f par Ed. Le François» le 45 mat 4850 (professeurs Tuniversitc de Gaiid» décédé).

IMVERSITÉ DE LULVAtM.

4. De loci* punctomm contactus planorum y dua* sphaera* commnnitet' tangentium J po$Uo nniu* radio lonViAifi, par N.-J. Kumps, le 47 juillet 4822 (professeur à rUniversilé de Louvain).

2. De tUierarum proportionibu* , par Ed. Hayez» juillet 4829 (lieutenant' colonel d’ortillerlc en retraite, membre de la Chambre de.s représentants).

3. Synop$i* moluscorumy Brabantiae australi indigenornm, par J. Kickx, le 4 5 juillet 4830 (professeur à l'Université de Gand, décédé).

IMVERSITÉ DE LIÈGE.

4. De eombiistione f par Martens, le 23 janvier 4824 (profe.sscur de chimie à l'Université de Louvain , décédé).

2. Dr identitate fluidi eleefriei et tnagnelicif deductâ exfheorià à elarissitnn Ampère propositâ , par M. Glœsener, le 20 février 1823 (professeur de physique a rUniversité de Liège).

elle-méiiie, cl de iiioiiirer avant loul quelle avait compris sa mission cl quelle saurait la remplir. Loin de lui sa\oir mauvais gré de sa confiance en elle-mômc, le gouvernement et la nation ne tardèrent pas à lui témoigner leur sympathie cl à lui donner même les moyens d’étendre ses travaux (').

Une académie, pour remplir dignement .sa mission, doit savoir agir avec unité et intelligence: il importe que les membres qui la composent fassent généralement abslrae-

5. (Nous ignorons le titre de la dissertalion.) Leclercq , Désiré» de Liège, le 18 février 1829 (professeur à rUnivcrsitc de Liège).

4. Sur quclqueâ propriétés des impressions produites par ta lumière sur /'orf/ane de la vue, par M. Plateau, le 5 juin 1820 (professeur de physique à rPniversilè de Gand).

î). De seriehuSf par B. Valerius, le 14 Juillet 1829 (professeur de chimie à rÉcolc militaire, en retraite).

6. De rcsolubilitate functionum atgcbraicarum integrarum in faetores rentes primi rel seeundi gradusy par J. -B. Brasseur, le 4 décembre 1820 (professeur de mathématiques h riJniversité de Lié^e).

7. J. Jact|uemyns, Édouard, de Verbreck , le 18 Juillet 1850 (ilèpulé de la Flandre orientale).

Il y eut donc, à Tuniversité de Gand, quinze promotions de docteur dans la Faculté des sciences, trois, à Louvain et M'pt à Liège; en tout vingt-cinq promotions : ce qui donne à peu près par an deux promotions pour les trois universités du royaume, depuis leur origine jusquVn 1850.

Sur ces vingt-cinq docteurs en sciences, dix-huit sont devenus professeurs dans les universités, à l'École militaire ou dans des athénées, quatre ont été nommés généraux ou colonels dans les armes savantes, un est «à la Chambre des dcj)ulés, et la position des deux autres n'est point connue.

(') ' oy<’7. Je Rapport sur tes travaux de VJeadémie roynte de Rruxettes , par A. Quelelcl, page 880, tome VII!, n® 12 des Bti.LKTiss, 1841. — - De tous les membres qui composaient l’ancienne Académie avant 1850, il ii’eii reste plus que cinq, parmi lesquels trois ont etc nommés en 1829; la nomination d'un quatrième remonte à 1820, et le plus ancien, le vénérable •M. D'OmnIius d'IIalloy, fait partie de rAcadémie depuis la création de ce corp< en 1810.

lion <](• leur individiKililé el nugissent que pour le bien commun. Les travaux académiques en eela diffèrent essenliellemenl des travaux individuels. Pour ne citer qu’un seul exemple, prenons la détermination de l’aplatissement de la terre. Voulant atteindre à la solution de ce grand problème et obtenir les mesures nécessaires, l’ancienne Académie des sciences de Paris partagea résolument en deux parties les géomètres et les astronomes qui la composaient : La Condamine, Godin et Bouguer se décidèrent, en 1735, à aller au Pérou; et .Maupertuis, Clairaut, Camus, le Monnier se rendirent en Laponie. De l’ensemble de leurs observations, on put conclure à l’aplatissement du globe et réfuter les idées erronées qui généralement existaient encore sur sa forme. Celle opération gigantesque, qui se fit avec unité par les savants les plus illustres de la France, se prolongea pendant plusieurs années et restera comme un des plus beaux monuments de la science.

Il y a loin de ce parfait accord d’une réunion de savants constitués en Académie à une agrégation d’iiommcs instruits qui SC réunissent à des époques déterminées et qui, sans chercher à s’aider de leurs avis mutuels, ne demandent que l’impression hâtive de leurs propres écrits. L’Académie de Bruxelles était loin de tomber dans cet état d’isolement, cl ses grands travaux sur la géologie de notre pays prouveraient seuls l’attention qu’elle apportait à remplir les lacunes les plus importantes.

Sans me poser en panégyriste de l’Académie, je dois me borner ici à un simple exposé des faits pour apprécier la persévérance avec laquelle ce corps a constamment marché vers le but qu’il se proposait d’atteindre, animé du noble désir de pouvoir, sous le rapport des sciences et des lettres, représenter dignement la nation et poser sa

pierri' dans le vaste édifiée des eoiinaissanees liiiiiiaiiies, auquel tout peuple eivilisé doit son tribut (').

Le changcincnt politique qui se manifesta dans eetle circonstance se lia d’assez près au mouvement intellectuel de la nation, pour qu’il fût permis de croire que la Belgique avait enfin repris le rang qu’elle semblait avoir perdu depuis longtemps. Les Chambres des llepréscntants et du Sénat reçurent en même temps une forme digne d’elles; et, sous un prince éclairé, type des rois constitutionnels, la Belgique marcha vers un avenir glorieux et tranquille, avec la certitude de pouvoir se replaeer au rang des nations

(*} C'vsi parliculièrcmciil à partir de I85â que comincncèrent à s'introduire plusieurs changements dont nn ne tarda pns à reconnaître tes avantages. L'un des principaux est sans contredit la publication des nulhthix ^ dont le cadre, d'abord trop étroit, ne tarda pas à s'élargir. Ce reeueil est surtout destiné, comme on le sait, h porter rapidement à la connaissance du public éclairé les nrsultats des travaux de l'Académie. Les écrivains étrangers à ce corp.s savant furent admis, comme les membres, à y in.sércr les fruits de leurs recherches. 11 devint ainsi une source d'émulation, et il éveilla dans le pays une activité intellectuelle inconmic jusque-là. Aussi le développement que prirent les Bullctim fut si rapide, que l'on put craindre un instant qu'ils ne nuisissent au recueil des Mémoires.

Ce qui semble prouver le mieux que l'Académie ne s'était pas méprise sur leur utilité, c'est que, vers la même époque, les principaux corps savants des différents pays adoptèrent suecessivenient des publications semblables. Celte initiative ne fut pas sans mérite. Les Sociétés royales de Londres et d'Edimbourg faisaient paraître, depuis 1850 y de simples procès-verbaux de leurs séances, et vers le milieu de 1855 parut le premier numéro des Compte* rendus de TAcadémic royale des sciences de Paris. Les années suivantes virent naître le Bulletin scientifique de rAcadémie impériale de Saint-Pétersbourg, le Bulletin de l'Académie royale de Berlin, les Procès-verbaux des séances de l'Acadcmie royale de Dublin , de la Société royale astronomique de Londres, de la Société philosophique de Philadelphie et d'un grand nombre d'autres sociétés savantes.

C'est aussi vers la même époque que commença à paraître V/4nnuaire de l’ Académie , dont le 50"** volume, année I80i, a été publié réceinmcnl.

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les plus uvaiicées. d'uii elle avait été écartée peiulaiil luii};lemps par les riinestes elTels des doiiiiiiatiuns étrangères.

Si nous jetons maintenant un coup d’œil rapide sur le passé de la Belgique , nous verrons le pays s'élever peu à peu et croilre avec la rudesse de tous les peuples qui ont fini par marelier avec le plus de fermeté dans la voie de l’inlelligenee. Il lutta d’abord avec âpreté contre ses premiers oppresseurs, forcés eux-mêmes de reconnaître sa vaillance; il céda ensuite à des sentiments plus humains, et, tout en résistant jKJrfois, il se montra un allié courageux des Romains, Jusqu'à ce que la religion du Christ vint le ranimer et lui inspirer le désir d’alTranehir son territoire.

On vit alors Clovis et les rois ses successeurs, sortis de nos provinces, établir le royaume de France; puis Charles Martel, Pépin de HersUil et le puissant Charlemagne fonder la seconde dynastie franque : le Belge passait avec énergie et avec éclat à travers la première période de son existence. Plein de force et de jeunesse, ce peuple marchait en tête des temps poétiques de notre race; trois siècles après, Godefroid de Bouillon fit l'héroïque conquête de Jérusalem, et les drapaux de nos provinces flottèrent sur les principales villes de l'Orient.

Ceux de nos Belges qui , moins belliqueux mais peut-être plus sages, restèrent dans leurs foyers pour y développer leurs connaissances et pour parer les pages de l'histoire d’un nouveau genre de trophées, répandirent dans notre heureux pays les bienfaits de l’industrie et du eommeree. On les vit alors, par l’histoire et la poésie, consacrer les grands faits que leurs aïeux venaient d’accomplir. Une riche carrière fut ouverte à l'imagination : l intelligence de l'homim; produisit des trésors qui éUiient restés inconnus jusque-là.

La musique el la peinture créèrent une gloire nouvelle, et nos aïeux se mirent en rapport avec les principales cours de l’Europe. On y vit affluer leurs savants, leurs artistes et leurs littérateurs, qui partout donnaient des preuves de la vie la plus active et l'on peut dire la plus brillante*.

C'est alors que le puissant Cliarles-Quint , l'un des fils les |dus illustres de la Belgique, prit plaisir à relever eneore ce pays, si étroit dans ses limites, mais si fécond par les fruits heureux qu’il avait produits; il ne voulut le quitter que dans la dix-septième année de son Age, pour entrer en Espagne et prendre les rênes du plus grand empire qui ait existe ; il est à remarquer en effet que l’étroite Belgique a donné le jour aux trois souverains les plus puissants que cite l'histoire moderne ; Charles-Quint , Charlemagne et Godefroid de Jérusalem. ,

Sous le règne de Charles-Quint, la Belgique, dans la plénitude de sa force, brillait parmi les nations les plus avancées. Sa prospérité était élevée au plus haut point; son commerce et ses richesses étaient immenses relativement à son étendue; ses fils se distinguaient dans les armées; scs intrépides voyageurs prenaient part aux recherches qui se faisaient de toutes part.s. Ses grands géographes décrivaient les pays nouvellement découverts : Vésale posait les hases de l'anatomie el de la chirurgie ; la musique et 1a peinture étalaient leurs merveilles dans toutes les cours qui tenaient à honneur de recevoir les artistes belges; ses savants n'étaient pas accueillis avec moins d'empressement; ils honoraient également le pays qui les avait vus naiirc.

Charles-Quint termina sa brillante carrière vers la fin de ce beau jour qui jetait une lumière si vive dans ses Etals. Les choses changèrent sous son impitoyable successeur, qui couvrit de deuil ce pays heureux: le terrible duc d'.Mbe.

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qu'il y envoya, s'arma du glaive redoutable de rinquisition et frappa de la manière la plus eruelle eette nation généreuse qui s’était toujours montrée pleine de sympathie et d’amour pour les autres peuples.

La Belgique fut décimée, non pas comme l’ont été tant d'autres nations frappées par le glaive du vainqueur; mais on voulut la dégrader: on lui enleva tout ce qui pouvait l'élever dans l’estime des hommes par la sagesse, par la valeur et par l’intelligence. Ce corps abattu, et pour ainsi dire sans mouvement et sans vie, fut rejeté ensuite du eôlé de l’Autriebe, et mis sous les pieds de ses nouveaux maitres qui pouvaient désormais le fouler sans crainte. Sa vie intellectuelle était finie; il fallait en ranimer le flambeau et lui donner une existence nouvelle.

L’Autriche, après quelque temps, eut pitié de ses malheurs, et la généreuse Marie-Thérèse chercha à lui rendre la vie. Mais la France, qui longtemps avait lutté contre la Belgique et, en dernier lieu, contre scs possesseurs, finit par l’envahir, et chercha à la réveiller aux cris de liberté. Elle entraina scs fils et les conduisit avec elle aux dilTérenls combats qu’elle eut à soutenir contre l’Euro|)e entière (').

Les peuples moins hostiles, quand il fallut se réorganiser, donnèrent enfin à la Belgique des témoignages de sympathie; ils la réunirent à la Hollande. Mais après seize années d'une existence commune avec scs frères du Nord, que la domination étrangère avait à peine atteints pendant la période désastreuse qui venait de se terminer, la nation se sentit désormais la force de marcher seule. Elle voulut se séparer de sa sœur, dont elle se rappelait peut-être avec trop d'amertume les rigueurs passées et le fatal traité d'Utrecht. Nous aimons à croire toutefois que ees souvenirs sont effacés et que, fidèle au peuple avec lequel elle est revenue

à ses anciennes habitudes de bien-être et de splendeur , elle ne se rappellera que l’instant présent et les sentiments de fténéreusc sympathie que lui témoignent aujourd’hui les différentes nations.

Nous avons tâché de rendre sensible par le tableau synchronique ci-contrc les diverses phases scientifiques par lesquelles la Belgique a passé successivement. On remarquera que le développement des lumières suit toujours d'un temps plus ou moins long les causes qui l’ont fait naitre^ mais il n’en est peut-être pas tout à fait de même de leur extinction.

SOO. ftoo. 1000. ItOO. lâOO. 1300. UOO. 1500. leOü 1700. IKOO.

j SAVANTS BELGCS.

A.kllf.1.1.

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Alain de LiUc.

G. Ov Ruy»brocrk.

Ucnri de G»nd.

Pierre d*AiUy.

De Cu»a.

Jean Ddllarl , Gemma Fri^ius

j André Yo^ale, Mcrculnr, Orlel

’ Adrien Runiaiii, Simon Ste^'ifl

Fr. d'Aiguillon , Grégoire de S le père Yerhiest, Van Lang*

I Le Poi»re * Poignard.

Rnurnont, l'abbé Mann ChriMiuo , de Nieu|iort

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