partie
(•) La dccliiiaison n'êtail plus que de 18® environ en I8(iô. (Voyez plus loin, yippendicc à cet ouvrage, lc.s travaux qui furent faits en Bel-
gique sur le riiagnélisnie et sur les variations annuelles et diurnes.)
siTvée en Bclgiquo. iiinsi qiip rinlcnsité du mitgndlisinc huri/oninl pur rapi»oit aux observatoires de Paris et de Londres. (îes valeurs ensuite ont été observées d’année en année, et non-seulenienl on a déterminé leurs ebangenients relatifs, mais encore leurs variations annuelles et diurnes. L’Observatoire devint un point central où la plupart des physiciens connus pour leurs travaux sur le magnétisme terrestre ont depuis voulu faire leurs observations; nous citerons en particulier MM. Sabine, >'icollel, Iludbcrg, Forbes, Bâche, Lamont , Langberg, Kiimlz, Angstriim, IMahmoud, etc., dont les résultats ont servi à vérifier ceux <|ue l’établissement a continués depuis.
C’est en 1829 aussi que M. Plateau publiait ses premières expériences sur les proj»riétés de la lumière et qu’il commençait la carrière scientifique si beiireusemenl parcourue depuis. Il publiait, dans la Correspondance ma- Ibématique, t. VI, page 121, une dissertation sur quelques |»ropriélés des impressions produites par la lumière sur l’organe de la vue, dans laquelle il établissait, d’une façon plus préei.se qu’on ne l’avait fait jusqu’alors, la durée des impressions produites sur la rétine par les dilïérenles couleurs. Il examina, dans le même mémoire, d’une manière générale, les illusions que font naitre des lignes qui tournent les unes devant les autres. Il revint à dilTérentes reprises sur les recherebes qui avaient occupé , vers la même époque, MM. Uoget et Faraday; et, en suivant le cours de ses idées, il imagina de construire l’instrument ingénieux désigné tour à tour sous le nom de fanlascope, de phénakisticope et de siroboscope.
M. Plateau présenta, dans un autre mémoire, l’essai d'une Ibéorie générale, eomprenaiil la persistance des impressions sur In rétine, les couleurs aceideiitelles, l’irradiation, les effets de la Juxtaposition des couleurs, les ombres
colorées, de. D’après celte lliéorie, lorsque la réline, écartée de son état normal par la présence d’un objet coloré, est subitement abandonnée à ellc-niémi-. elle rcpgne d’abord rapidement le point de repos; mais, entraînée par cette espèce de mouvement, elle dépasse ce point et se constitue en un état oscillatoire plus ou moins prolongé, d’où résulte la succession d(; deux sensations opposées, savoir : celle de la coulenr primitive et celle de la couleur complémentaire. La première demi-oscillation constitue la persistance de l’Inipression priinilive. D’un autre côté, pendant qu’une portion de la rétine est soumise à raelion de la lumière, les parties voisines participent à celte excitation Jusqu’à une très-petite distance, et donnent ainsi lieu au phénomène de l’irradiation. Mais, en vertu delà même loi de eontinuité, au delà de cette limite, se manifeste un état opposé, d’où résulte la sensation de la teinte eomplémenlaire qui modilie la couleur des objets voisins. .M. Plateau a montré que, plus loin encore, se trouve quelquefois une légère nuance de la couleur primitive. Ainsi, l’on a d’un côté, relativement à l'espace, les mêmes phénomènes oscillatoires qui se reproduisent de l’autre, relativement au temps . tous dépendent d’une même loi de eontinuité. C(!tte théorie est développée avec beaucoup de clarté, et repose sur des expériences dont plusieurs sont entièrement nouvelles (').
Pendant la révolution de 1850, JL Vcrliulst s’occupait aussi de la Iraduelion du Traité de la lumière par sir John llersebel, et M. Plateau inséra, dans le supplément
(') M. Plateau a continué depuis ses curieu.\ travaux sur les phénomènes optiques; il y n joint une autre série de travan\ ingénieux sur les figure.s d é(|uilihre d’une niasse liquide sans pesanteur; mais nous devons nous borner ici à parler des travaux faits avant IH5I.
qui y fut joint, trois notices d’un grand intérêt concernant la persistance des impressions de la rétine sur les couleurs accidentelles et sur les images déterminées dans l’œil par l’action de la lumière solaire (').
ün aura pu remarquer, en suivant attentivement la marelie des sciences en Relgique, que les connaissances physiques y étaient généralement moins cultivées que de nos jours; la météorologie et la physique du glohe surtout y avaient été presque complètement négligées; tandis que, depuis rétablissement du royaume actuel, les physiciens, d’accord avec l’Observatoire royal, ont concouru à observer d'une manière uniforme pour suppléer aux connaissances générales qui nous manquaient. Le gouvernement les a aidés en hoir donnant les instruments et les facilités néci'ssaires; il a fourni également les moyens indispensables pour s’associer aux grandes entreprises scientifiques et pour ne pas rester inférieur aux autres pays (*).
Vers celte époque, on avait commencé en Belgique des travaux de géodésie, qui jusque-là avaient été généralement négligés. Des observations avaient été entreprises antérieurement par Cassini de Thury et, plus tard, par rranehot, pour relier par une triangulation la France aux bords du Rhin, en passant par la partie septentrionale de nos provinces.
Presque en meme temps le général Crayenboiï avait fait
(*) Traité de ta lumière t par J. F.-W. Ilcrschel , Iraduit tic l'anglais par M. D.-F. Vcrhulsl, avec des noies par M. Quclclct; 2 vol. Paris, llachcUc, 1835.
(•) La Prusse, la Russie et plusieurs autres pays ont également favorisé de Ions leurs moyens les grands travaux qui avaient alors pour but de faire roniiaUrc rétal et les variations de ralmo>pbêrc dans les lieux qui les eoncerncnl.
un travail semblable, en s’appuyant sur la triangulation française et en partant de Cassel pour se diriger, par les Flandres, sur la Hollande. Il avait en vue de faire le relevé geodésique de ce dernier Etat et de compléter les travaux de la carte qu’il en a donnée.
Déjà, avant cette époque, le général autrichien Ferraris avait fait, par l’intermédiaire de l'astronome Pigott et de son fîls, quelques relevés astronomiques, mais qui, faute d’entente, restèrent sans résultat. Ces travaux, entrepris avec zèle et avec un certain talent, manquaient cependant des éléments géodésiques les plus nécessaires. Le gouvernement des Pays-Bas, après 1815, avait senti ce que cet état de choses présentait de défectueux, et il avait résolu d’y porter remède. La première operation qu’il s'agissait d’entreprendre était celle d’une triangulation de premier ordre : le capitaine du génie Herzey s’en chargea, et ses opérations ébiient déjà fort avancées quand éclata la révolution de 1830. Cet oflieier dut les abandonner, il quitta le pays et mourut quelque temps après ('). Vers le commencement de 1846, le gouvernement belge nomma une commission chargée d’examiner les travaux déjà faits et d’arrêter les bases principales, en même temps que le mode d'exécution du travail complémentaire qui resUiità exécuter. Le rapport (’) ne put paraître que plus d’une année après la création de cette commission , parce que les principaux résultats durent être calculés de nouveau et vérifiés avec soin. Les conclusions de ce rapport étaient les suivantes :
(*) On dît que l'aulcur, homme de talent, faisait toutes les observations hii-mcmc. II fut si atTcclé à la suite de la révolution, qu'il en perdit la raison et ninurui peu ilc temps après. Il devint donc impossible d'obtenir certains renseignements qui cus.sent etc indispensables plus tard.
(*) Ce rapport très-dcve)nppé fut inséré dans le .l/o«i/r«r Mt/e du lijuin
— :î(ii
1" « La liiangulaliou n'a clé faite que pour une iini lie du royaume;
2" » Dans la partie trianguice, il y a des lacunes nomhreuses qui ne permettent pas de refaire les calculs pour la vérification complète du réseau;
3“ » Les observations qu'on possède et qui forment à peine la moitié de celles qu’exige la superficie du territoire, ne présentent pas les garanties d’exactitude que réclame un travail de cette nature. Des précautions essentielles ont été négligées dans la mesure des angles, et les calculs, fautifs en plusieurs points, ne reposent pas toujours sur les nombres fournis par l’observation , tels du moins que les cahiers mis à la disposition de la commission les donnent;
4® » Lors même que les observations seraient bonnes , on n’auniit pas les moyens d’y rattacher d’une manière sûre les observations qui resteraient à faire , puisqu’un grand nombre de signaux sont détruits et qu'il n’en existe même plus de traces.
» Dans cet état de choses, la commission pense qu’il y aurait imprudence à baser sur le travail dont l'examen lui a été confié les opérations géodésiques ultérieures, et elle se trouve dans la nécessité de conclure à ce que ce travail soit considéré comme non avenu. »
Ces conclusions furent adoptées depuis, et le ministre de la guerre jugea à propos d'instituer une triangulation nouvelle. Il est juste de dire cependant que les travaux du capitaine llerzey, non livrés à la publicité, auraient pu
18-47 'y il est signé par MM. Quclclel , présidtMil de la cunimission , le colonel d'élat-inajor Nerciiburger (aujourd’hui péiiéral), Meyer» mort professeur a l uiiiversité de Liège» le colmiel du génie Daiideliu» <{ui iiioiirul pendant l.i rédaction du rapport, et le serrélairr Houilliart (aujourd'hui général d éiat* major).
èlrc raodiflcs encore par l'aulcur même, (|ui, avant de les publier, aurait sans doute senti la nécessité d’en vérifier les détails.
Si, dans l’ancien royaume des Pays-Bas, l’union ne parvint pas à se consolider entre les provinces du sud et celles du nord, la faute n’en doit pas être attribuée au dévelop- [lement tardif des sciences, des lettres et des beaux-arts. La Belgique, dès les premiers instants, fut traitée sur le meme pied que la Hollande; seulement le sud pouvait se jilaindre du défaut de liberté qui entravait renseignement.
Le gouvernement voulut que les sciences politiques fussent également traitées avec magnificence; il institua même, dans les provinces, des commissions de statistique pour étendre et favoriser les études, et il forma, auprès du ministère de rinlériciir, une commission centrale pour iliriger et résumer les travaux. Plusieurs documents de statistique furent publiés, et fou venait d’opérer un dénombremeul étendu de la population, lorsque survinrent les événements de 1830.
Ia's deux seuls volumes de documents oITiciels qui aient été publiés par l’ancienne commission de statistique, contiennent ; l'uu les résultats relatifs à la population; l’autre les nouveaux documents sur le même sujet, ainsi que sur les tribunaux, sur les mouvements d’entrée et de sortie, sur les houillères, sur le nombre des bêles à cornes, chevaux, moulons, etc. Le recensement de la population, qui eut lieu à la fin de 1829, ne fut publié qu’après la séparaliou de la Belgique d’avec la Hollande (').
(') Kc.s deux partii;!» ndiiiiiibtrntivr8 parurent dans les deux pays : relie qui e>l relative à la Helgiqiie fui publiée en !H5i, en foriiiat in-S*' et sous le titre : tlrrhcrchr» snv In rcprnductioêt rt tn mnrtnîUc fie l'/wniiuc uns fiiffèrnttf «ÿrts, et $nr In pnpnlalion de ta HeUjiqne ( recueil offidef)^ pîir
Si le plan général inauquail dans sa forme, on doit cipendant savoir grc an ministère d’en avoir apprécié l'ntilité. Ce dénombrement, qui ne réussit |)as tout à fait dès le principe, fnt consolidé plus tard, quand la Belgique, livrée à ses propres soins, put mieux régulariser ses travaux et reeonnaitre ce qui manquait à rndministration (').
Le gouvernement, animé du désir de voir se répandre le goût des sciences dans les divers rangs de la société, avait organisé, en 1827, neuf cours publics au Musée de Bruxel-
MM. Qucleict et SiiiitH, <serrctaire de la centrale. Ce titre ne
désigne peut-être pas claimiient rohjet adininistralif dont traite spt>ciak'mnil Touvrage.
(’) On d«Mt savoir gré à M. LiedtSt ministre de rintérieiir soils le gouverlu'inent aeluel» de ce qu'il organisa » en 18il^ le service de la statisti<|ue sur un pied convenable, et cette orgariisalioii a été approuvée par les autres nations. Dès le principe, la statisiifpic fut considérée comme une science, et si l'on a pu rnniiqiicr parfois aux règles qu'elle impose, c'est qu'il était à peu près impossible de trouver, dès le coiiimencemcnl, des hommes bien nu courant de cette science nouvelle, dont la valeur et l avenir sont encore peu connus même de ceux qui la cultivent.
Au reste, ce qui se remarque ici sc trouve généralement dans le développement de toutes les sciences d observation. Le gouvernement établit une coniinission centrahj conipusée des principaux administrateurs des difTérents ministères, avec quelques savants verses dans Fétude des sciences politiques. A cette commission furent rattachées les neuf commissions provincialeÈ du royaume, dont chacune était présidée par le gouverneur de la province. Avec le concours de la Commission centrale, un publia les documenlsdes différents niinislcres qui purent être le mieux coordonnés et présentés sous la forme la plus simple.
La Commission centrale, espece de société savante, fil paraître en niénic temps, sous une forme séparée, des écrits sur les sciences politiques, publics par clic ou par scs associés nommés dans les différents Étais de l'Europe, et elle constilua avec ces États, par forme de Cnuÿrè* mtatistifiues intrrna(ionau.T f une société générale dont la principale mission est de donner de Fiinilr et des moyens de comparaison entre les statistiques des différents pays.
les ('). L’ciiseignement oonccrnait les diflcrcnles braiiehes (les sciences et des Icllrcs et n’astreignait hîs auditeurs à aucune une obligation quelconque. Ces cours, qui furent Ires-suivis, étaient professés gratuitement, et ils furent remplacés plus tard par l univcrsité libre de cette ville.
Les réclamations qui s 'étaient élevées dans l'Etat au sujet de la liberté de renseignement avaient été entendues. Le gouvernement avait soumis cette question importante à l'examen d'une commission supérieure (-). Une crainte excessive du catholicisme fit peut-être prévaloir l'opinion qu'il ne fallait pas accorder trop de latitude cà l’enseigne-
(*) Just|ii'QU moment de In révolution de 1H30, ces cours étaient urgniiiscs de la inariicre suivante :
Hi«tuir« des Pay«-B«s.
• de la pliiloHtpIiie
M des •tciences .
LiUérature gcoérale. .
* nationale .
/oolojfic
Botanique
Chimie
Constructions. .
profesxê par M. Üewez.
« M. Vunde WeyiT.
•• M. Quoteict.
(• M. Lesbroussart.
• M. Lnuts.
•• M. Vanderlinden.
• M. Kicki père.
•• M. Drapiex.
*• M. Roget.
(') Cette commission sufH’ricurCf qui se réunit à la lluyc pendant raiince qui précéda la révolution belge, sc composait de M3I.: Rocll, président, .Ackersdyck, O. Le Clcrctj, Ü’Escury V*an Heiuemmrd, Van Wickevoorl- Croinmolin, Dolreoge, De Geer, Van Pabsl van Hiiigerdeii, de Sclirôder, (^li. de Brouckere, Ad. Quclclet, De Keverbtîrg et Donker Curlius van Tienhoven. Le.s neuf premiers membres opinaient pour un enseignement sup<*rieur dans lequel devait intervenir le gouvernement; les quatre derniers pour un enseignement entièrement libre. Ces discussions donnèrent lieu à une publication iii-folio qui parut, en 1830, à la Haye, à rimprimerie lie rÉtat, sous le titre ; Rapport der Commissic hijeengeroepen donr koningtijk hcsluit ea« I5apri7 1828, 100, ter raadpleging over sommige pnnten betref-
fende hd hooger miderwijs. Le secrétaire de la commission était M. A. ‘G, -A. Van Rappard. Des «liscussioiis as.sc7, animées tireni naiircune soixantaine d’écrits de différenl.s auteurs qui, dans le publie, lui prêtèrent mio forme plutôt politique que scieiilitiqiic.
iiK'iit : |icul-cli'c uiis:>i lu itH oliitiuii qui suivit iiiimédiulenienl après jeta dans un excès contraire.
Le corps enseignant fut considéré comme une partie intégrante du gouvernement qu’on venait de renverser ; on crut devoir le réorganiser entièrement. Plusieurs facultés furent supprimées; puis de ce qui restait des trois universités primitives, on forma les deux universités nouvelles de Liège et de Gand, et le centre du royaume fut abandonné aux universités libres qui voudraient se former. Le libéralisme et le clergé s’emparèrent des positions qui leur étaient faites. Le clergé se réinstalla à Louvain et le libéralisme se constitua à Bruxelles; de sorte qu’au lieu de trois universités, on en eut quatre. L’enseignement devint parfaitement libre, et chaque université pouvait easeigner ce qu’elle voulait, en se conformant seulement au texte des lois, uniformes |)our tous.
Il ne restait plus de difficulté que pour la collation des grades : c’est ici qu’on rencontra différents obstacles. On prit le parti de supprimer la publication des dissertations inaugurales, cl l’on conserva la rédaction des concours écrits, l'n élève, pendant le peu de temps qu’il passe à l’université, peut prendre part, comme précédemment, à trois ou quatre de ces concours, et perdre de vue une partie des études qui lui sont néees.saircs; tandis qu’après des travaux généraux, il pouvait lui être avantageux, vers la fin de ses études, de s’appliquer plus spécialement à la branche qu’il avait choisie et de donner des preuves spéciales de ses capacités.
On verra du reste avec intérêt quelles furent, depuis la création des universités Jusqu’en 1830, les dissertations inaugurales publiées, pour les .sciences mathématiques cl physiques, dans les trois universités de nos provinces.