‹ Histoire des sciences mathématiques et physiques (volume 2)Chapitre 44 sur 74 · TOSCANELLI (PAUL DEL POZZO · texte numérisé non relu

TOSCANELLI (PAUL DEL POZZO

(Né à Florence, en 1397, mort en 1482.)

L'un des conservateurs delà bibliothèque de Florence.

Il eut indirectement part à la découverte du nouveau monde; voici comment. On croyait alors les Indes beaucoup plus à l'Orient de TEurope qu'elles ne sont en réalité; cette erreur lui suggéra l'idée qu'on y parviendrait plus aisément en se dirigeant vers l'Occident que par la route anciennement suivie; il communiqua ses vues au roi de Portugal, Alphonse V, et bientôt après à Christophe Colomb, qui, en effet, comme on sait, ne découvrit l'Amérique qu'en cherchant l'Inde.

Toscanelli paraît avoir imaginé le premier l'heureuse disposition des gnomons modernes, où la projection perspective du centre du Soleil est indiquée par le centre de l'ellipse suivant

74 Qitatrième Période.

laquelle le disque du Soleil se dessine sur un fond non éclairé, lorsque ses rayons traversent une petite ouve rturepratiquée dans un mur, au lieu de l'être par le centre de l'ombre d'une sphère opaque, sur un fond recevant directement les rayons émanés de l'astre. Il fit pratiquer dans le haut du dôme de la cathédrale de Florence une petite ouverture circulaire et traça sur le pavé une méridienne où venait se peindre chaque jour à midi l'image du soleil. La distance du sommet du dôme au pavé de l'église étant de 277 pieds, le gnomon^ si facilement établi par Toscanelli, se trouvait surpasser en hauteur tous ceux que l'on avait péniblement construits avant lui. La description de ce monument astronomique a été donnée par le P. Ximenès, mathématicien du grand-duc de Toscane, sous le titre Del vecchio e nuovo gnomone Jiorentino (1757); il y a joint l'histoire des observations qui y furent faites à diverses époques et la relation des siennes propres, qui lui permirent d'affirmer que, de i5io à 1755, l'obliquité de l'écliptique avait diminué de i' i6",ce qui revient à 3 o" par siècle, résultat exact.

GUTENBERG (JEANJ.

(\c à Maycnce vers 1400, mort vers 1468.)

Son véritable nom est Geusfleich; il appartenait à une famille aisée, qui l'avait destiné à l'état d'orfèvre. Il avait déjà acquis une certaine habileté comme ouvrier bijoutier, lorsque ayant pris part à une dissension dans sa ville natale, il fut obligé de s'expatrier à vingt ans. Il se réfugia à Strasbourg, où, tout en travaillant sans doute comme bijoutier, il rêvait à diverses inventions

De Diophante à Copernic.

mécaniques et principalement à la création de presses à imprimer. Il parvint, vers i366, à faire goûter ses idées à trois bourgeois de Strasbourg qui formèrent avec lui une association : c'étaient Jean Riffe, André Dritzchen et André Heilmann. Déjà les associés avaient fait fondre les caractères (en fonte) et établir la presse. lorsque Dritzchen étant mort, ses héritiers firent à Gutenberg un procès qu'il gagna, mais qui le mit dans l'impossibilité de continuer son entreprise.

Il retourna alors à Mayence où, après bien des tentatives pour se procurer l'argent nécessaire à la réalisation de ses projets, il tomba dans les mains d'une espèce d'usurier, nommé Fust; celui-ci l'aida jusqu'au moment où l'imprimerie fut montée, et où le premier ouvrage qui devait en sortir, la Bible, fut déjà achevé; mais réclamant alors brusquement ses avances, il se fit attribuer par jugement tout le matériel et toute l'édition.

Il mit à la tête de l'imprimerie qu'il venait d'acquérir si aisément, un des ouvriers de Gutenberg nommé Schœffer.

Toutefois, il ne paraît pas que Gutenberg soit tombé dans la misère. Le prince-archevéque de Strasbourg et l'archevêque de Mayence vinrent à son aide et l'on croit même qu'ils lui fournirent les moyens de fonder une nouvelle imprimerie. Mais Gutenberg était déjà épuisé par une lutte trop longue et trop pénible.

Les caractères que Gutenberg avait fait fondre à Mayence pour imprimer sa. Bible , étaient en cuivre; ils reproduisaient les lettres ordinaires des manuscrits du temps. Quelques historiens s'en étonnent. On ne peut cependant copier que ce que Ton a vu.

ijf) Quatrième Période.

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