‹ Histoire des sciences mathématiques et physiques (volume 2)Chapitre 49 sur 74 · REGIOMONTANUS · texte numérisé non relu

REGIOMONTANUS

(Né près de Kœnigsberg en 1436, mort à Rome en 147'J.)

Son vrai nom est MûUer (Jean). Il étudia l'Astronomie et les Mathématiques sous Purbach, qu'il seconda bientôt dans ses travaux, dont il devint ensuite l'associé et de qui il hérita la faveur du cardinal Bessarion, qui l'emmena en Italie. Il ouvrit à Padoue un cours d'Astronomie qui attira beaucoup d'auditeurs (1463). De retour en Allemagne, il vécut quelque temps à la cour de Matthias Corvin, roi de Hongrie, alla ensuite fonder une imprimerie à Nuremberg ( 147 1 ) et fut enfin attiré par le pape Sixte IV à Rome, où il mourut bientôt après, de la peste, disent les uns, assassiné, suivant d'autres auteurs. Sixte IV avait voulu le charger de la réformation du Calendrier.

.Le premier ouvrage de Régiomontanus dont nous ferons mention avait été commencé par Purbach; c'est une traduction de la Syntaxe mathématique de Ptolémée; Purbach n'était arrivé qu'au septième livre^ lorsque, se sentant près de mourir, il chargea son disciple de compléter son œuvre. L'ouvrage est intitulé : Joannis de Monte-Regio et Georgii Purbachii Epitome in C. Ptolemei magnam compositionem, continens propositiones et annotationes quitus totum Almagestum ita declaratur et exponitur^ ut mediocri quoque indole et eruditione prœditi sine negotio intelligere possint. L'auteur y substitue les sinus aux cordes; il fait l'obliquité de Técliptique égale à 2 3° 3o' et donne à Tannée une valeur beaucoup plus approchée que celles que lui avaient attribuées ses prédécesseurs.

Le second ouvrage de Régiomontanus, intitulé : Joannis de Monte-Regio tabulœ directionum profectionumque^ etc., est

dédié à un archevêque de Strigonie; l'auteur y professe sa croyance à l'Astrologie. La première table est celle des déclinaisons des astres, pour tous les degrés de l'écliptique, et pour les huit premiers degrés de latitude australe ou boréale; la seconde est étendue à toutes les latitudes. Vient ensuite la table que Régiomontanus appelle /ecowûfe ; c'est la table des tangentes pour tous les degrés du quart de cercle. Régiomontanus est le premier qui ait en Europe employé ces lignes trigonométriques^ moins souvent toutefois qu'on ne serait disposé à le croire en songeant à la peine qu'il a prise de les calculer. Le reste de l'ouvrage est consacré à l'Astrologie. ,

Le principal ouvrage de Régiomontanus n'a été imprime qu'après sa mort, par les soins de Daniel Santbech; il a pour titre : Joannis Regiomontani de triangulis planis et sphericis libri quinque una cum tabulis sinuum ( i56i ). Son plus grand mérite est d'être le plus ancien traité complet de Trigonométrie publié en Occident ; les Arabes Thébith, Albategnius, Ebn Jounis, Aboul Wéfa étaient allés plus loin. Régiomontanus ne s'y sert même pas des formules 011 entrent les tangentes, dont il avait cependant calculé une table trop peu complète, il est vrai, pour être utile, puisqu'elle procédait de degré en degré; en revanche, on y trouve une foule de problèmes intéressants au point de vue théorique, où un triangle défini par des données indirectes est résolu par l'Algèbre du second degré combinée avec la Trigonométrie.

On a encore de Régiomontanus trois ouvrages posthumes : ses Observations recueillies par Willebrod Snellius, son Livre de la Comète et son Kal end arium-çfonvlts années 1475, 1494 et i5i3, dont l'intervalle est de dix-neuf ans ou d'un cycle, et qui donne pour chaque mois les phases de la Lune, ses longitudes et celles de

De Diophante à Copernic. i85

son nœud, les longitudes du Soleil et les figures des éclipses. L'auteur y réclame une réforme du Calendrier qui, comme on le sait, n'eut lieu que plus de cent ans après lui. L'ouvrage se termine par la règle de construction du fameux carré horaire ou analemme rectiligne unwersel, que Régiomontanus avait probablement emprunté aux Arabes, qu'il donne sans démonstration, et qui a si longtemps exercé la sagacité de ses successeurs.

Un grand nombre de lettres de Régiomontanus ont été recueillies par Théophile de Murr et publiées avec d'autres, dans un volume intitulé : Memorabilia bîbîiothecarum publicarum Norimbergensium et Universitatis A Itfordianœ. Ces lettres sont très intéressantes, en ce qu'on y trouve des indications précises sur l'état des connaissances mathématiques à l'époque. Elles sont pour la plupart adressées à Blanchini; l'auteur y propose ou résout un grand nombre de problèmes de Trigonométrie abstraite ou appliquée à l'Astronomie, de Géométrie et d'Algèbre. Sa manière en Algèbre est celle de Diophante, dont au reste il avait le premier retrouvé les six premiers livres dans une bibliothèque de Venise.

« Régiomontanus, dit Delambre, était sans contredit le plus savant astronome qu'eût encore produit l'Europe (chrétienne). Mais si l'on excepte quelques observations et ses travaux pour la Trigonométrie, on peut dire qu'il n'a guère eu le temps que de montrer ses bonnes intentions. Comme observateur, il ne l'emporte certainement pas sur Albategnius; comme calculateur, il n'a pas été aussi loin qu'Ebn Jounis,'ni surtout qu'Aboul Wéfa. Il avait constaté les erreurs des Tables alphonsines et se promettait de les améliorer ; mais il n'eut pas le temps de s'en occuper efficacement. «

i86 Quatrième Période.

La bibliothèque de Nuremberg possède trois astrolabes de 5, 6 et 10 pouces de diamètre qui lui ont appartenu.

MARDOCHEE COMTINO OU COMTIANO.

(Né vers 1440. )

Célèbre professeur des communautés juives de Constantinople et Andrinople, il commenta les ouvrages d'Aben-Ezra, composa lui-même un Traité d'Arithmétique et de Géométrie et réédita avec commentaires les Tables astronomiques des Persans. Ses ouvrages sont restés manuscrits.

SCHONER (jEAN). (Compatriote et ami de Régiomontanus. )

On a de lui : Tabulœ resolutœ astronomicœ ex quitus omnium siderum motus facillime calculari possunt secundum prœcepta in planetarum theoriis tradita (Wittemberg, iSSj); ce sont les Tables alphonsines mieux disposées.

ECK DE SULZBACH,

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