‹ Histoire des sciences mathématiques et physiques (volume 2)Chapitre 48 sur 74 · CHRISTOPHE COLOMB · texte numérisé non relu

CHRISTOPHE COLOMB

( Né à Gênes en I435, mort à Séville en i5o6. )

Son père était cardeur de laines et avait deux autres fils et une fille. Il trouva cependant les moyens d'envoyer à l'Université de Pavie son fils aîné Christophe pour y apprendre un peu de latin, de Géométrie, d'Astronomie et de Géographie.

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Christophe Colomb s'embarqua pour la première fois à seize ans et fit divers voyages dans le Levant. Il prit part de 1459 à 1463, à l'entreprise du duc de Calabre, Jean d'Anjou, pour recouvrer la couronne de Naples. On sait que cette tentative échoua.

Il navigua encore pendant quelques années et fut un jour, à la suite d'un combat où il se proposait, il faut en convenir, un acte de piraterie, jeté sur les côtes de Portugal. Il se rendit à Lisbonne où il épousa, peu de temps après, la fille d'un célèbre navigateur, Bartolomeo Palestrello, qui, après avoir découvert Madère et Porto-Santo, était mort en ne laissant à sa veuve qu'une petite rente.

Christophe Colomb fit dans la marine portugaise différents voyages à la côte de Guinée. Dans les intervalles de ces voyages, il s'employait à faire des cartes et des globes, qu'il vendait aux marins.

Il songeait déjà à découvrir une route pour aller par mer aux Indes, et dévoila ses projets au roi de Portugal Jean II; celui-ci jugeant l'idée bonne, s'empressa de faire faire secrètement la tentative, pour n'avoir pas à compter avec Colomb, qui, à la vérité, lui avait soumis un projet de traité assez léonin. Mais la flottille envoyée par le roi revint sans avoir rien trouvé.

Colomb avait perdu sa femme; il quitta le Portugal, où il n'avait plus rien à espérer et se rendit avec son fils en Espagne, vers 1485, après avoir peut-être porté ses projets à Gènes et à Venise, où il n'aurait obtenu aucun appui.

Ferdinand et Isabelle étaient alors en guerre avec le dernier roi maure de Grenade, Boabdilla; et quoique la reine se fût laissé à peu près persuader, ce ne fut qu'après la prise de Grenade, en 1492, que les deux souverains se décidèrent à donner

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suite aux promesses qu'ils avaient faites à Christophe Colomb.

Isabelle qui avait assumé, pour le royaume de Castille, tous les frais de l'entreprise, mit à la disposition de Colomb deux petits bateaux, appelés caravelles; Colomb décida un armateur, nommé Pinzon, à se joindre à l'expédition, avec un troisième vaisseau un peu plus grand, et la flottille mit à la voile le 3 août 1492.

Le temps et les vents restèrent favorables durant toute la traversée et Colomb prit terre, le 1 2 octobre 1492, dans l'archipel de Bahama, sur une île qu'il appela San-Salvador. Il se croyait près du Japon.

Les naturels reçurent les Espagnols avec la plus entière cordialité. On jugera par les extraits suivants d'une lettre de Christophe Colomb, des sentiments qui animaient les hommes descendus du Ciel, que les'pauvres sauvages fêtaient avec tant d'abandon. « Le lendemain, écrit-il dans un mémoire destiné à Ferdinand et Isabelle, je me mis en mouvement pour voir en quel lieu je pourrais construire une forteresse. Je ne crois pas, néanmoins, que cela soit nécessaire, parce que ces gens sont bien simples en fait de guerre. Vos Altesses pourront en juger par sept d'entre eux que j'ai fait prendre pour les emmener. Si Vos Altesses ordonnaient de les prendre tous et de les conduire en Castille, ou de les tenir captifs dans leur île, rien ne serait plus facile. »

La forteresse fut en effet construite, et ce furent les malheureux sauvages qui apportèrent, d'enthousiasme, tous les matériaux. Voici le second extrait :

« Je tâchais de savoir s'ils avaient de Tor. Je vis que quelquesuns en portaient un petit morceau suspendu à un trou qu'ils se font au nez, et je parvins, par signes, à apprendre d'eux qu'en

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tournant leur île et naviguant au sud, je trouverais un pays dont le roi avait de grands vases d'or et une grande quantité de ce métal. »

Nous laisserons Colomb aller chercher cet or; et, le fait scientifique étant classé, nous nous bornerons à remarquer que Colomb aurait dû savoir que la soif de l'or croît dans une grande proportion avec la distance à laquelle il se trouve, et n'aurait pas dû si fort s'étonner que les gens qui, d'Espagne, voyaient scintiller tant de lingots, aient eu l'idée de le faire arrêter, avant qu'il eût tout pris.

Il n'avait pas encore ramassé beaucoup d'or, lorsque, pendant son troisième séjour à Saint-Domingue, il fut arrêté par un envoyé du gouvernement espagnol et ramené les fers aux pieds en Espagne.

Ferdinand et Isabelle, dont les ordres avaient été outrepassés, essayèrent de réparer l'affront qui avait été fait à l'amiral et Colomb fut chargé d'une quatrième expédition; il découvrit alors le continent américain, mais il éprouva, outre de grands revers, la malveillance de plus en plus marquée des gouverneurs envoyés par le roi et la reine.

Il rentra en Espagne en 1 5o2 et y mourut peu de temps après. La reine venait elle-même de succomber à une longue maladie, et Ferdinand n'ayant plus à prendre conseil que de lui-même avait aisément arraché à l'amiral une renonciation à tous les avantages qu'il lui avait promis par traité pour ses descendants, moyennant quoi, il le fit enterrer en grande pompe.

Colomb n'avait pas encore effectué son troisième voyage que déjà la cupidité des Espagnols avait amené le massacre des malheureux Indiens, leur réduction en esclavage et la dépopulation des pays découverts.

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