‹ Histoire des sciences mathématiques et physiques (volume 2)Chapitre 55 sur 74 · RIPLEY · texte numérisé non relu

RIPLEY

(Ne vers 1450, mort en 1.(90.)

Chanoine de Bridlington, dans le diocèse d'York, il abandonna ^on canonicat pour aller en Italie se perfectionner dans l'art hermétique. A son retour en Angleterre, il entra dans un couvent de Carmes où il composa les ouvrages que nous possédons de lui; ce sont : le Livre des doîi{e portes où se trouve la recette de la pierre philosophale, et qui a été longtemps le vade mecum des alchimistes ; Medullaphilosophiœ chimicœ; Liber de mercurio philosophorum ; Clavis portœ aiireœ ; Philoniuni alchemistarum : Pupilla alcheniiœ ; Concordantia Raymondi et Giiidonis ; Viaticum; Cantilena; Axiomata philosophica, etc., dont plusieurs peuvent fort bien n'être pas de lui.

Ces ouvrages ont été réunis et publiés à Cassel en 1649 ^^^^ le titre Opéra omnia Georgii Riplei.

Tous les alchimistes, Albert le Grand, Raymond Lulle, etc., ont plus ou moins fourni à des papes, ou à des princes, des monceaux d'or, dans des vues dignes d'éloges, et Ripley ne pouvait manquer ù celte noble tradition.

Il est probable que leurs contemporains ont imaginé ces libéralités, à moins que les alchimistes n'aient, de bonne foi, battu monnaie avec du plomb, de l'arsenic et autres viles- substances ; ou que les grands se soient habilement servisde leur couvert pour

De Diophante à Copernic. 195

rajeunir des méthodes de spoliation dont les peuples ne voulaient plus s'accommoder.

Quoi qu'il en soit, Ripley, comme Raymond Lulle, comme Arnaud de Villeneuve et tous les alchimistes de cette époque, paraissent de bonne foi, ce qui s'explique parfaitement, tant par l'ensemble d'idées ou notions justes qui leur manquaient que par la masse de toutes celles qu'ils étaient obligés d'imaginer pour se rendre un compte quelconque des faits, et les coordonner.

Ripley, au reste, ne donne pas précisément la recette pour faire de l'or, mais pour préparer Vélixir des sages ( acide pyro-acétique ) , dont la propriété de précipiter l'or de ses dissolutions touche de bien près à celle de l'engendrer.

Cette recette, qui est sans doute un peu la propriété collective de tous les alchimistes du temps, qui constitue ce qu'il y a d'un peu clair dans toute la science hermétique et qui, débarrassée de sa gangue philosophale, devient de la bonne chimie, nous a paru avoir sa place marquée dans l'histoire de la Science. La voici sous la forme, aujourd'hui incompréhensible, que lui donne'Ripley, mais accompagnée de la lumineuse traduction qu'en a donnée M. Dumas.

(c Pour faire Vélixir. des sages, il faut, mon fils, prendre le mercure des philosophes (c'est du plomb) et le calciner jusqu'à ce qu'il soit transformé en lion vert (c'est le massicot) ; et après qu'il aura subi cette transformation, tu le calcineras davantage, et il se changera en lion rouge {c'est le minium); fais digérer au bain de sable ce lion rouge avec Tesprit aigre des raisins (c'est le vinaigre) ; évapore ce produit, et le mercure se prendra en une espèce de gomme qui se coupe au couteau (acétate de plomb) ; mets cette matière gommeuse dans une cucurbite lutée et dirige

igô Quatrième Période.

sa distillation avec lenteur; récolte séparément les liqueurs qui te paraîtront de diverses natures. Tu obtiendras un flegme insipide, puis de l'esprit et des gouttes rouges (eau, acide et huile essentielle). Les ombres cymmériennes couvriront la cucurbite de leur voile sombre, et tu trouveras dans son intérieur un véritable dragon, car il mange sa queue.

« Prends ce dragon noir, broie-le sur une pierre et touche-le avec un charbon rouge : il s'enflammera et prenant bientôt une couleur citrine glorieuse, il reproduira le lion vert (il aura avalé sa queue). Distille de nouveau le produit; enfin, mon fils, rectifie soigneusement et tu verras paraître Veau ardente (esprit pyro-acétique) et le sang humain (huile rouge brun qui se trouve mêlée à Tacide). »

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KALEB EFFENDIPOULO.

(Ne à Andrinople en 1450, mort vers i5oo. )

Disciple de Comtino, il résida successivement à Andrinople, à Belgrade et à Constantinople. Il a laissé une vaste encyclopédie intitulée le Jardin du Roi, un Traité d'Arithmétique, un autre relatif au Calendrier et à la chronologie générale, une dissertation sur les Pléiades, etc.

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