‹ Histoire des sciences mathématiques et physiques (volume 3)Chapitre 2 sur 40 · DELUC ( JEAN-ANDRÉ · texte numérisé non relu

DELUC ( JEAN-ANDRÉ

(Né à Genève en 1727, mort à Windsor en 1817.)

Il fut d'abord commerçant; des affaires malheureuses l'amenèrent à s'expatrier, il se rendit en Angleterre oti il devint bientôt membre de la Société royale de Londres et lecteur de la reine. Il reçut le titre de professeur honoraire de Géologie à l'Université de Gœttingue et fut nommé membre correspondant de l'Académie des Sciences de Paris.

Il s'est surtout occupé de Géologie et de Météorologie. Cuvier le place parmi les premiers géologues de son époque. Sans rejeter rhypothèse du feu central, il était surtout Neptunien.

C'est lui qui a substitué le mercure à Tesprit-de-vin dans les thermomètres, et construit le premier baromètre portatif. 11 a aussi, l'un des premiers, attiré l'attention des savants sur les causes chimiques du développement de l'électricité dans la pile de Volta. Il est l'inventeur de la pile à colonne sèche. Mais, par une singulière aberration, il a combattu énergiquement la découverte de la composition chimique de l'eau.

Il était profondément attaché aux idées religieuses et avait toujours la Bible en vue, dans ses recherches géologiques.

Voici la liste de ses principaux ouvrages : Recherches sur les modifications de V atmosphère (Genève, 1772) ; Lettres physiques et morales sur Vhistoire de la Terre (Lahaye, 1778- 1780); Nouvelles idées sur la Météorologie (Londres, 1786); Lettres

D'Euler à Lagrange.

à Blumenbach sur Vhistoire physique de la Terre (Paris, 1798); Abrégé des principes et des faits concernant la Cosmologie et la Géologie (Brunswick^ i8o3); Traité élémentaire de Géologie (Paris, 1809); Voyages géologiques en Angleterre, en France, en Suisse, en Allemagne et dans le nord de l'Europe (1810i8i3).

LAMBERT (jEAN-HENRi) .

(Né à Mulhouse en 1728, mort à Berlin en 1777.)

Il appartenait à une famille protestante réfugiée, après la révocation de l'édit de Nantes, à Mulhouse, qui était alors une petite république dépendant de la Confédération helvétique. Son père était chargé d'une nombreuse famille, qu'il nourrissait à grand'peine. Tout en travaillant avec son père, le jeune Lambert apprit presque seul à lire, reçut ensuite les leçons d'un pasteur de la ville, se mit à lire avec avidité tous les ouvrages qu'il put se procurer, et devint, à dix-sept ans, secrétaire d'Iselin, conseiller du margrave de Bade, qui demeurait à Bâle. Là, il étudia particulièrement la Philosophie et les Mathématiques.

Chargé, en 1748, de diriger l'éducation des petits-fils du comte de Salis, il se rendit à Coire, eut à sa disposition une vaste bibliothèque, accrut considérablement ses connaissances, et se mit, dès cette époque, à écrire des mémoires pour les sociétés savantes, des articles pour les journaux suisses.

En 1756, il partit avec ses élèves pour visiter l'Allemagne, la France, l'Italie, la Hollande, employa ses voyages à accroître ses connaissances et acquit un savoir véritablement encyclopédique. En 1759, il quitta M. de Salis.

Dou:[ième Période.

Peu après, il se rendit à Munich, à l'appel de l'électeur Maximilien-Joseph II, qui le chargea de rédiger les statuts d'une Académie des Sciences conçue sur le modèle de celle de Berlin. En même temps, il reçut le titre de professeur honoraire et fut agrégé à l'Académie de Bavière. Lambert habita ensuite Augsbourg, puis Coire, fut employé dans un travail de démarcation de frontières entre le Milanais et les Grisons, et se rendit, en 1764, à Berlin. A cette époque, il avait déjà publié plusieurs ouvrages remarquables et plusieurs Académies se l'étaient associé; aussi Frédéric II lui fit-il un excellent accueil. Il le nomma bientôt après académicien pensionnaire. Le nouvel académicien se fixa à Berlin, fut nommé, en 1770, conseiller supérieur des bâtiments, devint directeur des Éphémérides de Berlin, et écrivit un grand nombre de mémoires pour l'Académie.

Lambert a touché à toutes les parties de la Science et a laissé dans chacune des découvertes importantes. On lui doit les éléments de la théorie des angles imaginaires qu'il réalisait sous forme de secteurs d'hyperbole équilatère. Un angle a correspond

à un secteur circulaire dont l'aire est - et un angle p y/ — i à un

secteur hyperbolique dont l'aire est -• Lambert avait transporté

du cercle à l'hyperbole équilatère les formules relatives à l'addition ou à la soustraction, à la multiplication ou à la division des angles imaginaires; il avait même calculé les termes d'une table des sinus, cosinus et tangentes des angles imaginaires, destinée à la pratique de sa Trigométrie hyperbolique.

Son Traité des comètes contient un grand nombre de propriétés remarquables des coniques. On y trouve surtout le théo-

D'Euîer à Lagrange.

rème qui a été heureusement utilisé par Olbers : « Si, dans deux ellipses ayant même grand axe, on prend deux cordes égales, telles que les sommes des rayons vecteurs correspondant à leurs extrémités soient égales, les secteurs compris entre ces rayons vecteurs seront comme les racines carrées des paramètres. » Ce théorème convient aussi aux secteurs d'hyperboles de même axe transverse.

L'accélération du mouvement de Jupiter et le ralentissement correspondant de celui de Saturne, qui ont été expliqués plus tard par Laplace, faisaient le désespoir des astronomes; les erreurs des tables montaient à 22' pour Saturne et à 8' pour Jupiter. Lambert donna une formule empirique qui réduisait ces erreurs à 4'. « Ce fut, dit Delambre, un véritable service rendu aux astronomes. »

La Photométrie de Lambert est remplie d'expériences neuves sur la proportion de lumière réfléchie et réfractée sous diverses incidences par le verre; sur la déperdition de la lumière dans son passage à travers l'atmosphère, etc.

Outre ses ouvrages, Lambert a publié, dans le recueil de l'Académie de Berlin, une foule de mémoires sur toutes sortes de sujets scientifiques; un, entre autres, traite avec sagacité des moyens les plus avantageux d'employer la force musculaire de l'homme. Lambert y faisait déjà usage de la considération du travail dynamique, sous la forme du produit de la vitesse par l'effort, et il introduisait judicieusement la question du maximum de rendement, en tenant compte de la fatigue du travailleur et des interruptions nécessitées par chaque mode d'application de sa force.

Lambert a montré dans toutes ses recherches une grande

Douzième Période.

sagacité, une habileté remarquable d'expérimentateur; mais ce dont on doit le louer surtout, c'est d'avoir su^ dans chacun de ses travaux, conformer les moyens employés à la nature de la question à résoudre. C'est le talent le plus rare et sans lequel les plus grands efforts n'aboutissent souvent qu'à de déplorables échecs. Appliquer le calcul à des théories que l'expérience n'a pas suffisamment préparées, ou l'expérience à des recherches qui peuvent déjà supporter l'emploi de l'analyse, sont des erreurs trop communes pour qu'il ne soit pas utile de faire ressortir les exemples contraires.

Outre les ouvrages que nous avons déjà mentionnés, Lambert a laissé : Propriétés les plus remarquables de la route de la lumière (La Haye, 1759); la Perspective libre {Zurich^ lySg- 1773, 2 vol.); Photometria (Augsbourg, 1760, in-S'^); Insigniores orbitœ cometarum proprietates (Augsbourg, 1761); Echelles logarithmiques (Augsbourg, 1761); Supplementa tabularum logarithmicarum (Berlin, 1770); Remarques sur les forces de la poudre (Berlin, 1770); i^^rome7r/e (Augsbourg, 1770) ; Mélanges de Mathématiques (Berlin, 1765-1772, 4 vol. in-8°), recueil de mémoires; Pyrométrie (Berlin, 1772).

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