‹ Histoire des sciences mathématiques et physiques (volume 3)Chapitre 34 sur 40 · MONTGOLFIER ( JACQUES-ETIENNE · texte numérisé non relu

MONTGOLFIER ( JACQUES-ETIENNE

(Né à Vidalon-lez-Annonay en 1745, mort en 1799.)

Leur père exploitait une manufacture de papiers, qu'il avait étendue et perfectionnée et dont il vivait à l'aise au milieu de ses neuf enfants, de plusieurs parents et de ses ouvriers. Tous ses enfants montrèrent du goût pour les Sciences, principalement pour la Mécanique; mais deux d'entre eux seulement ont laissé un souvenir durable. Ce sont Joseph-Michel et Jacques-Etienne, qui, associés dans presque toutes leurs recherches, ne pourraient que difficilement être séparés par l'Histoire.

Joseph, d'un caractère très doux et très modeste, mais très indépendant, très mobile et très enthousiaste, fit au collège d'Annonay d'assez mauvaises études, à la fin desquelles il rentra dans la maison paternelle pour s'associer aux travaux de la manufacture. Mais son esprit avide de nouveautés lui faisait voir sur tous les points la possibilité de perfectionnements rarement approuvés par son père. Voulant jouir de plus de liberté, il alla

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fonder dans l'Isère la manufacture de papiers de Voiron, en société avec son frère Augustin.

Cette entreprise ne paraît pas avoir été bien prospère : Joseph non seulement n'attendait généralement pas, pour faire des innovations, que l'expérience eût pu l'éclairer sur les avantages des nouveaux procédés que son esprit inventif lui suggérait; mais il se laissait à chaque instant détourner de l'objet de son commerce par des vues et des projets qui n'y avaient plus aucun rapport; il était du reste assez confiant et assez peu habile pour qu'un de ses débiteurs ait pu un instant en imposer aux juges pour le faire emprisonner à sa place.

Son mariage, en 1770, rétablit ses affaires et ramena l'ordre dans sa maison, dont il put laisser la direction à sa femme, se réservant seulement la vente des produits. Les fréquents voyages qu'il faisait dans ce but et toujours à pied lui permettaient de donner libre carrière à son imagination et de s'abandonner à ses rêveries méditatives.

Montgolfier avait imaginé pour l'imprimerie les planches stéréotypes, dont les Didot ne firent usage que bien postérieurement pour leurs tables de Callet; il avait formé le plan d'une pompe à feu d'un nouveau genre, etc. Mais l'hydraulique et la navigation aérienne revenaient sans cesse dans ses préoccupations.

Secondé par son frère Etienne, il se livrait avec ardeur à la poursuite de sa chimère, lorsqu'une expérience vulgaire vint lui indiquer la voie qui devait le conduire au but désiré. La vue d'une chemise, que l'on chauffait au-dessus de la flamme, qui se gonflait et tendait à s'élever, fut l'occasion de sa découverte.

Après une première expérience faite à Avignon par Joseph,

De La grange à Lapîace.

sur un parallélépipède de taffetas, les deux frères parvinrent à enlever un ballon de grandeur médiocre, puis un autre un peu plus grand. Les états particuliers du Vivarais s'assemblaient alors à Annonay; les deux frères saisirent celte occasion pour répéter publiquement leur expérience. Elle réussit à souhait et les états consignèrent dans leur procès-verbal, le 5 juin 1783, cette découverte dont l'honneur devait rejaillir sur la province. Les journaux répétèrent à l'envi la nouvelle, qui fit bientôt le sujet de toutes les conversations. Montgolfier fut mandé à Paris; c'est Etienne qui répondit à l'appel; il s'était occupé de Mathématiques, puis d'architecture sous la direction de Soufflot et avait fini par aller diriger la manufacture de papiers de son père. Tout en faisant prospérer son établissement, il se livrait à des recherches utiles, inventait des machines nouvelles, des procédés plus simples, devinait le secret du papier vélin, etc. Il vint rendre compte à l'Académie des Sciences des moyens que son frère et lui avaient employés. L'Académie, sur le rapport de ses commissaires^ jugea que « la découverte était complète quant à ses effets en général » ; elle plaça, le 20 août 178 3, par acclamation, les deux frères sur la liste de ses correspondants et leur accorda, « comme à des savants auxquels on doit un art nouveau, qui fera époque dans l'Histoire des Sciences humaines », le prix de 600 livres, fondé pour l'encouragement des Sciences et des Arts. Etienne, qui avait été mandé à la cour, fit enlever à Versailles, devant le roi, le 19 septembre 1783, un immense aérostat qui monta à 240 toises et alla s'abattre dans le bois de Vaucresson. Très satisfait de cette expérience, Louis XVI donna à Etienne le cordon de Saint- Michel et des lettres de noblesse pour son père. Quant à Joseph, il eut une pension et 40,000 livres pour de nouvelles recherches

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sur les moyens de diriger les aérostats, qu'on appela alors montgolfières. La même année, les états du Languedoc votèrent la somme nécessaire pour élever à Annonay un monument commémorât! f de la découverte.

Le gouvernement voulut faire les frais des expériences qui devaient être poursuivies à Paris. En même temps, Joseph, cédant aux vœux des habitants de Lyon, leur offrait le spectacle d'un aérostat de 126 pieds de hauteur sur 102 de diamètre, et s'aventurait avec Pilâtre de Rozier, dans cette montgolfière libre, le 19 janvier 1784.

Après avoir tenté diverses recherches pour satisfaire au vœu de l'Académie touchant la direction à donner aux aérostats, Joseph Montgolfier s'occupa de son bélier hydraulique qui, par la singularité des lois de son fonctionnement, devait aussi attirer forcément l'attention.

L'Académie adopta unanimement le rapport fait par Charles, au nom du jury des prix décennaux, qui plaçait le bélier hydraulique « au premier rang des inventions utiles dont la Mécanique s'était enrichie depuis douze ans » .

Joseph Montgolfier quitta les affaires, à la Révolution, pour se rendre à Paris, où il fut nommé administrateur du Conservatoire des Arts et Métiers, puis membre de l'Institut (1807) et chevalier de la Légion d'honneur.

CHAULNES (marie- JOSEPH d'aLBERT D AILLY, DUC De). (Né en 1741, mort en ijqS.)

Fils de Michel Ferdinand, il indiqua l'usage de l'alcali volatil pour rappeler à la vie les asphyxiés par l'acide carbonique. Il en

De Lagrange à Laplace, 269

fit l'expérience sur lui-même, en s'asphyxiant par la vapeur du charbon, après avoir donné à ses serviteurs les instructions nécessaires pour le ranimer.

BOECKMANN ( JEAN-LAURENT).

(Né à Lûbeck eu 1741, mort en 1802.)

Professeur de Mathématiques et de Physique au Gymnase académique de Carlsruhe. Il propagea activement l'instruction dans le pays de Bade. On a de lui, entre autres ouvrages : Premiers éléments de Mécanique (1769); Physique descriptive (1775).

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