‹ Histoire des sciences mathématiques et physiques (volume 3)Chapitre 4 sur 40 · BAUME ( ANTOINE · texte numérisé non relu

BAUME ( ANTOINE

(Né en 1728, mart en 1804.)

Fils d'un aubergiste de Senlis, il n'eut d'autre instruction, pendant les quinze premières années de sa vie, que celle qu'il put puiser dans sa ville natale, au sein de sa famille. Après deux ans d'apprentissage chez un apothicaire de Compiègne, il vint à Paris à Tâge de dix-sept ans, et entra dans la pharmacie du célèbre Geoffroy. A vingt-quatre ans, il fut reçu maître apothicaire avec une grande distinction. « Peu de ses contemporains, dit M. Chevreul, ont autant écrit que lui; peu ont autant travaillé dans le laboratoire, et c'est grâce à ces travaux que plusieurs de ses écrits ont une valeur réelle. » De nombreux et intéressants mémoires sur la cristallisation des sels, sur les phénomènes de la congélation et de la fermentation, sur les combinaisons et les préparations des corps gras, du soufre, de l'opium, du mercure, de l'acide borique, du platine, du quinquina, etc., lui ouvrirent

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les portes de l'Acadéniie des Sciences en 1773; et lorsque le succès de V Encyclopédie fit concevoir le plan du Dictionnaire des arts et métiers^ Baume se chargea d'écrire plus de cent articles, qui font partie de cette collection. Les divers mémoires qu'il avait antérieurement fait paraître prouvent que les procédés des manufactures lui étaient familiers. On lui devait une méthode pour teindre les draps, un procédé pour dorer les pièces d'horlogerie, des moyens pour éteindre les incendies, d'autres pour conserver le blé. Il avait aussi fait de bonnes observations sur les constructions en plâtre ou en ciment, sur les argiles et sur la nature des terres arables. Il fit avec Macquer de nombreuses expériences pour élever la fabrication de notre porcelaine au niveau de celle de la Chine. Le premier, il établit en France une fabrique de sel ammoniac, et parvint à blanchir les soies jaunes par un procédé chimique. Il perfectionna la teinture écarlate des Gobelins, et indiqua un procédé économique pour purifier le salpêtre. Il se livra à un long travail pour rendre les thermomètres comparables et perfectionner l'aréomètre qui porte son nom. Enfin, il enseigna les moyens de fabriquer avec le marron d'Inde une fécule douce et propre à faire du pain.

Ruiné par la Révolution, il rentra dans la carrière commerciale, qu'il avait abandonnée en 1780 pour donner tout son temps aux recherches de Chimie appliquée. Il avait été pensionnaire de l'Académie des Sciences en 1785; il fut élu associé à l'Institut en 1796.

Voici la liste des principaux ouvrages de Baume : Dissertation sur Véther^ dans laquelle on examine les différents produits du mélange de l'esprit-de-vin avec des acides minéraux ( i vol. in- 12, 1787); Eléments de pharmacie théorique et pratique (i vol.

D'Euler à Lagrange.

in-8°, 1762; 2^ édit., 1769; 3® édit., 1773, etc.); Manuel de Chimie ou Exposé des opérations et des produits d'un cours de Chimie (i vol. in- 12, 1765); Mémoire sur les argiles^ ou Recherches et expériences chimiques et physiques sur la valeur des terres les plus propres à V Agriculture, et sur les moyens de fertiliser celles qui sont stériles ( i vol. in- 12, 1770); Chimie expérimentale et raisonnée (3 vol. in-8'', 1773); Mémoire sur la meilleure manière de construire les alambics et fourneaux propres à la distillation des vins (1778); Mémoire sur les marrons d^Inde (1797).

Des ouvrages que nous venons de citer, les plus importants sont : les Eléments de Pharmacie et la Chimie expérimentale et raisonnée. Baume s'y montre attaché au phlogistique, et repousse la nouvelle nomenclature chimique et la théorie de la combustion de Lavoisier. Les opinions qu'il émet s'éloignent au reste notablement de celles de Stahl. « Le feu, dit-il, est une matière essentiellement fluide, principe de la fluidité des autres corps, et toujours en mouvement... Le phlogistique est le principe des odeurs, des couleurs et de l'opacité des corps... Le phlogistique est de la plus grande fixité au feu, tant qu'il n'a pas de contact avec l'air;... lorsqu'il se combine avec les chaux métalliques, il les ressuscite en métal;... il augmente même leur pesanteur spécifique... (ce dont il n'y aurait rien à conclure dans aucun sens.) Tout ceci prouve, ajoute-t-il, que le phlogistique est fixe quand il entre beaucoup de terre dans sa composition, et qu'il est au contraire très volatil quand c'est le feu élémentaire qui prédomine sur le principe terrestre. »

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