CHRYSOLOGUE ( NOËL -ANDRÉ
[Né à Gy (Franche-Comté) en 1728, mort à Paris en 1808.]
Capucin, géographe et géologue. Sa Mappemonde projetée sur Vhori:{on de Paris est, paraît-il, un chef-d'œuvre, et sa Théorie de la surface actuelle de la Terre a obtenu de grands éloges de la part de Guvier.
BÉzouT (Etienne).
(Né à Nemours en lySo, mort à Paris en 1783.)
Il entra à l'Académie des Sciences en 1758 et fut nommé, en 1763, examinateur des gardes de la marine. Il a laissé un Cours complet de Mathématiques (1780) et une Théorie générale des Équations Algébriques (1779J.
Le cours de Mathématiques de Bézout a longtemps servi de guide dans les écoles^ mais on lui reprochait d'expliquer plus que de démontrer, ce qui nous paraît un mérite.
Bézout a doté l'Algèbre d'une théorie de la plus haute importance, celle deTélimination; non pas que nous voulions dire que l'on ne savait pas avant lui pratiquer l'élimination d'une inconnue entre deux équations, mais parce que l'emploi des procédés antérieurs fournissait des équations résultantes encombrées de solutions étrangères.
Cette question de l'élimination a été, de la part de Bézout, l'objet de recherches longues et persistantes. Il l'a traitée avec le m.ême bonheur de deux façons différentes, directement et au moyen de la théorie des fonctions symétriques des racines des équations algébriques.
D'Euler à Lagrange.
Son second procédé avait d'abord pénétré seul dans l'enseignement. Il repose sur cette remarque, que, si les deux équations entre lesquelles il s'agit d'éliminer x sont
/(x,j^, ^...) = o et 9fx,j-, ;[ ...)^o
et que a, p, y • • • désignant les racines de /(x, j^, j?- . . . ) = o, considérée comme une équation en x, le premier membre de l'équation résultante sera évidemment
et que les coefficients de cette fonction, ordonnée par rapport ù j^, :^. . . , seront des fonctions symétriques dea, [3, y . . . au calcul desquelles toute la question se réduira, par conséquent.
Mais ces fonctions s'expriment au moyen des coefficients de Téqualion
ordonnée par rapport à x, en fonction dej^, :(, etc., et il suffira de les remplacer par leurs formules dans le produit précédent, après l'avoir développé et ordonné.
C'est en suivant le développement de cette méthode que Bezout est parvenu à la démonstration du beau théorème qui porte son nom, relativement aa degré de l'équation finale, ou résultante.
L'autre méthode d'éUmination de Bézout avait peu frappé les esprits de ses contemporains, parce que la théorie des déterminants n'ayant pas encore été constituée, Tapplication ne pouvait guère en être faite d'une façon utile.
Elle repose sur cette remarque, que l'élimination de x entre
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deux équations
/(x) = o et 9(x)=o,
devant fournir^ entre les autres inconnues ou variables qui entrent dans ces deux équations, la condition pour que ces équations aient une racine commune en x, cette condition équivaut à celle que la fraction
soit réductible, c'est-à-dire que ses deux termes aient un facteur commun en x, au moins du premier degré; ou qu'on puisse identifier cette fraction au quotient de deux fonctions de x, de degrés respectivement moindres d'une unité que /(x) et z>{x). Cette remarque suffit en effet : car si
/(x) = ^0 ^'" + ^1 X"'-' -+- a. X""'- + . . . -h a,n et que
Cp [x] — ^0 ^"^ + ^1 X""-^ -h ^2 X"-2 4- ... -I- ^^ ;
que et
désignent les polynômes inconnus dont le quotient pourra être identifié à
cp(x;'
on aura pour déterminer ao, aj, ... a,„i et ^o, Pi, • . . P«-i les conditions renfermées dans l'identité
— {boX"^ . . . +^„)(aoX"^-^H- ... -ha,„j)=:o.
D'Euler à Lagrange.
Or cette identité fournira m -^ n équations du premier degré, homogènes^ entre les m -h w inconnues intermédiaires ao, ai . . . a,„i et Po, Si, . . . pn-û ^^ rélimination de m + w ~ i de ces inconnues ao, ..•:, a,„i, Pc ••• P«-i fournira une équation du premier degré, homogène, par rapport à l'inconnue restante, qui ainsi disparaîtra d'elle-même, comme facteur commun à tous les termes, et la suppression de ce facteur commun donnera la condition cherchée, c'est-à-dire le résultat de l'élimination.
WÉDGWOOD (jOSIAH).
(Né à Burslem en lySo, mort en 1795.)
Son père et la plupart des membres de sa famille s'occupaient de la fabrication de la poterie; destiné lui-même à exercer cette industrie, il ne reçut qu'une instruction très incomplète. Il n'avait pas encore onze ans lorsque son père mourut; il dut alors entrer^ comme tourneur, dans l'atelier que dirigeait son frère aîné; mais, peu après, il fut atteint de la petite vérole, et, à la suite de cette maladie^ on fut obligé de lui amputer la jambe droite, ce qui le rendit impropre au métier de tourneur. Il quitta alors Burslem et s'associa avec un nommé Harrison, établi à Stoke : ce fut, à ce que l'on croit, pendant cette association, qui ne fut pas de longue durée, que commença à se développer en lui un talent tout particulier dans la fabrication de la poterie d'ornement. Il se lia ensuite avec un négociant nommé Wheildon, pour lequel il fabriqua des manches de couteau imitant l'agate et l'écaillé, des assiettes à fruits en forme de feuilles et d'autres objets du même genre. Comme Wheildon tirait un profit considé-
Doin^ième Période.
rable de la vente de la poterie ordinaire^, il ne voulut pas s'aventurer dans une nouvelle voie, et Wedgwood revint à Burslem, où, établi dans un petit atelier qui n'avait qu'un toit de chaume, il continua à fabriquer de la poterie artistique. Ses affaires prospérèrent et lui permirent d'établir une seconde manufacture de poterie blanche et une troisième, d'où sortit la faïence café au lait, qui devint si rapidement célèbre. Wedgv^^ood présenta quelques pièces de cette nouvelle faïence à la reine Charlotte, qui lui commanda aussitôt un service complet et lui fit donner le titre de potier de la couronne. Wedgv^ood établit alors dans la capitale un magasin, où furent exposés les plus beaux produits de son industrie^et il trouva un auxiliaire actif dans son associé Bentley, qui, par ses connaissances scientifiques et littéraires et par ses relations avec d'éminents protecteurs des arts, lui rendit de grands services, surtout dans la partie artistique delà fabrication, et qui lui fit prêter, par de riches collectionneurs, des statues, des vases, des camées, des médaillons, des cachets, etc., propres à lui servir de modèles et dont il exécuta de belles reproductions. On cite, parmi les plus connues, celles d'échantillons de poteries antiques provenant des fouilles d'Herculanum et les copies du fameux vase Barberini. Elles étaient au nombre de cinquante, et, bien que chacune d'elles eût été vendue i ,25o francs, Wedgw^ood ne rentra pas dans les sommes qu'il avait dépensées pour leur exécution. A la suite d'essais sans nombre sur les différentes espèces d'argile et sur les matières colorantes, il réussit à produire des camées, des médailles et des statuettes d'une grande délicatesse, avec une substance si dure et tellement capable de résister à toutes les causes ordinaires de destruction, qu'elle semble devoir dépasser en durée même les bronzes de l'antiquité. On doit aussi à
D'Euler à Lagrange.
Wedgwood l'art de peindre les vases et autres objets sans leur donner cette apparence de vernis qu'a la peinture ordinaire sur faïence. Cet art était connu des anciens Etrusques, mais le secret en était perdu depuis l'époque de Pline. Enfin, il inventa le pyromètre qui porte son nom, et qui, d'abord imaginé pour servir à régler la cuisson des pâtes destinées à fabriquer les diverses sortes de poteries, fut employé depuis par les physiciens. Ce pyromètre, fondé sur le retrait croissant qu'éprouve l'argile lorsqu'on la chauffe, est certainement loin d'être parfait, en raison surtout des variétés que peut présenter dans sa composition l'argile soumise à l'expérience; toutefois, la facilité avec laquelle chaque chef d'atelier peut en fabriquer lui-même des modèles à son usage l'a fait jusqu'ici préférer à d'autres plus exacts. Il Le talent et l'énergie de Wedgwood lui avaient acquis une fortune considérable, et étaient même devenus une cause de richesse et de prospérité pour sa province natale. Ses deux manufactures, celle de Burslem et celle qu'il fonda plus tard à Etruria, village créé par lui près de Newcastle-under-Lyme, étaient devenues le foyer d'un actif mouvement industriel et commercial, et, d'après un rapport lu par Wedgwood, en 1785, à la Chambre des communes, le district du Staffordshire, au centre duquel ces manufactures étaient situées, ne comptait pas moins de 20,000 ouvriers, vivant de cette industrie. Wedgwood était devenu membre de la Société royale de Londres et de la Société des antiquaires. Il avait, en outre, pris l'initiative de plusieurs projets utiles: ainsi ce fut surtout à ses efforts que l'on dut l'établissement du canal de la Trent et de la Mersey, qui ouvrit une voie de communication entre les poteries du comté de Stafford et les côtes du Devonshire, du Dorsetshire et du comté de Kent.
Dou:(ième Période.
Il fut aussi le fondateur et le principal directeur de la Chambre générale des manufacturiers de la Grande-Bretagne, formée en 1786 pour régulariser les relations commerciales entre l'Angleterre et rirlande; il fit, en outre, construire à ses frais, dans le district des poteries, une route longue de 1 2'"^ . Il fit toujours l'usage le plus généreux de la fortune qu'il ne devait qu'à son travail.
Il a publié plusieurs mémoires dans les Transactions philosophiques,
INGENHOUSZ (jEAn).
(Né à Bréda en lySo. mort en 1799.)
Médecin de Marie -Thérèse, puis de Joseph II, physicien et chimiste. C'est lui qui imagina d'employer pour les machines électriques les plateaux de verre, dont on se sert encore aujourd'hui, au lieu des cylindres creux qu'on employait autrefois et qui n'étaient jamais assez bien assujettis pour que le frottement fût très efficace.
\Né en lyjo à Pomarole (Tyrol), mort en i8o5.]
Il observa le premier dans le chara, plante aquatique formée de petites tiges creuses et transparentes, articulées les unes aux autres et séparées par de petits diaphragmes, le mouvement alternatif de montée et de descente de petits corpuscules, dans le fluide qui remplit les tiges.
UEuler à Lagrange. 2 3
CAMERER.
(Né vers lySo. )
Il a laissé un traité intéressant sur le problème de mener un cercle tangent à trois cercles donnés. Il y a joint : Appolîonii de tactionibiis qiiœ supersunt^ ac maxime lemmata Pappi in hos libt^os grœce^ nunc primum édita e codicibus inseptis^ cum Vietœ librorum Apollonii restitutione, adjectis observationibus, computationibus ac problematis appolloniani hisioria. (Gotha 1795.)