‹ Histoire des sciences mathématiques et physiques (volume 3)Chapitre 8 sur 40 · WOLLASTON ( FRANÇOIS · texte numérisé non relu

WOLLASTON ( FRANÇOIS

(Né en lySo, mort en i8o5.)

Il fit ses études à l'université de Cambridge et s'y appliqua en même temps à la Théologie et à l'Astronomie. Il entra ensuite dans les ordres et, après avoir exercé en différents endroits les fonctions de son ministère, il devint en dernier lieu recteur de Ghislehurst, dans le comté de Kent. Il n'en continua pas moins à cultiver sa science favorite çt fut élu membre de la Société royale de Londres. On a de lui : Adresse au clergé d^ Angleterre et à tous les chrétiens (1772); Observations astronomiques, insérées dans les Transactions philosophiques (années 1773, 1775, 1784) ; Fasciculus astronomicus , ouvrage qui renferme des observations sur la région septentrionale circumpolaire (1800); Tableau des deux f 1 8 1 1 ).

UEuler à Lagrange.

WILCKE (jOANN-KARl).

(Né à Wismar eu 1732, mort à Stockholm en 1796.)

Il publia, en 1768, la première carte que l'on ait eue de l'inclinaison magnétique.

LEFRANÇAIS DE LALANDE ( JOSEPH-JEROME ). (Né à Bourg-en-Bresse en 1732, mort à Paris en 1807.)

Les jésuites, à qui fut confiée son éducation, relevèrent dans les pratiques les plus minutieuses de la dévotion. A l'âge de dix ans, Lalande composait des romans mystiques et des sermons qu'on lui permettait de débiter en chaire. Son père le plaça ensuite au collège de Lyon, où, pendant sa rhétorique, il montra le désir de se consacrer au barreau. La grande éclipse de Soleil de 1748 le détermina pour l'Astronomie. Ses parents l'ayant envoyé à Paris pour y faire son droit, il obtint de Delisle la permission de prendre part à ses observations; il suivit en même temps le cours que professait cet astronome au Collège de France, et devint, bientôt après, sans toutefois abandonner son premier maître, l'élève de Lemonnier, qui lui fit obtenir, à vingt ans, une mission assez délicate. Lacaille, en partant pour le Gap, avait publiquement invité tous les astronomes de l'Europe à concourir au succès de son expédition par des observations qui seraient confrontées avec celles qu'il allait faire lui-même. Lemonnier se fit donner la mission d'aller observer à Berlin ; puis, quand tout fut prêt pour son départ, il se fil remplacer par Lalande, que Frédéric accueillit avec bonté, tout en montrant un grand étonnement de voir un si jeune homme chargé d'observations si importantes. Lalande,

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bientôt reçu membre de l'Académie de Berlin, travaillait utilement avec Euler, et réformait ses idées dans la conversation de Maupertuis, d*Argens, de Lamettrie et des autres philosophes réunis à la cour du roi de Prusse. 11 publia, dès 1752, une notice sous ce titre : Domini de Lalande^ astronomi regii^ de observationibiis suis berolinensibus, ad parai lexin lunœ dejiniendam. L'Académie des Sciences récompensa ce travail en nommant Lalande, à vingt et un ans, à une place d'astronome vacante depuis plusieurs années.

Lalande, qui avait beaucoup de vénération pour Lacaille, fit tous ses efforts pour se faire associer par ce grand homme à ses travaux. Lemonnier, qui détestait Lacaille^ vit avec le plus grand dépit la direction que tendait à prendre Lalande; il l'attaqua sans réflexion, Lalande répondit sans ménagement, et Lemonnier rompit entièrement avec son ancien élève. Lalande ne put jamais rentrer en grâce; il disait que son maître lui avait gardé rancune « pendant une révolution entière des nœuds de la lune. »

Il commença, vers lySS, à travailler à la théorie des planètes, dont il s'est occupé ensuite tout le reste de sa vie. Il fit construire à cette époque un héliomètre de 18 pieds pour la détermination des diamètres apparents, dont il rectifia, pour plusieurs^ notamment pour ceux de la lune et du soleil, les valeurs acceptées avant lui.

Il donna, en 1759, une nouvelle édition améliorée des Tables de Halley pour les planètes et les comètes, augmentée des Tables des satellites de Jupiter, par Wargentin, du catalogue de Lacaille et de l'histoire de la fameuse comète de Halley. Il n'avait pas encore réuni les éléments nécessaires pour donner des Tables entièrement neuves.

UEiiler à Lasrans^e.

Il fut, en 1760, chargé de la rédaction de la Connaissance des Temps, et y fit entrer, pour la première fois, en 1760, de nombreuses notices biographiques. Cet usage s'est conservé depuis. La méthode de Lacaille, pour la détermination des longitudes par l'observation des distances de la lune au soleil et aux étoiles, venait d'être adoptée, en Angleterre, à la recommandation de Maskelyne; Lalande disposa la publication dont il était chargé, et qui, comme on le sait, est principalement faite pour nos marins, de manière à rendre facile l'application de cette méthode.

Delisle, presque octogénaire, lui abandonna, en 1762, sa

I chaire de professeur d'Astronomie au Collège de France; Lalande Ta occupée avec éclat jusqu'à ses derniers jours. Il y a formé un grand nombre de disciples, parmi lesquels on distingue Henry, Barry, Piazzi, d'Agelet, Le Français de Lalande, son neveu, enfin Méchain. Il attirait chez lui, pour les former aux observations et aux calculs, ceux de ses jeunes auditeurs qu'il voyait les plus attentifs, et allait même jusqu'à les prendre en pension, pour trouver le moyen de les aider en réduisant leurs dépenses.

La première édition de son grand Traité d'Astronomie est de 1764. C'était, sous tous les rapports, l'ouvrage le plus complet qu'on eût encore publié sur cette Science.

Lalande était, en 1769, à la tête des astronomes français, et se trouva naturellement investi, pour le passage de Vénus de cette année, des mêmes fonctions centralisatrices dont Lacaille avait été chargé pour le passage de 1761. Mais son autorité, beaucoup moins grande, ne fut pas aussi généralement acceptée. Les expéditions dirigées par Hell, en Finlande, Green etTamiral Cook, à Taïti, et qui produisirent les meilleurs résultats, avaient été

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disposées en secret. Lalande publia^ en 1772, les résultats des calculs qu'on lui avait transmis, et, par précaution, essaya de jeter des doutes sur les observations qui n'avaient pas été adressées à Paris. Tout cela ne profita pas à la gloire de l'Astronomie française. La parallaxe du soleil fut alors fixée à peu près à 8",6. Lalande et Hell trouvèrent bientôt d'autres motifs de se quereller; mais, à la mort de Hell, Lalande s'empressa de revenir sur les jugements précipités qu'il avait portés.

Une autre affaire singulière lui tomba sur les bras, à la même époque (1773) : il avait préparé, pour une lecture publique à l'Académie, un Mémoire sur les comètes, qu'une circonstance indifférente l'empêcha de communiquer. Le public, on ne sait pourquoi/ se figura que Lalande avait dû prédire la destruction de notre planète. L'émotion fut telle, que le lieutenant de police voulut avoir communication du Mémoire. N'y ayant trouvé rien d'alarmant, il en ordonna la publication; mais le public resta persuadé qu'on avait obligé Lalande à changer le texte de son manuscrit.

La même année 1773, sa légèreté et sa manie de discussion lui suscitèrent une querelle avec Cassini de Thury, qui n'était pas à sa hauteur comme astronome, mais qu'il attaqua avec une véhémence injustifiable. Son pamphlet avait été reçu avec une telle défaveur par l'Académie, que Lalande fut presque sur le point de s'expatrier. Voici une autre aventure du même genre : Bernardin de Saint-Pierre s'était imaginé innocemment que la terre est allongée dans le sens des pôles, et que le flux et le reflux de la mer sont dus à la fonte des glaces ; Lalande se moqua trop malicieusement de cette idée bizarre, et Bernardin de Saint- Pierre l'attaqua à outrance dans la préface de La Chaumière

UEuler à Lagrange. Sg

indienne. Ce fut Delambre qui apaisa cette nouvelle querelle.

Un passage de Mercure devait avoir lieu le 3 mai 1786. Lalande eut l'imprudence de Tannoncer la veille, dans le Journal de PariSj précisant jusqu'à la seconde l'heure de la fin du phénomène. Les tables étaient loin encore d'être assez parfaites pour qu'il fût possible de donner une approximation comparable à celle à laquelle prétendait Lalande; il se trompa de 40™'°, et en fut d'autant plus honteux que Mercure était justement celle des planètes qui l'avait le plus occupé. Cette erreur n'enlève rien à son mérite, elle montre seulement que le progrès est lent. Deux siècles auparavant, Hévélius avait attendu quatre jours un passage analogue; de quatre jours à 40 minutes, la différence est déjà grande.

L'un des derniers ouvrages auxquels Lalande donna ses soins est le complément de la seconde édition de V Histoire des Mathématiques, de Montucla, qu'il fit paraître en 1802, après la mort de l'auteur, d'après les manuscrits qu'il avait laissés, mais avec des additions de divers savants et de lui-même.

Outre ses nombreux ouvrages, Lalande avait inséré plus de i5o mémoires dans le recueil de l'Académie. Il avait donné des articles intéressants au supplément de Y Encyclopédie, et avait refondu, en 1789, pour V Encyclopédie méthodique, tous les articles d'Astronomie de cette collection.

« Lalande, dit Delambre, n'a point renouvelé la Science astronomique dans ses fondements, comme Copernic et Kepler; il ne s'est point immortalisé, comme Bradley, par deux découvertes brillantes ; il n'a point été un théoricien aussi savant et aussi précis que Mayer; il n'a point été, au même degré que Lacaille, un observateur et un calculateur exact, adroit, industrieux,

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scrupuleux et infatigable; il n'a point eu, comme Wargentin, la constance de s'attacher à un objet unique, pour être seul dans un rang à part; mais^ s'il n'est à tous ces égards qu'un astronome de second ordre^ il a été le premier de tous comme professeur : plus qu'un autre, il a su répandre l'instruction et le goût de la Science. 11 voulut être utile et célèbre, et il sut y réussir par ses travaux, par son activité, par son crédit et ses sollicitations; enfin, en entretenant une correspondance très étendue avec les savants. Il chercha sans cesse à faire le bien de l'Astronomie, et voulut la servir même après sa mort, par la fondation d'une médaille que l'Académie des Sciences décerne chaque année à l'auteur de l'observation la plus intéressante, ou du mémoire le plus utile aux progrès de l'Astronomie. »

Il aimait, d'ailleurs, à faire parler de lui, n'importe comment, et il disait lui-même : « Je suis toile cirée pour les injures, et éponge pour les louanges. » Il poussait l'amour du bruit et de la popularité jusqu'à s'installer, la nuit, sur le Pont-Neùf, avec un télescope, pour montrer les étoiles aux passants; jusqu'à faire annoncer dans les journaux qu'il allait se rendre en ballon à un congrès de savants à Gotha, sauf à se faire descendre au bois de Boulogne.

Malgré ces travers, Lalande était un excellent homme qui aimait et servait ses amis.

Quoique d'une complexion assez faible, Lalande jouit cependant d'une assez bonne santé. L'exercice du cheval, la diète, l'eau et les longues courses composaient toute son hygiène. Malheureusement, il poussa trop loin son système : attaqué depuis trois ans d'une phtisie pulmonaire, il n'en sortait pas moins tous les jours par tous les temps. Il conserva jusqu'à sa mort le même

D'EuIer à Lagrange.

sang-froid^ la même netteté dans les idées et toute sa présence d'esprit.

La longue carrière de Lalande n'a guère eu, pour les progrès de l'Astronomie^ d'autre résultat qu'une plus grande exactitude dans les évaluations numériques des diamètres apparents, des parallaxes, de la diminution de l'obliquité de l'écliptique et des variations séculaires des orbites des planètes.

Voici la nomenclature de ses principaux ouvrages : Mémoires sur la parallaxe de la Lune et sur sa distance à la Terre {1JS2- 1787); Mémoire sur les Équations séculaires (1757); Traité d'Astronomie (1764); Mémoires sur la théorie de Mercure (1766- 1786) ; Mémoires sur les taches du Soleil et sur sa rotation (1776- 1778); Mémoires sur la planète d'Herschel (1779- 1787) ; Mémoire sur la durée de Vannée solaire (1782); Astronomie des Dames (178 5- 1806) ; Observations de huit mille étoiles boréales (1789- 1790).

Lalande a rédigé presque entièrement la partie du troisième volume de la seconde édition de V Histoire des Mathématiques^ de Montuda, qui se rapporte à l'Astronomie moderne.

11 a aussi publié de nombreux articles dans VHistoire de r Académie des Sciences^ la Connaissance des Temps , le Journal des Savants, les Acta Eruditorum^ de Leipzig, etc.

MASKELYNE (nEVIl).

(Né à Londres en 1732, mort en 181 1. )

Il trouva sa vocation dans le spectacle de l'éclipsé de soleil

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de 1 748 ; il se lia bientôt avec Bradley, d'après les observations duquel il construisit sa table des réfractions, la seule employée pendant longtemps. Il fut envoyé à Sainte-Hélène, en ij6i, pour y observer le passage de Vénus sur le soleil; mais ce voyage ne fut d'aucune utilité directe, l'observation ayant été empêchée par le mauvais temps. Il en rapporta cependant l'idée du mode de suspension encore en usage aujourd'hui pour les fils à plomb des secteurs. Il publia, en 1763, un Guide du marin. Il y proposait à l'Angleterre d'adopter le plan d'almanach nautique tracé par Lacaille; il fut chargé de mettre ce plan à exécution. Il fut appelé, en 1763, à la direction de l'observatoire de Greenwich, où il demeura pendant quarante-sept ans.

C'est de lui qu'on a appris à disposer cinq fils parallèles dans la lunette méridienne et à observer successivement, à l'aide d'un oculaire mobile, les cinq passages, pour prendre la moyenne des temps.

Les observations de Bradley ont été publiées par ses soins; les siennes l'étaient aux frais de la Société Royale. Ce n'est qu'à cette époque qu'on a commencé à obtenir des gouvernements les fonds nécessaires à la publication si indispensable des résultats des recherches effectuées dans les observatoires.

Bouguer avait déjà, au Pérou, constaté la déviation produite sur le fil à plomb par l'attraction d'une montagne. Maskelyne répéta l'expérience en Ecosse et en tira un moyen d'en déduire la densité moyenne du globe. Il établit successivement au nord et au sud du mont Shehallien deux postes d'observation et trouva pour la somme des déviations 11", 6; d'un autre côté, Hutton, en 1778, cuba la montagne et en détermina la densité. De l'ensemble des résultats obtenus dans ces deux opérations, on a pu

D'Euler à Lagrange. 43

conclure que la densité moyenne du globe est à peu près cinq fois celle de Teau. Cavendish a trouvé depuis 5,48.

Les observations des astronomes envoyés par l'Angleterre en divers points du globe^ pour le passage de Vénus, furent centralisées entre les mains de Maskelyne, qui en conclut pour la parallaxe du soleil 8'^8. On admet aujourd'hui 8",5.

Maskelyne a été pendant neuf ans l'un des huit associés étrangers de notre Institut. Tous les astronomes de l'Europe avaient pour lui la plus grande estime.

MASON ( Charles).

(Né vers 1732.)

Il était aide de Bradley, à Greenwich, lorsque les tables de Mayer pour la lune furent envoyées à Londres, en 1755. Mason les compara à 1,200 observations faites par Bradley et les trouva singulièrement conformes. Toutefois, Maskeline conçut Tespoir de les améliorer encore et confia ce travail à Mason. Ces tables revisées ont paru sous le titre : Mayer' s lunar tables improved hy Charles Masorij published bjr order of the Commissioners of longitude (1787). Lalande les a reproduites en 1792 dans son Astronomie.

Mason, envoyé en Pensylvanie pour y tracer des délimitations de territoires, voulut profiter de son voyage pour mesurer^ avec son collaborateur Dickson, un arc du méridien. Il mourut pendant l'opération.

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TRUDAINE DE MONTIGNY ( JEAN-CHARLES- PHILIBERT), FILS DE DANIEL-CHARLES TRUDAINE.

[Né à Clermont (Auvergne) en 1733, mort en 1777.]

Il reçut, SOUS les yeux de son père, l'éducation la mieux entendue et l'instruction la plus élevée. Après une étude approfondie des lois, il apprit de Glairaut, dont il est resté l'ami jusqu'à sa mort, tout ce qu'on savait alors de Mathématiques, et étudia l'Histoire naturelle, la Chimie et la Physique sous les meilleurs maîtres. Il suivit ensuite les cours des ponts et chaussées; il possédait à fond l'anglais, l'italien et l'allemand. Il avait vingt-cinq ans lorsque son père obtint qu'il lui fût adjoint dans sa place d'intendant des finances, avec promesse de la survivance ( 1757) ; il fut chargé des quatre départements des fermes générales, du commerce, des manufactures et des ponts et chaussées. Trudaine rêvait déjà l'unité d'impôt, à laquelle nous n'avons pas encore pu parvenir, et cherchait surtout à faire supprimer toutes ces taxes peu importantes par leurs produits, dont la perception exige d'innombrables employés et entraîne des vexations insupportables. Mais, subordonné toujours à des ministres imbus d'autres idées, il ne put obtenir que des améliorations de détail. Il put cependant faire l'expérience de ses idées dans le petit pays de Gex, auquel il rendit un peu de calme, avec le concours de Voltaire. Une contribution unique, consentie par les états euxmêmes, remplaça cette foule d'impôts dont la perception, en raison de la position géographique du pays, séparé de France par une chaîne des Alpes, et contigu à la Suisse, exigeait un déploiement spécial d'agents.

Trudaine rendit des services plus importants dans le départe-

UEuler à Lagrange. 45

ment du commerce. Il était partisan déclaré de la liberté illimitée du commerce en général et pensait que les lois les plus sagement combinées ne produiraient pas le bien que la liberté peut donner. Mais c'est surtout dans le commerce des subsistances que toute atteinte à la liberté lui paraissait dangereuse et impuissante à compenser l'effet naturel d'une libre concurrence. Trudaine rencontra des obstacles de toutes sortes dans l'accomplissement de ses projets. Il parvint toutefois, en 1763, à obtenir, pour le commerce des grains, la liberté à Tintérieur et quelques atténuations dans les difficultés apportées aux échanges avec l'étranger. Malheureusement, quelques mauvaises récoltes survinrent au moment même du changement de système, et les lois sages qu'il avait fait rendre ne valurent à Trudaine que des dégoûts.

Il porta les mêmes principes de liberté dans l'administration du département des manufactures. Sous lui, notre industrie s'enrichit d'un grand nombre de découvertes faites en France ou puisées par ses soins à l'étranger. En cherchant à connaître les secrets de fabrication des autres nations, il ne songeait pas au reste à leur cacher nos progrès. Il était convaincu, dit Condorcet, que les hommes n'ont qu'un même intérêt, celui que chez toutes les nations les arts soient au plus haut degré de perfection possible, et l'idée de flatter la vanité nationale par une indépendance prétendue de toute production étrangère ne lui paraissait qu'une charlatanerie politique.

Le père de Trudaine avait déjà beaucoup fait pour la multiplication et l'amélioration des grandes routes; le département des ponts et chaussées prit encore plus d'activité et d'importance entre les mains du fils, qui lui succéda, comme intendant général

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des finances en 1769. Cette charge ayant été supprimée en 1777, il refusa les fonctions de contrôleur général et rentra dans la vie privée, voulant faire lui-même l'éducation de ses fils et s'adonner à ses études de prédilection; mais il mourut presque aussitôt. Il était membre de l'Académie des Sciences.

BORDA (JEAN-CH ARLES), (Né à Dax en 1733, mort en 1799.)

Après quelques années passées au collège de La Flèche, il entra dans le génie militaire. Il présenta en 1756 à l'Académie des Sciences, sur le mouvement des projectiles, un mémoire qui lui valut la nomination de membre associé à cette académie. Il publia ensuite différents mémoires sur le meilleur emploi des roues hydrauliques; sur le-mouvement des projectiles, en tenant compte de la résistance de Fair; sur le Calcul des variations, récemment conçu par Lagrange, etc.

Il reçut de l'Académie^ en 1 77 1 ,1a mission de trouver les moyens de vérifier en mer les montres marines, fut adjoint à une expédition scientifique aux Açores et aux îles du Cap Vert en 1 774 et 1775, puis aux îles Canaries, pour en déterminer exactement la longitude par rapport au méridien de Paris.

Adjoint plus tard à Delambre et Méchain, pour la mesure d'un arc du méridien, il fut spécialement chargé de tout ce qui se rattachait aux applications des principes de Physique. Il imagina alors la règle thermomètre pour la mesure des bases. Son cercle répétiteur, naturellement rendit aussi de grands services.

M. Biot dit de Borda : « Il doit être regardé comme un des

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hommes qui ont rendu le plus de services à l'art nautique, tant par l'exactitude des instruments qu'il a donnés aux marins que par l'adresse avec laquelle il a su rapprocher d'eux les méthodes géométriques^ sans rien ôter à celles-ci de leur exactitude. »

Outre les ouvrages dont nous avons parlé, il a laissé des tables trigonométriques décimales, que Delambre a revues et publiées en 1804.

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