PRIESTLEY
[Né à Fieldhead en 1733, mort à Northumberland (Pensylvanie) en 1804.]
Son père était fabricant de draps, sa mère mourut lorsqu'il n'avait encore que six ans. Placé dans une pension libre, il y étudia le latin, le grec et l'hébreu ; il apprit ensuite l'arabe, l'allemand, l'italien et le français.
Use jeta d'abord dans des discussions religieuses qui, du reste, absorbèrent, jusqu'à la fin de ses jours, la plus grande part de son activité.
Il publia en 1767 une Histoire de V électricité^ qui lui ouvrit les portes de la Société royale de Londres. Peu après il s'occupa de ses expériences sur Vair fixe (acide carbonique) Vair nitreux (bioxide d'azote) et Vair déphlogistiqué (oxygène).
Il s'empressa de communiquer les résultats de ses recherches à la Société royale de Londres, qui lui décerna la médaille de Gopley.
^ tt L'Académie de Paris, dit Cuvier, lui accorda un prix non moins noble et plus difficile à obtenir, parce qu'il est plus rare : l'une de ses huit places d'associés étrangers, auxquelles tous les
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savants de l'Europe concourent, et, dont la liste, commençant par les noms de Newton et de Leibniz, n'a dégénéré dans aucun temps de ce premier éclat. «
Il publia encore une Introduction familière à Vétiide de la perspective (1771) et une Histoires des découvertes relatives à la vision et aux couleurs (1772).
Le marquis de Lansdowne lui offrit vers cette époque une place de bibliothécaire dans une de ses résidences, mais ses opinions religieuses, peu orthodoxes, et ses vues politiques, très avancées, le brouillèrent bientôt avec le noble marquis.
Il était un peu en lutte alors avec toutes les sectes religieuses de son pays et surtout avec l'Église anglicane.
Il se retira à Birmingham, près de Watt et de Wegwood, ses amis, qui lui offrirent une petite maison qu'il habita onze ans et où on lui avait établi un laboratoire de Physique et de Chimie.
Priestly accueillit avec enthousiasme la Révolution française, dont il fut une des victimes. Les gens qu'il avait tant attaqués en Angleterre, soulevèrent une émeute contre lui en 1791, à propos d'un banquet pour fêter l'anniversaire de la prise de la Bastille, banquet auquel il n'avait fas même assisté.
Sa maison fut saccagée de fond en comble par la populace, ses instruments, ses collections, ses manuscrits, sa bibliothèque, son mobilier, tout fut livré au feu.
11 demeura encore trois ans en Angleterre; mais, de plus en plus en but à la haine des lords, des évêques et du gouvernement, il s'embarqua pour l'Amérique en 1794-
C'est en 1772 que Priestley publia ses premières Obserpations sur différentes espèces d'air (Obseryations on différent kinds of
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air) qui eurent, dès leur apparition, un grand retentissement parmi les savants de l'Europe. Traduit dans toutes les langues, inséré dans les recueils des principales Académies, cet ouvrage donna l'éveil aux savants, qui appliquèrent leurs recherches à Tétude des corps aériformes. Cest V air fixe ^ c'est-à-dire l'acide carbonique^ que Priestly étudia tout d'abord. Voisin d'une brasserie qu'il visitait quelquefois, il avait conçu l'idée d'examiner Tair qui se dégage des cuves pendant la fermentation. Ses observations furent peu fructueuses; elles n'ajoutèrent presque rien à ce qu'avaient déjà indiqué Black et Bergmann. Il remarqua cependant que la pression de l'atmosphère favorise la dissolution de l'acide carbonique dans l'eau, et qu'à l'aide d'une pompe de compression on pourrait facilement communiquer à l'eau ordinaire les propriétés de l'eau de Seltz. Mais, en cherchant un moyen de rendre l'acide carbonique propre à la respiration, il arriva à une grande découverte, une des plus importantes de la Science moderne. Il trouva que les végétaux peuvent parfaitement vivre dans l'acide carbonique où les animaux périssent, et que, de plus, les végétaux communiquent à cet air fixe les propriétés de l'air commun; il trouva aussi que ce dernier phénomène n'a lieu que sousl'inflence de la lumière du jour et qu'il cesse la nuit.
Il était arrivé à ce résultat en exécutant de nombreuses expériences sur des tiges de menthe et des souris; voici comment il s'exprime à ce sujet : « Les preuves d'un rétablissement partiel de l'air par des plantes en végétation servent à rendre très probable que le tort que font continuellement à l'atmosphère la respiration d'un si grand nombre d'animaux et la putréfaction de tant de masses de matières végétales et animales, est réparé, au
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moins en partie, par le règne végétal; et, malgré la masse prodigieuse d'air qui est journellement corrompue par les causes désignées, si nous considérons l'immense profusion de végétaux qui couvrent la surface du sol, on ne peut s'empêcher de convenir que tout est compensé et que le remède est proportionné au mal. y>
Priestley signalait aussi un moyen mécanique propre à l'assainissement de l'atmosphère : « L'agitation des eaux par les vents, et, par suite, la mise en liberté de Pair dissous dans les eaux, qui est encore plus riche en molécules respirables que Pair commun de l'atmosphère . »
Dans ses nombreuses expériences, Priestley se servait, pour recueillir les gaz, d'un appareil analogue à celui de Haies, dans lequel il avait substitué le mercure à l'eau, pour pouvoir recueillir facilement les gaz solubles.
Dans les années 1 771 et 1772, Priestley fit des recherches sur l'inflammabilité et l'irrespirabilité du gaz inflammable (hydrogène), dont Gavendish avait, en quelque sorte, retrouvé le mode de préparation.
Ce fut le 4 juin 1773 que Priestley découvrit le bioxyde d'azote, en soumettant du cuivre à l'action de Peau-forte et en recueillant les gaz qui se dégageaient. Il trouva que Vair nîtreux (nom qu'il donnait au bioxyde d'azote) est irrespirable et rougit au contact de l'air.
Le passage le plus important du travail de Priestley sur l'air nitreux est celui où il propose de faire servir ce gaz à l'analyse de l'air. Dans son mémoire intitulé : Of air infected n^ith the fumes ofburning charcoaly il assure avoir constaté par ce moyen une différence réelle entre l'air de son laboratoire, au sein duquel
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plusieurs personnes avaient respiré durant quelques heures, et l'air pris à l'extérieur de la maison. Il propose, en outre, ce gaz comme un préservatif de la putréfaction, pour conserver des animaux, des pièces d'anatomie, etc. Il prétend avoir conservé ainsi, intactes et sans aucun indice de putréfaction, au milieu des chaleurs caniculaires de 1772, pendant vingt-cinq jours, deux souris mortes.
Priestley essaya, à diverses reprises d'expliquer la coloration rouge que prend le bioxyde d'azote quand il arrive au contact de l'air; mais il ne put y réussir : c'est à Lavoisier qu'était dévolue cette tâche.
C'est en cherchant comment la vapeur de charbon rend l'air irrespirable que Priestley découvrit l'azote. L'expérience qu'il tenta à ce sujet consistait à suspendre des morceaux de charbon dans des vases de verre remplis d'eau jusqu'à une certaine hauteur et renversés sur une cuve à eau et à diriger sur ce charbon le foyer d'une lentille. Il observa que, dans cette expérience, il se produisait de l'air fixe (acide carbonique) qu'absorbait l'eau de chaux, avec laquelle il formait un précipité blanc; qu'après cette absorption la colonne d'eau était diminuée d'un cinquième et que l'air restant éteignait la flamme, faisait périr les animaux, et n'était absorbé ni par l'air nitreux (bioxyde d'azote), ni par un mélange de limaille de fer et de soufre humide. Cet air, ainsi obtenu et parfaitement caractérisé, n'était autre que le gaz azote.
Cette découverte était capitale, elle tenait en germe toute la Chimie moderne; et elle eût suffi à la gloire du savant qui'aurait su en tirer les conséquences immédiates. Malheureusement, entre les mains de Priestley, elle resta complètement stérile. Il se perdit dans des explications obscures, amphibologiques, sur l'in-
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tervention du phlogistique, et finit, faute d'arguments, par ajourner sa théorie à un autre moment.
Plus tard, il substitua au charbon, du plomb, de Tétain, et constata de nouveau la diminution du volume d'air par la calcination; mais il dédaigna d'étudier ce fait, duquel Lavoisier devait tirer plus tard les principes de la Chimie moderne.
Dans le courant de l'année 1771, Priestley eût Tidée de chauffer du nitre dans un canon de fusil et de recueillir le gaz qui se dégageait pendant l'expérience. Ce gaz se distinguait, dit Priestley, en ce que loin d'éteindre une chandelle, il en activait la combustion avec un bruit semblable à celui que produit la déflagration du nitre. )> Priestley le nomma air du nitre; c'était un mélange d'oxygène et de protoxyde d'azote.
En terminant son rapport sur ces expériences, Priestley disait : (c Ces faits me paraissent très extraordinaires et importants ; ils pourront, dans des main? habiles, conduire à des découvertes considérables. » Cette prophétie, faite en 1 771, devait s'accomplir plus tôt qu'il ne le pensait.
Suivant une idée préconçue, Priestley essaya de revivifier des oxydes métalliques, non plus avec du charbon, comme à l'ordinaire, mais par l'électricité. Il opéra sur du minium, sur lequel il fit agir des étincelles d'une machine électrique à plateau, et recueillit sur une cuve à mercure le gaz qui prit naissance. C'était de l'oxygène pur. Priestley venait de faire encore une fois une des plus belles découvertes de la Science; mais ses préoccupations théoriques la lui firent abandonner comme auparavant.
Mais le hasard servait singulièrement Priestley; il lui fut donné de découvrir l'oxygène par une nouvelle expérience. Voici comment il s'exprime à ce sujet : « Le i^'" août 1774, je
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tâchai de tirer de l'air du mercure calciné per se (oxyde rouge de mercure obtenu par la calcination du mercure à Tair libre), et je trouvai sur le champ que, par le moyen d'une forte lentille, j'en chassais Tair très promptement. Ayant ramassé de cet ai environ trois ou quatre fois le volume de mes matériaux, j'y admis de l'eau et je trouvai qu'elle ne l'absorbait point ; mais ce qui me surprit plus que je ne puis l'exprimer, c'est qu'une chandelle brûla dans cet air avec une flamme d'une vigueur remarquable. » Priestley obtint le même résultat avec le précipité rouge (oxyde de mercure obtenu par précipitation). Mais il confondit l'oxygène avec l'air nitreux; plus tard, s'étant procuré de l'oxyde rouge de mercure d'une grande pureté, il fit des expériences comparatives avec le minium, d'une part, et l'oxyde de mercure de l'autre. Dans les deux cas il obtint les mêmes résultats et écrivit à ce propos : « Cette expérience avec le minium me confirma davantage dans mon idée que le mercure calciné doit emprunter à l'atmosphère la propriété de fournir cette espèce d'air, le mode de préparation du minium étant semblable à celui par lequel on fait le mercure calciné. « Priestley ne reprit ses expériences qu'au mois de mars 1775, alors que Lavoisier avait déjà publié son Mémoire sur la calcination de Vétain. Il constata que l'oxygène, qu'il appelait air déphlogistiqué, est un peu plus pesant que l'air ; qu'il forme avec l'air inflammable (hydrogène), employé dans de certaines proportions, un mélange détonant à l'approche d'une flamme et qu'il serait facile de produire, à volonté, une température très élevée à l'aide de soufflets remplis d'air déphlogistiqué. Nous ferons remarquer à ce propos que c'est là la première idée du chalumeau à gaz. Continuant ses recherches, Priestley eut l'idée d'introduire l'emploi de son air
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déphlogistiqué dans la Médecine et de l'appliquer au traitement de la phthisie pulmonaire. Ayant effectué plusieurs inhalations de ce gaz, « il lui sembla, dit-il, que sa poitrine se trouvait singulièrement dégagée et à l'aise pendant quelque temps. » Enfin, soulevant la grande question de la constitution de l'atmosphère, Priestley « invite les chimistes de tous les temps et de tous les pays à s'assurer, par des expériences réitérées, si l'atmosphère conservera toujours le même degré de pureté, la même proportion d'air vital, ou s'il y aura quelque changement par la suite des siècles. » Priestley s'est presque constamment appliqué à des recherches relatives aux gaz. Il fit connaître l'existence des neuf principaux. Nous avons déjà cité le bioxyde d'azote, l'azote et l'oxygène; nous ajouterons le gaz ammoniac, l'acide chlorhydrique, l'acide sulfureux, l'hydrogène carboné, l'hydrogène sulfuré et l'hydrogène phosphore.
Nous venons de raconter les principales découvertes de Priestley; nous ajouterons que la théorie du phlogistique, depuis longtemps dépouillée de son prestige, perdit en Priestley son dernier défenseur. Priestley mort, on cessa d'invoquer sa grande autorité comme un argument contre les idées de Técole moderne, et la Science, sous l'impulsion de Lavoisier et placée par lui sur des bases nouvelles, put marcher de progrès en progrès.
M. Dumas, dans ses Leçons de Philosophie chimique, a formulé sur Priestley une critique sévère, mais judicieuse, que nous reproduisons ici : «C'est Priestley qui, l'un des premiers, est venu fournir au monde quelques notions expérimentales sur l'air, la respiration, la combustion, la calcination ; c'est-à-dire sur ces grandes opérations qui sans cesse altèrent, modifient, renouvellent l'aspect du globe et sans lesquelles notre Terre, avec sa surface éternelle-
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ment aride et immuable, parcourrait l'espace comme un cadavre inutile. Mais, pour coordonner les faits qu'il observait, pour imaginer la théorie générale à laquelle il préparait de si riches matériaux, il fallait cette logique puissante qui lui a manqué, il fallait un vrai génie. Or, si Priestley pouvait, sans connaissances chimiques, découvrir des gaz, les étudier, mettre à nu leurs propriétés et faire une foule d'observations détachées, toujours utiles et souvent même éclatantes, Prestley ne pouvait plus si aisément exécuter la réforme que ses propres découvertes rendaient imminente. Privé de connaissances chimiques, la théorie devait être son écueil, et d'autant plus qu'il en sentait moins l'importance. Comme il fait ses expériences sans motifs et sans plan arrêté, leurs résultats ne se groupent jamais dans son esprit. Aussi, à mesure qu'il trouve des corps nouveaux, il s'égare davantage. Plus ses découvertes se multiplient, moins il s'en rend compte; plus la lumière qui doit jaillir de ses observations semble près
de briller, plus l'obscurité de ses idées se montre profonde
Priestley s'est rendu justice en avouant ce que le hasard a fait pour lui; il a même beaucoup exagéré et ne s'est pas rendu compte de la part que son raisonnement avait eue dans ses succès. Mais quand il étend à toutes les découvertes humaines cette influence du hasard, il commet une erreur monstrueuse que combattent, au lieu de l'appuyer, son histoire elle-même et ses écrits, tout imprégnés qu'ils sont de son orgueilleuse humilité. » Toutefois, si Priestley doit être jugé sévèrement, au point de vue de l'interprétation des faits, il ne faut pas méconnaître que, par sa merveilleuse sagacité, il a rendu à la Science les plus grands services par la seule découverte de ces faits. Aussi terminerons-nous cette appréciation de l'œuvre de Priestley en disant.
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avec M. Hœfer : « Rien de tout cela ne doit amoindrir le tribut d'admiration qu'il convient de payer aux beaux travaux de ce grand génie. Comme tant d'autres, Priestley subissait, le joug de la doctrine de Stahl. Laissons-lui l'honneur^ qu'il semble d'ailleurs réclamer lui-même, de la découverte de l'oxygène et de beaucoup d'autres gaz; cela ne diminuera en rien la gloire de Lavoisier, qui a construit tout l'édifice de la Science avec des matériaux qui, dans d'autres mains, seraient peut-être restés complètement stériles et sans conséquence. »
Les ouvrages de Priestley sont excessivement nombreux ; nous citerons seulementles principaux : Grammaire anglaise {howàxts^ 1762-T768); Observations pour l'usage de ceux qui font des progrès dans le langage (1772); Leçons sur la théorie du langage et la grammaire universelle (1772); Essai sur un cours d'éducation libérale [lyôS)-, Essai sur le gouvernement (1765); Tablettes biographiques [i y 65) ; Leçons sur l'histoire et la politique générale (1788); Cours et leçons sur l'art oratoire et la pratique (1777); Examen de la doctrine du sens commun, telle que la concevaient les docteurs Reid, Beattie et Osipald; Défense de l'unitarianisme ; Défense de la doctrine de la nécessité; Principes de la religion naturelle et révélée; Recherches sur la matière et l'esprit; Histoire des corruptions du christianisme; Histoire des premières opinions concernant Jésus- Christ; Vues sur les principes et la conduite des dissidents protestants, relativement à la constitution ecclésiastique et civile de l'Angleterre (1769); Adresse d'un dissident protestant au sujet de la discipline de l'Église (1776); Lettre à M. Pitt, concernant la tolérance et l'établissement de l'Église [i y S6]; Conduite à observer par les dissidents pour obtenir le rappel de
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l'acte de corporation et de celui de test ( 1 789) ; Sur les premiers principes du gouvernement et la naturt de la liberté politique, civile et religieuse (1768); Observations sur l'importance de la révolution américaine et sur les moyens de la rendre profitable au monde {ijSS) ; Sermons sur le commerce des esclaves (1788); Lettres familières adressées aux habitants de Birmingham pour réfuter diverses accusations avancées contre les dissidents (1790); Lettres à Edmond Burke, occasionnées par ses réflexions sur la révolution de France (1791); Lettre aux habitants de Birmingham; Défense du dîner de la Révolution (i 79 1) ; Appel au public touchant les émeutes de Birmingham (1791- 1793); l'Histoire et F état présent de l'électricité (Londres, 1765-1775), traduit en français par Brisson (Paris, 1771): Histoire de l'état présent des découvertes relatives à la vision (Londres, 1772); Observations sur différentes espèces d'air (Londres, 1772). Ces observations furent d'abord publiées, sous forme de mémoire, dans les Transactions philosophiques (t. LXII), elles furent imprimées à part (Londres, 1772). L'année suivante, cet ouvrage fut traduit en français par Rozier, sous le titre : Observations sur la Phjysique, etc., {lyjd). Ce mémoire fut réédité, en 1774; et, dans les années suivantes, par suite d'une correspondance active avec les principaux physiciens et chimistes d*Europe, il s'éleva aux proportions d'une œuvre considérable : Expériences et observations sur les différentes espèces d^air [Experiments and observations on différent kinds of air^ Londres, 1774-1775-1777). Cet ouvrage fut immédiatement suivi d'une traduction française, faite en quelque sorte sous la surveillance de l'auteur, par Gibelin, docteur en médecine (Paris, 1777- 1780). Dans les années suivantes, l'auteur publia une suite
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à ses Experiments and observations relating to varions branches ofnatural philosophy, jpîth a continuation ofthe observations on ^/r (Londres, 1 779 ; Birmingham, 1 785-1 786). Cette continuation fut aussi traduite en français par Gibelin (Paris, 1782); une traduction allemande en fut donnée à Vienne et à Leipzig (1782). Enfin Priestley publia en 1790 un résumé de tous ses ouvrages sur ce sujet, sous le titre : Experiments and observations on différent kinds of air, and other branches ofnatural philosophy connected n^ith the subject, in III volumes, being the former II volumes abridged and methodi:{ed with many additions (Birmingham, 3 vol. in-8''). Les autres écrits scientifiques de Priestley ont été publiés dans les Transactions philosophiques. Ce sont : Sur le phlogistique et la conversion apparente de l'eau en air (1783); Sur le principe de l'acidité, la composition de l'eau et le phlogistique (iySS)\ Sur laphlogisticationde V esprit de nitre (1789) ; Sur le phlogistique (1789); Sur la génération de l'air par Veau et la décomposition de l'air déphlogistiqué et de Vair inflammable (1793); Expériences sur l'analyse de l'air atmosphérique (1796); Considérations sur la doctrine du phlogistique et la décomposition de Veau (1797); la Doctrine du phlogistique établie et celle de la composition réfutée (1797); Réponse aux observations de Cruikshank pour la défense du nouveau système de Chimie. Priestley a écrit encore une multitude d'articles dans divers journaux ou recueils, notamment dans le Journal de Nicholson et dans les Mémoires de la Société américaine.
rsë^
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WARING (EDOUARD)
(Né en 1734, mort en 1798)
Il fût jugé dignCj à vingt-six ans, d'occuper la chaire de Mathématiques au collège de Lucas, qu'avait illustrée Nev^ton. Il ajouta, dans l'analyse des courbes algébriques^ aux découvertes des Bernoulli, de Clairaut et d'Euler. Il a laissé sur ce sujet : Mélanges analytiques sur les équations algébriques et les propriétés des courbes (Cambridge, 1762) ; Propriétés des courbes algébriques (1772); Méditations analytiques (1776).
Mais il avait imaginé pour la résolution générale des équations algébriques une formule malheureuse. Il égalait l'inconnue d'une équation de degré m à la somme de m — i radicaux portant sur les m — I premières puissances d'une indéterminée, et affectés de coefficients inconnus, dont la détermination eût dépendu ellemême de la résolution d'autres équations formant un système naturellement impénétrable.
DU BUAT (PIERRE-LOUIS-GEORGES, COmte) [Né à Buttenval (Calvados) en 1734, mort à Vieux-Condé en 1809.]
Il fut reçu ingénieur militaire à l'âge de seize ans et employé successivement aux travaux du canal de jonction de la Lys à l'Aa, au port du Havre, sur les côtes de Bretagne et de Normandie, au siège de Mappen (176 1), à Valenciennes, où il dirigea les travaux exécutés à la porte de Tournay (i 763-1773).
Il adressa, de Valenciennes, au Ministre de la guerre un mémoire
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intitulé : Sur le relief et le défilement des ouvrages defortification, où fort indique une nouvelle méthode pour déterminer le tracé de V enceinte des glacis, relativement aux divers terrains irréguliers qui peuvent se rencontrer. Cette nouvelle méthode était celle des plans cotés.
Après une courte résidence au Quesnov, il fut envoyé à Condé, où il fut chargé de la construction du canal du Jard et oîi il parvint au grade de colonel, puis de lieutenant du roi.
C'est de 1 776 que datent ses premières recherches sur l'Hydraulique. Son premier mémoire, adressé au Ministre de la guerre en 1779, portait pour titre : Principes d'' Hydraulique, ouvrage dans lequel on traite du mouvement de Veau dans les rivières, les canaux et les tuyaux de conduite; de V origine des fleuves et de l'établissement de leur lit; de l'effet des écluses, des ponts et des réservoirs ; du choc de Veau, et de la navigation tant sur les rivières que sur les canaux étroits. Du Buat y pose ce principe qui lui sert de point de départ : Quand l'eau coule uniformément dans un lit quelconque, la force qui l'oblige à couler est égale à la somme des résistances qu'elle essuie, soit par sa propre viscosité, soit par le frottement du lit. C'est le principe fécond de l'Hydraulique moderne.
Un fonds annuel lui fut alloué par le gouvernement pour faire de nouvelles expériences, qui furent exécutées à Condé de 1780 à 1783, au moyen d'une dérivation des eaux de TEscaut dans les fossés de la place, du Buat publia alors ses Principes d'Hydraulique vérifiés par un grand nombre d'expériences faites par ordre du gouvernement.
Ces beaux travaux valurent à du Buat d'être nommé membre correspondant de l'Académie des Sciences (1787).
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Du Buat crut devoir émigrer pendant la Révolution et ses biens furent confisqués ; mais il lui en fut rendu une faible partie à son retour, en 1802.
Les découvertes de du Buat forment encore aujourd'hui la principale part de ce que l'on sait en Hydraulique.
DIONIS DU SÉJOUR (ACmLLE-PIERREJ .
(Né à Paris en 1734, mort à Auguville, près de Fontainebleau, en 1794.)
Il fut conseiller au Parlement, d'abord à la quatrième Chambre des enquêtes, en lySS, ensuite à la Grand'Ghambre, en 1779. Il étonnait ses confrères par la rapidité avec laquelle il expédiait les affaires, et cependant il trouvait encore le temps de se livrer à ses goûts pour les Mathématiques et TAstronomie. Il avait publié en 1761, conjointement avec Godin, des Recherches sur la gnomonique et les éclipses de Soleil, qui contribuèrent à lui ouvrir les portes del' Académie des Sciences, en 1765. Son Essai sur les comètes en général et particulièrement sur celles qui peuvent approcher de l'orbite de la Terre (ijjS) était destiné à dissiper des terreurs puériles qui s'étaient emparées du public à l'occasion d'un mémoire de Lalande.
Nommé député de la noblesse à l'Assemblée constituante, du Séjour ne tarda pas à éprouver d'abord une grande déception, ensuite des terreurs qui le poursuivirent jusque dans sa retraite à la campagne, oti il se tenait soigneusement caché, et qui minèrent ses jours.
« Du Séjour, dit Delambre, était, à tous égards, un homme très estimable; il aimait le travail, son état et la société : il était
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considéré au Palais et à l'Académie ; il joignait beaucoup d'esprit au caractère le plus égal; il méritait d'être heureux, il le fut jusqu'à la Révolution. »
Chaque année le recueil de l'Académie contenait de lui des mémoires étendus, se faisant suite les uns aux autres. Il les revit, les mit en ordre et en forma un ouvrage en deux volumes, qui parut sous le titre de : Traité analytique des mouvements apparents des corps célestes (1787- 1789).
Cet ouvrage a théoriquement une importance considérable, en ce que l'auteupy essaye, pour la première fois, la réduction à une seule formule des lois des mouvements apparents de tous les astres. Il pose la question dans ces termes : « Étant donnés deux corps qui se meuvent dans l'espace suivant des lois connues, déterminer les apparences qui résultent des mouvements relatifs de ces deux corps, par rapport à un observateur qui, mû luimême dans l'espace suivant une loi donnée, a de plus un mouvement de rotation autour d'un axe donné de position. » Ce problème renferme, comme on le voit, toute l'Astronomie; les astronomes l'avaient jusqu'alors décomposé en autant de problèmes qu'ils avaient eu de questions particulières à traiter.
Lagrange, que les qualités propres de son génie devaient, au reste, naturellement disposer à apprécier avantageusement les efforts de du Séjour, faisait effectivement beaucoup de cas de ses travaux, qui, dit-il, « par leur étendue et le grand nombre d'applications intéressantes et délicates que leur auteur a faites, paraissent ne rien laisser à désirer sur le problème dont il s'agit. » [Mémoire sur les éclipses sujettes aux parallaxes^ inséré dans la Connaissance des temps de 18 17.) Il croit cependant « qu'on ne s'est pas encore appliqué à donner à la solution de ce problème
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toute la simplicité et la brièveté qu'on est en droit d'attendre de l'analyse. »
Delambre, tout en accordant de grands éloges à du Séjour, est loin de convenir que ses travaux aient été d'une véritable utilité aux praticiens. Il tempère toutefois ses critiques par cette conclusion : « Tout l'ouvrage est composé et rédigé dans un système que je n*ai jamais pu ou voulu adopter; je pourrais donc être suspect de trop de sévérité dans la manière dont je l'ai jugé. Je prie le lecteur de ne pas s'en rapporter entièrement à ce que j'en ai dit. Le traité de du Séjour est important par une masse considérable de formules appliquées aux problèmes les plus intéressants de l'Astronomie. Ses formules sont généralement fort exactes; elles n'ont contre elles que la longueur des calculs qu'elles exigent, et quelques-unes donnent la solution de questions à peu près inaccessibles aux méthodes ordinaires, »
Le problème de du Séjour est Tinverse de celui qu'avaient eu à résoudre les premiers astronomes : étant donnés les mouvements apparents des corps célestes, déterminer les lois de leurs mouvements réels. Mais la solution qu'il en donne convient également à l'un et à l'autre; car on peut, dans les équations générales, regarder à volonté comme données, soit les apparences, soit les réalités.
On doit à du Séjour d'avoir fait ressortir les grands avantages que Ton peut tirer des équations de condition indiquées par Euler et employées par Mayer. II a de plus soumis au calcul les quantités de l'irradiation et de l'inflexion dont il convient de corriger les diamètres apparents du soleil et de la lune. Il croyait à une atmosphère lunaire. Il lui paraît établi, par l'éclipsé de soleil de 1764, qu'il faut admettre une irradiation de ?>" et une inflexion
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de plus de 3". Il propose un moyen direct de s'assurer de l'existence de l'inflexion : « Lorsque, de deux étoiles voisines, l'une doit être éclipsée par la lune, on les assujettira entre deux fils d'un micromètre; on observera si, à l'instant de Toccultation de rétoile, sa distance à l'autre est altérée. L'altération donnera la quantité de l'inflexion des rayons qui rasent le limbe de la lune. » Du Séjour attribue sans hésitation cette inflexion à la réfraction produite par l'atmosphère lunaire. Il soupçonne, au reste, que la réfraction n'est pas la même pour toutes les étoiles : « Qui pourrait, dit-il, assurer que Sirius, dont la lumière est très blanche, éprouve précisément la même réfraction qu'Aldébaran ou Antarès, dont la lumière tire sur le rouge? Admettons un moment que la lumière de la Lune soit plus réfrangible que celle de l'étoile, tout va s'expliquer naturellement. » Delambre, qui ne se prononce ni pour ni contre l'atmosphère lunaire, dit, à l'occasion de la remarque de du Séjour : « Un jour que j'observais avec Méchain, nous avons tous deux, sans nous rien communiquer, écrit notre observation : tous deux nous avions vu une petite étoile pendant 2" environ sur le disque de la lune, malgré un assez fort crépuscule. Méchain me dit alors : « Du Séjour sera bien content. » Ce qu'il y a de singulier, c'est que ce phénomène ne s'observe pas constamment, ce qui s'explique, dans le système de du Séjour, parce que l'effet de la réfrangibilité peut être positif, nul ou négatif. ^^ L'ouvrage se termine par une analyse neuve et exacte des apparitions et disparitions de l'anneau de Saturne, analyse dont les géomètres font, il est vrai, plus de cas que les astronomes, et par la reproduction de V Essai sur les comètes.
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