‹ Histoire des sciences mathématiques et physiquesChapitre 17 sur 32 · FERDINAND II DE MEDICIS, GRAND DUC DE TOSCANE · texte numérisé non relu

FERDINAND II DE MEDICIS, GRAND DUC DE TOSCANE

(Né en 16 10, mort en 1670.)

C'est sous son règne que Galilée reçut à Florence l'ordre de se rendre à Rome pour y comparaître devant le tribunal de l'Inquisition. Quoique entièrement soumis à la cour de Rome, Ferdinand II ne laissa pas que d'être utile à Galilée durant son procès. L'intervention active de son ambassadeur près le Saint- Siège, Nicolini, obtint en effet d'Urbain VIII, pour l'illustre astronome, un traitement moins rigoureux que celui qui attendait ordinairement les victimes de l'Inquisition.

En 1646, Ferdinand II perfectionna le thermomètre imaginé vers 1602 par Galilée et déjà amélioré en i6i5 par Sagredo : les thermomètres de Galilée et de Sagredo étaient des ihermoscopes à air; Ferdinand remplit entièrement la boule et le tube d'esprit de vin coloré et ferma le tube après avoir entièrement chassé l'air de l'appareil.

Mais Ferdinand n'eut pas l'idée de graduer son instrument entre deux points fixes. Ce furent Boyle et Halley qui y apportèrent ce dernier perfectionnement.

Neuvième Période.

HEVELIUS (jEAN).

(Né àDantzig en iGi i, mort en 1687.)

Astronome. Son véritable nom est Hovel.

Il construisait lui-même ses instruments et ses lunettes, et imprimait ses ouvrages. Sa femme observait avec lui; il la représente dans une des planches de sa Machine céleste. Colbert le mit au nombre des savants étrangers à qui Louis XIV faisait des pensions. En 1679, un incendie allumé par son domestique consuma sa maison, son observatoire, qu'il avait établi audessus, ses livres, ses instruments et l'édition presque entière du second volume de sa Machine céleste.

Le recueil manuscrit de ses observations, acheté par Delille, est à l'Observatoire de Paris.

Son premier ouvrage est intitulé Selenographia., siue Liinœ description etc. (1647). Il débute par des détails sur la construction et l'usage des lunettes, et indique l'emploi d'un polémoscope formé de deux tubes recourbés à angle droit, à l'intersection desquels se trouve un miroir incliné sur chacun d'eux de 45°. On emploie quelquefois cet appareil pour observer plus commodément près du zénith.

Il donne ensuite à peu près exactement les durées des révolutions de quatre satellites de Jupiter. Il admet le mouvement elliptique des planètes autour du Soleil.

Il employa quatre ans à dresser sa carte de la Lune, dont il gravait lui-même, à mesure, les planches au burin. Pour estimer la hauteur des montagnes, il observait, comme on fait aujourd'hui, la distance des sommets à la limite de l'ombre; mais le calcul lui donna des hauteurs exagérées. Il est le premier astro-

De Cavalievi à Hitygliens. 141

nome qui ait fait une bonne étude du mouvement libraloire.

Son second ouvrage est sa Cométographie, dédiéeà Louis XIV en 1668. On n'y trouve, au milieu d'élucubrations de tous genres, qu'une seule bonne idée, c'est que les comètes, probablement, décrivent des paraboles et non pas des lignes droites, comme on le croyait avant lui. Mais il était bien éloigné de les comparer aux planètes. C'est par une assimilation confuse avec le mouvement des corps près de la surface de la Terre que l'idée lui était venue de supposer parabolique le mouvement des comètes.

Sa Machine céleste est aussi dédiée à Louis XIV. Le premier volume est de 1673,1e second de 1679; ce second volume est très rare. L'ouvrage entier ne contient guère, outre la description des instruments, que le détail des innombrables observations faites avec soin par l'auteur; on y remarque cependant la première observation d'une étoile double, la ôi'^ du Cygne. Son dernier grand ouvrage, Prodromus Astronomiœ, etc., ne parut qu'après sa mort, en 1690; il est dédié par sa veuve à Sobieski. Hévélius croyait la hauteur du pôle et l'obliquité de l'écliptique constantes. Il donnait encore au Soleil une parallaxe horizontale de 40". L'Observatoire de Paris possède un recueil étendu de ses lettres manuscrites.

BOSSE (aBRAHAm).

(Ne à Tours en 161 1, mort en i'>-S 1

Peintre et graveur distingué. Il avait appris de Desargues la Perspective dont il composa un bon traité. C'est à lui du reste

1^2 Neuvième Période.

qu'on doit ce qui nous est parvenu des ouvrages de Desargues.

Reçu à l'Académie de Peinture de Paris, qui venait d'être fondée, il fut chargé d'y enseigner la Perspective. Mais ses tiiéories déplurent à plusieurs de ses collègues, notamment à Lebrun. La vivacité avec laquelle il défendit ses opinions lui suscita de nombreux ennemis qui eurent le crédit de le faire exclure de l'Académie; il quitta Paris et se retira à Tours où il termina sa carrière.

Il a laissé près de mille gravures estimées et quelques tableaux.

TACQUET ( ANDRÉ).

(Ne à Anvers en 1612, mort en 1660.)

Jésuite. Il enseigna les Mathématiques à Louvain et ensuite à Anvers. Il a publié : Elementa Geometriœ planœ ac solidœ (Anvers, 1654) ; Arithmeticœ theoria et praxis (Anvers, iG55), et différents autres ouvrages de moindre importance.

Ses œuvres ont été réunies après sa mort et publiées en 1 668 en deux volumes in-folio. Le premier volume est tout entier consacré à l'Astronomie; le second contient : Geometria practica, en cinq livres; Optica, en trois livres; Catoptrica, en trois livres, Cylindrica et annularia, en cinq livres; il se termine par une dissertation De Circulorum volutionibus. Ces deux volumes se trouvent à la bibliothèque de la Sorbonne.

Tacquet, dans son Astronomie, conserve l'hypothèse de l'immobilité de la Terre; il avoue cependant que l'opinion contraire a trouvé de savants défenseurs. Il refait, dans ses Cylindrica et anmilaria, toute la théorie des onglets; Pascal le cite à ce sujet.

De Cavalievi à Huyghens. 143

PERRAULT ( Claude).

(Ni; à Paris en i()l3, mort en 1688.)

Son père était avocat au Parlement. Il étudia d'abord la Médecine et se fit recevoir docteur. Il fut chargé par Colbert de traduire Vitruve en français. Les études qu'il fat obligé de faire pour comprendre cet auteur lui inspirèrent le goût le plus vif pour l'architecture et dévoilèrent les rares dispositions qu'il avait pour cet art. Mais ce goût pour l'architecture ne lui fit pas abandonner ses recherches en Médecine et surtout en Anatomie. Devenu membre de l'Académie des Sciences, il disséqua un grand nombre d'animaux dont l'anatomie était peu ou pas connue et consigna ses recherches dans les Mémoires de l'Académie. Ses essais de Physique renferment plusieurs Mémoires intéressants de physiologie, notamment sur la Mécanique animale. Lorsqu'il fut question de donner au Louvre une façade digne de la grandeur du monument, il prit part au concours qui fut alors ouvert et ses dessins furent préférés à ceux des artistes les plus distingués. Son œuvre de début fut donc cette fameuse colonnade du Louvre, construite de 1666 à 1670, et qui, malgré quelques imperfections, reste une des belles créations du xvii^ siècle. On lui doit encore l'Observatoire de Paris, dans la construction duquel il ne fit entrer ni fer ni bois et où il montra une rare connaissance de la coupe des pierres; des travaux d'embellissement à Versailles; enfin un arc de triomphe à la porte Saint- Antoine, lequel fut démoli en 1716. Il en reste une gravure de Sébastien Leclere.

C'est pour le blesser que Boileau écrit : Soyei{ plutôt maçon, si c'est votre métier. La colonnade du Louvre et l'Observatoire

! 44 Neuvième Période.

suffisent pour montrer qu'il était du moins un maçon d'un grand talent, et les éloges que lui donne Cuvier prouvent qu'il était aussi un bon naturaliste.

C'est lui qui, plus frappé des erreurs des anciens que sensible à leurs beautés, commença cette querelle à laquelle son frère Charles prit ensuite la plus grande part, et dans laquelle Boileau se permit autant de violences que ses adversaires montrèrent de modération.

Claude Perrault dirigeait à l'Académie des Sciences les travaux relatifs à l'histoire naturelle. Il a laissé sur i'Anatomie un ouvrage estimé, dans lequel il fait justice des fables antiques sur le caméléon, la salamandre et le pélican; ses Œuvres de Physique contiennent une théorie remarquable de l'organe de l'ouïe et de ses fonctions; enfin son Traité sur la Mécanique des animaux est rempli d'observations justes^ et souvent fines, sur l'organisme en général.

Perrault fut la victime de son amour pour la Science. Il mourut des suites d'une piqûre anatomique qu'il se fit en disséquant un chameau mort d'une maladie contagieuse. Indépendamment d'un grand nombre de Mémoires insérés dans le Recueil de l'Académie des Sciences, et pour la plupart relatifs à l'Histoire naturelle, on lui doit : les Dix livres d" Architecture de Vitruve, corrigés et traduits nouvellement en français avec notes et figures (Paris^, 1673, in-foL); Ordonnance des cinq espèces de colonnes selon la méthode des anciens (Paris, i683, in-fol.); Essai de Physique ou Recueil de plusieurs Traités touchant les choses naturelles (1680, 3 vol. in-12); Mémoires pour servir à l'histoire naturelle des animaux (Paris, 1676, in-fol.); Œuvres diverses de Physique et de Mécanique {Y* d^n?-. 1725, in-12).

De Cavalieri à Huyghens. 145

Page 1