‹ Histoire des sciences mathématiques et physiquesChapitre 32 sur 32 · REDI (FRANCISCO · texte numérisé non relu

REDI (FRANCISCO

(Né à Arezzo en 1626, mort à Pise en 1698.)

Il reçut à Pise le grade de docteur. Il obtint peu après les bonnes grâces du grand-duc, Ferdinand II, qui le nomma son premier médecin, et de son frère le prince Cardinal Léopold, fondateur de l'Academia del Cimente.

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Il débuta par des recherches sur le venin de la vipère où il démontrait que ce venin est inoffensif lorsqu'on Tavale et ne devient dangereux que lorsqu'il est directement porté dans le sang, par la morsure par exemple.

Il s'occupa ensuite beaucoup de la génération; presque tous les naturalistes de son temps croyaient à la génération spon-tanée des animaux inférieurs qui naissent sur les débris des matières organiques et animales. « Si j'expose à rair, par un temps chaud, des viandes, elles fourmillent de vers au bout de peu de jours, dit Redi ; on prétend que ces vers sont nés spontanément de la chair corrompue; mais si je place les mêmes matières dans un vase dont je ferme l'ouverture avec une fine gaze, les vers ne se forment plus et cependant les matières se putréfient comme auparavant; il en résulte que les vers ne sont pas engendrés par la corruption et qu'il en faut attribuer la formation à quelque chose qui est arrêté par la gaze. Mais la gaze n'arrête ni les fluides aériformes ni les liquides; ce quelque chose doit donc consister en particules solides trop grosses pour traverser les mailles de la gaze. »

Redi aperçut bientôt après, sur la gaze, les œufs des mouches qui avaient essayé de pénétrer jusqu'à la viande.

Les oeuvres de Redi ont été publiées en trois volumes à \'enise en 1712.

BOYLE ( ROBERT), (Ne à Lismore ilrlande) en 1627, mon à Londres en 1Ô91.)

Il ouvre la série des chimistes modernes, et fut également un physicien très distingué.

C'est chez lui que se forma le premier noyau de la Société royale de Londres, sous Charles II.

1^0 Neuvième Période.

Boerhave l'appelle l'ornement de son siècle. Ses écrits parurent d'abord en anglais en 1661, i663 et 1669; ils furent traduits en latin et publiés à Cologne en 1668, à Venise en 1695, à Genève en 1714. Il en existe aussi une édition en français publiée à Paris, en 1679. La dernière édition, la plus complète, a été donnée à Londres, en 1744^ et forme cinq volumes in-folio.

Boyle fut un des partisans les plus convaincus de la nécessité de recourir à l'expérience dans toutes les recherches physicochimiques et même médicales; il attribuait à l'action des ferments, dans les phénomènes vitaux, une importance à laquelle on n'a ajouté foi que beaucoup trop tard.

Sans bien savoir quels pouvaient être les corps simples, il admettait qu'il pût y en avoir un certain nombre.

11 n'acceptait que sous bénéfice d'inventaire les analyses faites par le feu : « ainsi, dit-il, le bois de gaiac brûlé à feu nu se réduit en cendres et en suie, tandis que^ distillé, il donne de l'huile, du vinaigre, de l'eau, du charbon et des gaz. » Et ailleurs : K Vous composez du savon avec de la graisse et de l'alcali ; mais ce savon chauffé dans une cornue donne des éléments tout nouveaux, qui ne ressemblent ni à la graisse ni à l'alcali employés. »

Il a le premier caractérisé la différence qui existe entre les simples mélanges et les combinaisons : « Dans un mélange, chacun des corps conserve ses propriétés caractéristiques; tandis que, dans une combinaison, ils les perdent. Ainsi le sucre de Saturne est formé d'une combinaison de vinaigre et de litharge qui n'ont ni l'un ni l'autre la saveur sucrée.

11 attira vivement l'attention sur le rôle de l'air atmosphérique dans les réactions chimiques, par des expériences faites avec

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soin, soit sous le récipient de la machine pneumatique, soit dans des vases renversés sur une cuve à eau ou à mercure, soit dans des vases hermétiquenaent clos.

Il conclut d'expériences nombreuses que c'est seulement une partie de l'air qui entretient la respiration. Il dit ailleurs : « Le vert de gris et la rouille de fer sont engendrés par des effluves corrosifs de l'air. C'est l'étude de ces corps qui nous fera un jour connaître la composition de l'air; » il fit de nombreuses expériences sur l'augmentation de poids que subissent les métaux calcinés.

Il étudia avec soin les produits de la distillation des bois et y reconnut l'esprit inflammable (alcool) et le vinaigre de bois.

Il imagina l'usage du sirop de violettes pour distinguer les acides des alcalis.

Il fit le premier la synthèse du nitre: reconnut la présence de l'arsenic blanc dans quelques eaux minérales; enseigna le moyen de reconnaître des traces de sel de cuisine dans l'eau, au moyen du nitrate d'argent; admit la composition de l'eau; découvrit la chaux dans les calculs urinaires; publia le premier la préparation du phosphore qu'il avait retrouvée sur des indications vagues de Krafft; enfin il a donné son nom à un produit pharmaceutique encore en usage, la liqueur fumante de Boyle.

Il enseigna le premier à recueillir les gaz dans des cloches, sur la cuve à eau. Il découvrit les mélanges réfrigérants et proposa d'adopter pour point fixe dans la graduation du thermomètre le point de congélation de l'eau. Il constata que la congélation comme l'ébuUition de l'eau sont retardées par l'addition d'une dissolution saline; il reconnut aussi que Teau se dilate en se congelant.

M. Marie. — Histoire des Sciences, I\'. i6

Il disait : « Si les hommes avaient plus à cœur les progrès de la vraie Science que leur propre réputation^ il serait aisé de leur faire comprendre que le plus grand service qu'ils pourraient rendre au monde, ce serait de mettre tous leurs soins à faire des expériences, à recueillir des observations, sans chercher à établir aucune théorie. »

Sans doute les théories auxquelles songe Boyle sont destinées à s'écrouler bientôt les unes sur les autres, mais elles rendent au moins le service, en passionnant les uns et irritant les autres, de stimuler le zèle de tout le monde à la recherche des preuves pour ou contre. Au reste, c'est une chimère d'espérer que les esprits actifs, après avoir réduit en théorie les questions accessibles, résisteront à la tentation de faire des théories sur les questions inaccessibles. Le cerveau humain a horreur du vide.

MA.LPIGHI ( Marcel).

(Né près de Bologne en 1628, mort à Rome en 1694.)

Il fut successivement professeur à Bologne, à Pise et à Messine, puis devint premier médecin d'Innocent XII. Il s'est illustré par ses études des tissus animaux et végétaux, à l'aide du microscope. Il reconnut que les poumons se composent d'une multitude de cellules en communication avec les bronches. En examinant des poumons de grenouilles, il remarqua, dit M. Papillon ('), que le sang chassé par le cœur circule dans les vaisseaux des

(') Histoire de la Philosophie moderne dans ses rapports avec le développement des sciences de la nature, ouvrage posthume publié par M. Charles Lévêque, Membre de l'Institut. Hachette 1876.

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organes respiratoires et passe des artères aux veines, par l'intermédiaire des petits vaisseaux, jusqu'alors inaperçus, qu'on nomme les capillaires.

Il montra que la bile, avant de se réunir dans la vésicule qui la contient, est sécrétée par le tissu même du t'oie.

On croyait avant lui que l'épiderme des nègres est noir; il lit voir que leur couleur est due à une matière sécrétée par une membrane interposée entre la peau et l'épiderme.

Il fonda en quelque sorte l'anatomie des insectes. Il découvrit notamment les stigmates situés aux deux côtés du corps, par lesquels ces animaux respirent, et lit voir que lair inspiré se rend, par les trachées, dans toutes les parties de leur organisme. Il aperçut aussi le double cordon et les ganglions qui constituent le système nerveux des insectes.

Ses œuvres ont été publiées par la Société royale de Londres, en 1686, et complétées en 1697 P'^r ^^s mémoires posthumes, publiés également à Londres.

Malpighi s'était aussi occupé d'embryogénie.

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