‹ Histoire des sciences mathématiques et physiquesChapitre 4 sur 32 · LA FAILLE ( JEAN-CHARLES DE · texte numérisé non relu

LA FAILLE ( JEAN-CHARLES DE

(Xô à Anvers en iSgj, mort à Barcelone en i652.)

Jésuite. Il professa les Mathématiques à Dole, à Louvain, à Madrid, puis devint professeur de l'infant don Juan d'Autriche; il précéda de quelques années le père Guldin dans ses recherches sur les centres de gravité. Ses principaux ouvrages sont : Thèses mechanicœ (1625); Theoremata de centro grauitatis [Knvtvs, i632); De cent7~o gravitatis partiiim circuli et ellipsis theoremata (Louvain, i632). Il joignait, dans ce dernier ouvrage, aux solutions des problèmes indiqués dans le titre, des remarques sur la dépendance mutuelle des questions relatives à la rectification des courbes et à la recherche des centres de gravité de leurs arcs, à la quadrature des courbes et à la recherche des centres de gravité de leurs segments.

DE RHEITA ( ANTOINK-MARIE-SCHVULEU O'o en Bohème en 097, mort à Ravenne en iGôo).

Capucin. Il a rendu un véritable service en exécutant le télescope à quatre verres convexes où les images sont redressées

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comme dans le télescope à trois verres convexes du P. Scheiner, mais moins déformées sur les bords et moins irisées, et le télescope binocle, qui est devenu la lorgnette.

C'est le P. de Rheita qui a imaginé les noms d'oculaire et d^objectif.

Quant à ses ouvrages astronomiques, Delambre les traite de capucinades.

RICCIOLI (jEAN-BAPTISTE).

(Né à Ferrare en i5q8, mort à Bologne en 1671.)

Entré dans la Compagnie de Jésus, il se livra tout entier à l'étude de l'Astronomie, par ordre de ses supérieurs, qui pensaient trouver en lui un antagoniste à opposer aux astronomes du Nord, lesquels se plaignaient que le système de Copernic n'avait été jusqu'alors jugé, en Italie, que par des théologiens. Chargé d'attaquer cet admirable système, Riccioli entassa tous les arguments qu'il put imaginer; mais, à la manière dont il en parle, « on croirait, dit Delambre, entendre un avocat chargé malgré lui d'une cause qu'il sait mauvaise, qui n'apporte que des arguments pitoyables, parce qu'il n'y en a pas d'autres, et qui voit lui même que sa peine est perdue. » Riccioli convenait, d'ailleurs, que, envisagé comme hypothèse, le système de Copernic est le plus beau, le plus simple et le mieux imaginé.

«Jamais, dit-il, on n'a assez admiré et jamais on n'admirera assez le génie, la profondeur, la sagacité de Copernic, qui, par trois mouvements d'un globule comme la Terre, est parvenu à expliquer ce que les astronomes n'ont jamais pu représenter sans

De Descartes à Cavalieri.

une folle complication de machines, et qui, dispensant les fixes de ce mouvement diurne si rapide, qui s'accorde si difficilement avec leur mouvement général autour des pôles de l'écliptique, explique si heureusement les stations et les rétrogradations, la précession des équinoxes; qui, enfin, comme Hercule, a pu soutenir seul un poids qui avait écrasé tant d'Atlas. » C'est après ce magnifique éloge que Riccioli passe à la réfutation. La transition est bonne à noter: « Heureux, ajoute-t-il, s'il avait su se contenir dans les bornes de l'hypothèse ! »

Malgré ses erreurs systématiques, on ne peut nier que ce savant, égaré dans une mauvaise voie, n'ait rendu quelques services à TAstronomie, à la Géographie et à la Chronologie. Ses principaux ouvrages, dont nous allons dire quelques mots, sont : Almagestiim noviim Astronomiam veterem novamquc contincns, observationibus aliorum et propriis novisqiic theorematibits, problematibus, ac tabidis promotam (Bologne, i65 3); Astronomia reformata (i665); Geoffraphiœ et hydrographiœ reformatai lïbri XII (1661); Chronologia reformata et ad certas conclusiones reducta (1669).

UAlmagestum novum débute par cette preuve de la nécessite de la réforme grégorienne, que le sang de saint Janvier ne manquait jamais de se liquéfier le 19 septembre (nouveau style), preuve suffisante de l'erreur des almanachs. On pourrait en extraire beaucoup d'autres traits de même force. Cependant l'auteur est intelligent, mais décidé à défendre une mauvaise cause.

Il avait songé à employer le pendule à la mesure du temps, « avant d'avoir lu le livre de Galilée. » Contredire les hérétiques est bien, mais les dépouiller est encore mieux.

Il propose de faire tourner Jupiter et Saturne autour de la

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Terre, Mercure, Ve'nus et Mars autour du Soleil, et le Soleil autour de la Terre.

L'obliquité doit être constante, parce que Dieu n'a pas dû vouloir obliger les astronomes à recommencer sans cesse les tables de Técliptique,

La libration de la Lune, qui commençait à préoccuper les astronomes, donne cependant à Riccioli l'occasion d'ébaucher quelques idées heureuses.

Il croyait voir dans Tanneau de Saturne deux satellites distincts, formant cependant une sorte d'ellipse. La figure exacte du singulier appendice de Saturne n'a été déterminée que plus tard par Huyghens.

En somme, Riccioli a fort peu fait pour la Science; ses ouvrages ne sont guère qu'un long bavardage, où toutes les opinions et tous les systèmes sont exposés, sans préférence marquée pour aucun, et accompagnés de réflexions peu judicieuses.

HARDY (cLAUDe).

(Né au Mans vers iSgS, mort à Paris en 1678.)

Avocat au parlement de Paris et plus tard conseiller au Châtelet, il avait fait une étude profonde des Mathématiques, et Descartes appréciait beaucoup son mérite. Il le choisit pour arbitre, avec Mydorge, dans sa discussion au sujet du traité De maximis et minimis de Fermât. Hardy a donné une traduction latine des Données d'Euclide (1625).

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