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SON ANATOMIE

cela que Du Vivier a compris, à la page 26 de sa traduction de la Berthéonée, le mot anatomie dans Paracelse ; puis il ajoute : la confusion ou amas de toutes choses non distinguées les unes des autres, ou la masse indigeste de matière brute est dite chaos, mot qui désignait aussi l’air ; dans ce dernier cas, Paracelse, en son jargon, lui substituait l’expression #/ade ou ilinstre.

C’est en vain que Lessing voudrait établir (1) que Paracelse a rendu quelque service à la physiologie et à l'anatomie, et qu'il en a peut-être aussi tiré quelque chose d’utile pour les principes dé la médecine théorique ou pratique (2). Pour le prouver, il renvoie spécialement au second livre du traité Sur le mal francais; mais, là comme ailleurs, son héros marque un souverain mépris pour celte habitude puérile de disséquer des cadavres, habitude dont se glorifient les « prestidigitateurs italiens », et de laquelle viennent la plupart des erreurs en médecine ; habitude d'autant plus inutile à suivre que la mort ne peut rien dévoiler pour la vie. C’est l'anatomie vivante, l'anatomie essentielle (ou matérielle, où chimique, où plutôt spagyrique) qu’il faut apprendre; c’est elle qui enseigne comment les maladies se dispersent dans le corps, et quels lieux ou régions conviennent à chaque maladie. De même que le monde entier est un seul corps, de même toutes les maladies des hommes forment un seul Corps; mais tous les hommes n’ont pas une seule et même maladie; eh bien, c’est l'anatomie vivante qui apprend les divers gisements des maladies, comme la métallurgie apprend ceux des divers filons de l’or qui, tout dispersés qu'ils sont, ne forment qu’un seul corps!

(4) Lessing, Paracelsus, sein Leben und Denken, $ 28.

(2) La critique historique ne permet pas non plus de conclure, de quelques observations empruntées çà et là sur la présence de corps étrangers dans certaines cavilés, aux connaissances anatomo-pathologiques de Paracelse; d’ailleurs ces observations se lisent dans des livres d’origine douteuse (De morbis ex tartaro oriundis, TI, 11, 1), et dans un autre encore plus apocryphe, le deuxième des Paragraphes. On ne peut pas regarder non plus comme résultant d’autopsies régulières quelques vagues paroles sur les désordres que le tartare produit dans le corps, ni rapporter à l'anatomie les idées fantastiques de Paracelse sur la différence du cerveau, du cœur, etc., de l’homme et de la femme (Param., IV, Liber de matrice) (livre faux d’ailleurs).

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Le cinquième livre estlA/chimie ou l'Art de Vuleain, qu’on ne peut pas, dit-il, rejeter à cause de l’abus que quelques-uns en font, car c’est l’alchimie qui conduit du rien à l'intégrité finale : Dieu crée tout (c’est-à-dire /a semence, la matière première de toutes choses) de rien, et l’Alchimiste, ou la nature, ou Vulcain détermine les formes. — Le sixième livre est l’Expérience. On a donné Paracelse comme un partisan décidé de l’expérience; mais, si l’on veut bien prendre la peine de lire le passage ci-dessous, on reconnaitra promptement que, malgré quelques belles phrases sur la science, l’expérience tant vantée de notre auteur se réduit à un empirisme parois grossier, souvent superstitieux et qui ne peut pas conduire à la science. Aussi, malgré tout le désir que j'aurais de me ranger du parti d’un homme aussi sagace qu'était M. Malgaigne, je ne puis avec lui (/ntrod. aux OEuvres d'Ambr. Paré, p. cex1) proclamer Paracelse « un des précurseurs de Bacon et de Descartes ». Un précurseur de ces deux grands hommes ne pourrait pas mériter les paroles dures que le même M. Malgaigne prodigue à Paracelse, quelques lignes plus bas, à propos de la Petite Chirurgie, « fatras abominable, où le mauvais goût, l'obscurité affectée, le charlatanisme, l'ignorance forment d’épaisses ténèbres à peine sillonnées de temps à autre par des éclairs de haute raison et d’éloquence. » J'avoue même n'avoir jamais été ébloui par ces éclairs. Le jugement que porte notre savant confrère sur Paracelse est très-mélangé, comme est mélangée l’œuvre même de Paracelse; mais dans Paracelse le mauvais l'emporte, à mon avis, tellement sur le bon, que, s’il ya dans cette têle « une révelution tout entière », elle n’est ni « préparée par l'étude attentive et par une vaste expérience, ni mùrie par la méditation ». Que Paracelse ait eu de grands succès, cela n’a rien d'étonnant: tous les charlatans en ont; qu’il ait rencontré de grands obstacles, sa façon d’agir les provoquait; mais que ses succés viennent d’études plus solides qu’on ne les faisait alors, et que ces obstacles aient été vaincus par un esprit vraiment supérieur, c’est ce que je nie obstinément.

Voici donc ce que Paracelse dit de l'expérience :

«Il est bon que le médecin ait toute l'expérience possible ; la médecine

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