PATHOLOGIE SPÉCIALE. =- PLEURÉSIE, HYDROPISIE
Van Helmontrapporte assez exactement les causesoccasionnellés multiples des accès d'asthme; il distingue arbitrairement l’asthme sec, l’asthme humide et même un asthme mixte; enfin il proscrit avec raison quelques anciens remèdes; mais je ne vois pas qu'il propose bien clairement un traitement nouveau pour les diverses espèces d'asthme qu’il croit reconnaître : pour la première espèce, il ordonne des arcuna mineralia (comme pour lépilepsie invétérée), déjà usités par l’école de Paracelse, et pour la séconde des confortatifs et des restauratifs.
Pleurésie. — « La pleurésie, ou, pour continuer à nous servir du langage métaphorique de Van Helmont, l’épine pleurétique, est un acide particulier formé par l'Archée, et qui, entraîné par le sang, va bientôt, en se déposant à un point de la plèvre, donner lieu à un épanchement que l'on doit considérer comme un produit de la pleurésie. Autant l'acidité est agréable à l’estomac, autant elle est nuisible quand on la rencontre hors de cet organe. On doit également attribuer les coliques, la strangurie, les douleurs goutteuses, à une acidité anormale (1). »
Or voici comment Van Helmont a été conduit à admettre que l’épine pleurétique est un acide :
« Van Helmont dit avoir été amené à conclure à la présence d’un acide dans la pleurésie, par ces faits, que l’urine se trouble dès son expulsion et que le sang recueilli par la saignée se prend de suite en couenne, ce qui est l'effet observé à la suite de l’action d’un acide sur le sang (2)! »
Hydropisie. — Les anciens plaçaient la cause de toutes les hydropisies dans le foie; Van Helmont en trouve le siége à peu près unique dans les reins; ce n’était en vérité pas la peine de faire tant de bruit pour substituer une hypothèse à une autre, Pas plusque les anciens, Van Hélmont n'a connu les diverses ori-
(4) Pleura furens, 13 et 14, p. 319. — [Voyez aussi, pour tous les ravages que font les acides : À sede animae ad morbos, 9, p.235; Confirm. morbor. sedes in ann. sens., 13, p. 451; enfin: Volupe viventium morbus antiquitus putatus, 21 et suiv., p.314 et suiv. — Nous verrons chez Sylvius de le Boe les développements exagérés de cette théorie qui, un moment, 4 trouvé beaucoup de faveur.]
2) Pleur. fur., 18, p. 320.
gines de l’hydropisie et les relations de cette affection secondaire avecles désordres du système circulatoire, quoiqu'il semble avoir entrevu que l’hydropisie dite rénale était liée à un obstacle dans le cours du sang.
Apoplezie et paralysie.— «Gette maladie est déterminée occa= sionaliter par une cause virulente conçue dans la région précordiale (estomac). Cette cause virulente s’y perfectionne et infecte l'Archée de cet organe. Dès lors celui-ci porte son action surle cerveau, qu’il abat. Le cerveau ne souffre donc que consécutivement à la lésion de l'estomac (1). »
Je crois que cela vaut bien les fumées apoplectiques des anciens, et leurs fluxions catarrhales.
« Si la pituite était cause de la paralysie qui accompagne l'apoplexie, cette paralysie serait ambulatoria, parce qu’elle devrait se déplacer par suite des mouvements du malade: En effet, la pituite, ënobediens excrementum, se portant à droite ou à gauche, occasionnerait nécessairement aussi le déplacementde la paralysie, ce qui n’arrive pas. Voilà la meilleure preuve que c’est dans les organes mêmes, dans leur Archée vital, et non dans une pituite imaginaire, qu’il faut chercher la cause effective de l’apoplexie et de la paralysie qui en résulte (2). »
Épilepsie.— « L’épilepsie reconnaît pour cause un virus hilariant et narcotique qui se développe dans le voisinage de l’estomac. Ce poison a pour effet de détruire momentanément l’action du duumwvirat (3), et c’est consécutivement qu'il fait ressentir son influence à la tête. L’Archée de la tête, atteint par le poison, forge des idées virulentes qui, en se réalisant, déterminent le
summum du mal. »
Voilà comment votre fille est muette!
(4) Lithias., 3x, 81, p. 727, [Of. aussi 1x, 52, p. 720, et presque toute la fin de
ce chapitre neuvième.] (2) De dith., 1x, 78, p. 727. — [La critique de Van Hélmont est aussi ridicule
que la théorie à laquelle elle s’adresse.] (3) Voy. p. 483.