PNALANGE DES MALADIES EU ÉGARD AUX CAUSES OCCASIONNELLES
Ÿ Injecta a sagis (2).
À Concepta (3).
L'Être morbide| à Necepta ol Inspirata ab endemicis (4). est dans l’Archée È Suscepta ab irruentibus (5). désordonné ; car, & potu. soit qu'il se trouve \ cibo.
suscité primitive- / S ha | veneno.
ment par l’idée de = pharmaco.
l'homme, soit qu il È : Heteroclita (seu Tortura noctis: surgisse immédia- à -È < Hétetas contre Robur inaetement de l’idée ar- F © | quale, chéale, toujours, = En) ou, Sterilitas.
cependant, il re-| à Relicta sive excrementa in 41, 2, 3, tombe dans l’asile| 7 Z vel 6 digestionibus. — Transmude l’Archée. È tata in 1, 2, 3, vel 6 digestioni- S 6 , È bus. — Transmissa ab una dige- =
stione in alteram.
Pathologie spéciale. — Les divers traités qui composent l’Ortus medicinae sont, pour la plupart, purement dogmatiques. Van Helmont y envisage ordinairement la vie et la maladie au point
(1) Les Recepta sont produits au dehors de nous et se trouvent dans le milieu qui nous entoure ; les Retenta se développent au sein de l’économie animale.
(2) Les Injecta a sagis constituent tout un groupe de causes occasionnelles morbides, dues à l'influence de Satan, qui agit directement ou par l’intermédiaire de ses suppôts, les sorciers et sorcières. — Voyez, pour les détails, Rommelaere, p. 383 et suiv.; c’est bien assez de signaler ici cette classe de maladies.
(3) Van Helmont fait oublier un instant les Injecta a sagis par des réflexions assez originales et qui ne manquent pas de vérité, sur les maladies mentales (conceptu), par exemple sur les formes, les diverses espèces, les effets de la manie, des passions, des vésanies; mais bientôt, oubliant les sévères critiques qu'il a faites des hypothèses des anciens, il va chercher le siége et les causes de ces maladies surtout dans la rate, où trône l'imagination; puis, ce qui est encore très-vague, dans l’âme devenue malade sous l'influence d’une passion, et, pour les femmes, dans l'utérus.
(4) Les Inspirata (voyez De inspiratis, p. 490) pénètrent en nous du dehors, et, le plus souvent, en même temps que l’air; ce sont les miasmes, d’où qu'ils émanent, et les virus. — Si Van Helmont ruine la doctrine des humeurs, ce n’est que pour y substituer d’autres hypothèses, et particulièrement celle des ferments ou âcretéss il y insiste particulièrement à propos des Recepta inspirata et des Retenta, et il a de singulières opinions sur la façon dont les Recepta introduisent les miasmes ou les poisons dans l’économie, miasmes ou poisons dont la première action se porte sur l'estomac, pour troubler ensuite (ce qui est plus exact) le travail intime d’assimilation.
(5) Les Suscepta sont, comme le dit M. Rommelaere, les blessures faites par toutes sortes d'instruments, les lacérations, les morsures, les contusions, les brû=
de vue le plus général; on n’y rencontre que par hasard des observations sur des faits qui ont paru curieux à l’auteur ; cependant on irait trop loin en disant que les particularités y sont complétement négligées. En second lieu, quoique les monographies consacrées à des points de pathologie spéciale (par exemple Pleura furens, Ignotus hydrops, De febribus, De lithiasi, Tuntulus pestis) ne ressemblent guère à nos monographies modernes, et malgré toutes sortes de digressions oiseuses, ce sont cependant des traités où le côté clinique n’est jamais entièrement perdu de vue.
Parmi ces traités, j'ai choisi(1) les deux plus célèbres, celui De la lithiase et celui Des fièvres pour vous les faire connaître par des extraits, et nous verrons, Messieurs, si après ces citations nous pouvons nous écrier, avec M. Mandon, un des panégyristes
lures, les congélations, les étranglements, les fractures, les luxations, etc.; en un mot, toutes les lésions qui sont plus particulièrement du ressort de la chirurgie. Il faut en excepter les ulcères entretenus par une cause interne, ceux-là intéressent directement la médecine. (Suscepta, p. 494.)
(6) Si la classe des Recepta laisse beaucoup à désirer, celle des Retenta (voyez Retenta, p. 192 et suiv.), avec ses subdivisions nombreuses, arbitraires, vagues, enchevêtrées, avec ses catégories, qui souvent diffèrent à peine de celles des 4ssumpta, est bien plus scolastique que médicale ; de plus, les Retenta semblent tantôt des agents premiers de maladies et tantôt des résultats ou des reliquats héréditaires ou acquis de maladies antérieures, de sorte qu'ils sont, en qualité de levains, la source d’affections secondaires. Cette théorie des reliquats fermentescibles, d'espèces d'humeurs accidentelles, revient par plusieurs points, et, pour ainsi dire, à l’insu de l’auteur, à la théorie humorale. Cela semble évident quand on lit d’un boutà l’autre l’opuscule des Retenta. Il y a là aussi, très-certainement, un ressouvenir de Paracelse. — Les Retenta assumpta agissent en nous par leur quantité, leurs qualités, leur viciation, leur désordre ou leur action intempestive.
(7) Les causes morbides, que Van Helmont range ici sous la rubrique des Retenta innata, sont des éléments pathogéniques dus à un état particulier des fonctions digestives. Elles consistent en désordres des divers produits nutritifs préparés dansles organes de la digestion et qui étaient primitivement destinés à faire partie de notre corps. — L’action pathogénique de cette catégorie de causes peut dépendre de trois motifs, suivant que les produits nutritifs Refenta pèchent par la longue durée de leur séjour, leurs qualités (produits nutritifs viciés dus à l’altération des digestions ét des ferments) ou leur siége. — Dans le premier cas, on a les Refenta relicta; dans le second cas, les Retenta transmutala ; dans le troisième, enfin, les Retenta transmissa. (Noy. Rommelaere.)
(4) Gomme je l'ai dit plus haut, p. 481,
de Van Helmont: « On reste étonné après la lecture de ces traités, ce n’est pas à croire que l’auteur ait pu, en plein galénisme, professer (sur la lithiase en particulier) une doctrine qui honore le plus la science contemporaine, et l’asseoir aussi solidement.»
De la lithiase ou formation des calculs. — «Je n'avais (1) pour m'instruire ni le secours des livres, ni la voix des vivants ; je savais du moins la sentence: Malheur à l’homme qui mel sa confiance en l'homme ! Dieu bon, consolateur des pauvres d'esprit, toi qui n'es jamais plus près de personne que de celui qui, dans toute sa liberté, commet lui et ve qui lui appartient en ta volonté bienveillante; toi Père des lumières, qui a'illus mines personne avec plus de bonté que celui qui, reconnaissant l’humilité de son néant, se confie au seul bon plaisir de ta clémence, fais, 6 Maître souverain des sciences, que je reste plutôt pauvre d'esprit que chargé d’une lourde science. Accorde-moi de toi-même une intelligence qui te cherche avec pureté et une volonté qui m'attache à loi. Tlumine les ténèbres de mon néant autant que tu le voudras, et non plus qu'il nê m'est nécessaire pour que je me laisse conduire, en longueur, en largeur et en profondeur, à la récompense que tu proposes, et que je ne me détourne en rien pour revenir à moi. Car je suis vraiment mauvais, et nai, ne suis, ne puis, ne vaux autre chose de moi-même. Gloire soit à toi, qui m'as appris à connaître mon néant » (11, 15.)
Quel orgueil, sous cette apparente humilité ! Cest Dieu qui prend la peine de révéler en songe la science de la lithiase à Van Helmont, tandis qu'il a laissé jusqu'ici tous les autres médecins dans la sottise et l'ignorance sur ce sujet el sur presque tous les autres! Van Helmont, comme Paracelse, a toujours des illuminations subites à son profit et au détriment de ses confrères.
De quelques expériences faites sur l'urine par fermentation, putréfaction où distillation, rapportées dans les chapitres 2 et à, et dont je ne puis pas apprécier la valeur réelle, Van Helmont conclut, contre les anciens, que les calculs ne proviennent pas de la coagulation du mucilage baptisé du nom de pituite vis= queuse el muqueuse (2), attendu que c’est seulement un produit
(4) Les extraits suivants sont tous tirés du traité De lithiasi, p. 649 et suiv. Ala fin de chaque extrait, j’indique le chapitre et le paragraphe.— Le Supplementorum paradozum numero criticum, p. 556 etsuiv., est presque tout entier consacré aussi aux calculs, symptômes et traitement.
(2) Cependant on lit, dans Supplem. parad., ete, 8 21: « Calculum itaque nonnisi /apidescibili succo debere familiam » ; puis ilajoute, en tirant une com-
PATHOLOGIE SPÉCIALE. — LITHIASE. 523
du calcul lui-même par suite de l’irritation de la vessie, mais que le calcul-existe en puissance dans l'urine. C’est un produit anormal du sel urinaire, qui se sépare sous l’action d’un nouvel être particulier, l'esprit coagulateur, d'un ferment et toujours d’un trouble primitif de l’Archée causé par l’idée séminale calculeuse qui est la vraie maladie (1). Cette théorie est bien vague encore, remplie d’hypothèses, parfois à peine compréhensible (2). On en pourra juger par le passage suivant:
« L'esprit d'urine (urée ou acide urique?), saisissant la terre volatile ou esprit terreux, produite par la semence, et par Le ferment putréfié, réveille l’esprit de vin (esprit coagulateur), habitant de l’urine, mais encore caché et en puissance (3. Ces deux esprits s’unissant comme dans l’union des deux sexes, l'esprit terreux imbibe l’unique coagulateur dont j'ai parlé; par suite de cette réciprocité naît dans l’action une étroite connexion entre eux deux, attendu qu'ils s’unissent, quant à l'esprit, par ce qu'ils ont de plus petit (per tllorum minima). Le coagulateur coagule en un seul instant l'esprit de vin, éveillé potentiellement, dans le ferment putrescent auquel, avec sa masse pourrie, il donne sa matière ; et ils se condensent tous deux en un véritable Duelech, sorte de monstre nouveau coagulé au milieu de l’eau, et, pour cela, ne pouvant se résoudre en eau. C’est un étre pierreux, animal, qui n’est semblable à aucun autre, et qu'à cause de cela Paracelse (4) appelle Duelech. » (1v, 4-2.)
paraison du macrocosme (lui qui combat Paracelse sur l’assimilation du microcosme avec le macrocosme): similitudine fontium in majori mundo. Du reste, l’idée ancienne joue encore un certain rôle dans la médecine actuelle, puisqu'on admet que les premiers éléments ou noyaux des calculs sont fournis par une espèce de conglomérat de mucus, à la suite de fermentations acides dans la vessie.
(1) Cf. vi, 3.
(2) Encore Van Helmont appuie-t-il sa théorie sur les textes, bibliques. — Moy. p. 467, note 5.
(3) « L’urine, dit M. Rommelaere, d’après Van Helmont, contient, il est vrai, les principes essentiels à la formation du calcul, mais, quoiqu’elle renferme en elle la semence et la matière du calcul, elle n’en est cependant pas la matrice; elle n’est que la matrice de la semence calculeuse, il lui manque le ferment qui fait germer celte semence, et qui est sous la dépendance de l’Archée. C’est là l'utérus des calculs (De lifh., v, 6, p. 683). Le calcul existe donc dans l'urine comme un être en puissance qui devient actuel quand est proche la corruption de l’urine ou du premier être (Ibid., v, 6, p. 684). C’est le rein qui conçoit le ferment corrupteur de l’urine, c’est-à-dire celui qui détermine la formation du calcul. Le ferment corrupteur est l'excitant de la semence. » (Ibid., v, 6, p. 683.)
(4) Bien que Van Helmont ne partage pas l'opinion de Paracelse sur la formation
Le chapitre septième (1) est consacré au traitement, que Van Helmont divise en deux parties : combattre la tendance à la formation du calcul ; expulserle calcul quand il est formé. Tous ses remèdes sont souverains, tous ceux des autres sont absurdes (2); tel est le résumé de ce chapitre, où l’empirisme remplace la science des indications. Les guérisons dont se vante notre auteur sont très-problémaliques, du moins le diagnostic est fort douteux. Jamais, par exemple, on ne fera croire à un chirurgien que le daucus, le beccagungha, le ludus lui-même, ou d’autres remêdes analogues aient pu dissoudre de volumineux calculs, ni qu'il faille proscrire à peu près complétement toute opération, ainsi que le voulait aussi Paracelse. Comme les remèdes internes ue suffisent pas toujours pour dissoudre les calculs, Van Helmont a tenté de les fondre à l’aide d’injections dans la vessie. Mais il est difficile de savoir bien nettement quels résultats il en a obtenus ; il semble qu’ils ont été plutôt fâcheux pour la vessie qu’utiles contre le calcul. Voici du moins la description de la seringue qu’il dit avoir imaginée pour rendre ces injections plus faciles et plus efficaces.
« J'ai inventé un nouveau cathéter pour faire sans douleur des injections dans la vessie ; en effe{, la sonde courbe (corniculum) d'argent avec laquelle les chirurgiens font sortir l’urine au prix de tourments extrémes (3), est un instrument cruel et sanguinaire, aussi m'a-t-il tout à fait déplu. Entre plusieurs que j'ai essayés, le plus commode et le plus inoffensif m'a paru celui qui est fait d’un cuir mince. J’enduis ce cuir d’une couleur blanche faite avec la céruse et l'huile de lin; et lorsqu'il est
des calculs (préexistence dans les veines d'un mucus tartareux), il conseille les mêmes moyens de traitement, surtout l'aroph (aroma philosophorum; muriate de fer et d’ammoniaque, d'après Mohr, dans Pharmac. univ. Heidelb., 1845), et le ludus, où dissolution d’un certain sel. Il arrive bien souvent, en effet, que la tradition empirique ou la pratique rationnelle sont plus fortes que la théorie, et que cette dernière ne change pas toujours la thérapeutique.
(1) Je remarque en passant que Van Helmont, dans les deux premiers paragraphes de ce chapitre, a copié à peu près textuellement ou imité, et sans le citer, toute une page de la Petite Chirurgie de Paracelse, celle dont j’ai donné la traduction plus haut. — Voyez p. 428 et suiv.
(2) Je ne veux pas refuser à notre auteur le mérite d’avoir vengé le sel de cuisine de la réputation lithiasique qu’on lui avait faite à tort.
(3) 11 faut que ces chirurgiens aient été bien maladroits !
presquesec, je le fais coudre-en forme de tube; dans son canal je passe un fil d’airain (1), après que la couture a été bien rabattue afin d'éviter toute protubérance. L'une des extrémités de ce tube doit être assez ample pour qu'il puisse, quand on le voudra, s’adapter au siphon de la seringue, de sorte que les deux tubes s'unissent exactement, afin que par cette voie la liqueur puisse êtreinjectée dans la vessie. Le tube en cuir doit être enduit de colle forte, lorsque cet enduit est bien sec; on le revêt d’une couleur quelconque et d'huile de lin ; et cela, tant pour la plus grande solidité du tube que pour empêcher qu'il ne soit mouillé et amolli par le liquide à injecter. On retire le fil d’airain et on le remplace par un autre fait avec de la baleine. Vous avez ainsi un petit tube flexible, dont l'introduction ne cause aucune douleur quand on répéterait l’opération quarante fois dans un jour (2). Les premières fois il y a quelque douleur aux environs du sphincter vésical, mais bientôt il n'y a plus à craindre cette contraction. On extrait l’urine autant de fois qu’on veut. Enfin, la vessie étant vidée, on injecte ce qui convient par la seringue adaptée au tube; mais le liquide à injecter doit être inoffensif (3). Gloire éternelle à Dieu dans les cieux, et plaise à lui d’arroser et de féconder mes
travaux et mes vœux que j'offre aux mortels pour leur soulagement! » (vi, 84.)
On ne sait s’il faut rire ou s’attrister de pareilles invocations à l'Éternel à propos d’une sonde et d’une seringue. On blâme le charlatanisme de nos inventeurs modernes, mais qu'est-ce que
ce charlatanisme en comparaison de celui de Paracelse ou de Van Helmont?
Des fièvres. — Les premiers chapitres du traité Des jièvres sont à peu près exclusivement consacrés à des discussions, je dirais presque à des diatribes contre les écoles. Van Helmont y confond perpétuellement /a fièvre avec les fièvres ; il prête aux anciens des opinions extrêmes qu’ils n’ont pas professées ; il rejette absolument, par une série d'arguments syllogistiques (4) et non mé-
(1) C'est notre bougie creuse.
(2) C’est une erreur presque aussi grande que de dire, de la canule d'argent, qu'une seule introduction est une œuvre de bourreau, car l'entrée si fréquente de la sonde n'est. pas inoffensive. — Voy. aussi plus haut pour les injections dans la vessie, d’après Paracelse, p. 380.
(3) Alors il y a beaucoup à parier qu'il sera inerte.
(4) Van Helmont a un traité intitulé: Logica inutilis. {1 n’a que trop souvent prouvé, en effet, qu'il faisait peu de cas de cet instrument de la pensée et des sciences.
dicaux, l'emploi de la saignée. Certes il aurait eu pleinement raison s’il avait proscrit la saignée dans certaines fièvres et notamment dans les fièvres intermittentes, mais il est dans une erreur complète lorsqu'il soutient que lasaignée n’est jamais nécessaire dans aucune fiévre (1). De l’abus des émissions sanguines à leur proscription, il y a une énorme distance, et une foule d’intermédiaires à observer; c’est ce que n’a pas fait notre auteur ; aussi c’est pour cela et pour bien d’autres choses encore que je refuse à son traité Des fièvres l’épithète d’immortel.
Ce que je dis pour la saignée, je le dis également pour la purgation, et par les mêmes motifs. Non, je n’admettrai jamais (2) qu'un «grand praticien » ait de pareils partis pris et pour de si futiles raisons que celles de Van Ilelmont, tout en reconnaissant qu'il a fait çà et là quelques remarques justes, moins cependant pour appuyer ses propres idées (car il pense que les purgatifs ont des qualités vénéneuses et putréfiantes) que pour combattre celles qui avaient cours de son temps sur l’action des purgatifs. Quant aux vésicatoires, ils ne peuvent être qu’une invention du détestable Moloch (3), et il les croit encore plus préjudiciables que ne
(4) « Phlebotomia est inutilis ubicumque non indicatur necessaria. In febribus non indicatur necessaria: ergo phlebotomia in febribus est inutilis.» (1v, 9, p. 749.)— « Les galénistes affirment ceci : quoique la section de la veine soit naturellement-et uniquementindiquée à cause de la pléthore, et quoiqu’elle n’enlève pas, à proyrement parler, les humeurs putréfiées, elle rafraîchitcependant, dégage les veines, rétablitles forces, supprime une partie de l'humeur mauvaise avec la bonne, et, par dérivation et révulsion, arrête et détourne le flux des humeurs vers le lieu où se forme la pu: tréfaction ; la nature soulagée accomplit alors ses autres fonctions plus heureusement et plus facilement. Belles paroles, dit le pourceau mangeant les Psaumes de la pénitence, mais peu profitables à. un famélique. » (iv, 18.)— Que de fois, en lisant Van Helmont, ne se rendrait-on pas complice de l’irrévérencieux pourceau!
(2) Un des argumentsde Van Helmont, c’est qu'il n’y a jamais trop de sang; cependant dans Cauterium, 29, p. 311, il dit que, si les cautères servent à quelque chose, c’est à diminuer la surabondance du sang. Je sais qu’en Angleterre et en
Allemagne on a fait de véritables pronunciamentos contre la saignée, mais ces
exagérations d'écoles ne sont pas généralement acceptées, et il se vend encore beaucoup de lancettes en Angleterre et à Berlin.
(3) Voyez vu, 3 et suiv., p. 762; Cependant on doit remarquer que Van Helmont soutient (& 4), que les vésicatoires attirent, non les humeurs gâtées, mais
la sérosité du sang. Or, c’est en partie à cela que semble tenir l’action thérapeutique des vésicatoires. É
le sont les émissions sanguines. Son opinion sur les lavements est plus ridicule, s’il se peut, car il les rejette moitié par pudeur, moilié pour ce motif que les lavemenis sont évidemment hostiles à l'intestin, puisqu'ils l’excitent ou l'irritent (1)! Messieurs, ne craignons pas de dire hardiment que Van Helmont n’a pas toujours non-seulement le sens médical, mais mêmelesenscommun.
Voyons maintenant ce que nous devons penser de l’explication que le médecin flamand donne du frisson, de la théorie de l’essence et du siége de la fièvre (2).
« L’Archée entend, par les frissons et le tremblement, arracher l’excrément adhérent à la partie similaire; de même que l’araignée secoue sa toile pour se débarrasser d’un corps étranger qui y est tombé. Mais l’Archée, voyant qu’il ne réussit pas au moyen des frissons, éveille le Blas altératif, qui consiste toul entier dans l’hiver et l'été, le froid, dis-je, et la chaleur, avec leur succession alternative. C’est par l’hiver que l’année commence, se poursuivant, par le printemps et l'été, jusqu’à l'automne, qui voit müûrir les fruits. Tout ce qui est créé par la nature a un commencement, un accroissement, un état et un déclin. Il en est de même de l’Archée, en tant que les semences et les choses vitales universelles imitent la nature des choses générales (3). C’est lui, et non la matière fébrile peccante, comme je l'ai dit et prouvé en commençant, qui produit le frisson fébrile, le froid et la chaleur. Ainsi, dans les déplacements des os, les dents s’entre-choquent, et il survient des frissons, comme aussi dans l'avortement. Je ne dis pas cela comme m'appuyant sur le fictif Macrocosme de Paracelse, quoique j'aie déjà vu que la nature de l’Universel observe le même mode dans chaque chose. La nature, en effet, est conséquente avec elle-même. Celui que la lutte a mis hors d’haleine, recouvre l’haleine après un instant de repos et reprend des forces pour repousser le vainqueur. Aïnsi, par un mouvement naturel multiple, l’Archée, dans les fièvres, s’impose du repos par intervalles, puis reprenant sa vigueur, il s'efforce de chasser la fièvre, son ennemie ! La partie où siége la matière fébrile (4) se contracte d’abord sous forme de rides; ce qui se perçoit facilement à la région précordiale. Tout le système vei-
(4) Voy. De febribus, vn, 8 et suiv.
(2) Voyez aussi De febrib. vu, 8, 9,
(3) Encore ét quoiqu'il s’en défende, une comparaison entre le microcosme et le iacrocosme. — Voyez p. 522, note 2, et aussi p. 459,
(4) C'est-à-dire dans le duumvirat ou centre stomacho-splénique, avec ramification au foie par le duodénum, les intestins et les veines mésaraïques, x, 3; 4. Tous les symptômes des fièvres lui ont démontré, sans réplique possible, qué tel est bien leur siége (voy. p. 483). — La fièvre a donc un virus ; c’est un sérpent à plusieurs
neux, Comme par un consentement tacite, travaille de concert avec la partie lésée et se resserre étroitement par la contraction des fibres obliques. D'où un pouls rare, dur et petit, indice et artisan du froid. Tout fébricitant, en effet, reconnaîtra facilement en lui-même ce resserrement des veines qui est naturel aussi chez les gens en santé (1). Comme le plus souvent les artères sont associées çà et là aux veines, elles devront nécessairement se contracter ainsi que les’ veines par un mouvement oblique. Telle est la cause du froid dans les fièvres (2). »
«Les fièvres ont une matière qui est efficiente interne, à la manière des autres êtres qui subsistent en eux-mêmes, quoique toutes les maladies habitent en un corps vivant, atteudu qu'elles ne sont pas des êtres de la création primitive, mais qu’elles proviennent de la malédiction attachée à la prévarication (voy. p. 510, note 3); aussi n’ont-elles pas, à proprement parler, leur être séminal qui les constitué et qui les alimente, mais un être occasionnel qui les fait naître (8)! Si cet être disparaît, la maladie disparaît avec lui. Toutes les fois que le non vital pénètre dans le champ vital, l’Archée s’'irrite et s’efforce de chasser cet étranger de son anatomie (4). C’est ce que j’ai indi-
têtes qui a sa demeure autour du pylore et un peu au-dessous, ou siége au-dessous de l’estomac. On voit, en effet, souvent naître des délires ridicules, quelquefois dangereux, par suite de ce virus. Ce serpent excite la soif, souvent aussi des inquiétudes, des lipothymies, dessyncopes ou des vomissements amers, fréquents, ou qui viennent de ce qu’on ne peut garder ou souffrir la nourriture. (De febribus, xvir, 8, p. 785.) — Plus les fièvres se rapprochent de l’estomac, plus elles sont malignes, et il faut un arcane extraordinaire pour les atteindre. Son principal arcane, pour presque toutes les fièvres, consiste dans l'administration de sudorifiques minéraux qui chassent la matière occasionnelle (1bid.). Ah! Galien, tu es bien vengé! : (4) Il en trouve une preuve dans les contractions spontanées du scrotum.
(2) De febribus, 1x, 2-7, p. 766 et suiv.
(3) Au chap. x, 4 et suiv., p. 769 et suiv., il est dit que les fièvres intermittentés ou continues n’ont qu'un seul siége et que leur diversité vient de la matière occa sionnelle. Je sais que Broussais a localisé les fièvres dans le tube gastro-intestinal, mais si l’on veut bien comparer sa doctrine avec celle de Van Helmont, il sera impossible d'admettre l'assimilation qu’a voulu faire M. Rommelaere, p. 406: «Nous ne saurions trop insister sur les idées développées par Van Helmont dans ces lignes (le commencement du chap. x). Il nous suffira, pour en faire sentir toute l’importance, de rappeler qu’en 14642, — époque à laquelle il publia son traité De febribus, — le réformateur flamand exprimait des idées qui, proscrites pour le moment, devaient être reprises deux siècles plus tard par Broussais, et bouleverser toute la pathologie. Van Helmont prophétisait donc quand il écrivait les lignes suivantes: Notre époque, fertile en esprits pervers, metbra ce que j'ai dit ici, et dans beaucoup d'autres endroits, au nombre des paradoxes ; cependant ceux qui viendront aprés «nous adopteront volontiers ces opinions. » Nan Helmont a été mauvais prophète.
(4)- Voilà du paracelsisme s’il en fut jamais. — Voy. p. 370 et suiv.
qué, au début de ce traité, par la similitude d'une épine enfoncée dans un doigt. La fièvre n’est donc pas seulement un effort expulsif ou mouvement altératif (encore bien moins altération elle-même et la diathèse comme d’ailleurs on l’a cru dans les écoles); c’est la partie matérielle elle-mên:e de l’Archée corrompu par l’irritation (1). »
J'ai dit (2) que le seul Mémoire de M. Rommelaere fournirait les éléments d’un jugement tout opposé à celui qu’il a porté luimême sur Van Helmont; je vais, à propos de la pathologie spéciale, en administrer plusieurs preuves décisives. C’est à peine, Messieurs, si j'aurai besoin d'accompagner de quelques réflexions les passages que je copie dans M. Rommelaere (3); il me suffira de les livrer à votre bon sens médical, et avec moi vous serez justement surpris qu’un homme aussi judicieux, aussi éclairé que mon docte confrère de Bruxelles, n’ait pas un peu réprimé les élans de son admiration.
Asthme. — « Van Helmont, après avoir rapporté plusieurs histoires d’asthmatiques, remarquables surtout par l'esprit d’observation profonde (4) qui s’y décèle, aborde la question de la nature de l'asthme. Pour lui, cette maladie est due à une semence virulente [qui a pris pour racine et diversorium l'esprit de quelque viscère]. Cette semence virulente, ou, pour s’exprimer plus clairement (5), cette disposition morbide, a pour effet de contracter les pores pulmonaires [à travers lesquels le souffle se transmet dans la poitrine] (6).
« Quant au siége même, au nid (nidus) de l’asthme, il se
(4) De febribus, xt, 2, 3, 4, p. 774. « Febris est ipsa pars materials indignatione deturpati Archei. »
(2) Page 475.
(3) Je mets entre guillemets ce qui appartient à M. Rommelaere — et, dans son texte ou dans les notes, — entre crochets, ce qui se trouve parfois plus exactement ou plus complet dans le texte de Van Helmont.
(4) Asthma et tussis, 21-26, p. 290-914. [Ces cinq observations n’ont rien de . remarquable, si ce n’est le pittoresque des expressions ; de plus, il y en à au moins deux, peut-être trois, dont il est fort douteux qu’on puisse les rapporter au véritable asthme.]
(5) Mais pourquoi vouloir parlér plus clairement que l’auteur et donner le change sur ses théories ?
(6) Asthma et tuss., 27,p. 294. [Galien croyait, et Van Helmont avec lui, qu’en
l’état sain, une partie de l'air traverse les poumons pour aller dans la cavité pleurale.] DAREMBERG. 34
trouve dans lé duumvirat, qui régit toute l’organisation humaine. Si la maladie (4) ne siégeait pas dans le spiritus influus, si elle n'avait pas une racine intérieure stable, elle [se terminerait en un seul accés,] ne se répéterait pas [et ne persévérerait pas] (2). »
« Van Helmont conclutson examen sur lanature de l’asthme en donnant à cette maladie le nom d'épilepsie du poumon (3). Quoiqu'il siége dans le duumvirat et atteigne même l'esprit, qui dirige tout (fotius rector), l'asthme se développe cependant particulièrement (/ructificat) dans le poumon, que l’on peut considérer comme son domaine propre ; le poumon, suivant l’expression imagée de Van Helmont, se trouve empoisonné par un venin qui agit sur lui de la même manière que la cantharide agit sur les voies urinaires (4). Ce poison doit attendre, pour agir, sa maturité et son union à l'esprit du tout. »
Van Helmont est si sûr d’avoir trouvé la véritable origine, d’avoir découvert la nature de l’asthme, qu'il s’écrie (5) : « Jusqu'ici, les causes et la manière de se produire de l'asthme sont restées ignorées des écoles. Que Dieu soit lémoin et juge, entre moi et les humoristes, combien je suis plein de commisération envers les patients si mal traités, livrés par l'ignorance à de cruelles funérailles, privés de tout espoir et débarrassés seulement de leur argent (rnummo emunctos) par les médecins qui les abandonnent... Aussi en ai-je vu beaucoup qui étaient guéris par les viéilles femmes ou les charlatans! »
[1] Ici le texte paraît un peu altéré; mais je crois que M. Rommelacre ën à rendu le sens général.
(2) Asthma et tussis, 98, p. 294.—[Voilà, j'espère, une explication satisfaisante de l'intermittence. |
(3) Asthma et tussis, 29, p. 299. fx Licet itaque libertate philosophica asthma ñominare caducum püulmonis. » Expression heureuse; mais voilà tout. — Au 8 28, on lit: « Est crgo asthima 2n hoc epilepsiae simile, quod licet non mentem fériat, non contrahat nérvos, aut syncopen concitet, dormit tamen in aliqua scde, unde tandem contagione quadan Archeum inquinans, si non nervos, saltem pulmones contrahat, »]
(4) Asthmaet tussis, 29, p. 299.— [Dans le $ suivant et dans plusieurs autres passages du tnême traité, Van Helmont confond l'asthme avec l'hystérie.]
(6) Asthma ét tussis, 18-20, p. 290.