‹ Histoire des sciences médicalesChapitre 17 sur 260 · DES · texte numérisé non relu

DES

Pour l'histoire les textes.

Pour la seience les faits.

Some à Vicissitudes de l’enseignement de l’histoire de la médecine à Paris, —Uülité de cet enseignement. — Exposition des principes qui doivent guider historien. — Application de ces principes à la détermination des périodes de l'histoire de la médecine (4).

MESSIEURS

Quand un professeur se trouve pour la première fois en face de son auditoire, toute la curiosité est du côté de l'auditoire, et toute l'émotion est du côté du professeur ; ce qui me rassure un peu, c'est que votre curiosité est bienveillante, et que l'émotion, dont je ne saurais dissimuler la vivacité, vous rendra encore plus indulgents. Je puis même faire valoir mes droits à votre indulgence ; car si j'ai aujourd'hui linsigne mais dangereux honneur de porter la parole devant vous, c'est à vous que je le dois; si Mon nom est arrivé jusqu'au ministre qui préside avec éclat aux destinées de l'instruction publique (2), c’est que vous avez répété quelquefois ce nom avec faveur, en y rattachant le souvenir, à

(4) Leçon d'ouverture, 43 décembre 1864.

(2) M. Duruy.

défaut d’autres mérites, d’un amour éprouvé pour des études toujours pénibles, parfois ingrates et trop négligées. C’est vous aussi qui, dans vos journaux, dans vos livres, dans vos entretiens, avez mis en avant les meilleurs arguments en faveur de linstitution d’une chaire d'histoire de la médecine; de telle sorte que ce serait à vous de répondre si l’on demandait ce que je viens faire ici, et pourquoi je monte aujourd’hui dans cette chaire.

Cependant, comme dans cette assemblée il pourrait se rencontrer quelques personnes qui ne fussent point au courant des questions qui s’agitent autour d’une chaire nouvelle, je rappellerai briévement les fortunes diverses que l’enseignement de l'histoire de la médecine a subies à la Faculté de Paris, et les circonstances qui ont décidé M. le Ministre de l'instruction publique à rétablir officiellement un enseignement interrompu depuis quarante ans.

Autrefois, sous l'empire des vieilles doctrines, dans nos anciennes Écoles et dans l’ancien Gollége de France, personne n’eût songé à instituer une chaire d'histoire de la médecine; l'étude de la médecine n’était elle-même que de l’histoire : on observait les maladies présentes avec les yeux des Arabes ou des Grecs ; on pliait la nature à l’autorité d’Hippocrate, de Galien ou d’Avicenne, mal compris, mal expliqués. Quelques révoltes partielles, quelques grandes découvertes combaltues à outrance, l'exemple de quelques praticiens éminents, surtout parmi les chirurgiens, ne suffisaient pas à détourner le courant: les professeurs n'étaient pas des médecins, mais des commentateurs: on faisait de la clinique les yeux bandés.et les Aphorismes À Hippocrate dans la mémoire.

LaRévolution, qui semblait vouloir n’accumuler que des ruines

et détruire toute science comme toute politique, avait semé, au milieu de ces ruines, des germes féconds; en rompant violemment avec le passé, et en ravivant au fond de tous les cœurs le sentiment peut-être exagéré du mérite personnel et de Pindépendance d'opinions, elle a du même coup ouvert de nouvelles voies aux sciences naturelles comme aux sciences sociales. Aussi nos Écoles de 1794 sont-elles bien différentes de nos Écoles de

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