MALPIGHI
lion, car il dit que ce viscère (qu'il compare au boulanger) asimile entre elles certaines parties du sang et divise celles qui sont trop cohérentes. L'air dilate les vésicules; les vaisséaux qui les enlacent sont agités, et de là un mélange plus exact des liquides qu’ils contiennent.
L'un des premiers aussi il s’est servi du microscope pour étudier le développement du poulet dans l'œuf et la circulation dans les capillaires.
Perfectionnant les méthodes de recherches pour la structure du cerveau et de la moelle, Malpighi a eu recours avec avantage à ébullition ; il signale le canal de la moelle épinière. Il achève de débrouiller la texture de la langue, au moins chez les animaux, étmontre pour cette partie, pour les doigts et pour le reste de la peau, que les papilles nerveuses sont l'organe essentiel du goût el du tact; ilconnaîit le corps réticulaire (corps de Malpighi), les glandes sudoripares, les cellules graisseuses, Îles glandes sébacées, etc. Il a vérifié la structure lobulaire ou en grappe du foie, disposition ignorée jusqu’à lui; il a confirmé les expériences de Slénon sur les rapports des glandes avee le système vasculaire et il a poursuivi les mêmes démonstrations pour le rein et la rate (1). Maisil est trop enclin à voir partout la structure glandulaire, et, si peu théoricien qu’il soit, il ne quitte le domaine de l'expérience en anatomie que pour entrer Sur celui des hypothèses en pathologie. Il est partisan de l'acidité.
Aussi juste pour ses devanciers que ses contemporains l'avaient été pour lui-même, Malpighi avait eu Île dessein d'écrire une histoire de l'anatomie dans laquelle il aurait rendu à chacun l'hommage qu’il mérite; malheureusement ses amis l’ont détourné d'une pareille entreprise, et nous n'avons qu'une esquisse publiée pour la première fois par Ati, Cette esquisse renferme “historique de l’anatomie du cœur, du poumon et des vaisseaux cardiaco-pulmonaires.
(1) Les recherches de Malpighi, comme, du reste, celles de presque tous ses contemporains, ont été faites plutôt sur les animaux que sur l’homme. L'ardeur pour les dissections était telle que la quantité disponible de cadavres ne pouvait pas suffire à la satisfaire. Malpighi, ordinairement retiré à la campagne, à Vu peu de malades; il a écrit en un style embarrassé, quelquefois à peine latin.
Encore moins médecin que Malpighi, quoique reçu docteur à Franequer(Hollande), et, quoique attaché à un hôpital, Ruysch, professeur à Amsterdam, n’était guère qu'un préparateur, mais un préparateur de génie, un homme animé d’une ardeur, d’une patience, d’une perspicacité, d’une finesse de sens qu’on na peut-être jamais égalées dans les sciences (1). On disait de Ruysch : il a des yeux de lynx et des doigts de fée. Il courait après les malades moins pour les guérir que pour disséquer leurs cadavres, et découvrir la structure normale ou pathologique des organes et des tissus. Comme Vésale, il visitait les cime- .… uêres sans trop de respect pour les morts ; il se réjouissait pres- “que des rixes entre particuliers et des guerres civiles qui lui fournissaient plus d'une bonne occasion de disséquer ; non -<ôntent d'étudier l'anatomie sur ses semblables, il était à la piste de toute espèce d'animaux. Jamais musée public n’a été aussi bien
/approvisionné que celui de Ruysch (2); jamais pièces n’ont été © aussi bien préparées (3), n’ont affronté aussi longtemps les injures du temps, et jamais cadavres n’ont mieux présenté après la mort presque toutes les apparences de la vie que ceux qui sortaient de son laboratoire.
Tant d’'habileté frappait d’admiration le public, même les souverains, mais excitait la jalousie ou provoquait la calomnie des confrères. Le seul reproche que l’on puisse faire à Ruysch, c’est qu’il avait des secrets et qu’il les cachait soigneusement à ses meilleurs amis ; ce n'est pas là le propre des vrais savants. D’un autre côté, son peu d'érudition l'a Souvent exposé, comme le remarque Schreiber, à s’attribuer les découvertes des autres. Ainsi il avait été devancé par notre Du Verney et par Clopton Havers pour la structure des 08, par Fallope pour les moyens
(1) Voy. Schreiberus, Historia vitae et Mmeritorum Frid, Ruysch. Amst., 1732, in-4. Travail excellent, écrit d'après les documents originaux,
(2) Ostéologie, sSplanchnologie, système vasculaire, organes des sens, anatomie pathologique, anatomie comparée, monstruosités, tout y abondait, Dans ses divers Ouvrages, il à aussi donné d'assez belles planches; il a publié le Catalogue de son musée (Observ. analomico-Chirurgicarum centurea. Aecedit Catalogus rariorum in Musæo Ruyschiano. Amsterdam, 4691), et un Thesaurus analomicus (Amsterdam, 4701-1715, 10 vol.). =
(3) IL avait trouvé le moyen de durcir la fibre cérébrale,
d'union de l’apophyse styloïde au crâne, par plusieurs anatomistes pour la démonstration des valvules semi-lunaires dans les vaisseaux lymphatiques (1), et pour l'existence de lymphatiques sur le thymus, organe que du reste il regarde comme transitoire ; il n’a fait que vérifier l'existence des cellules pulmomaires et les communications anastomotiques dés vaisseaux cardiaco-pulmonaires ; enfin il a complétement tort en soutenant, contre de Raw, qu’il a le premier constaté l'existence de la cloison qui, dans l’intérieur du scrotum, sépare les deux testicules. Le mérite de Ruysch ne consiste pas tant dans ses découvertes que dans ses admirables procédés de préparation et de démonstration des parties, surtout des vaisseaux et de leurs mutuelles anastomoses.
Cependant il faut mettre en relief plusieurs remarques trèsneuves : le maxillaire se rétrécit chez les vieillards par suite de la chute des dents; —les côtes sont plus épaisses et plus rondes chezles femmes que chez les hommes; — le tissu appelé ceZ/ulaire où connectif esttrès-bien décrit; — la couenne ou pseudomembrane, qui se produit sur le sang, est formée par la fibrine ; on sépare artificiellement cette fibrine en battant le liquide aussitôt qu'il est sorti des vaisseaux ; c’est même par une telle séparation, mais accidentelle et pathologique, que Ruysch tâche d'expliquer Ja formation des polypes ou autres corps étrangers dans l'utérus. — Ruysch donne une exacte description de la crosse de l'aorte, de l'origine des carotides, et de l'artère bronchiale. — Il a dé- “montré des capillaires là où personne ne les avait jamais vus, par éXémple dans l'œil, dans l'oreille, dans les enveloppes de la moelle, dans l’arachnoïde, dans la capsule articulaire coxo-fémorale, dans là peau. —Malpighi lui-même croyait encore queles artères et les Veines sont réunies par un réseau intermédiaire spécial et distinct
Mes deux ordres de vaisseaux. —Ruysch a combattu cette opinion ébfait connaître tous les divers genres d’anastomoses, suivant la diversité des parties ; il en tire même cette conséquence, qui n’est pas partout justifiée, que là où il y a diversité d’anastomoses, il ya aflux d’humeurs différentes et différence de mouvemenis.
(1) S'ilne les a pas découvertes, du moins il les a mieux étudiées que pas un de ses devancicrs, dans son premier ouvrage publié en 1665.
Malpighi avait fait accepter deux opinions également erronées: la première, que la peau, la plupart des viscères, foie, reins, rate, testicule, cerveau, étaient des glandes eu égard à leur structure (1); et la seconde que, dans le corps, les glandes étaient exclusivement chargées des sécrétions. À propos dela première opinion, Ruysch mêle le faux et le vrai (2), surtout pour la peau; caril nie, par exemple, l'appareil sudoripare, parce qu'il ne l’a pas vu, sur la seconde, il établit trés-bien le rôle des membranes séreuses, en ce qui concerne le péricarde et l’arachnoïde, sous laquelle il assure avoir démontré par insuflation une tunique cellulaire, — Selon Ruysch, la membrane du tympan est composée de trois feuillets; elle n’est jamais percée naturellement, comme on le croyait; la trompe d'Eustache peut s’injecter avec le vif-argent. — On luidoit la découverte de la coucheinterne de la choroïde ou Membrane de Ruysch, niée par Verheyen ei de Raw.— Pour ter: miner, signalons encore quelques points de l’œuvre de Ruysch: la sécrétion de l'urine se fait par les artères et non parles veines; — le chorion est composé de diverses lames; — il n'existe pas de glandes utéro-placentaires; les injections démontrent les con: nexions vasculaires du placenta avec l'utérus.
On a prétendu que Ruyschaurait inventé l’anatomiesielle n’avaitv pas existé. Quel contre-sens historique ! Si Ruysch a été si grand, c'est qu’il avait été instruit par vingt anatormnistes, ses prédéces- Seurs Où ses Contemporains; si la connaissance de la structure, des tissus à fait de tels progrès entre ses mains, c’est que les voies avaient été préparées par les Wharton, les Glisson, les Sténon, les Malpighi : de telle sorte que, malgré son peu de connaissance des livres (cependant on voit qu'il n'y était pas
(1) Cette erreur tenait sans doute à ce qu’il usait beaucoup de la macération el de l’ébullition, lesquelles réduisent plus ou moins promptement les organes en corpuscules qu'il a pris pour des éléments glanduleux. — On peut reprocher aussi
à Ruysch d’avoir voulu systématiser ses observations sur les vaisseaux capil=
laires, et de ne voir dans la structure des organes qu'un réseau vasculaire, c@ qui lui à fait méconnaître quelques-uns des résultats positifs des recherches de Malpighi sur les glandes.
(2) C'est pour correspondre à la nouvelle doctrine sur les glandes que Boerhaave, l'ami de Rüysch, avait, dit-on, inventé les mots cryptes, follicules, utricules ; le mot acinus semble venir de Malpighi à propos de Ja structure du foie, -
LEEUWENHOECK. 683
int à fait étranger), Ruysch était l'héritier, l'écho d’une tradi- “ion qui se faisait sentir même à distance et qui avait mis tous les esprits en éveil.
Leeuwenhoeck est l’exemple le plus éclatant de ce que peuvent ie volonté inébranlable et le travail opiniâtre ; sans autre maître que lui-même, sans études académiques (par conséquent sans idées préconçues), sans la connaissance d'aucune langue anfienne où moderne autre que la sienne propre, il a pu devenir, d'un très-médiocre homme d’affaires, un des plus illustres anatomistes des temps modernes (1). La réputation que Ruysch s'était acquise par ses injections et ses préparations humides ou sèches, Leeuwenhoeck l’a conquise avec la puissance des microscopes de sa façon (2); à mon avis, il l'emporte de beaucoup sur Ruysch par l'étendue et la sûreté de ses connaissances positives en anatomie et même en physiologie, connaissances qui ont été plutôt vérifiées, agrandies, développées ou rectifiées que contredites par ceux de ses successeurs qui ont voulu contrôler sur lhomme ce que l'anatomiste hollandais avait vu ordinairement sur les animaux (3).
(4) C'est par un commerce épistolaire suivi avec les savants et les académies qu'il se tenait constamment au courant de tout ce qui se faisait en Europe où même de ce qui s'était fait avant lui.
(2) On en conserve encore plusieurs à la Société royale de Londres.
(3) « Leeuwenhoeckregarde presque au hasard (?) avec son microscope, et, comme le plus souvent il est le premier à regarder dans les conditions où il a su se placer, lécouvre. IL décrit ce qu'il a observé, et, heureux d’avoir révélé des choses in- Connues, son ambition se trouve satisfaite. Pendant près d’un demi-siècle, cet Homme ingénieux, doué d’un esprit pénétrant, examinera sans suite, sans méthode, Les substances organiques, les liquides, les êtres les plus infimes de la créa- Hon, Ses études le conduiront à faire les découvertes les plus inattendues, à conhutre les faits les plus propres à jeter de nouvelles lumières sur les plus importants phénomènes de la vie, mais jamais son esprit ne saura s'élever à une conception générale, Malgré tout, cet homme remarquable à tant de titres n’en sera pas moins L'auteur des découvertes brillantes qui, en élargissant dans des proportions immenses Je champ de l'investigation, deviennent l’origine d’une foule d’études fécondes pour 1e progrès des sciences naturelles. Les savants les plus considérables, les penseurs js plus illustres ont témoigné leur estime à l'observateur habile, patient et ingémieux; les plus hauts personnages lui ont donné des marques de leur considération ; et, comme il est tout à fait naturel, le gouvernement de son pays n'a jamais songé
684 LEEUWENHOECK.
Ce n’est pas seulement à la force de grossissement des lentilles de son invention (1), à la puissance de sa vue, si excellente qu'il fabriquait des chaînes d’or capables d’enchaïner des pucerons, à la bonne préparation des objets placés sous le champ du micro: scope, que Leeuwenhoeck doit de si importantes découvertes; il avait ce coup d’œil scrutateur qui sait regarder longtemps ef souvent les mêmes choses. — Cependant sa confiance en lui: même et en ses instruments ne l’ont pas assez mis à l'abri des illusions ou des erreurs, témoin ses étranges assertions sur les globules du sang. Leeuwenhoeck donnait volontiers par lettres tous les renseignements qu’on lui demandait; toutefois, à l'exemple de Ruysch, non-seulement il tenait secrets ses procédés et ses modes de fabrication, mais il portait envie aux autres fabricants, même à l'atelier que Leibnitz avait fait monter ; c’est là le caractère d’un artisan elnon celui d’un savant : ajoutez qu'il tirait grande vanité deshonneurs qui lui venaient de l'étranger, des
présents qu'on lui envoyait, des visites princières qu’il recevail:
puis, comme correctif, n'oublions pas qu’il ne s’est jamais exa géré outre mesure la valeur de ses découvertes ou la sûreté de ses raisonnements, et qu'il ne s’est pas montré trop entèté devant l'évidence.
Le premier travail imprimé de Leeuwenhoeck date de 1673: il avait rapport à l’étude microscopique du dard de l'abeille, et fut communiqué par de Graff à la Société royale de Londres, qui était alors et qui resta longtemps le centre principal où
venaient aboutir et recevoir leur consécration toutes les recherches scientifiques.
Arrivons maintenant à l’énumération des questions sur les
quelles Leeuwenhoeck a plus particuliérement porté son atten: tion (2).
à lui faire une situation digne de son mérite. » Blanchard. — (Voyez plus bas la note 2 de cette page 684).
(4) C’est avec un microscope de Leeuwenhoeck que Ham a vu pour la première
fois, en 1677, les animalcules spermatiques; c’est à tort que Hartsoeker s’est alt bué cette découverte,
(2) Trois étudiants hollandais, unis par l’amitié et par un sentiment commun
LEEUWENHOECK. 685
(1). — Les anciens pensaient que cerlains animaux “pas de sang, attendu que pour eux le caractère dis- Hdu sang résidait dans la couleur rouge. Le premier, énhoeck déclare que le sang est le liquide nutritif par lence, et qu'il se retrouve dans toute la série du règne ani- — cependant il a fait ses observations particulièrement sur ébrés. I distingue dans le sang la partie solide ou le et lesérum; les corpuscules qui nagent dans le sérum et Monnent sa couleur au sang, il les appelle particules chez les œaux, les reptiles et les poissons, et, chez les quadrupèdes
les, à cause de leur forme qu'il croyait exactement sphé- Ia minutieusement étudié les diverses figures et couleurs chez les sauterelles) des particules et des globules dans les St classes d'animaux (2); il a eu quelquefois, comme je l'ai 684), des illusions d'optique et même des contradictions,
tion pour Leeuwenhoeck, ont résumé en trois dissertations inaugurales Maux de ce grand anatomiste (De Leeuvenhoecktii meritis in quasdam partes mine microscopicae). Lesueur Fleck et Hiddo Halbertsma soutinrent leur 16 mème jour (3 novembre 1843) à Leyde, et Van Charante le 5 juin 4844 liméme université. Ces trois dissertations sont peu connues en France, car le les vois pas même citées dans un très-bon travail de M. Blanchard Sur Leeubeuinet les premiers observateurs au microscope (Revue des deux mondes, illet 1868, p. 379-416). L'auteur s'occupe surtout de la composition et de culation du sang, ainsi que des animalcules appelés improprement infu- Taitiré de ces trois dissertations, après avoir vérifié, en parcourant atteneubles œuvres de Leeuwenhoeck, l'exactitude et l'abondance des renseigne- Squelles fournissent, tout ce que je rapporte ici touchant l'illustre citoçen t.
Hilbertsma à traité du sang, du système vasculaire et de la circulation, des essdents, et, en tête de sa dissertation, il a mis une vie de Leeuwenhoeck ; est réservé les muscles et le cristallin ; enfin, Van Charante a pris pour sa les nerfs, l'épiderme, les poils et le tartre des dents. Pour chaque section, les lteurs ont ajouté de nombreuses notes critiques où ils discutent et comparent avec recherches modernes les résultats des observations de Leeuwenhoeck; enfin, ils reproduit les figures données par l’auteur. — Ces messieurs ont omis les obdtions de Leeuwenhoeck sur la génération et le développement de l'œuf, parce de c'est la partie de son œuvre la plus faible et la plus entachée d'erreurs, celle, en mot.pour laquelle il s’est le moins élevé au-dessus des opinions qui avaient cours femps, mème en dépit des expériences de Harvey. «(2)LLe ait, la graisse, le cerveau, la moelle, ont également des globules, suivant . enhoeck.
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mais le plus souvent il a bien vu et vu toujours de même. Il connaît le mouvement rotatoire des globules, leur changes ment de forme par addition d’eau, les variations de couleur par l’action de dissolutions salines. Enfin il a indiqué au centré des corpuscules un point lumineux admis par les modernes, àl aussi le zucleus ou noyau enfermé dans la membrane. Il né parait pas savoir quel est le rôle comparatif des globules et dé la partie liquide dans Pacte de la nutrition.
La première mention des corpuscules sanguins remonte À l'année 1673. Kircher avait pris pour des vers et Malpighi pour de la graisse les globules qu'ils avaient vus par hasard, un dans le sang d’un fébricitant, l’autre dans celui d’une hystérique,
Leeuwenhoeck admet avec raison une moindre quantité de globules par rapport au sérum dans les invertébrés que dans les vertébrés. I attribuait à la plus grande quantité de sérum d sang artériel la rougeur plus grande de ce sang, tandis que cel est dû au degré d’oxygénation. Mais, chose étrange, il ne voit pas de différences entre les globules de l’homme et ceux de la grenouille (4)!
Vaisseaux et circulation. — Leeuwenhoeck a étudié les Vaisseaux sanguins non-seulement sur les vertébrés, mais encore sur divers invertébrés ; il s’est trompé quand il 4 pris pour des vais seaux les trachées annulaires des insectes. On admet aujourd’hui
que ces animaux n’ont pas de vaisseaux, et que le sang circule dans les interstices des tissus.
Le premier il a séparé la mince membrane interne des artères, et a vu qu’elle consistait en un nombre incroyable de trés-petites particules enchaînées comme sont les mailles d’un filet (vraisem: blablement les deux premières tuniques de Henle). 1] à aussi examiné la membrane sous-jacente, dans laquelle il a signalé là direction circulaire des fibres (quatrième de Henle 2) — Ia suivi londée sanguine qui dilate l'artère, laquelle se contracte activement ensuite, en vertu d’une propriété spéciale. — Se
(4)M. Blanchard, dans le travail précité (voy. p.684, note), a raconté d’une façon très-pittoresque la découverte des animalcuies dans l’eau, sous le champ du micrç- Scope. Cest d’après une première observation d'un étudiant, nommé Ham, que Lecuwenhoeck a étudié les entozoaires spermatiques. (Voy. plus haut, p, 684, note/f.)
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érches sur la structure des veines manquent de précià du moins suivi et démontré, mieux peut-être que ch la continuation directe des veines et des artères par Gapillaires, qu'il appelle (vu la difficulté de déterminer où mencent les unes et où finissent les autres) tantôt frés-petites vou trés-petites artères, où très-petits vaisseaux. Les cadires ne laissent le passage qu’à un seul globule. Ses obserons ont surtout réussi sur les animaux à sang froid. Il à sement constaté les véritables parois des capillaires, dénouveau par quelques anatomistes modernes, qui, revepar une voie détournée à l'opinion de Harvey, pensent que Ang passe d’un système vasculaire à l’autre, comme de l’eau s le sable.
ré anatomiste a scrupuleusement noté tous les mouveantôt rapides, tantôt ralentis, ou presque suspendus, du dans les capillaires. Il a remarqué quelques mouvements four et l’action qu'exercent certains agents extérieurs chaud, sels) sur ces mouvements. Il a prétendu mesurer, ns y réussir entièrement, la rapidité de la circulation.
Os. Lecuwenhoeck a d'abord supposé que les os étaient forecorpuseules (c’est Purkinge qui les a découverts plus tard); la pensé que ces corpusculés étaient une illusion de sa lque ce qu'il avait pris pour tel m’élait rien autre chose Sextrémités des tubes qui forment la charpente des os. Au dhe seule espèce de tubes, il en a reconnu quatre espèces éSen long (à tort nommés éwbes de Clopion Havers, és a mal et insuffisamment décrits), puis un certain nombre Osés en travers. Aujourd'hui, on admet généralement que imfondamental des os est formé par des lamelles et des disposées en séries concentriques à la circonférence des M, et, suivant quelques anatomistes, par des corpuscules nés dans les lames ou entre elles.
s. — Leeuwenhoeck a décrit la distribution des vaisseaux s dents; il a vu que ces organes se composaient d’une “de canaux qui, prenant leur origine à la cavité, se renla circonférence. West ce qu'on appelle la substance
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dentaire, l’ivoire proprement dit, dont on rapporte à tort la découverte à Malpighi; car cet anatomiste, méconnaissant la nature tubuleuse des dents, les a prises pour des filaments entrelacés comme les mailles d’un réseau. — De son côté, Leeuwenhoeck n’a pas connu la substance vitrée qui est à la superficie des dents (ail), découverte par Purkinge, mais ila entrevu l'ostéide (croûte pierreuse des ruminants).
Muscles. — Leeuwenhoeck distingue plus exactement que ne l'avaient fait Hook, Sténon, Borelli, Muys, les /é/s qui consutuent les ébrilles, et les fibrilles qui constituent les fibres ; il à dit peu de chose sur la structure apparente de la chair musculaire, mais il a très-bien décrit la disposition des muscles sur la langue du bœuf et la structure du cœur (concatenatio fibrarum). Il a insisté sur les formes diverses que présentent les fibrilles chez les divers animaux. — Les fibres n’augmentent pas en nombre, mais en volume avec l’âge. — Il a mesuré les différences de volume des fibrilles, soit sur les diverses parties d’un même animal, soit dans les animaux de même espèce, soit enfin chez les animaux d’espêces différentes. — Les fibrilles, dans lesquelles il n’a découvert aucun canal, sont composées, à leur tour, d’une multitude de fils; et même, poussant par la pensée l'analyse encore plus loin, Leeuwenhoeck admet, plutôt qu’il ne le démontre, que ces fils résultent de l’assemblage de nombreux filaments enfermés dans une tunique. — Il a décrit les séries que présentent les fibrilles dépouillées de leur enveloppe, il les croyait d’abord circulaires, mais il a vu plus tard qu’elles sont spiroïdales.
Leeuwenhoeck, après des hésitations, finit par conclure que les fibrilles ne naissent pas des tendons, comme il l'avait cru d’abord, ni les tendons des fibrilles, mais que la création de ces deux parties est distincte et simultanée; il a admis la jonction des deux ordres de fibres par accolement sans que les fibrilles musculaires se forment en cône. Pour lui, la structure des tendons est à peu près la même que celle des muscles, Réfutant l'opinion d’un certain professeur de Franequer, qui soutenait que le sang circule dans un prétendu canal creusé
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aumilieu des fibrilles, il a constaté l'existence d’un véritable réseau vasculaire sur les parties latérales des fibres du diaplragme d’une brebis. — Il ne sait pas si les fibrilles sont pour- | Nues de nerfs ou non; depuis, on les a découverts; mais il en twuseramifier et s’accoler le long des tendons sur le bœuf et sul brebis. C’est une des rares observations de ce genre.
Onstallin. — La structure lamelleuse du cristallin (1), déjà tonue de Sténon, à été très-exactement vérifiée par Leeuwenhoeck, Les micrographes modernes n’ont fait que rectifier cer-
hains détails.
m…Sysème nerveur. — Les observations microscopiques de
Leeuwenhoeck, sur la structure du système nerveux central et
Jéniphérique, ont été communiquées, de 4674 à 1685, à la
Gociété royale de Londres; elles n’ont pas toutes une égale va-
ur, et n’offrent pas en général, surtout pour ce qui regarde lencéphale, une aussi grande précision que celles qui se rapporlenbaux autres systèmes organiques. Voici, du moins, les remarques les plus importantes : Le nerf optique du bœuf et celui du cheval n’ont pas de canal central, comme les anciens le woyaient; ils sont composés de filaments, ou mieux de canalicules juxtaposés et remplis de globules dont l’ébranlement, par Mimpression de la lumière, se communique de proche en proche juSqu'au cerveau (2). En 1715, déjà octogénaire, Leeuwenhoeck Yoïbmieux les choses et constate que les nerfs sont composés de 1laments enveloppés par une membrane assez résistante ; ces lilaments sont, à leur tour, composés d’une multitude de fi- Dniles qui ressemblent par leur apparence extérieure à des Vaisseaux capillaires, et qui sont si déliées qu’on en peut compter plus de mille dans un nerf dont le volume ne dépasse pas celui derois poils de barbe ; il admet que ces fibrilles contiennent un liquide dans lequel nagent des corpuscules dont il n’a pas su découvrir la nature : la structure du cerveau et de la moelle ne
(LwConstai ex sphaerarum in modum contortis laminis, sibi invicem impositis, …Mquacex Centro originem trahunt; omnes constant ex Sphaerulis crystallinis. » (2)AUestià une de ces explications mécaniques fort à la mode au xvne siècle. DÉREMBERG. Eu
690 LERUWENHOECK,
lui a pas paru très-différente de celle des nerfs. Il a bien décrit la névrilème ou enveloppe générale du nerf, et a constaté h distribution des vaisseaux jusque sur les fibrilles. Il a reconn la structure réticulaire de la rétine.
Épiderme. — Leeuwenhoeck écrit, en 1674, que l’épiderme est composé de squamulés plates et rondes dont plusieurs cens taines pourraient être recouvertes par un grain de sable (1). Dans sa pensée, il les assimile aux écailles des poissons, avec la différence que nos écailles épidermiques se renouvellent sant cesse; il ne croit pas que l'humeur sécrétée de la transpiration insensible entre pour rien dans la formation de l’épiderme; 1l à trouvé des squamules dans le cérumen des oreilles, ainsi que dans la sueur du visage et des pieds.
C’est entre les squamules, quelque soudées ensemble qu’elless paraissent, et non au moyen de pores, que s'échappe finalement la sueur à travers l'épiderme; la peau elle-même est pars courue par une foule de canaux extrêmement déliés qui versent au dehors la sueur et les particules graisseuses (2). Notre mi crographe a fait des observations comparatives sur les squas mules des cicatrices, des callosités et de l’épiderme normal. HN étudié l'épiderme chez les ichthyosiques et sur les nègres ; I
(4) « Les personnes sachant avec quelle rigoureuse exactitude les observateurs modernes déterminent la dimension des plus petits objets, ne pourront s'empêcher de sourire des moyens de détermination tout primitifs à l'usage de Leeuvenhoeck Son terme de comparaison préféré est le grain de sable, et, comme la grosseur dés grains de sable varie dans des limites fort larges, on se trouve assez mal renseigné par la comparaison. 11 importe donc, en disant les écrits de notre auteur, de savoi que son étrange étalon de mesure égale en diamètre le trentième d’un pouce, Au teste, le naturaliste de Delft est plein de ressources quand il veut donner une idée de la dimension des objets qu'il à examinés ; il la compare volontiers à l'épaisseur d’ün cheveu ‘ou d’un poil de la barbe. 11 manifeste souvent une prédilection pour les grains de millet, et, à ne époque un peu avancée de sa carrière, il aime à pren: dre pour point de comparaison les globules du sang, qui lui rappellent une de ses premières comme une de ses plus intéressantes découvertes, » (Blanchard, article cité, voy. p. 684, note 2.)
(2) Cest sans doute, comme le remarque Van Charante, à cause de l'obls quité de l'ouverture des pertuis épiderrmiques que Leeuwenhoeck ne les a pas reconnus.
LEEUWENHOECK, 694
Séque la coloration noire dépend de l'épiderme (4). Enfin, il vé les squamules (couche épithéliale) dans le vagin et ée de la bouche ; il a également esquissé une description lamface interne des intestins,
= Les recherches de Leeuwenhoeck sur la structure des ont été en grande partie confirmées par les micrographes
es, mais il ne s’est pas toujours rendu exactement compte Waie signification des dispositions qu’il découyrait. Cela aurait diminuer son mérite, car il a vu et reconnu à lui seul nfinité d'autres détails qui depuis ont exercé la patience gacité de cent anatomistes, dont les recherches sont ve-
iveret tartre. — La salive ne contient pas par elle-même imalcules, mais le microscope en révèle une multitude dans qui se fixe aux dents. Leeuwenhoeck en a même distinis espèces. Mandi, Van der Hoeven et Van Charante ont cet égard, des observations qui ne s’écarient guère de ue je viens de rappeler.
» Ruysch surtout avec les injections, Leeuwenhoeck surec le microscope, et Malpighi usant de moyens divers, mené l'anatomie de texture aux limites de la perfection. ublions pas, Messieurs, que ces recherches et ces observa- Sont deux siècles de date !
leçons ont à peine suffi à tracer devant vous une es- @ rapide et encore fort incomplète de l’histoire de l’anatode la physiologie au xvir° siècle ; cependant que de êbres, sinon illustres, il nous resterait à enregistrer ! (1577-1657), un des dissecteurs les plus exercés du éseten même temps un des plus mauvais et des plus ileuxanatomistes par sa propre infatuation et sa foi absurde Blesanciens; — Casserius de Plaisance (1561-1616), plus
xroitgénéralement aujourd'hui que cette coloration dépend, non de
Cjmais d'un pigment noir ou tissu muqueux situé entre la peau et l'épi- 2 TE
connu par ses planches assez exactes pour le temps où elles ont été faites que par ses découvertes, bien qu'il ait étudié spéciale ment les organes des sens et de la voix; — Fabrice d’Aquapendente (1537-1619), un des derniers représentants actifs de l'anatomie galénique, et dont les ouvrages sur les organes des sens, le larynx, la voix, le fœtus, la respiration, le mouvement, l'appareil digestif, ont été publiés dans les dix-huit premières années du xvu° siècle (1); — Borelli de Naples (1608-1679), l'ami de Malpighi, réduit toutes les questions de physiologie à des questions de mécanique ; du moins il s’est attaché, parfois avec succès, à décrire les mouvements des muscles et à en calculer la force et les directions, mais il consacre la vieille opinion d’une malière particulière ou d’une espèce de fluide nerveux pour opérer ce mouvement (2); — Riva d’Asti (1627- 1677), l’un des maîtres de Lancisi ; il avait établi à l'hôpital de la Consolation, à Rome, un musée anatomique, et tenait dans sa propre maison des conférences d’anatomie qui ont contribué à mettre en honneur, pour un moment, la pratique des dissections, dans une des villes où elles étaient le plus négligées ; — Vesling, de Minden en Westphalie (1598-1649) , et Diemerbroeck, de Montfort en Hollande (1609-1674), qui, faisant exception à la règle (3), publient des traités généraux où l’on a peine à trouver quelques nouveautés (4).
(4) Si j'ai mentionné Fabrice à la page 329 de ce volume, c'est que sa démonstration des valvules date de 1574.
(2) Voy. plus loin la xxiv° leçon sur l’iatromécanisme.
(3) Auxvnsiècle, ilÿa peu d'anatomie descriptive proprement dite, peu de traités généraux; on n’admettait plus l'anatomie trop défectueuse des anciens, on n’en pos: sédait pas encore une moderne; elle était trop incomplète et manquait de méthodes on cherchait dans tous les sens, on écrivait des monographies, les traités généraux n'étaient que des compromis. Quelques rares auteurs ont essayé, sans grand génie, de mettre, dans des traités complets, la vieille anatomie d’accord avec la nouvelle: c'était répondre au désir de beaucoup de personnes qui recherchent les Manuels et aux besoins des médecins qui aiment à posséder une anatomie pratique ; de li les livres de Diemerbroeck ou de Vesling, auxquels on pourrait ajouter ceux de Spiegel (qui a écrit aussi un traité plutôt physiologique qu'anatomique Sur & fœtus, 1627), de Verheyen, d'Highmor (1651) et de Cowper (1697), lequela volé une partie de ses planches à Bidloo.
(4) Gelée, dans son Anatomie française (Rouen, 1635) abrége Riolan et Dulau-
| convient de faire une mention spéciale de Schneider, de Biterfeld, en Misnie (environ 1610-1680), qui tranche enfin la Mestion de la position du cœur, sur laquelle on avait si longs disserté à Heidelberg, sans songer à ouvrir la poitrine, et par sa trés-prolixe mais savante description de l'ethmoïde, jés nerfs olfactifs, des ventricules du cerveau, de la membrane
uilaire, ruine pour jamais la théorie des catarrhes, en prou- Jant avec Sténon que toutes les humeurs sont une sécrétion du — Willis (1622-1675), élève de l'Université d'Oxford, est sicélèbre par ses mauvaises doctrines physiologiques et mé- Jes que par sa description très-exacle pour le temps (mais tenait en partie de Lower, autre élève de la même Uniisité) du cerveau et des nerfs crâniens (1). Lower lui-même Niron 1631-1691) a porté un peu de lumière sur la structure “cœur. Dans le traité De corde, dont la première édition a à Londres en 1669, on lit, mais sans que lexplication en b donnée, que l'air rougit le sang (2). On peut croire que
er a fait l’un des premiers des expériences régulières sur la
isfusion du sang (8).
— L'Anatomie de l’homme, de P. Dionis (Paris, 4690), n’est qu'un résumé sans alté et sans érudition. — Le Théâtre anatomique de C. Bauhin de Bâle (1560- 24), appartient, comme presque tous les autres écrits de cet auteur, au xvr° siècle. Thvtre, dont la meilleure édition a paru au xvu® siècle, est un ouvrage d’éruditionel, par conséquent, un des livres les plus précieux pour l’histoire de l’anatomie qua la fin du xvi siècle. Le texte est accompagné de planches nombreuses, ais généralement grossières ou inexactes.
) Ha donné une classification et une nomenclature des paires des nerfs crâniens imlientencore compte dans nos traités classiques. Les recherches de Willis iencéphale (1664) ont été surpassées, dès 4675, par l'illustre Wepfer, dans ses ations sun l'apoplexie. — Willis a indiqué la diabète sucré.
Woy. aussi Mayow, De respiratione, 1668. Pour ces deux auteurs, l'air (ou éblazote) agit en produisant une fermentation vitale, à l’aide des parties sulfu- Ses contenues dans le sang.
JeVoyez, outre l'Histoire de la transfusion, par Scheel Die Transfusion des es, US. 1. (1802-1803), avec le supplément de G.-Fr. Dieffenbach (1828), Ounaldes Savants des années 1667, 4668, 1669; Elsholtius, Clysmata nova sive ain venam sectam medicamenta immitti possint..… addita etiam omnibus l naudita sanguinis transfusione ; ed. secunda, Coloniac Brandenb., 1667, }, AVEC des figures. Les expériences faites dans divers pays y sont rapportées. — cemment M. le docteur Oré, de Bordeaux (Études historiques et physialo-
Redi d’Arezzo (1626-1697), adversaire de la génération spon: tanée, grand promoteur de l'anatomie comparée, a démontré que certains poisons agissaient sur les surfaces dénudées et non sur les membranes muqueuses parfaitement saines el intactes. 2 Bellini, de Florence (1643-1703), disciple de Borelli et de Redi: homune de grande imagination, Propagateur des plus fausses idées sur la dérivation, la révuision et le fluide nerveux, s'est approprié une partie des recherches d'Eustachi sur les reins et dé Malpighi sur l'organe du goût.
Nous devons encore mentionner Drelincourt (1633-1697), né à Paris, mais professeur à Leyde : rude adversaire de Descartes, et au nom duquel se rattache une bonne description du larynx et des glandes de l’épiglotte (1); — Peyer, de Schaffouse (1653-1712), élève de notre du Verney, et 4 qui l’on doit h
découverte des glandes ou follicules intestinaux (clos et non pourvus d’un conduit excréteur) qui portent son nom; — Brun ner, dé Ratisbonne (1653-1727), inventeur des glandes duodénales et auteur d’une expérience sur le pancréas, qui prouvé que ce viscère ne sert pas à la coction des aliments; — Rivinus, de Leipzig (1652-4723), connu par ses recherches sur les glandes sublinguales et leurs canaux excréteurs. Enfin, n'oublions pas trois célèbres anatomistes hollandais (2) : Regnier de Graaf, Van Hoorn et Verheyen. Le premier (1641-1673) est surtout connu (3) par ses recherches sur la Structure et les usages des
giques sur la transfusion du sang. Paris, 1868, in-80), à donné une bonne histoire abrégée de là transfusion du Sang; il veut remettre en honneur une méthode thérapeutique qui à toujours semblé offrir plus d’inconvénients que d’avantages ef qui sera très-difficilement admise dans la pratique ordinaire (Voy. cependant dans Union médicale, 1869, n° 98, p. 259, une note Encourageante de M. P, Garnier Voy. aussi Gesellius, Capillar Blut…. zur Transfusion. St-Pétersb., 1868, surtout Swiontkowski Die Transfus, u.s, w.: Heïdelb., 1869), I1 n’en est pas de même de la méthode qui consiste à faire passer directement des substances médicamenteuses dans le sang.
(4) C’est lui qui, décrivant le cerveau, a le premier signalé la valvule improprement appelée valvule de Vieussens. — Un autre professeur hollandais, Nuck, mort en 1692, a laissé plusieurs écrits justement estimés sur l'appareil glandulaire.
(2) La Hollande, au xvire siècle et au commencement du XVIN*, à été la pépinière de l’Europe pour les anatomistes et les médecins.
(3) Il à aussi décrit et figuré une seringue pour les injections sur les cadavres;
organes génitaux de l'homme et de la femme, deux ouvrages composés de 1648 à 4672, et par l’exacte description, soit des follicules ovariques appelés vésicules où œufs de Graaf, soit des canaux déférents. On assure que la vie de cet anatomiste a été dbrégée par des querelles de priorité ou des discussions de divers genres qu'ileut à soutenir contre Swammerdam (1), autrefois son ami, et contre d’autres anatomistes. — Van Hoorn (1621-1670) a donné, dès 1652, une bonne description et une bonne figure du canal thoracique chez l'homme; il a soigneusement étudié l'appareil glandulaire de la bouche et l'anatomie des organes génitaux dans un Prodromus (1668) que Swammerdam, son aide, dpresque revendiqué pour lui-même dans une nouvelle édition de 1672. Un auteur contemporain, de Rhyne, lui attribue la découverte des papilles de la langue.
Le Cireulus anatomico-physiologicus, ete., de 3. Bohn (2), est Un résumé bien fait et souvent une critique des opinions qui dVaient cours du temps de l’auteur sur le mécanisme des foncions du corps humain. L'ouvrage est dédié à Malpighi; ce nom seulest une recommandation. En général, Bohn tient pour les expériences contre les hypothèses, cependant il n’y échappe pas joujours ; ainsi, à propos des mouvements, dont l’êtude était alors si fort à la mode (Progym., 29, p. 457), il repousse le plis- Sement ou corrugation, la traction par les nerfs, renouvelée de Gälien, la force explosive de Willis, l'ébullition expansive et loffervescence de Borelli, mais il attribue le mouvement de la fibre musculaire à l'incitation ou mieux à la pression du sang (en vertu de ses mouvements oscillatoires) et des esprits (en
Nertu de leur élasticité), qui mettent en jeu la contractilité (3).
ilkse servait de liquides colorés. — Comme médecin, c'était un ardent sectateur de Sylrius.
(4) Homme d’un caractère au moins bizarre, mais d’une rare habileté dans les dissections des plus petits animaux. Il à imaginé une préparation de cire pour in jecter les vaisseaux. Avant lui on se servait de mercure ou de liquides colorés.
(2) J'ai sous les yeux Pédition de Leipzig, 4697. La première porte la date de
(3) C'est à peu près la théorie du célèbre Mayow (voy. son traité De mofu museutari; Oxon, 4674, cap. 4 et 5). Mayow veut aussi que les particules fermentesbles nitro-aériennes jouent un certain rôle, en raison des efforts de respiration
En ce sens, il appartient à l’école mécanique, mais il est plus du côté de Sténon que de celui de Glisson, dont il écarte aussi en partie les explications. Bohn (1) admet avec Sylvius (voy. p. 545 et suiv.), et presque dans les mêmes termes, la distinetion du sens de la chaleur et du froid d'avec le sens du tact proprement dit; Verheyen, au contraire (2), combat cette distinction.
Verheyen (1648-1710) a écrit une Anatomia corporis humani (3) dont la première édition, œuvre alors imparfaite, a paru en 1693, et la seconde, fort améliorée, en 1740. L'ouvrage est divisé en deux sections : la première comprend la description des parties solides (4) ou anatomie proprement dite, avec l’indication des usages; la seconde (Anatomiae supplementum) est consacrée aux humeurs ou liquides, aux esprits, au mouvement animal, lequel comprend la théorie des sens et des passions (ici le cartésianisme domine), aux fonctions de nutrition, enfin à Ja génération; c’est un traité de physiologie comme on les comprenait à cette époque. Verheyen a étudié avec beaucoup de soin les liquides à l’aide du microscope et de l’analyse chimique; le chapitre sur le sang est particulièrement remarquable. Presque toujours, notre auteur prend parti contre les mauvaises opinions (par exemple contre celles de Sylvius, à propos du lait, de Ja lÿmphe, de la bile, etc.) pour les bonnes, où du moins pour celles qui sont relativement meilleures, Il est fort au courant des
que nécessitent les mouvements plus ou moins intenses. — Voy, plus loin, p. 704, note 1, comment Mayow envisageait la respiration.
(1) Progym. 29 et 23, p. 354 et 354.
(2) Dans le Supplementum anatomicum, tractatus IIL, cap. 2.
(3) Le Syrtagma de Vesling est beaucoup plus abrégé; ce sont les notes et les appendices que Blasius y a ajoutés qui lui donnent de l'intérêt; ces additions sont tirées, mais non toujours avec beaucoup de discernement, des auteurs anciens, et surtout des anatomistes Contemporains. Les Observationes anatomicae du même Vesling, ouvrage posthume püblié en 4664, offrent quelques remarques originales, surtout en ce qui concerne les vaisseaux lymphatiques, dont l'étude était alors fort à la mode,
(4) L'auteur, très-bref sur les os, les muscles et les autres systèmes organiques, donne surtout l'anatomie des appareils. En d’autres termes, le livre de Verheyen est une anatomie des trois grandes cavités, tête, poitrine, ventre et des membres, comme sont la plupart des traités complets de cette époque.
recherches nouvelles sur le mouvement des muscles ; il a fait luismême quelques expériences. Il ne paraît pas avoir une idée trés-nette des sécrétions qu’il confond parfois avec les transsudations; je n'ai rien remarqué qui se rapportât positivement aux sécrétions par les membranes séreuses. Suivant lui, plus les membranes des sens sont tendues, plus la sensation est vive, attendu que les nerfs sont alors plus fermes, plus aclifs, et que leurs cavités, mieux distendues, laissent plus facilement voyager lesesprits. Il professe três-positivement que c’est la partie liquide du sang, le plasma coagulable, ou lymphe plastique, qui ésble véritable suc nourricier ; il croit que la lymphe proprement dite est le résidu du sérum qui a servi à la nutrition, et que cette lymphe, reprise par des vaisseaux spéciaux, est re-
portée au moyen du canal thoracique dans le torrent circula-
toire. Cette manière de voir (toutes différences mises à part) es À
plus voisme de l'opinion des physiologistes modernes, que a théorie imaginée en Angleterre et reçue par beaucoup de phy=:.
Siologistes du xvu° siècle (1). L’Anatomia corporis humani est unrésumé critique des connaissances anatomiques et physiologiques du xvrr' siècle; c’est surtout à ce titre qu'il méritait une place spéciale dans notre énumération.
Quelques-uns des anatomistes que je viens de citer appartiennent en partie au xvu‘ siècle, en partie au xvur'; je les ai cependant rangés dans le premier, parce qu'ils y arrivent à l’aposée de leur activité scientifique. D'ailleurs, comme je l'ai déjà dit (2), les divisions dans l’histoire des sciences ne correspondent pas exactement aux divisions chronologiques. Ainsi, notre xvrr° Siècle, qui commence avec la découverte de la circulation du sang eébla constitution de l’école iatrochimique, se termine, d’une part, avec les derniers travaux des micrographes, les dernières grandes découvertes physiologiques, et la reprise de l'anatomie descriptive, de l'autre avec les derniers échos de la chimiatrie etle développement des nouvelles théories médicales. Ces théories ne sont guère plus vraies que leurs aînées; elles reposent du moins sur un fondement plus solide ; elles ont la prétention,
. )Voy. plus haut, p. 640 et suiv., la théorie de Wharton et de Glisson, (2) Voy. page 822, note 4,