FONDATION DES ACADÉMIES
parfois justifiée, de tenir compte des progrès accomplis dans l’anatomie et la physiologie; seulement leurs premiers auteurs, surtout les Italiens et les Anglais, éblouis par le rapide essor qu'avaient pris les sciences physiques et mathématiques, suivis rent le fâcheux exemple que Descartes avait donné, et, au lieu d'étudier la vie pour elle-même et par elle-même, en firent un domaine de la mécanique ou de la mathémathique, comme au xvr° siécle elle n'était qu’une succursale de la chimie. Ces théo: ries prennent leur origine au xvu° siècle etse développent ouse transforment au xvirr°.
C’est avec la fondation de l'Académie des sciences (23 dé-
|. cembre 1666) que commencent chez nous la réforme de l’ana
tomie et les premiers travaux sérieux sur la physiologie dé l’homme et des animaux (4): ce sont les physiciens, c'est dire les savants adonnés à la physiologie et à l’histoire nat relle (2), qui finissent par secouer l’inertie des médecins, les arrachent à la routine et brisent le joug des écoles. Les plus
(1) Voy., pour l’histoire des origines et des développements de l’Académie des sciences, Maury, L’Ancienne académie des sciences, Paris, 1864, in-8 ; J. Bertrand, PAcadémie des sciences et les académiciens de 1666 à 1793, Paris, 4869, in-8 — L'Académie des Lyncées a été fondée à Rome en 1603 ; la Société royale dû Londres date de 1645, c'esl-à-dire des plus mauvais jours de l'Angleterre ; LAca démie des Curieux de la nature à pris naissance en 1652; l’Académie del Cimenta a été établie à Florence en juin 1657, et cetle de Vienne en 1676, Si la renommée scientifique de la France est tardive, elle n’est pas pour cela moins éclatante, et notre Académie des sciences à toujours rivalisé avec les plus célèbres compa= gnies savantes de V'Europe.— Au xvie et au xvie siècle, c'est dans les recueils de ces sociétés, dans le Journal des Savants (le premier numéro a paru le 5 janvier 1665), et dans quelques autres publications périodiques, qu’il faut chercher la plus grande partie de l’histoire de l'anatomie et de la physiologie, ;
(2) Les médecins entraient à l'Académie comme anatomistes ; par exception, Gureau de Ia Chambre y fut admis comme médecin. Aussi l'Académie des sciences a-t-elle eu moins d'action sur la médecine proprement dite que suf l'anatomie et la physiologie; on ne doit pas s’en plaindre, car il y avait déjà bien assez de Des cartes pour fausser la pathologie par l’emploi des procédés des sciences physiques et mathématiques. L'influence de l’Académie des sciences n’a été que salutaire, en habituant d’abord, ef sans trop de parti pris, nos médecins aux procédés de la méthode expérimentale en ce qui touche l'étude de l’organisme.