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i GRIMAUD. =» DUMAS. 1195

entier à l'étude ; il essaya une étrange alliance, entre le solidisme les modernes et l’humorisme des anciens. Cette alliance parut même si mal justifiée, que l’Académie de Pétersbourg n’osa pas donner à Grimaud un prix pour son second mémoire sur la nuiition comme elle l’avait fait pour le premier (1).

Le solidisme de Grimaud avait beaucoup d’analogie avec celui le Bordeu ; toutefois s’il ne multiplie pas comme lui les orgaüsmes, il multiplie les forces, comme Van Helmont, ce qui lèvient au même. Il voulait qu’on n’étudiât les maladies, et en particulier les fièvres, que par les phénomènes apparents sous lsquels elles se produisent; mais il lés regardait comme des res inconnus dans leur nature, Aussi la description des symlümes est ce qui fait le grand mérite deson Traité des fièvres (2), = Son Cours complet de physiologie (1818) est utile à consulter ion parce que la physiologie de Grimaud est bonne en soi, mais parce que le Cours résume assez exactement l’état de la science aumoment où il a été publié.

Malgré la force naturelle de son esprit et ses connaissances iquises, bien qu'il eût quitté un instant Montpellier pour Paris, (harles-Louis Dumas (1765-1813), successivement professeur i doyen de l’École de santé de Montpellier, ne put jamais se débarrasser complétement des doctrines un peu surannées de fimaud ; il admet des forces fictives et abstraites plutôt que des lorces réelles et expérimentales. Ainsi, il compte trois forces : lbrce de réaction vitale; d’assimilation; de résistance. C’est une tation qui lui appartient, mais que personne n’a voulu adlettre après lui. Sa division des systèmes organiques vient de Bordeu et donne la main à celle de Bichat. Sa classification des maladies est aussi défectueuse qu’il est possible et ne repose sur dicun principe fixe. N'ayant aucune homogénéité, représentant loutes les doctrines, cette classification porte la marque d’un ilectisme désespérant : maladies produites par altération des irois forces ; maladies par altéralion de la sensibilité, de l'irrita-

(1) C'est le seul ouvrage, avec sa thèse, publié de son vivant. (} Publié d’abord en 1818, puis, en 2° édition, en 1824, par Lauthois, am Grimaud. La meilleure édition est celle en 4 vol. in-8°, 1845, par Dumas,

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bilité, de l'absorption, de l'énergie de la constitution ; maladi produites par les changements chimiques, physiques où xità des humeurs, par resserrement, relâchement, etc., des solide enfin maladies qui viennent d’un vice spécifique de la cons

tion. Toutefois. Dumas fondait ses indications, non sur les fo et sur les tissus organiques, mais sur les éléments morbides, c'e à-dire sur la douleur, la phlogose, distincte de Pinflammati la périodicité, etc., doctrine qui conduit tout droit à la recherche des spécifiques (1).

En Allemagne c’est J.-Chr. Reil (1759-1813) qui est le repi sentant le plus accrédité du vitalisme; il procède à la fois Haller, de Bordeu et de Bichat ; il sépare très-nettement les id (domaine de la psychologie) de la matière (domaine dela p siologie; il est donc aussi autobiologiste; enfin il est bien près de localiser toutes les fièvres.

Érasme Darwin, qu’il ne faut pas confondre avec notres& ntemporain, comme l’a fait le rédacteur d’un journal religieux venait surveiller mon cours au Gollége de France, Érasme Dar win (1731-1802) est brownien en physiologie, mais en patholo gie il professe une doctrine opposée. Pour lui, la psycholog n’est qu’une branche de la physiologie. Il n'admet pas quesh pensée ait pour se produire un autre instrument que les sensas tions ; c’est une irritation, doctrine qui lui valut les accusation et les calomnies du libertin, mais religieux Johnson. !

Darwin était philosophe, physiologiste, poëte et médecin. Après, avoir fait sa fortune par la clientèle et par un double mariage; se retira à Derby où il fonda une sorte de Société scientifiqu mangeait beaucoup et ne buvait que de l’eau. Mais voyez, des sieurs, la vanité des systèmes et celle aussi de la thérapeutiqu c’est la goutte qui conduit Brown à préconiser les stimulant outrance contre toutes les maladies (voy. plus haut, p. F0

c'est cette même goutte qui décide Darwin à attribuer presque

(1) Les deux grands ouvrages de Dumas sont : Traité de physiologie, 1800-1803, 2e éd, 1806, avec des remaniements ; — Maladies chroniques, 1812, ouvrage des plus prolixes ; enfin des Discours et des Mémoires.

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toutes les maladies à l’abus des stimulants et à vanter les calmants ét les délayants. Tous deux avaient tort, et tous deux cependant &primaient une partie de la vérité.

Le principal ouvrage de Darwin est sa Zoonomie ou système les lois universelles de la nature vivante, ouvrage qui a été traduit en français, en allemand et en italien. Loin de chercher, tomme Barthez, dans la diversité des forces vitales une raison pour imaginer un principe de vie plus général, il trouvait que tous les objets dont se compose la nature avaient une certaine mmalogie, et que tous obéissaient à certaines lois identiques; il @it tout près de deviner la loi de substitution des forces. Il se tapproche des mécaniciens par ses opinions sur le mouvement; joute la vie se résout, selon lui, en des mouvements. Mouvements primitifs : irritalion interne, gravitalion; — mouvements chimiques : nutrition, — mouvements vitaux, par exemple cirtulation, locomotion, pensée. Les mouvements vitaux sont des mouvements secondaires ou communiqués par les stimulants exéneurs, ou par l’irritation externe. — Vous voyez qu'il y a du Brown et du Broussais dans le célèbre physiologiste anglais.

Il admeltait quatre classes de maladies : excès, diminution ou “étrogradation des mouvements irritalifs, en volontaires ; <uin des mouvements associés. Les principes nee id se on rapport avec cette bizarre théorie : les médicaments nutrien- Min maintiennent l’activité des mouvements irritatifs; les inci- “antia augmentent cette activité; les revertentia la rétablissent ; les emminuentia la diminuent. Darwin, au rebours de Brown, compte plus de maladies asthéniques que de maladies sthéniques; car la dernière classe de médicaments n’est donnée que pour mémoire. En cela, il se rapproche à la fois de Mlullen et de Broussais, en mettant à part la théorie de l'incitation interne et externe.

SOMMAIRE. — Histoire de la médecine pratique au xvm* siècle. France (Pin quelques auteurs de moindre importance) ; Italie (Torti, Borsieri, ete.); An terre (Huxham, Pringle, Lind, Fothergill, Fordyce, Heberden, Cheyne, Jenner Baillie; etc.); Allemagne (Ecole de Vienne : Van Swieten, de Haen, Stoll, A: ï brugger, etc.).— Société royale de médecine de Paris, — De l’état de la méde et de la chirurgie en Espagne.

MESSIEURS

Enfin, Messieurs, nous quittons les systèmes pour n’y p revenir (1) et nous abordons l’histoire de la science positive xvur siècle. Nous commencerons par la médecine interne: ce sera presque un acte d’humilité que nous commettrons, sc la France n’est ici représentée que par quelques noms, tandi que Fltalie, l'Angleterre et l'Allemagne offrent à nos études. personnages les plus distingués dans nos annales : Torti, Bor sieri, Mead, Freind (dont nous avons déjà parlé à propos Se voy. plus haut, p. 875 et 879), Huxham Cheyne, Pringle, Tind, Heberden, Fordyce , Fothergill; Fowler (1736-1801) , dont le vrai titre à figurer dans l’histoire es d’avoir préconisé l'usage de l'acide arsénieux contre les fièvre intermittentes ou rémittentes ; Grant (2); Floyer, médecin tr

(1) Hahnemann appartient en effet au xx siècle. L (2) Les Traités des fièvres (1771-1775) de Grant (mort en 1786) sont rédigés près les doctrines humorales et iatrochimiques, et en partie d’après les principes d Sydenham. Les fièvres sont étudiées surtout dans leurs rapports de causalité et de modalité avec les saisons ; elles sont communes ou épidémiques, c'est-à-dire que sont régulières et ee un grand nombre de personnes, ou qu’ellesse manifes irrégulièrement ; alors elles sont en général contagieuses, Les affections épidémi ques saisonnières (fièvres proprement dites) sont donc distinguées des maladies épidé miques qui tiennent, soit à un principe contagieux sui generis, propre à cer contrées, et que les rapports commerciaux ont importé dans d’ autres pays ( ] YAriole, etc.), soit à des combinaisons accidentelles qui peuvent se produire part |

laborieux, connu surtout par son Traité de l'asthme (1); Vimmortel Jenner, dont aucune discussion, si savante, si passionnée qu’elle soit, ne diminuera la gloire; Van Swieten, de Haen, Sioerck, Stoll; Stark (1753-1811), dont je recommande surtout l’Æestoire du tétanos (1778 et 1781); Murray (1740-1791) si justement renommé pour son Apparatus medicaminum et par ses nombreuses dissertations académiques; Avenbrugger (2), les deux Frank (3), Quarin ; Strack (1726-1806), auquel on doit

(fièvres des camps, des prisons, des vaisseaux). Les fièvres saisonnières sont en général inflammatoires pendant les saisons froides, et putrides pendant les saisons plus chaudes. — La classe des maladies dites pestilentielles est assez confuse, et au milieu des discussions théoriques qui font perdre à notre auteur l’idée de décrire

affection, il n’est pas aisé de reconnaître toujours de quelle espèce il s’agit, On éntrevoit du moins, en raison des milieux où elles se produisent, la fièvre pététhiale, le {yphus fever, et la fièvre typhoïde. Grant a aussi décrit deux épidémies de srippe en 4775 et 1782. Les Traités des fièvres ont été traduits en français, par Lefèvre de Villebrune, de 1773 à 1776.

(1) Ce traité, publié pour la première fois en anglais, en 1698, a été traduit deux fois en français, L'auteur avait souffert lui-même une partie de sa vie de cette truelle maladie. Floyer a voulu « faire un précis de ce que les anciens ont écrit sur

—listhme, mais en s’accommodant à la manière présente de philosopher ; quant aux méthodes curatives de ces mêmes anciens, elles subsisteront toujours, attendu fuelles sont fondées sur la nature même et confirmées par l'expérience. » L’asthme it un resserrement et une constriction des bronches, suite de: l’enflure de L’eslomac et des membranes du poumon dans l’effervescence du sang. L’étiologie (uses déterminantes) est fondée à la fois sur l’humorisme chimiatrique et sur la théorie des flatuosités, des cacochymies et de l’effervescence, Les indications thélapeutiques découlent naturellement de ces données, — On doit encore à Floyer, entre autres écrits, un traité Sur l’usage des bains froids (4697; — on doit préérer les édit. de 4702 ou des années suivantes) que l’auteur préconise pour presque loutes les maladies, Cet ouvrage, où Floyer montre un peu de charlatanisme, conlient quelques recherches historiques sur le baptème par immersion, et sur les bains chez les anciens,

(2) Je mentionne seulement les monographies, érudites sans doute, mais fastiieuses par la prolixité, le mauvais style et le peu de critique, que Schurig (1688- 1733) à publiées sous les titres de Spermatologia, Chylologia, Sialographia, etc.

(8) J.-P, Frank (1745-1821) et Jos. Frank (1771-1841), Ces deux auteurs appar-

—liennent plutôt encore au xix° siècle qu'au xvim®, Aussi je n’en parle ici que pour

mémoire et pour recommander d’abord comme un ouvrage éminemment pratique lEpiome de J.-P. Frank (1792-1821), traduit en français par Gaudereau; puis;

—iomme une véritable bibliothèque médicale (par l’abondance des renseignements

de bonnes Observations médicinales sur diverses maladies miques ou sporadiques; R.-A. Vogel (1724-1774) qui a 6e avec talent et en homme expérimenté sur presque toulesAies parties des sciences médicales; Werlhoff (1699-1757), un médecins les plus érudits de l'Allemagne, après Triller et Grune et célèbre surtout par ses études sur les fièvres intermitte (1732) et sur les maladies charbonneuses, les anthrax varioles (1735); Zimmermann (1728-1795), enfin Hufelind (1762-1836), si renommés, lun pour son Traité de la solitude Vautre pour l'Art de ares la vie.

Et chez nous, en mettant à part les créateurs de systè quel grand clinicien pouvons-nous opposer à celte vaillantem horte étrangère? Chirac (1650-1732), plus fort sur les raisont ments chimiques et mécaniques que sur l'observation (1), hom dont le caractère est peu sympathique; Hecquet (1661-1727);

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iatromathématicien, médecin très-bienfaisant, janséniste ardent, et écrivant plus pour plaire aux gens du monde ou pour soute

d’âpres controverses que pour faire avancer la science (2)

dry (1658-1742) qui est surtout un polémiste (3) de talents doute, mais d’un caractère équivoque ; Astruc (1684-1766) lèbre plutôt comme historien et polémiste (4) que commen

historiques et bibliographiques) les Praecepta praxeos medicae universt Jos. Frank (1821-1835), traduit, mais assez mal, en français par Baylé l'Encyclopédie des sciences médicales.

(4) IL faut surtout distinguer sen Traité (ouvrage posthume) des fiévres ra et pestilentielles, 1742; ses Consultations, trad. en français en 4744, "0 Observations sur les onanodités auxquelles sont sujets les équipages desoms seaux, 1724. QUE

(2) Plusieurs de ses écrits sont encore recherchés par les curés de villages et les bonnes femmes. ÿ

(3) Son traité De la génération des vers dans le corps de l’homme, etes 170 ] avec les Éclatrcissements, 1704, lui a attiré plus de sarcasmes que d'éloges Du moins, dans les divers écrits qui sont la contre-partie de ceux de Hecqueb, quelquefois raison contre le rigorisme de ce dernier. Andry s’est montré unimpls cable défenseur des médecins contre les chirurgiens (voy. plus haut, p. 283).

(4) Voy. surtout ses Recherches pour servir.à l’histoire de la Faculté denédece de Montpellier, 1767, et sa Bibliographie des maladies vénériennes, où de travail que de critique. Il se montre ardent défenseur de la contagion dans es Dissertations sur la peste. Quoique un peu iatromécanicien, Astruc expliquai digestion par une fermentation.

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