‹ Histoire des sciences médicalesChapitre 236 sur 260 · PINEL · texte numérisé non relu

PINEL

den, mais dont on consulte encore les traités Sur la maladie vénérienne (1740), Sur les tumeurs (1759), et Sur les maladies des femmes (1761-1765) ; Lieutaud (1 703-1780), assez habile dans l'anatomie normale, mais qui n’a su tirer presque aucun parti des nombreuses ouvertures de cadavres qu'il a faites (1); Sauvages(1706-1767), qui est, par sa Noso/ogia methodica (1763), lun des précurseurs de Pinel. La Nosologia est fondée, pour la théorie médicale, en partie sur les idées de Boerhaave, et pour k méthode, sur le système de Linné (2Y:

Je ne chercherai pas à cacher que Pinel (1755-1826) m’a toujours beaucoup embarrassé. Si personne n'est tenté de lui marthander les éloges qu’il mérite, à si Juste titre, pour les ser- Mices éminents qu'il a rendus aux malheureux aliénés, et pour k réforme du régime des hôpitaux, de la Salpétrière en parliculier (3), il n’est pas aussi aisé de porter un jugement favorable Sur ses doctrines médicales. À lire un peu superficiellement, dans ls Préfaces de la Nosographie philosophique (1797) ct de la Médecine clinique (1802), ses professions de foi, ses déclarations ie principes, les règles qu’il trace pour la récolte des Observa.ions, on est un moment séduit par le ton affirmatif, par un style assez vif et entraînant, et l’on croit avoir affaire à un homme lès-positif, puis, lorsqu'on veut pénétrer plus à fond dans sa pensée, on y trouve une foule de considérations d’un vague délant, et dans les déductions pathologiques un manque absolu le bases solides.

Non, Pinel n’est pas un clnicien dans la légitime acception lece mot; c’est un naturaliste, et la preuve je la trouve dés les premières lignes de la Nosographie. Que penser en effet de cette phrase : « La vraie médecine, celle qui est fondée sur des prinlipes qui consistent bien moins dans l'administration des médi-

(1) Essais anatomiques, etc., 17492, L'édition de 1776-1777 a été donnée par Portal qui y à ajouté beaucoup de notes. Lieutaud a rectifié beaucoup d’erreurs de Winslow; — Précis de la médecine pratique, 1759; — Historia anatomica medica istens numerosissima cadaverum humanorum extipicia, 1767.

(2) Je parle plus loin de la Société royale de médecine.

(8) Pinel avait été devancé par le Mémotre de Tenon Sur les hôpitaux, 1788,

caments que dans la connaissance approfondie des maladies#s doit être reprise et cultivée avec les bons auteurs, comme un branche de l’histoire naturelle? » Tout pour Pinel, élève, ma spiré, de Condillac, consiste à appliquer la méthode d'analysek médecine (1). Classer les maladies, semble être le but supr auquel doit tendre la médecine. Il s’agit bien, en vérité, de soudre ce problème posé par Pitcairne : Une maladie él donnée, en trouver le remède ; ce serait montrer bien plus dé présomption que de lumière et de sagesse (2). « Rabattons de prétentions exagérées, prenons plus de circonspection et de serve, descendons au problème suivant qui est bien plus mesur et plus circonserit : Une maladie étant donnée, délerminerssoi vrai caractère et le rang qu’elle doit occuper dans un tabl nosologique. » Grande. consolation pour les malades, et gran avantage pour les médecins! Eh quoi, la médecine ne serait\ l'art de quérir ! Fi donc! Elle a de bien plus nobles destinéesl Certes on ne saurait nier que Pinel a contribué plus qu'auc de ses devanciers à tirer du chaos la nomenclature médic mais sur quelles données de pathologie générale repose sa classification (3)? | Pinel affirme que les maladies ne sont point des écarts ni déviations de la nature, qu’elles ont un caractère évident de

(4) De ce que la méthode analytique a conduit diverses sciences vers le pro il ne s'ensuit pas qu’elle soit exactement et uniquement la source de ceuxidesi médecine, surtout pratiquée à la facon de Pinel. : 4

(2) Plus loin, dans cette même Introduction à la Nosographie, Pinel fait jus des prétentions thérapeutiques exagérées, comme si la maladie n’était qu'une $0 de mécanisme... comme s’il était possible d’entraver en général ou de suspeñ son cours, et qu’il fallüt toujours admirer la puissance et Les ressources fécondes! la médecine! — En somme, et quoiqu'il s’en défende un peu mollement, du Pinel arrive à la placidité des Stahliens. (Voy. aussi Clinique, sect. II, $ 3; influe du traitement; méthode agissante et expectante), et comme Stahl ou Hofimann il soudrait exclure les médicaments exotiques au profit de la médecine naturelleuel domestique ; cependant, malgré sa bonne envie, il n’y put pas complétement réus

(8) Dans un volume publié en 4772 (2e édit.) Cullen, sous le titre de Sy nosologiae methodicae, etc, à donné le conspectus des Nosologies de Sauvages Linné, de Vogel, et la sienne propre, pour laquelle il a emprunté diverses" à Sauvages. Il faut ajouter les Nosologies de Sagar, de Nietzki, de Selle, de M bride et de Van den Heuvel: ;

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