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Voyez page 47.
} Jusqu'à présent je n'ai pu me procurer les ouv diüse Geschichte der Medicin, 1839; Müller, Versuch einer Geschichte der Heilhundé, 1805; Vendt, Chronogruplhiie der Geschichte der Medicin, 1812.
D (3) Je ne parle que des ouvrages où la biographie sert de cadre à une histoire “chronologique, et non pas des dictionnaires ou des répertoires biographiques.
rages de : Roatzsch, Compen-
2 Ethnographiques. — Elles consistent moins à établir des périodes qui embrassent la science dans son ensemble qu’à suivre sa marche chez chacun des peuples où elle se présente avec un caractère plus ou moins tranché. GLiFron et HEUSINGER sont à peu prés les seuls qui soient entrés dans cetie vole.
3° Pragmatiques où annalistiques.— Elles sont fondées sur la succession des faits les plus importants, ou des plus grands noms, sans se soucier assez de leurs rapports avec le développement même de la médecine (LE CLERC, SCHULZE, ACKERMANN, Scuperr, Lessine, Kuennnorrz, KRUEGER, RAIGE, HirscuEL, Morwirz, WunDerLiGH, CHINGHILEA).
Chronologiques. — On a pris pour base la chronologie politique (SPRENGEL,, Bosrock, ISENSEE).
5 Philosophiques où mieux encore organiques (école alle: mande). — Elles sont établies d’après ce principe, généralement admis maintenant, que l’histoire d’une science est celle de son développement rée/ dans l’espace et dans le temps, lequel s’accomplit en vertu de lois plus ou moins connues. Les unes sont fondées sur les changements que subit la médecine dans la suite des siècles; c’est ce que j'appelle les classifications organiques réelles ou rationnelles, soit qu'on y prenne en considération (ce qui est malheureusement le cas le plus ordinaire) des événements ou des faits purement extérieurs, soit qu’on tienne surtout
compile des modifications essentielles de la science (HEGKER, Hagser, Puccxorm). — Les autres tiennent plus particulièrement compte de la succession des théories et des sysiémes (Barcausen, Broussais). — Les autres enfin sont établies d'après des vues à priori, et sans se préoccuper sérieusement ni des textes ni des faits. Je leur donne le nom d’organico-mystiques où extra= scientifiques (Kirser, WiNDIScHMANN, LEuporpr, DAMEROW, QuirzMANN, ScuucTz, WEBER, FRIEDLAENDER, AUBER).
6 Je fais une catégorie à part pour les classifications qui prennent leur point de départ, non dans la médecine elle-même,
mais dans histoire des sciences qu’on regarde comme ayant eu un développement à peu près parallèle, surtout dans l’histoire de la philosophie (Saucerorte).
7° Mixtes. — Elles sont à la fois pragmatiques, organiques, chronologiques, ethnographiques (HaLLer, CHOULANT, RENOUARD, Wise).
8 Enfin il est des classifications si arbitraires, ou si vagues ou si incomplètes qu’il est à peu près impossible de les ranger sous une formule générale. Telles sont, par exemple, celles de Gorricxe, de TourTeLce, de Capamis, d'HAMILTON, de VAN DER Hogven, de Mervon.
Maintenant, passons en revue, aussi brièvement que possible, et suivant l'ordre chronologique, les classifications adoptées par les auteurs dont j'ai rappelé les noms.
- Les historiens de la médecine ne furent primitivement que des biographes : tels sont, par exemple, chez les Grecs (1), Denys d'Éphèse (2), qui dressa une Liste des médecins ; — Hermippe, qui “écrivit, vers la fin du mi siècle avant Jésus- Christ, uñ ouvrage au moins en cinq livres Sur les médecins célèbres (3); — Andréas de Carÿste (vers l'an 220 avant J. C.), dont l’auteur anonyme dla Vie d'Hippocrate cite une Généalogie médicale; — Philon (1) Ménon, disciple d’Aristote, passe généralement pour avoir écrit des Vies de inédecins ; hais il n'avait fait que recueillir leurs opinions dans une Co/ection “nédicale. qui, sans doute, n'était pas sans analogie avec les récentes compilations
1 Mibase, d'Aétius, ete. Cette Collection médicale, appelée aussi Livres ménoniens, “Cxistait encore du temps de Galien, lequel déclare qu’elle est bien l’œuvre de
Ménon et non pas celle d’Aristote, comme quelques-uns le prétendaient. — Cf, GI, Comm. I in Gb. Hipp. De nat. hom., $ 2, t. XV, p. 25-6; Plutarque, Sym- DOSAc NET, 9, 3, 20, qui fait allusion à un passage des Livres ménoniens relatif dccrtaines idées superstitieuses touchant les maladies du foie.
()sScholia in Theocritum, XT, Arg., p. 74, L 33, éd. Dübner. Paris, 1849, coll, Didot. — On ignore l'âge exact de cet auteur, qui, du reste, passe pour assez ancien.
“(3) Moy. Scholia in Orib.; dans Collect, medic., XEIV, 47, €. UL, p. 68%, 1902, cElym, magn. vocc 'Ardpern. |
Herennius où de Byblos (du milieu du 5” siècle aù commences ment du 1° avant J. C.), auquel Étienne de Byzance (voce Kiproc attribue un ouvrage analogue à celui d'Hermippe; — Soranus d'Éphèse (commencement du 1° siècle?), auteur d’un recueil Sur la vie, la secte et la succession des médecins, en dix livres, qui devait rentrer un peu dans la classe des Histoires (4); enfin, au xi° siècle après Jésus-Christ, chez les Arabes, Ibn-Abi Oseibia. Comme il ne reste que de très-vagues et très-brèves. mentions des biographies grecques, il est impossible d’en déterminer la valeur. Dans Ibn-Abi-Oseibia, qui s’est occupé des médecins grecs, indiens et arabes, l'imagination orientale rem place absolument la critique historique; les vies remplies d’a: necdotes vraies ou fausses se suivent sans aucun lien et sont parsemées d'erreurs chronologiques monstrueuses ; mais la bis bliographie est en général très-exacte, et par conséquent trèsprécieuse.
Je ne mentionne ici que pour mémoire BERNIER (2), qui pens sait avoir écrit une histoire de la médecine en ajoutant bout à bout une série de médecins, sans choix, sans critique, et sans opérer aucune espèce de division systématique. Supposez l’ordre alphabétique, et vous aurez un mauvais dictionnaire.
Les deux premiers ouvrages qui se présentent à nous avec ut caractère vraiment historique, où les faits de la science prennenl au moins autant de place que les faits biographiques, sont ceux de Danez Le CLerc et de Scnuzzr, qui ont écrit à peu près en même temps sur notre histoire, et qui malheureusement né l'ont pas poussée très-loin, car l’un arrive à peine à Galien, ef l'autre ne va pas au delà de ce médecin.
DanieL Le CLErc (1696) (3) se vante avec Juste raison d’avoir traité véritablement l’histoire de la médecine. Toutefois il dés
(1) Cf. Suidas, voce Sopayse, la scholie citée dans la note précédente, et la Vi d'Hippocrate.
(2) Bernier, Hssais de médecine, etc. Paris, 1689-1694, in-4, ct réimprimés plusieurs fois avec des changements. ; « (3) Le Clerc, Histoire de la médecine, etc.; 17e éd. Genève, 1696, in-8; dé nière, Amsterdam, 1723, in-4; et nouveau titre, 4729.
dlare « qu’il ne dit pas cela pour se faire valoir, mais pour qu’on «lui accorde quelque indulgence ». Il ajoute avec une grande Simplicité : « Je reconnais qu’il fallait pour l’entreprendre plus de @Savoir que je n’en ai, mais les-honnêtes gens me sauront gré « de mes efforts. »
d'adresse à mes lecteurs la même prière et les mêmes excuses.
Daniel Le Clerc expose et raconte; il marque l’origine et l'enchaînement des sectes ; il juge rarement, mais il reproduit fidélement l'impression que ses nombreuses lectures ont laissée en Son esprit; on s'aperçoit bien vite qu'il écrit ordinairement d'aprés les sources ; souvent même il ne fait que traduire; son point de vue est donc réellement Pragmatique ; sa narration a Un grand charme de modestie, de candeur et de bonne foi : Sous, ce rapport, son ouvrage ressemble par beaucoup de points aux écrits historiques de la fin du xvrr où du commencement du xvr° siècle. En lisant Le Clerc, on se rappelle Rollin et le père Daniel.
Ses divisions ressortent du point de vue objectif auquel il s’est placé ; ainsi elles sont purement chronologiques et ne repré- Senient en aucune façon, pour lui, la marche générale de la Science. Son ouvrage est divisé en trois grandes sections. La Première contient la médecine d'Hippocrate. Le Clerc compie Pountrès-peu de chose ce qui a précédé le médecin de Cos (1), et iMuirattache naturellement tout ce qui la suivi immédiatement, dqui ne l'empêche pas de consacrer à l'histoire de. la médecine, durant les trente-cinq premiers siècles du monde, cent OM pages surchargées de textes qui n’ont aucune autorité. La Seconde partie commence à Chrysippe; car, chose étrange, Praxagore est rangé dans la première période. Cette seconde paiiesest, pour l’auteur, caractérisée principalement par les progrès de l'anatomie et par les sectes, ce qui est une vue assez |
(L)k« La première partie contient principalement Ja médecine d’Hippocrate; c’est du moins ce qu’il y a de plus important: le reste, qui regarde l’état de la médecine
avantet après lui, n'étant pas à peu près si considérable, quoique tout cela fasse à Lhistoire. » (Préface.
3h INTRODUCTION. S
juste. Enfin, /a troisième est consacrée à Gatien. Une telle classification des périodes ne va pas au fond des choses, est insuffisante, repose trop souvent sur des considérations de second ordre, et confond ce qui doit être séparé, tandis qu’elle distingue ce qui doit être réuni.
Dans l'Appendice qu’il a ajouté à la partie achevée de son histoire, Le Clerc, qui avait trop de soucis de famille pour conserver sa liberté de travail, se contente d’esquisser le plan de deux périodes seulement, l'une qui s'étend de Galien à Paracelse, l'autre qui comprend Paracelse et ceux de sa secte.
Il est étonnant de voir Le Clerc, dont l’esprit était du reste trés-posilif, devancer les Allemands dans cette manière de consi: dérer Paracelse comme le chef de la réforme médicale.
Entre Le Clerc et Schulze se placent quelques historiens de
très-peu de valeur, et sur lesquels je n'ai que quelques mot à dire.
BARGHUSEN, 1710 (1), fait moins une histoire de la médecine proprement dite qu’une histoire des sectes. Aussi toutes ses dis visions se rapportent-ell es à l’origine et à la fortune des sect principales. Je n’en parle donc que pour mémoire.
Les divisions de Gorzicxe (2) sont tout à fait factices et arbis iraires. Il a une période antédiluvienne ; une égyptienne ; une troisième, subdivisée en deux époques, qui s’étend d’Esculape à Hippocrate ; une quatrième où Hippocrate figure seul comme une unité; enfin une période post- hippocratique jusqu’à l’école d’ sad. Heureusement l’auteur s’est arrêté la! Le Rs du reste, répond au cadre.
fr
FREIND, 1725 (3), n’a admis aucune division systématique. il
(4) Barchusen, Historia medicinae, ete. Amst., 4740, in-8. Autre édition @ lièrement refaite sous le titre : De medicinae origine ct progressu, ete. Trajecti ad Rhe num, 4723, in-4.
() Goclicke, Hist. med. universalis. Franco, ad Viadr. 1724, in-8, 2 vol.
(3) Freind, the History of Physie, from the time of ter to the beginning
the XVI century Londres, 1795, Travail estimable, traduit plusieurs fois en latin et en français.
continue Le Clerc depuis Oribase jusqu'aux environs du xv: siècle, en mettant des noms les uns à la suite des autres.
J° H. Sonurze, 1738 (1), partage la partie de l’histoire de la médecine qu'il a écrite en deux périodes : la première commence avant le déluge et s'étend jusqu’à la mort d'Hippocrate inclusivement ; là il donne un libre cours à son érudition sur les premiers inventeurs de li médecine et sur les dieux médicaux. — Dans la seconde, il étudie la médecine depuis Hippocrate jusqu’à Son introduction à Rome (149 ans avant J. C.) : fait notable sans doute, mais qui ne constitue pas un caractère essentiel : du 1esle, plusieurs historiens, entre autres Cabanis et Isensee, ont pris ce fait comme point de départ d’une période.
Dans son Compendium, 1741 (2), Schulze admet deux périodes : la première, qui comprend la médecine my thologique ; la seconde, la médecine depuis Hippocrate inclusivement jusqu’à Galien exclusivement. (S’arrête vers l'an 138 de J. C.)
CLIFRON, 1732 (3), à une division tout ethnographique et par conséquent absolument fausse (voyez HeusINGER) : il étudie successivement la médecine des Grecs, des Romains, des Arabes, enfin celle des modernes.
Darren 1776 (4); divise l’histoire de la médecine de la manière suivante : grecs, arabes, arabistes (qu'il fait commencer beaucoup trop tôt) ; réformateurs où érudits; médecine thi- Mique; = hippocratique ; le reste par siccles : xvir° et XvIHI', en Marquantlanaissance et les principes des diverses écoles. — Pour là chirurgie (5) il distingue les grecs, les arabes, les ara- Distes; l'école italique, la francaise; la chirurgie per fectionnée, et celle des temps les plus modernes. — Enfin, pour l’anatomie (6), leSdivisions sont à peu près les mêmes. Du reste, quelle que soit
(1) Schulze, Historia medicinae, etc. Lipsiac, 1728, in-A.
(2) Schulze, Compendium hist. medicinae. Halae, 4749, in-8.
(8). Clifton, The State of Physic ancient and modern. London, 1732, in-8. (A) Halle, Bibliotheca medicinae practicae. Basil., 1776-1788, 4 vol. ih-4. (5) Haller, Bibliotn. chirurgica, 1774-1775, 9 vol. in-4.
(6) Haller, Bibliotn. anatomica. Tiguri, 4774-1776, 2 vol, in-A.
la branche des sciences médicales qu’on veuille envisager à ce point de vue, elle rentre dans les mêmes cadres : tout prospère ou tout languit, ou tout souffre ou tout revit à la fois.
je ne m’occuperai point du mauvais précis de BLack (1), que Coray a eu la malheureuse idée de traduire en français.
À. Fr. Hrcxer, 4790 (2), a une division des plus étranges en neuf périodes : Origines-Hippocrate ; Hippocrate- Galien; Galien- Constantin; Constantin-Apparition de la syphilis ; Syphilis- Paracelse; Paracelse-Sylvius de le Boæ; 8. de le Boœ-triumvirat; Triumoirat-Haller ; Haller-1790.
Kurr Serencez, 4792 (3), doit nous arrêter quelque temps, plus encore à cause de sa grande réputation que pour le mérite réel de son œuvre. Il n’y a pas d'Histoire où l’auteur fasse plus étalage d’érudition, et pas non plus où cette érudition soit plus dépourvue de critique et d’exactitude. La classification du professeur de Halle est une des plus étroites, des plus irrégulières, et, par suite, des plus infécondes. L'auteur, néanmoins, dit qu'il a eu beaucoup à s’en louer dans le cours de son ouvrage, mais je ne sus en quoi elle a pu éclairer sa marche et lui faire saisir le vrai caractère des différentes phases par lesquelles a passé la science. De plus, Sprengel a eu le grand tort, à mes yeux, de subordonner ses périodes à certaines divisions de Phistoire politique. Ilne me semble pas du tout logique de chercher les bases d’une classification en dehors du sujet dont on s'occupe. C'est certainement amoindrir ce sujet, et le regarder, pour ainsi dire, comme stérile par lui-même. Aussi je condamne absolument les divisions fondées, soit sur l'histoire politique, soit sur l’histoire de la philosophie. Les événements de l'histoire politique ou de l’histoire de la philosophie ne peuvent être pour nous qu'un terme de comparaison, très-instructif sans doute,
(4) Black, 4n historical Sketch of Medicine and Surgery, etc. London, 1782, in-8; Paris, 4797 et 1835, in-8. Voy. Ch. de la Rochette, Mél., t. I, p. 117-140.
(2) Hecker, Medicinae omnis aevi fata. Erford, 1790, in-/A.
(3) Sprengel, Versuch einer pragmat, Geschichte der Arzneïkunde. 47e éd., Halle, 4792-1799, in-8; 3°, Halle, 1821-1898, la meilleure; 4°, Leipzig, 1846, tome I°', publié par M. Rosenbaum. Trad. française par Jourdan, 1815-1820.
mais toujours secondaire. Du reste, les divisions politiques de Sprengel ne sont pas plus puisées dans la philosophie de l’histoire générale que ses périodes médicales ne le sont dans la philosophie de l’histoire de la médecine. Ce sont de simples concordances fort grossières et qui n’apprennent rien. L’esquisse suivante fera reconnaître la justesse de ma critique.
l Guerre des Argonautes : Premières traces de la médecine grecque. —W. Guerre du Péloponèse : Médecine hippocratique. — If. Établissement du Christianisme : Ecole méthodique. — IN. Émigration des Barbares : Décadence de la science. — V. Croisades : La médecine arabe est au plus haut point de sa floraison. — NI. Réformation : Restauration de la médecine
grecque et de l'anatomie. —NII. Guerre de trente ans : Harvey, réforme de Van Helmont. — VIIL. Frédéric Il : Haller.
Les coupes opérées dans ces grandes sections ne sont guère plus heureuses. Dès Hippocrate, la confusion commence, et il st bien difficile de retrouver un fil conducteur. Le moindre défaut de ces subdivisions, c’est que Galien n’y figure même pas nominativement, et qu’il est englobé sous cette rubrique : De la médecine méthodique jusqu'à la chute de la science.
… La premiere période, depuisles origines de la médecine jusqu’à Hippocrate, embrasse deux phases de la médecine d’un caractère trop différent pour qu’on les comprenne sous un même chef. — apparition de la médecine méthodique est un fait considérable, ilest vrai, mais c’est un fait accidentel qui n'empêche pas le développement de la médecine dogmatique, qui n’en est pas une production légitime, et qui ny introduit presque aucun élément nouveau; ce n’est qu'une vue systématique de plus à enregislrer : ajoutez que le méthodisme coexiste avec d’autres sectes qui ne sont pas non plus sans puissance. Le méthodisme est donc un événement qui peut servir à caractériser une des subdivisions d'une époque, mais qui ne la domine pas tout entière. On fausse le point de vue historique en présentant le méthodisme comme le fait Sprengel, et en faisant disparaître, pour ainsi dire, et le dogmatisme ei son puissant soutien, le médecin de Pergame. D'un autre côté, Sprengel n’a connu ni le véritable intérêt qui s’attache au méthodisme, ni la fortune de cette secte, Et puis, quel
rapport, je le demande, entre l’origine du méthodisme et celle du christianisme ? À peine une concordance chronologique !
Je regarde comme une règle générale importante d'éviter autant que possible de prendre l’apparition des doctrines ou des sectes pour servir de point de départ à l'établissement des. périodes historiques, D'abord, des doctrines ou des sectes aussi importantes les unes que les autres apparaissent simultanément à certaines époques ; il n’en est point qui dominent tellement les autres qu’elles les effacent, et la éradition orthodoxe continue son cours. En second lieu, les doctrines ne sont, en quelque sorte, que des instruments qui facilitent ou achèvent le développement de la science, mais elles ne sont pas ce développement lui-même ; elles n’en constituent que des phases transitoires. IL n’y a point de doctrines qui changent complétement la face de la médecine, si elles-mêmes ne reposent pas sur des faits ou des découvertes qu’on doit considérer alors comme principes de la division en périodes. Ce n’est point que je méconnaisse l'importance des doctrines qui constituent l’une des parties les plus élevées de Phistoire de la médecine envisagée dans sa généralité ; mais il me semble qu’elles doivent surtout être acceptées comme base de divisions secondaires, et que même dans ce cas il faut tenir grand compte des cireonstances où elles se sont produites.
La décadence de la science est un mot banal et vide dé sens qui a fourni à Sprengel un thème de déclamations ridicules; il a perdu de vue la trace de la médecine pendant la première partie du moyen âge, et il s’est écrié : il n’y a plus de médecine | C'est un procédé fort commode pour s’épargner la peine de débrouiller le chaos.
La découverte de Harvey prise comme point de départ d’une grande période est, assurément, une excellenie idée ; mais dans le système de Sprengel, cette idée, à peine refléchie, n’a pas la valeur capitale qu'on doit lui accorder.
Le nouvel éditeur de Sprengel, M. Rosenbaum, qui s’est livré à la tâche ingrate et indigne de son talent, de reconstruire un édifice qui croule de toutes parts, n’a dû ni pu essayer de refaire la classification si défectueuse du professeur de Halle ; il ne nous a donc pas fourni le moyen d’apprécier ses vues personnelles
sous ce rapport. D'ailleurs, M. Rosembaum, dans ses travaux originaux, paraît s'être placé sur un terrain tout autre; convaincu que l'histoire de la science est encore dans l'enfance, que Phistoire de la pathologie est particulièrement arriérée, malgré les efforts de Hecker, de Haeser et de quelques autres, et que la première condition pour avoir une histoire vraiment rationnelle et organique de la médecine, est de la refaire en détail avant de la présenter dans son ensemble, il a proclamé /a nécessité de monographies sur toutes les parties de l'histoire de la médecine, quelque insignifiantes qu'elles paraissent. lui-même a donné l'exemple et a produit de savants modèles. Je regrette vivement que des circonstances graves aient enchaîné cette plume si érudite et si féconde, et je souhaite que quelques paroles d’encouragement lui arrivent dans la retraite où paraît lavoir plongé linjustice de ses concitoyens.
AGKERMANN, 1792 (1), dans un abrégé justement estimé, divise toute l’histoire de la médecine jusqu’à Paracelse (où se termine malheureusement son livre) en trois grandes périodes :