I. Medicina antiquissima. — Periodus incerta. — Certior
I. Medicina antiqua. — Periodus 1. Hippocrates. — 2. Schola Hippocrateorum. — 3. Empirici. — k. Methodici.
III. Medicina recentior. — Periodus 1. Galenus. — 2, Post Galenum usque ad Saracenos. — 3. Saraceni. — h. Studium Sulernitanum. — 5. Arabistæ. — 6. Medicina Galent et Hip- Docrais restaurata.
Ackermann,: suivi en cela par presque tous les historiens de la médecine ses compatriotes, regarde Paracelse comme la limite entre l’âge ancien et l’âge moderne, comme le point de départ de la réforme médicale. J'ai déjà indiqué et je montrerai plus loin ce qu'a de vicieux cette mamière de voir qui tient essentiellement au caractère de la philosophie spéculative allemande. Cette clas- Silication, purement empirique, matérielle et chronologique, ne tient aucun compte des vicissitudes réelles par lesquelles la science a passé.
(4) Ackermann, Institutiones historiae medicinae. Norimbergae, 4792, in-8.
Reprenons quelques points en particulier. La division en lippocratiques, empiriques et méthodiques est tout à fait fausse dans une classification chronologique, attendu que les trois sectes et particulièrement les deux premières ont eu longtemps une existence simultanée; en second lieu, l'expression kippocratiques est mal choisie : elle ne doit guère s'appliquer, à moins de confusion, qu'aux successeurs immédiats d’Hippocrate; dès lors il vaudrait mieux se servir du mot dogmatiques.éD’un autre côté, à partir de Praxagore et de Chrysippe, la médecine revêt un caractère nouveau qui domine toute la période jusqu’à Galien, et qui confond dogmatiques, empiriques, méthodiques et autres. Les subdivisions de la medicina recentior sont mal dessinées, purement accidentelles et laissent dans l'ombre beaucoup de points sur lesquels il fallait insister, et que je tâcherai de mettre en lumière.
L'ouvrage de Scupéri, 1794 (1), très-peu lu en Italie, ne l’est guëre plus en France malgré la traduction française de Billardet; cependant cet écrit mérite moins de dédain. Scudéri a émis des vues fort raisonnables sur la philosophie de l’histoire médicale: mais il ne savait de cette histoire que les parties les plus sail- Jantes, j'allais presque dire qu’il n’en connaissait que l'écorce. Sa division en périodes s’en ressent beaucoup; elles ne sont ni nettement définies ni franchement caractérisées :
L. Médecine mythologique. — V1. Médecine empirique depuis la querre de Troie jusqu'à celle du Péloponèse. — WI. Dogmatisme ou Hippocrate. — IN. Méthodisme. — N. De Galien à 1600,
— VI De la médecine chimique (Nan Helmont).— VII. Médecine.
mécanique (Bellini, Stahl).— VIII. Médecine physique (Boerhaave, Bordeu). — IX. Wédecine physiologique (Cullen, Brown).
On ne sait rien de positif sur la période primitive ; l’histoire réelle de la médecine ne commence qu'avec Homère, et c’est
seulement après Homère que nous avons des renseignements
certains sur la mythologie médicale, qui arrive au temps d'Hip-
(4) Scuderi, Infroduzione alla storia della medicina antica e moderne. Napoli, 1794, in-8 ; 2 édit., Padova, 1824, in-8 ; — Paris, 4810, in-8,
CRITIQUE DES DIVISIONS DE L'HISTOIRE. hi
pocrate à son point culminant. La deuxième période est mal déterminée et mal dénommée : la pratique médicale y était sans doute en partie livrée à l’empirisme; mais à côté de cet empirisme, on ne peut méconnaître le rôle scientifique que jouent les écoles de philosophie, au moins pour la physiologie, et les écoles de médecine. — La quatrième époque (méfhodisme) n'est: pas mieux établie chez Scudéri que chez Sprengel; l’un et l’autre auteur ont morcelé, démembré la période entre Hippocrate et Galien, période qui présente cependant un caractère d'ensemble nettement dessiné, et qui dans les ouvrages de ces deux historiens n’a plus de physionomie.
La cinquième période est tout à fait mal comprise. Scudéri paraît n'avoir ni lu Galien, ni connu les auteurs qui l'ont suivi. — En prenant Van Helmont comme point de départ d’une grande division, au lieu de Paracelse, Scudéri se sépare de l’école allemande; mais ce n’est pas un progrès, car Van Helmont n’a pas même exercé une influence aussi grande que Paracelse. — La détermination des autres périodes, dont l’ensemble présente un caractère jusqu'à un certain point comparable à celui qu'offre l'espace de temps compris entre Hippocrate et Galien, et que j'ai défini ailleurs, repose plutôt sur des accidents que sur l'idée même des transformations et du développement de lascience. Ce sont les facettes d’une période, ou si l'on veut des manifestations souvent simultanées, mais en sens contraire et en esprit d'opposition et de secte.
Je passe quelques historiens d’un ordre tout à fait inférieur, par exemple Mezs (1), Korruu (2), et je serai bref sur Tourtelle, sur Cabanis et sur quelques autres qui n’ont pas travaillé d’après les sources, pour arriver à HECKER.
Il ya quatre âges pour TourTeLLe, 1804 (3) : Le premier âge
(4) Mesa, Tentamen historiae medicinae. Hafniae, 4795, in-8.
(2) Kortum, Skizze einer Zeit und Litlerärgeschichte der Arzneikunst, u. s. w. Leipzig, 1810, in-8.
(3) Tourtelle, Histoire philosophique de la médecine depuis son origine jusqu'au commencement du xviue siècle. Paris, an XII (1804), 2 vol. in-8,
jusqu'aux, Arabes. — Les Arabes. — Là Renaissance. — De Van Helmont jusqu'à nos jours.
Une pareille classification ne se discute pas.
Les seules divisions nettement dessinées par Capanis, 1804 (1), sont les suivantes : 4° De la médecine depuis sa naissance jusqu'à son introduction chez les Romains ; 2 depuis ce moment jusqu'aux Arabes; 3 de ceux-ci à la Renaissance ; 4 enfin découverte de la circulation.
Il n’y a là ni principe critique, ni régularité; de plus on retrouve encore cette fausse idée qui consiste à regarder comme un fait culminant et comme caractérisant une époque, l’introduction de la médecine à Rome. D'abord l’événement en luimême (car pour les historiens c’est un véritable événement) n’a pas eu d'influence notable sur la marche ultérieure de la science ; en outre, la médecine resta toute grecque.
Kieser, 1817 (2), s'efforce d'élever la médecine à la hauteur d’un culte. C’est un des premiers qui aient essayé une classification prétendue philosophique; il a divisé l’histoire en deux cycles : 1° le Cycle oriental, qui commence à l’origine des choses et qui s'arrête à Paracelse; % le Cycle occidental, qui s’étend, avec des subdivisions, depuis Paracelse Jusqu'à nos jours.
L'idée est plus hardie que juste : d’abord le mot oriental est fort mal trouvé, car ce n’est pas de l'Orient proprement dit, mais seulement de la Grèce que nous vient la médecine, je le démontrerai plus loin ; Paracelse est une mauvaise limite pour la médecine antique, puisque la réforme paracelsique n’eut pas d’influence décisive sur la chute de la médecine galénico-arabe, car la chimie sans la physiologie est impuissante.
J. Fr. K. Hecker, 1622 (3), tient le milieu entre les écoles philo-
sophico-historiques de Schelling et de Hegel, et l’école historique
(4) Cabanis, Coup d'œil sur les révolutions et sur la réfo Paris, -an XII (1804), in-8.
(2) Kieser, System der Medizin, u. s. w. Halle, 4817-19, 2 vol. in-8.
(3) Hecker, Geschichte der Heikunde nach 1822-29, 2 vol. in-8.
rme de la médecine,
den Quellen bearbeitet. Berlin,
proprement dite dont Eichhorn s'était constitué le chef, et à laquelle appartenait Sprengel, école qui, loin de se contenter de rappeler quelques traits communs, quelques influences réciproques s'efforçait de rattacher directement l’histoire de chaque Science à l’histoire générale de la civilisation. Le professeur de Berlin cherche à pénétrer dans une voie nouvelle pour la formalion des époques de l’histoire de la médecine; mais elles ne répondent qu'en partie aux diverses phases du développement même de la science.
Ainsi il divise notre histoire en cinq grandes périodes :
1° Depuis l'origine de la médecine jusqu'à sa constitution Sientifique sous Hippocrate, 377 ans avant Jésus-Christ. — d Depuis la première constitution scientifique de la science jusqu'à son complet développement théorique dans l'antiquité; c'estdrdire depuis Hippocrate jusqu à Galien inclusivement, 200 ans après Jésus-Christ. — 3° Depuis l'établissement des théories quléniques jusqu'à la formation des écoles chimiques, ou depuis Gulien jusqu'à Paracelse, 200-1517. — 4° De Paracelse à Har-
“06, 1517-1628. — 5° Depuis Harvey jusqu'à la nouvelle reslauration des sciences, 1628-1800.
Cette division me paraît pécher en plusieurs points. Outre que léRvant historien n’a pas une idée trés-nette des principaux mouvements de la science, et ne tient pas assez comple ni des Grigines homériques, ni des écoles philosophiques (pour la physiologie), ni des écoles médicales antérieures à Hippocrate, ilconfond le développement de la science par les sectes entre Hippocrate et Galien, et Galien lui-même qui constitue définiti- Vément la médecine; il connaît mal ou point les intermédiaires entre Galien et les Arabes; il donne une importance trop grande aux chimistes et en particulier à Paracelse. Dans l’ensemble du développement complet de la médecine, Paracelse et le chimisme, Comme du reste l’anatomisme, sont, il est vrai, les racines de la période moderne, mais des racines privées de séve faute de l’élément physiologique. La quatrième période est tout à Fait factice ét mal caractérisée. Enfin, la troisième et la cinquième période sont trop compréhensives ; l'ouvrage de Hecker s'arrête vers la fin du x siècle, à Jean Actuarius.
ll INTRODUCTION.
Trois auteurs seulement, si je ne me trompe, ont essayé d'écrire l’histoire complète de la médecine d’après les sources: deux, Le Clerc et Hecker, n’ont pas dépassé l'antiquité; un seul, Sprengel, est arrivé au bout de sa tâche. — C’est de ces trois auteurs etde quelques monographies que dérivent presque toutes nos histoires de la médecine; mais le guide qu’on suit le plus volontiers est Sprengel ; or, c’est incontestablement le plus mau: vais, le plus infidèle, celui qui montre le plus de parti pris, et a le plus de préventions philosophiques, religieuses ou médicales. L’auteur le plus sincère, celui qui a le mieux lu, mais comme on savait lire de son temps, celui dont l’ouvrage est encore un miroir fidèle pour certaines parties de notre histoire, c’est Damel Le Clerc. Certainement Hecker a plus de critique que Le Clerc, mais pas plus de lecture; il est terne, sec et la naïveté n’est pas remplacée par les idées générales ; le savant professeur était plus propre à épuiser un sujet limité qu’à écrire sur l’ensemble de l’histoire. Ses monographies sur divers sujets de pathologie sont
excellentes ; son histoire n’est que bonne et n’a presque rien de, nouveau.
CaouLanr, 1822 (1), divise la médecine en huit époques: 1° Époque mythique. — ® Hippocrate et les sectes .— 3° Galien et les abréviateurs. — W Arabes et arabistes. — 5° Restaurateurs de la médecine grecque. — 6 Réformateurs, depuis Paracelse jusqu’à Harvey.— T° D'Harvey à Boerhaave. —8° Ecole dynamique (Boerhaave inclus) à Cuvier.
Choulant confond, sous le nom de période mythique, les écoles antésocratiques ; il réunit malencontreusement les sectes avec Hippocrate, Galien avec les abréviateurs; il reste dans le point de vue paracelsique et il ne caractérise aucune de ses périodes.
WINDISCHMANN, 1824 (2), se rattache de très-près à l’école de M Schelling; il subdivise avec Kieser le cycle occidental en trois
(1) Choulant, Tafeln zur Geschichte der Medizin nach der Ordnung ihrer Doctrinen. Leipzig, 4822, in-8.
(2) Windischmann, Ueber etwas, was der Heilkunst Noth thut. Ein Versuch zur Vereiniqung dieser Kunst mit der christlichen Philosophie. Leipzig, 1824, in-8.
périodes : 1° De Paracelse à Harvey. —® De Harvey à Brown. = % De ce dernier à nos jours. I établit un parallèle entre Paracelse et la réforme religieuse, entre Brown et la réforme politique ; c'est un point de vue ingénieux peut-être aux yeux d'un rêveur, mais parfaitement faux aux yeux d’un historien.
Leurorpr, 1825 (1), considère dans l'histoire de la médecine deux côtés : l'objectif, c’est-à-dire la nature humaine, le subjechf, c'est-à-dire l'esprit humain qui s'occupe de la santé, de la maladie et de la guérison; en d’autres termes, l’objet et le sujet réunis, l’objet qui est le a. de l’art, É sujet qui est la médecine et ses systèmes. L'histoire lui apparaît comme divisée en deux grands jours, l'antiquité païenne, grecque et romaine, et l'ére moderne, entre lesquels se place le moyen dge, qu'il appelle, comme tant d’autres historiens mal informés, la nuit lstorique ; la chute de l'empire romain est le crépuscule, et la Renaissance l’aurore du nouveau jour qui resplendit aux xvine et xx” siècles. Le premier jour commence à Hippocrate (2) et finit à Paracelse; le deuxième commence par ce réformateur et se caractérise définitivement par l’idée de la philosophie naturelle, c’est-à-dire de celle de Schelling. — Suivant Leupoldt, quatre sectes se sont développées dans la médecine païenne : les dogmatiques, les empiriques, les méthodiques et les pneu- Matiques; huit sectes sont nées dans la médecine chrétienne, laquelle se divise en deux cycles distincts, séparés par le triumvirat de Bocrhaave, de Stahl et de Fr. Hoffmann. Ces sectes correspondent à celles de l’époque païenne : dans le premier cycle, les paracelsistes et les chimiatriques, les empiriques et les iatromécaniques, les magnétistes et les psychiatriques ; dans le deuxième cycle, au contraire, les Awmoristes et les solidistes, les
(4) Leupoldt, A/lgemeine Geschichte der Heilkunde nach threr objectiven und Subjectiven Seite. Erlangen, 1825, in-8; 2° éd., Berlin, 1863. — Ueberblick der Geschichte der Medizin zu Prew’s Paracelsus. Berlin, 1838.
(2) L'auteur, dans la première édition, néglige entièrement le temps qui précède Hippocrate; dans la seconde, il lui accorde une petite place et en fait même une période; il en admet quatre en tout: Origines ; antiquité classique grecque et romaine; moyen âge; temps modernes.
empiriques, les broivniens et leurs successeurs, enfin les exo cistes (1). On voit que l’auteur, partisan du système de Schelling, se rapproche de Kieser, et qu'il mérite à peu près les mêmes reproches, auxquels il faut ajouter celui d’avoir enveloppé ses conceptions dans des expressions beaucoup trop métaphysiques et quelquefois incompréhensibles. — Dans la seconde édition, les subdivisions se rapprochent beaucoup de celles de Ilaeser: et l’auteur, exagérant encore le mysticisme, soumet le point de vuë historique pour la médecine au point de vue chrétien.
L'ordre chronologique nous amêne à un auteur que les Allemands ont appelé le père de l'historiographie philosophique de la mérlecine, à Damerow, 1828 (2). 11 admet trois grandes 6 Époques dans F médecine scientifique : 1° D'Hippocrate à Galien inclusivement (3).—% De Galien à Paracelse.— 3% De Paracelse à l'époque actuelle. Dans ce système, Harvey ne sert pas même, comme dans Hecker, à marquer le point de départ d’une époque.
Voici comment l’auteur, qui appartient aussi à l’école dé Schelling, s'exprime (4) : « Nous voyons dans la première pé- « riode dé passé (d’Hippocrate jusqu'à Galien) l'histoire de h « médecine commencer par l'intuition pure de la nature, par le € grand rien de la théorie d'où se développent les éléments unis € versels (Hippocrate). Ces éléments prennent dans les sectes qui Use succédent où qui coexistent des formes organiques indiyis « duelles différentes, et l’on voit paraître successivement la mas Ctière, la forme, l'essence, l’humidum, le preuma, le siccum € l'esprit, empirisme pur, l’empirisme rationnel, la spéculation, (lhumorisme et le solidisme, le dynamisme. On y reconnail « les premiers signes, les contours généraux des systèmes, des « fonctions et des puissances élémentaires de la nature humaine
(£) Ici Quitzmann (Loc. cit., p. 77) met un point d’ Hors: je pourrais bien! en mettre deux.
(2) Damerow, Die Elemente der naechsten Zukunft der Medizin, u. s. w. Berlin, 1828, in-8.
(3) Même reproche que pour Hecker.
(4) Page 61 et passim. Voyez aussi Quitzmann, Philosophie der Geschichte der Medizin, p. 79.
« Le système de la reproduction est indiqué dans la secte des « dogmatiques (et des empiriques?) par la prédominance de la © théorie des humeurs, par l’importance attachée à la bile jaune «et noire (foie et rate), enfin par l'attraction des éléments exté- «rieurs dans l'estomac ; le système de l'irritabilité dans la doc- «trine d'Érasistrate, et comme principe de mouvement chez les « méthodiques; le système de la sensibilité, enfin, par le prneuma « des pneumatiques. C’est Galien qui, en réunissant, dans une (totalité organique, ces membres épars et non développés, s’est « elforcé d'animer cette dernière par une psyché (by) ; quoique «matérielle, c’est l’idée psychique; dans la seconde période ( (de Galien jusqu'à Paracelse) cet élément psychique se mani- « feste comme médecine scolastique (moyen âge, Paracelse). »
Jusqu'alors, comme nous venons de le voir, on constate seulement un développement de l’universel; il ne restait donc à la troisième période (de Paracelse Jusqu'à nos jours) rien autre chose qu’à développer le particulier. En conséquence, dans la première division de cette période (de Paracelse jusqu'à Stahl), la médecine commence par le système abdominal, par les vues chimiques de Sylvius, de Borelli et même de Van Helmont. Dans ladeuxième division (de Séahl jusqu'à Haller), Vesprit dominant les différents systèmes de cette division intermédiaire se mani este comme système thoracique de l'irritabilité: c'est le principe des doctrines de Stahl, de Bocrhaave et de Hoffinann. « Dans « la troisième division (de Haller jusqu'à nos jours), le système « de la sensibilité, qui y prédomine au commencement (Cullen), (forme le point de transition à la délivrance de la médecine «du joug de la matière (J. Brown). C’est dans le temps «présent que fleurit le rêgne organique de la vie par l'unité « de la nature et de l’esprit, pénétré de l’expérience et de la « philosophie (école de la philosophie naturelle). Après ce dé- « veloppement parfait de la matière, l'âme humaine seule peut «être l'élément promis de l'avenir prochain de la médecine. »
Voilà ce que les Allemands appelaient, il y à quelques années, la philosophie de l'histoire ! Gela a un autre nom chez les Français.
L'esprit de système aveugle Damerow : il s’abuse sur Pimportance de Paracelse, et il fait ressortir sa division fondamentale de
la médecine plutôt d’une idée mystique que du caractère positif qui a été imprimé à la science par les découvertes réelles, surtout par celles de la physiologie.
On ne me demandera sans doute pas de prendre au sérieux l'Examen des doctrines médicales de Broussars, 1829 (1); c’est un pamphlet et non pas un examen vraiment critique. D'ailleurs, à quoi sert un ouvrage rédigé moins dans l'intérêt de la science elle-même que dans celui d’une théorie personnelle ? Broussais aurait dû se contenter d’être un réformateur, mais il ne devait pas se faire historien pour n’accorder que le mépris, et je dirais presque la haine, à tout ce qui l'avait précédé. Voici toutefois ses principales divisions :
De la médecine avant Hippocrate. — Hippocrate. — Introduction de la médecine à Rome (2). — Galien. — Ce que devient la médecine après Galien. — Paracelse. — Découverte de la circulation (3).— Médecine mécanique, mathématique, humorale. — Vitalisme. — lrritabilité. — Influence de Descartes et de Bacon. — Hippocratistes du dix-septième siècle. — Naissance de l'anatomie pathologique. — Nosologistes. — Brown.
Ce qui suit échappe, à toute coordination systématique.
On voit que Broussais morcelle plutôt qu’il ne divise philosophiquement l’histoire de la médecine.
Du premier coup, HamiLroN, 1834 (4), montre sa critique en commençant l’histoire de la médecine à Adam; cela pouvait se tolérer encore dans Schulze, mais en plein xix° siècle, on doit se montrer moins Dion, et ne pas remonter si haut :
1° époque, d'Adam à Hippocrate. — 2°, Hippocrate et ses successeurs, — 3°, De Galien jusqu'à la prise d'Alexandrie par
(4) Broussais, Examen des doctrines médicales, etc., 32 éd. Paris, 1829- 1834, A vol. in-8,
(2) Cela est renouvelé de Schulze, de Cabanis et de bien d’autres.
(3) Broussais ne pouvait manquer de reconnaître l’ importance de ce fait.
(&) Hamilton, The History of Medicine, Surgery and ie etc. London, 4831, 2 vol. in-8.
CRITIQUE DES DIVISIONS DE L'HISTOIRE. h9
les Sarrasins. — N°, Médecine des Arabes. — 5°, Médecine monastique et École dé Salerne. — 6°, Du dixième au seizième siècle.
Depuis ce moment, l’auteur procède par siècles. On voit quel désordre régne dans cette classification; il est souvent difficile de distinguer les véritables périodes de simples coupes opérées pour la commodité de l’exposition.
C. I. Scuurrz, 1831 (1), suivi en grande partie par MW. J. À. Wenger, 1835 (2), comme la plupart des auteurs allemands, aime à s’envelopper dans les nuages de l’idée; il fait en conséquence de Paracelse le point de départ de la réformation moderne, et ses deux grandes périodes répondent aux deux cycles de Kieser. Il est vrai, comme il le dit, que la réforme de Paracelse (3) ne fut pas un simple rétablissement de la science antique, qu’elle avait au contraire pour but d'aller au delà des limites tracées par les Grecs et de détruire la fausse croyance en la vérité absolue, unique, des anciens. Ce fut /e réveil de la force indépendante ; mais ce réveil, je ne saurais trop le répéter, était plus fait pour embarrasser le développement de la médecine que pour le hâter, puisqu'il ne reposait pas sur des connaissances positives beaucoup plus avancées que celles des anciens.
LessiNG, 1838 (4), sans s’occuper du développement intérieur de la science et de la raison de ce développement, s'applique à fure connaître le moment précis des découvertes et des inventions médicales, à relater les faits extérieurs; enfin il insiste sur tout
(1) Schultz, Die homoeobiotische Medicin des Paracelsus in ihrem Gegensatre yegen die Medicin der Allen, u. s. w. Berlin, 18314, in-8.
(2) Weber, Ueber Gegensatz, Wendepunkt, und Ziel der heutigen Physiologie und Medizin zur Vermittlung der Extreme besond. der Allopathie und Homocopathie nach Geschichte. Stuttgart, 1835, in-8.
(3) Schultz a caractérisé la médecine homæopathique en la représentant comme une tendance Ayperparacelsique; il y a, en effet, un peu d’homæœopathie dans les rêveries du célèbre aventurier et dans sa constante préoccupation des spécifiques.
(4) Lessing, Handbuch der Geschichte der Medizin, Berlin, 1838, in-8.
DAREMBERG. n
ce qui se rattache aux institutions, à l’enseignement et aux sciences accessoires ; il est donc essentiellement pragmatique; il a accepté les divisions de Hecker. Pour certaines parties, n0= tamment pour l'histoire de la médecine dans le Bas-Empire, Pouvrage de Lessing n’est pas sans mérite ; il s'arrête vers l'an 1628, avec Harvey.
Bosrocr, 1835 (1), dans un précis d’ailleurs estimable, quoique fait entiérement de seconde main, s'entient à peu près à la division purement chronologique en période ancienne, du moyen! âge et moderne ; la période moderne commence pour lui avec la philosophie inductive (école anglaise). Bostock est Anglais !
Kuemnaourz, 1837 (2), divise l’histoire de la médecine. en huit époques : 1° Temps antérieurs à Hippocrate. — 2° Hippoz crate. — 3° Médecins grecs depuis Gralien jusqu'à la fondation de l'Ecole de Montpellier (1220). — h° Depuis cette fondation jusqu'à Paracelse. — 5° De Paracelse à Harvey. — 6° Depuis, Harvey jusqu'au dix-huitième siècle. — 7 Dix-huitième siècle. — 8° Dir-neuvième siècle.
Rien d’exact ni surtout rien de nouveau dans celte classification, si ce n’est l'étrange idée de prendre comme limite extrême d’une période la fondation de l'École de Montpellier. M. Kuehnholtz est bibliothécaire de la Faculté de médecine de Montpellier !
Qurrzman, 1837 (3), imbu des idées de Herder, de Ast et aussi de Damerow, partant de la considération du développe-
(4) Bostock, Sketch of the History of Medicine, ic. (extrait de Cyclopædia of practical Medicine). London, 1835, in-8.
(2) Kuehnholt, Cours d'histoire de la médecine et de bibliographie médicale professé en 1836. Montpellier, 1837, in-8.
(2) Quitzmann, Von den medicinischen Systemen in ihrer geschichtlichen Entwicklung. München, 4837, in-4.— Vorstudien zu einer philosophischen Geschichte der Medizin. Karlsruhe, 1843, in-8 (inachevé). Je me suis servi avec fruit de ce volume pour l'appréciation de certaines doctrines qui m’étaient. peu familières ou pour la connaissance de quelques ouvrages que je n’ai pu me procurer.
ment des organismes vivants, et en particulier des végétaux, et aboutissant. à la philosophie naturelle, admet les périodes suivantes : La médecine paraît, dans la première période (4 son degré du germe), comme une véritable médecine théurgique, non séparée en art et en science, ainsi qu'elle existe encore de nos jours chez les peuples de l'Orient. Dans la seconde période (à son degré de formation), la médecine réaliste de l'antiquité classique, s’élevant à une existence indépendante de la supersiition, s'occupe d’abord de rassembler et de mettre en ordre les fruits de l'expérience; elle se caractérise par une observation exacte, par une conception fidèle et par un talent pratique : c’est l’art de quérir. La médecine réaliste prend son point de départ dans la religion (première division : médecine mystique), jusqu’à ce qu'Hippocrate, en rassemblant toutes les observations, fonde la théorie de l’humorisme (1), qui devient un systéme réaliste dans le dogmatisme (seconde division). Nous voyons opposé à ce dernier le so/idisme des méthodistes (troisième division) qui représente, dans ce degré, l’idéalisme, par sa tendance à jeter des bases scientifiques. L'éclectisme de Galien (quatrième division) est le produit de l'assimilation intime et de la pénétration de ces principes. La médecine réaliste, après ‘s'être développée de cette manière, reprit sa marche rétrograde par suite de la séparation de ses ns
Dans la troisième période (à son degré de floraison), la médecine idéaliste de l'ère chrétienne est opposée à cetle tendance réalistepratique de la médecine païenne. La médecine idéaliste, caractérisée par la prépondérance partielle de la connaissance, serait la science de quérir. Elle aussi commence (à la première division) par la médecine mystique des moines jusqu’à ce que Paracelse, en aplanissant le sol par la destruction de la médecine galénicoscolastique, prépare une forme rajeunie de cette science (2). Mais comme la science manifeste deux tendances, selon qu’elle considère l’objet dans son caractère réalste-égoïste ou dans son
(4) On voit, par la lecture des philosophes anté-socratiques, qu'Hippocrate n'est point l'inventeur de cette théorie, presque aussi ancienne que la physiologie.
(2) La médecine de Paracelse est plus mystique et moins compréhensible que celle des moines,
essence idéale-éternelle, le matérialisme paraît (dans la seconde division), et encore sous une double face, dans les écoles chimiatrique et iatro-mécanique, suivant qu’on envisage les rapports chimiques ou mécaniques de la matière. Les écoles dynamiques (troisième division) sont opposées aux écoles précédentes, jusqu'à ce que les unes et les autres, après s'être développées dans toutes les directions et aprés avoir alternativement prédominé, se pénètrent enfin l’une l’autre dans l'intuition et la connaissance uniquement vraie de la nature, et élèvent la science à une organisation harmonique dans l'idée de la philosophie naturelle (quatrième division).
Tout en admettant, avec Quitzmann, que l’idée du développement organique de la science doit présider à la classification des périodes de l’histoire, je lui reprocherai, outre une prédilection marquée pour les idées aventureuses ou systématiques et une connaissance insuffisante de l’histoire, d’avoir pris son point dé départ en dehors de la science elle-même; il lui a fallu forcer les analogies et les rapprochements, établir un parallélismé qui pêche trop souvent par l’inexactitude et par la confusion. Il est vrai, la science a, comme les êtres organisés, des phases de développement, mais non pas les mêmes phases. Les quatre degrés de croissance reconnus par l’auteur ne répondent certainement pas à la marche ascendante de la médecine, si l’on considère les faits dans leur totalité. Il en résulte que Quitzmann a embrassé dans un même coup d'œil des périodes fort différentes d’aspect, et qu’il en a méconnu le vrai caractère. Ainsi, l’histoire démontre que ce n’est pas dans la religion, mais dans l'observation des malades que la médecine réaliste ou positive a pris son point de départ; elle établit aussi par les monuments authentiques qui seuls méritent notre confiance que la médecine scientifique est, pour nous du moins, contemporaine de la médecine mythologique. Plus tard, au début du moyen âge, la médecine #ystique des moines et la médecine superstitieuse des barbares jouent en quelque sorte le même rôle que la mythologie et la sorcellerie, au berceau de, la médecine. Cette période de conservation et de transmission, comme je lai appelée, peut bien être aussi considérée comme une
période de seconde origine, mais non pas dans le sens où le prend Quitzmann; la médecine grecque avait déposé un germe qui, durant les bouleversements de l'empire, semble un moment s’enfouir dans les profondeurs de l’histoire, et qui bientôt reparaît plein de séve et de vie, même avant la domination des Arabes.
D'un autre côté Quitzmann a pris pour base de périodes secondaires quelques systèmes et non pas tous les systèmes; il les a considérés, en quelque sorte, comme se succédant, tandis qu'ils coexistent. Les systèmes sont des manifestations de la force plastique exubérante de la médecine, si je puis me servir de cette expression ; ils aident quelquefois, plus souvent ils nuisent à son développement; mais, je ne cesserai de le répéter, ils ne sont pas le développement lui-même.
Quitzmann, qui a reconnu quatre degrés de croissance dans les organismes vivants, y admet aussi quatre degrés de décroissance ; mais pour la médecine, quand il est arrivé au summum de la croissance, il est obligé de s’arrêter et de laisser le reste dans l'avenir ou le devenir. Il paraît ainsi présupposer que la science passera aussi par ces quatre degrés; mais sur ce point nous ne pouvons pas même former de conjectures.
Friepagnper, 1838-39 (1), est assurément un des historiens les plus systématiques ; il admet avec Quitzmann que la médecine, née de la foi religieuse, comme une idée réparatrice, est fondée primitivement sur la conception de la force médicatrice de la nature et de l'esprit. Du reste, avant lui Windischmann (voyez page A4), Ringseis (dans ses ouvrages de pathologie), et surtout M. Henschel (2), avaient admis l’idée religieuse comme fondamentale dans l’histoire de là médecine. Pour ce dernier, le besoin, le désir du salut (bien-être) physique ne provient pas d'un besoin matériel, mais de la foi même. Cette manière de voir n'a pas servi à M. Henschel à systématiser tout l'ensemble de l'histoire de la médecine, mais seulement à caractériser la
(1) Friedlaender, Vorlesungen ueber die Geschichte der Heilkunde. Leipzig,
1838-39, 2 vol. in-8.
(2) Henschel, Ueber den Charakter der Medizin bei den aeltesten Voelkern. Breslau,
1835, in-8.
médecine chez les peuples les plus anciens; c’est déjà beaucoup trop. Ce principe, plus édifiant que vrai, est la transformation de l’axiome qui fait le fond des premières histoires de la médecine : La médecine vient de Dieu (medicina ex Deo). Moi, je dirai, avec un auleur hippocratique : Tout est divin et tout est naturel.
Voici comment s'exprime M. Friedlaender, qui ne fait guère que paraphraser Damerow :
« La médecine de l'antiquité se caractérise par une tendance «vers le général, par une observation matérielle, grandiose. « Dans les écoles, la matière (empirisme), la forrne (méthodisme) « et l'essence (pneumatisme) de la vie se mirent successivement « à la tête de la théorie; elles se réunissent chez Hippocrate et « chez Galien: chez le premier, par l'intuition vivante de l'esprit « de la nature; chez le second, par la réunion artistique des «expériences et du savoir accumulés pendant le cours des ans. « Après que le xvr' siécle eut essayé de vivifier du dedans au « dehors l'essence de la nature par un principe spirituel idéal, «la tendance généralisatrice fut nécessairement suivie par là « tendance individualisante (vers l’individuel, le particulier); « en cela les sciences naturelles servirent de modèle, d'exemple « à la médecine. D'abord ce fut le côté matériel et superficiel « qui prévalut (chimisme et mécanisme, Sylvius et Borelli). Enfin
«la triade éminente (Je ériumvirat médical du xviu° siècle) des « systèmes de Stahl, de Fr. Hoffmann et de Boerhaave, pour les- « quels le mouvement était l'expression la plus immédiate de la « vie, amenait un nouveau développement de la médecine qui « passait à une conception plus nette et plus libre de la vie. »
Tout cela est très-beau, mais j'aime mieux de bons textes bien compris et bien interprétés que les réveries d'un cerveau mal
« La vie du genre humain, dit HeusinGer, 1839 (1), n’est pas « composée d'événements, de manifestations incohérentes, mais
(1) Heusinger, Grundriss der Encyclopaedie und Methodologie der Natur- und Heilkunde, Eisenach, 1839, in-8.
« c’est une loi universelle qui détermine le développement de l’Hu: tmanité et de chaque peuple. De même que, pour le développe (ment de chaque homme individuel, sa véritable Signification (ne saurait être reconnue qu'en envisageant l’ensemble de (foules ses manifestations, de même da véritable essence dé (toute science, el par conséquent de la médecine, ne saürait se (reconnaître que par la conception consciencieuse et exempte { de préjugés de toutes les manifestations de sa Genèse et de son «Lire. L'histoire universelle du genre humain doit donc nous « fournir le fil qui nous guide à travers l'histoire de la médecine « et de ses périodes. Mais, considérant que de nombreuses divi- (sions du peuple primitif (des Ariens) se sont éteintes sans êlre (parvenues à un haut degré de civilisation, l’histoire de la mé- « décine ne doit s’occuper que des peuplades de races arienne ‘ et Caucasienne, qui ont en effet contribué à la culture de la «science. La civilisation d’un peuple se manifeste dans sa lançque ; {elle en est non-seulement l'expression, mais elle donne aussi « à l'historien des éclaircissements posiuifs sur l’origine, la pa- «renté et les transitions de civilisation de chaque peuple. »
De là, l’auteur établit les divisions suivantes dans l’histoire de la médecine :
1° Origine de la médecine en général. — % Notices sur la médecine des Chinois et son rapport avec celle du peuple primutif (?). — 3° Histoire de la médecine indienne. — L° Histoire de la médecine égyptienne. — 5° Histoire de la médecine grecque. — 6° Histoire de la médecine sémitique (Arabes). — T° Histoire du développement de la médecine germanique jusqu'à Paracelse et Vésale. — $° Médecine germanique jusqu'à Kant et Napoléon (1) — 9 Médecine actuelle.
Ces vues ne sauraient soutenir l’épreuve d’une critique impartale; l’auteur, ethnographe avant tout, n’a pas même abandonné la sphère de ses études ordinaires en traitant de l’histoire de la médecine; mais la médecine, à l'instar de toutes les autres sciences, ne se laisse pas ainsi parquer dans des régions déterminées ; elle s'étend à peu près uniformément , elle est cosmopolite pär nature et ne change pas de caractère fondamental en passant d’un pays à un autre. Dans ce Système, le grand carac-
tère d’unité de la médecine occidentale disparaît entiérement, et l'auteur semble admettre que chez un même peuple les diverses époques de la science se ressemblent ; mais, toute l’histoire s'inscrit énergiquement en faux contre une pareille proposition.
Un autre vice radical de la classification de Heusinger, c’estde placer au premier plan de l’histoire la médecine orientale comme origine de notre médecine, car le peu de bonne médecine qu'a su et que sait l'Orient lui vient de l’Occident par la Grèce.
M. Rarce-DELORME, 1839 (1), adopte une classification naturelle, simple et propre à faciliter l'exposition historique ; mais les contours des périodes ne sont pas assez nettement dessinés, et bien qu’on ait voulu tenir compte du développement intérieur de la médecine, cette classification ne représente guère que la succession de quelques événements extérieurs. De plus, l’auteur, ne s'en tenant pas au même point de vue, s'appuie tantôt sur la chronologie et tantôt sur l’ethnographie.
« Nous considérerons, dit-il, la médecine: 4° dans son orioine, dans son état, chez les peuples anciens, chez ceux dont la civilisation a été stationnaire où qui ne sont parvenus qu'à « une demi-civilisation; 2° chez les Grecs dans les commence « ments, puis à l’époque des premiers philosophes jusqu’à Hip: pocrale; 3° à l’époque de ce fondateur de la vraie science mé: « dicale; 4° depuis la fondation de l'École d'Alexandrie jusqu'à « Galien, qui a systématisé la médecine ancienne; 5° de Galien « à la destruction de l'empire romain et la décadence des sciences; « 6° chez les Arabes conservateurs de la médecine ; 7° au moyen
« âge et chez les peuples occidentaux; 8° enfin, de la Renaissance « à nos jours. »