SOCIÉTÉ ROYALE DE MÉDECINE
du xvir° siècle. Cette Société a compté comme membres titulaires ou comme associés et correspondants, Caze, Lepecq de la Cloture (4), le R. P. Colle, Tessier, Paulet (2), Daubenton, J.-B.-Fr. Carrère, le savant auteur d’une Bibliothèque de la médecine ancienne et moderne et d’un Cataloque des livres publiés sur les eaux minérales ; Ghabert, Mauduit, Lieutaud, le vénérable Hallé, Saillant, Chabrol, Thouret qui à importé la vaccine en 1801 (3), l'abbé le Noble, le Roux, Lorry (4), et, audessus de tous, Vicq d’Azyr qui a immortalisé son nom par une longue suite-d’Éoges prononcés au sein de la compagnie. Tout admirables qu’ils soient par leur simplicité, et malgré les connaissances variées qu’ils reflètent, ces éloges n’ont pas réussi à sauver de l'oubli plusieurs noms alors fort en vue.
Les Mémoires de la Société royale de médecine se composent de dix volumes in-4°, dont le premier a paru en 1776, et dont le dernier a été publié en 1789 par les soins de l'École de santé. Chacun de ces volumes comprend la liste et souvent l'analyse des ouvrages composés par les membres de la Société ; les éloges des membres français ou étrangers morts pendant l’année; l’histoire des travaux annuels de la Société ; les observations météorologiques faites en France ou dans les pays voisins; la description topographique, médicale et hygiénique des villes ou même des bourgs et villages de France; la description des maladies épidémiques, endémiques ou Sporadiques, même de quelques affections chirurgicales ; les épizooties ; l'analyse chimique des aliments, des remèdes, des eaux minérales ; des remarques touchant l’histoire naturelle et la physique médicales. La préface
(1) Ses Observations sur les maladies épidémiques, ete., 41776 et 1778, ont conservé une juste renommée,
(2) Voy. son Traité de la vipère, ses Recherches historiques et Physiques sur les maladies épizootiques, 1776; et son Histoire de lu petite vérole, 1765, qui lui valut la menace de la Bastille, parce qu’il avait dit que cette maladie est cont gieuse !
(3) Voy. aussi plus haut, p. 3.
(4) Praticien très-occupé et, en même temps, médecin érudit et lettré, donné diverses éditions d’opuscules et d'ouvrages d°
Lorry 4 auteurs anciens ou récents ; il a écrit un Essai sur les aliments, 1753, et un traité De Praecipuis morborum mutationibus, etc:, 1784.
du premier volume pourrait encore servir de programme et dë guide pour des recherches de ce genre. On remarquera, pari les Mémoires relatifs à la médecine, ceux qui se rapportent à la rage, aux maladies des troupes pendant l’automne, à la suette, à l'induration du tissu cellulaire.
Ne vous semble-t-il pas, Messieurs, qu’une telle Société peut soutenir, sans trop de désavantage, la comparaison avec l'École de Vienne ? Sans doute, la Société de médecine n’a pas jeté autant d'éclat que l’Académie de chirurgie; du moins, para spécialité de ses travaux, par toutes les recherches qu'elle a sus citées dans cet ordre d'idées, elle a rendu des services que l'histoire ne doit pas oublier.
À consulter les historiens de la médecine espagnole, Morejon et Chinchilla, l'Espagne, durant le xvirr° siècle, serait touté remplie d'Hippocrates, de Galiens, même de Leibnitz et de New tons inconnus. Cependant les mêmes historiens avouent ingénument (il faut même les louer de cette franchise), que les médecins espagnols n’ont jamais accepté volontiers les innovations, et qu'en vrais provinciaux ils suivaient les modes, quand déjà depuis longtemps la capitale n’en voulait plus. Ces historiens répètent à l’envi qu’il faut s’en tenir à la méthode d’'Hippocrate, méthode qu'ils ne comprennent ni dans sa généralité ni dans ses détails; ils en appellent aussi à l’expérience et à l'observation ; mais justement ils ne sont au courant de presque aucun des procédés de l'expérience ct de l’observation. Toutefois remarquons, à la décharge des médecins et de leurs biagraphes, que la liberté de penser n'a Jamais régné en Espagne ; que la médecine y échappe à peine encore aux entraves d’une métaphysique réputée orthodoxe, el« de la théologie. Si la médecine espagnole, au xvin‘ siècle, m4 pas été très-puissante ni très-originale, elle a été, on doit le re connaitre, très-féconde ; et c’est marquer un trop grand dédan ou une trop grande ignorance que de ne pas même lui donner une place dans les résumés d'histoire de la médecine. Au moins ne faudrait-il pas oublier Piquer.
Il est vrai que les anciens livres espagnols sont excessivement rares en France, qu'ils coûtent fort cher, et que leur lecture