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DE HAEN

peut prescrire, du moins il veut qu'on melte toutes les bonnes chances de son côté, et il invite ses collègues à lui venir en aide. Il s'occupe aussi des noyés, des moyens de les rappeler à la vie; de la salubrité des eaux potables qui laissaient tant à désirer à Vienne.

Parmi les monographies dues à la plume de de Haen, il faut distinguer celle Sur la colique du Poitou, que je n’ai pas pu me procurer (1); puis la Dissertation sur . hémorrhoïides, où il étudie les causes finales et les causes prochaines. La cause finale est un salutare molimen ; les causes prochaines sont une âcreté du sang qui excite les vaisseaux, une impulsion accidentelle ou permanente des veines hémorrhoïdales et qui cause des modifications dans la circulation. — Causes particulières : suppression d'hémorrhagies naturelles (menstrues), ou accidentelles, pédérastie, usage trop fréquent des sangsues, etc. Les hémorrhoïdes servent particulièrement contre la pléthore et la cacochymie ; leur suppression a de graves inconvénients; ces considérations sont tirées en partie d'Hippocrate. De Haen reconnaît aussi les inconvénients qui peuvent résulter d’un flux trop abondant ou non nécessaire et purement mécanique ; il se montre ici très-peu favorable à la doctrine stahlienne.

Dans une autre dissertation, dirigée en partie contre Pringle, de Ilaen demande si la miliaire et les pétéchies sont le produit d'une crise ou d’un mauvais traitement ; il pense que le second cas est le plus fréquent ; mais il est évident que dans cette dissertation l’auteur confond les exanthèmes critiques ou accidentels qui se produisent dans certaines maladies, et ceux qui font partie intégrante ou essentielle d’une unité morbide, comme sont la lièvre miliaire et le typhus pétéchial. On voit aussi par la division des fièvres combien peu de Haen avait le sentiment de la délimitation des maladies, puisqu'il semble considérer parfois l vraie fièvre miliaire comme un accident dé la fièvre érysipélateuse, ou de la fièvre scarlatine. Pour la miliaire en particulier il montre une ignorance complète de son histoire; il confond trop souvent la miliaire proprement dite avec les érup-

(1) Elle est sans doute résumée dans Ratio medendi,

tions miliaires et celles des femmes en couche, même avec/lé pourpre ou les éruptions pourprées.

Stoll (1752-1788) était un excellent praticien, fort bon obsers vateur dessymptômes et de la marche des maladies ; mais il n’avait qu’une très-mauvaise physiologie, celle de Boerhaave ; et mieux vaudrait, pour l’avancement de la médecine clinique, n'avoir point de physiologie que d’en avoir une mauvaise.

Les principaux ouvrages de Stoll sont : 4° Ratio medendi, en sept parties (1779-1790), dont il existe des traductions frans çaises partielles par Corvisart et Mahon. — 2° Les Préleçons sui diverses maladies chroniques, 1788-1789. — 8° Les Dissertaz tions sur les maladies chroniques. — h° Enfin Îles Aphorismes (1785) qui ont été commentés par Eyerel. — Séduit par la forme aphoristique que Boerhaave avait si bien mise en œuvre, Stolla refait et corrigé la partie des Aphorismes du professeur de Leyde qui traite des fièvres.

Stoll, grand admirateur de Sydenham, qu’il prend pour guide, divise les fièvres de la façon suivante : stationnaires, qui règnent pendant un certain nombre d'annés; — annuelles, qui reviens nent chaque année; et saisonnières ; — fièvres inflammatoires; comprenant presque toutes les maladies locales inflammatoires, par exemple la pneumonie, la pleurésie (4), les affections céré= brales, ete. ; — fièvres bilieuses, qui jouent un grand rôle dans sa pathologie; fièvres pernicieuses; — fièvres intermittentesss — fièvres épidémiques intercurrentes : variole, rougeole, scars, latine; — fièvres nouvelies, inconnues ; — fièvres sporadiques celles qui apparaissent hors de leur saison ; — fièvre de laits — fièvre puerpérale; fièvre hectique comprenant la phthisié pulmonaire (2).

(4) M. Perrot (Voy. Conférences sur Stoll, dans Conférences historiques de la Faculté de médecine de Paris) à distingué dans les pneumonies décrites par Stoll : les preumonies inflammatoires ; la bilieuse ou fausse inflammatoire (embarras ou fièvre gastrique, ou catarrhe bronchique avec embarras gastrique); enfin là mimte qui est vraiment une pneumonie bilieuse avec prédominance gastrique.

(2) Outre les influences générales qui embrassent presque toute l'étiologie, Stoll admettait encore une sorte de prédisposition individuelle.

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- Vous voyez que pour Stoll la fièvre était l’élément principal, le déterminatif de la maladie locale. Aujourd’hui c’est l'affection locale qui est le déterminatif de la fièvre.

Le Ratio medendi est un recueil d'observations, comme celui de de Haen, avec des différences marquées: Stoll insiste sur les constitutions météorologiques de l’année; il donne mois par mois l'indication des maladies; chaque année forme une partie; À la suite des descriptions nosologiques se trouvent les ouvertures de cadavres et des Excerpta ex necroloqüs qui constituent une espèce de statistique mortuaire; le tout est semé de dissertations spéciales.

Analysons une partie, afin que vous jugiez mieux de la méthode. En janvier 1776, varioles graves ; à la fin de janvier, avec l'abaissement de la température, inflammation du parenchyme pulmonaire d'emblée ou pleuropneumonie ; — en février, continuation des pneumonies, malgré la douceur presque subite de la température ; —en mars de grandes alternatives, et finalement une véritable épidémie de grippe, décrite sous le nom de fiévre catarrhale; il y eut des complications de pleurésie et même de pneumonie; quoique Stoll ne donne pas son vrai nom à cetle maladie, il l’assimile à l'épidémie de 1580, laquelle a parcouru une partie de l'Europe en y causant passablement de ravages. En 1733 Huxham avait décrit une épidémie semblable.

Au mois d'avril, froid humide d’abord, froid sec ensuite : beaucoup de pleurésies et de pneumonies bilioso-inflimmatoires ()5 les remèdes souverains étaient dans ce cas, non pas la saignée, mais les expectorants et le tartre stibié ; il prescrivait VOlontiers l’'émétique en lavage. Les vésicatoires eurent aussi un grand succés.

Messieurs, lisez Stoll, lisez-le attentivement ; sans doute vous n'y apprendrez pas toute la médecine, mais vous y appren-

(1) Stoll insiste sur les complications bilieuses ou gastriques pour presque toutes les maladies subinflammatoires, et même pour certaines affections franchement inflammatoires. Ce n’est cependant pas un humoriste dans le sens ordinaire du mot; il n'appartient à aucune secte, et prend de tous les systèmes ce qui lui semble vraë ét utile. Ce simple titre de Ratio medendi, le désir de guérir, premier et principal but, est peut-être encore mieux justifié chez Stoll que chez de Haen.

“drez la bonne clinique, celle du moins qui sait varier les ak

tements en raison de la physionomie particulière des maladies’ La meilleure preuve que Stoll ait donnée de son sens pralique (il l’a plus développé encore que de Haen), c’est que, la con: stitution ayant changé à Vienne dans les dernières années de si pratique, il reconnut très-vite ce changement et modifia sa thé: rapeutique en conséquence. La première constitution étant bis lioso-gastrique, les évacuants faisaient merveille ; la seconde étant inflammatoire, il tira les plus grands avantages du traitement antiphlogistique.

Revenons à l'année 1776. Au mois de mai,il y aune importante discussion sur le diagnostic différentiel entre la pleurésierheumas tique, qui est, je crois, la simple pleurésie, car Stoll note un épanchement dans la plèvre, et la vraie pleurésie qui est presque Lous jours une pleuro-pneumonie, comme on le voit par l’autopsie. Voici lesréflexions que lui suggère letraitement : Dans la pleurésie rheu matique au début saignée, quelquefois redoublée, puis vésicatoires volants, en se gardant de les faire suppurer et même d'enlever l'épiderme, car ces pratiques augmentent la douleur et la fièvre. Comme Stoll pensait que la vertu curative des vésicatoires réside. surtout daus l'absorption du principe des cantharides, peu lui importe le lieu où on les place; toutefois, dans le cas présent, le lieu d'élection était l’entre-deux des épaules. — Les vésicatoires exaspérent la pleurésie vraie ou inflammatoire, surtout pen dant la période la plus aiguë; encore sont-ils plus nuisibles qu’utiles dans la période de décroissance. Les saignées répés tées sont le remède souverain. Les circontances où l’on peut, où l'on doit même employer les cantharides sont les suivantes® Jaxité de la fibre, déliquescence, refroidissement et diminution des humeurs, obstructions des poumons par les crachats, dépression des forces. —— Dans la pleurésie ou la péripneumonie bilieuse, l'application des vésicatoires, avant qu'on ail débarrassé les pre= mières voies est nuisible; car les cantharides provoquent alorsdes sueurs de mauvaise nalure, elles resserrent le ventre, ei elles poussent dans le torrent de la circulation la matière peccante accus mulée dans la région précordiale. Lorsque, après l'administration des évacuants, l'expectoration est difficile, que les crachats sont

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visqueux, des boissons chaudes abondantes et aromatisées doivent étre prescrites ; on termine merveilleusement la cure par un vésicatoire. i

Les maladies chroniques étudiées par Sioll sont : le scorbut, le rachitis, les scrophules, l'hydropisie, l'anasarque, l'hydropéricardite, la tympanite, la Syphilis, les convulsions, les maladies des enfants, les maladies du cerveau, épilepsie, manie ; ophthalmie, angine, odontalgie, palpitations, toux, diverses affections de poirine, vomissement, colique, diarrhée, dysenterie, hémorrhoïides, ictère, hypochondrie, maladies des femmes. Dans tout ce livre il y a autant de pathologie générale que de pathologie spéciale.

Malgré le vague de la classification, malgré la marche un peu incertaine et l'absence soit d’un diagnostic précis soit d’une exacle anatomie pathologique, les leçons de Stoll sont encore aujourd'hui remplies d’enseignements. — On pourra se convaincre, par exemple, en lisant l’article angine, que les divisions en espéces (sauf le croup qu’il y mêle) sont encore en partie adoplées aujourd’hui, en changeant seulement les termes ; cependant Stoll est à peine cité par nos auteurs contemporains.

Donnez à Stoll, avec la percussion qu’il pratique déjà, le stéhoscope qu’il ne connaît pas, ce sera un des plus habiles et des plus sûrs praticiens des temps modernes.

Je viens de prononcer le mot percussion ; il faut, Messieurs, que je vous fasse maintenant connaître son inventeur, Avenbrugger (1722-1899), né à Graetz, dans la Styrie, mort, dans un âge avancé, médecin d’un des hôpitaux de Vienne (1). L'invention de la percussion, cette merveilleuse méthode d'exploration des cavités, à été méconnue, méprisée même, jusqu'à Corvi- Sart (2), qui, le premier, a rendu et fait rendre pleine justice à

(1) Voy., sur l’histoire de la percussion, Clar : Leopold 4 venbrugger der Erfinder der Percussion der Brusthorbes, und sein Inventum novum, Graz, 4867 ; avec le portrait d'Avenbrugger et une nouvelle édition, en latin, de l'Inventum.

(2) Nouvelle méthode (le titre d’Avenbrugger est Inventum novum. etc., 1761) Dour reconnailre les maladies internes de la Poitrine par la percussion de cette cavité, rage traduit et commenté par Corvisart, Paris, 1808. — En 1770, Rozière

l'illustre praticien de Vienne. Pour vous donner une idée desla façon dont on a su, de tout temps, apprécier les plus utiles découvertes, et aussi la nuance qu’on affecte trop souvent de mettre entre les inventions des étrangers et celles des concis toyens, permettez-moi de vous citer un curieux passage de li Biographie médicale, en 1820. Après avoir décerné de grands éloges à Avenbrugger, dont la découverte est « la vraie boussole du médecin, » l’auteur de l’article continue: « M. Laennec, pour obvier à l'insuffisance que la percussion a présentée dans certains cas, a imaginé le sééthoscope ou pectoriloque.. Le temps décidera du mérite respectif de ces deux méthodes. La nouvelle aura pendant longtemps contre elle les difficultés qu’elle prés sente, les précautions minutieuses qu’elle exige et l'air de charlatanisme qu’on peut craindre qu’elle ne donne à celui qui la met en usage (1) ! » |

Après cela, étonnez-vous qu'on se soit, au XVIF siècle, montré si violent contre la circulation du sang, le chyle et la lymphel Aujourd’hui on tomberait volontiers dans l'excès contraire ensse montrant enthousiaste pour la moindre trouvaille, surtout lors qu'elle nous arrive de l'étranger. |

Arrêtons-nous un moment sur Avenbrugger ou plutôt surson petit mémoire si plein de résultats et si gros d’avenir (2). Lau teur avance, et tout bon médecin souscrira avec empressement à cette proposition : « J’affirme que les signes fournis par la percussion sont trés-utiles, non-seulement pour connaître, mais

de la Chassagne avait aussi traduit l'Inventum novum ; mais cette traduction nevpus rait avoir eu aucun retentissement. C’est vraiment Corvisart qui a introduit AyCns brugger en France, — Avenbrugger commenté par Corvisart, Laennec commenté par M. Andral, le traité pratique d’Auscultation et de percussion, de MM:\Barthet Roger, sont trois ouvrages qu'il faut lire et sans cesse relire, ;

(1) Si l'on veut avoir une appréciation, aussi judicieuse que savante, de l'œuxre de Laennec et de la puissante influence qu’il a exercée, on doit lire la Conférence de M. Chauffart, dans Conférences historiques de la Faculté de médecine de Pamss, 1866. Il n’entre pas dans mon plan de pénétrer, si ce n’est indirectement, Sur les domaines du xix® siècle. :

(2) Avenbrugger ne dit rien des voies par lesquelles il est arrivé à percute a poitrine. Son livre, publié en 4760, le 31 décembre, est d’un ton très-modestes l'auteur a longtemps hésité à le mettre au jour, dans la crainte d’être exposésaux morsures de l'envie:

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aussi pour guérir les maladies ; après l’examen du pouls et de la respiration, elle tient le premier rang.» On peutdire aujourd'hui que le médecin qui sait percuter et ausculter possède la moitié de la médecine, et les deux tiers du diagnostic. Le Zbellus d’Avenbrugger est composé d’une suite de propositions fondamentales, dont chacune est suivie d’un commentaire, ou développement, ou justification, sous le nom de scho/ia. — On trouve d'abord les généralités du sujet : son du thorax ; procédé opératoire; signification diverse des sons non naturels du thorax; maladies aiguës ou chroniques qui donnent lieu à des modifications de son, et quelles sont ces modifications; rapport du diagnostic avec l’anatomie pathologique (vous voyez, rien n’y manque); signes propres aux diverses affections de la poitrine, aux hydropéricardites et aux anévrysmes; champ déjà bien vaste pour une première tentative.

Avenbrugger veut qu’on percute plus vigoureusement les thorax pourvus de gros muscles, et plus faiblement les thorax revêtus de muscles grêles. Il prétend qu’il faut interposer quelque chose (percussion médiate recommandée et perfectionnée par M. Piorry) entre la surface du thorax et le doigt, ou simplement un gant d’un cuir inégal. L'auteur indique toutes sortes de précautions qui ne sont pas absolument nécessaires ; ses recommandations les plus pratiques sont d'arrondir le dos, et de croiser les bras sur la poitrine pour la percussion du dos.

« Sans doute, dit Corvisart, Avenbrugger n’a pas tout vu, ni tout dit sur les objets qu’il a traités; il y a même des maladies qu'il n’a point saisies sous leur juste point de vue; mais, si l’on se reporte au temps où il écrivait cet ouvrage (en 1760), et si l’on veut se souvenir combien peu, à cette époque, on avait d’idées saines sur les maladies dont il parle, sans compter le procédé de là percussion dont il est l’inventeur, et qu’il a su réduire à des règles très-positives, on verra qu’il a beaücoup fait pour l’avancement de l’art, dans l’une des parties les moins avancées de la médecine pratique. »

On comprend que l'idée de percuter la poitrine se soit produite tardivement; on n'avait pu y être amené que par le hasard ou par l'anatomie pathologique révélant, par exemple, la den-

sité ‘des tissus pulmonaires dans la pneumonie; mais ce quesjé comprends moins, c’est que personne (sauf peut-être, il y à plus de deux mille ans, un auteur hippocratique?), avant Laennec, n’ait été tenté, quand il entendait à distance, soit les bruit de lames: piration troublée, soit même les violents battements du cœur, d'appliquer son oreille sur le thorax pour suivre et mieux délerminer ces bruits! C’est, du moins, un éternel honneur pour l'Allemagne et pour la France d’avoir découvert à quelquesans nées de distance ces deux puissants moyens de diagnostic à percussion et l’auscultation !

Si l’on compare Quarin (1733-1814) aux auteurs dont nous venons de parler, on reconnaîtra que, quoiqu'il ne soit pas sans mérite (1), il est cependant d’un ordre inférieur. Il est parlicus liérement en défaut pour les maladies chroniques (2). Ainsi range parmi les apoplexies (qui sont cependant plutôt une affection aiguë) les accidents rapidement mortels causés par des pos lypes du cœur ou par la rupture des gros vaisseaux, altérations que révèlent, pendant la vie, l’intermittence du pouls et de fré- .quentes syncopes (3). Sous la rubrique éoux, Quarin confond plusieurs maladies fort différentes et nettement caractérisées, quoique la toux soit un de leurs symptômes communs : pan exemple, la coqueluche, la laryngite suffocante, etc. La descrip: tion de la phthisie, trop séparée de l’hémoptysie, ne vaut guëre mieux. Cette maladie n’est pas, dit notre auteur, aussi contagieuse qu’on le croit communément; cependant il raconte gravement « qu’un mari ayant embrassé sa femme qui se mourait de cette maladie, éprouva une dépilation complète dans la partiedu menton sur laquelle la malade avait appliqué ses lèvres, quoique la barbe continuât de croître en abondance autour de l'endroit dépilé ». Quarin a fort bien vu que les hydropisies ascites ou

(1) On lui doit surtout de la reconnaissance pour le développement que, grâce à sa position de premier médeein de Joseph IT, il a donné aux instituts cliniques:

(2) Animadversiones practicae in diversos morbos, 1786.

(3) Son traducteur, Sainte-Marie (1807), n’est pas plus expérimenté, car il prend pour une apoplexie une fièvre intermittente pernicieuse avec prédominance des symptômes cérébraux. i

QUARIN, 1933

les leucophlegmasies ont. souvent pour cause des tumeurs qui compriment la veine cave. Il se montre peu partisan de la paracentèse, surtout quand on à reconnu de graves désordres dans les viscères de l'abdomen (1); c’est du moins un palliatif qu'il ne faut pas négliger dans certains cas. Quarin connaît les hydropisies enkystées et peut-être celles de l'ovaire.

Le chapitre de la blennorrhagie simple mérite encore d’être consulté ; maisles détails relatifs aux maladies vénériennes proprement dites sont assez médiocres. Ce qui dans cet ouvrage offre un intérêt particulier, c’est l’hisloire critique des divers traitements préconisés contre les maladies dont il est successivement question. On ne doit pas oublier toutefois, que le diagnostic manquant ordinairement de bases, la thérapeutique n’a pas non plus un bien ferme soutien, et que le lecteur se trouve fort souvent en doute pour déterminer avec assurance contre quelle affection les médicaments sont dirigés.

Le Traité des fièvres et des inflammations (2) est, si je ne me trompe, supérieur au Traité des maladies chroniques, maladies qui étaient en effet difficiles à reconnaître et à délimiter dans un temps où, d’une part, l'analyse des Symptômes n’était pas encore trés-avancée, etoù, d’autre part, nos moyens actuels de diagnostic faisaient défaut pour la plupart; d’ailleurs la tradition scientifique était plus ancienne et mieux assise pour les maladies aiguës que pour les maladies chroniques. Selon Quarin, qui suit en cela Van Swieten, la fièvre est une « accélération du mouvement du sang avec lésion des fonclions », ce qui est déjà, comme on voit, un premier assaut contre l’essentialité des fièvres. Toutefois, cette vue ne repose pas sur l'anatomie pathologique, mais sur cette considération que dans beaucoup de fièvres du genre malin le pouls né donne aucun signe pathognomonique, et qu’il est même souvent naturel ou presque anéanti, comme si cet anéantissement n’était

(1) Il blâme sévèrement les injections irritantes que quelques médecins anglais recommandaient après la paracentèse, En tout cas, il veut que l’on évacue, autant “ue faire se peut, les eaux d’un seul coup; si le liquide est gélatineux, on agrandit, à laide d’une incision, l'ouverture faite par le trocart.

(2) Commentatio de curandis febribus et inflammationibus, 1781, Les Fièvres et Les Inflammations avaient paru séparément en 1772 ct en 1774.

pas lui-même un signe (1)! L'auteur, rejetant les nombreuses subdivisions admises par Sauvages, traite seulement des fièvres les plus communes et les mieux caractérisées : la synoque non pus tride, la fièvre ardente, la fièvre putride, la fièvre maligne, des fièvres éruptives, les fièvres intermittentes, la fièvre puerpérales Comme pour les maladies chroniques, Quarin, évitant les discuss sions théoriques, s'attache à la description symptomatique ebau traitement, mêlant presque toujours une parlie historique l'exposition dogmatique.

Les angines sont divisées à peu près comme dans Boerhaave, toutefois, en suivant avec attention le texte de l’auteur, on y reconnaît une partie des espèces ou formes adoptées aujour: d'hui. Sous la dénomination d’angine paralytodée, il rapporte un cas de paralysie de l’œsophage et chute de la paupière sus périeure gauche à la suite d’un veriige; le malade succombasll a eu peu d'occasions d'observer l’angine gangréneuse, autrefois fréquente à Vienne. L'angine aqueuse est selon lui angine œdé mateuse ; enfin il parle d’angines inflammatoires qui annoncent une affection paralytique. Sous la rubrique phrénésie, on peut distinguer la méningite. Le*chapitre sur la péripneumonie mé rite d’être étudié pour beaucoup de remarques cliniques inté> ressantes qu'on peut découvrir malgré le vague du diagnostic:

En présence de cette réunion de cliniciens éminents ou distine gués qui abondent dans les pays voisins, sommes-nous donesi absolument dépourvus que la comparaison demeure impossihle® Non, pas précisément, Messieurs! Nous avons la Société royale de médecine, fondée, en 1776, par Lassone(2), premier médecin du roi Louis XVI, Société qui, malgré les tracasseries detout genre qu’elle a eu à essuyer de la part de l’École de médecine, a jeté un véritable éclat sur la médecine en France, à la“fin

(i) On notera en passant que, pour Quarin, comme pour Brown, la gas#riteest causée, soit par l’inflammation des parties voisines de.l’estomac, soit par l’ingestion de substances âcres. — Il est, comme on voit, loin de Broussais.

(2) Lassone (1717-1788) a publié un grand nombre de Mémoires dansles recueils de l'Académie des sciences, de l’Académie de chirurgie et de la Société royale de médecine.

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