MÉDECINE ET CHIRURGIE EN ESPAGNE
quait hardiment les opérations les plus redoutables : ligature de l'aorte dans le ventre, comme l'avait fait Cowper, la trachéotomie, l'extirpation de l'utérus, la ponction du péricarde. -— Les plaies d'armes à feu sont l’objet de travaux particuliers et où l’on simplifie beaucouÿ le traitement d’après les méthôdes suivies à Pétranger. — C’est un Espagnol, Gimbernat, qui a donné une description du canal crural et de l’expansion fibreuse, qui porte encore le nom de Xgament de Gimbernat (1). Charles III avait chargé de visiter tous les hôpitaux du continent et de rapporter en Espagne le fruit de ses observations ; il fut particulièrement apprécié en Angleterre par Hunter, pour son procédé opératoire de la hernie.
La première moitié du xvmr° siécle fut occupée par une discussion des plus vives, à la fois populaire et médicale, sur l'emploi de l’eau froide naturelle comme remède universel. De 1à le fameux médecin Sangrado (2). Comme une conséquence à peu près naturelle de cet enthousiasme pour l’eau, certains médecins en vinrent à proscrire entiérement la saignée et les purgatifs dans les cas où cependant ces remèdes sont le plus clairement indiqués ; tout cela sous prétexte de bien interpréter Hippocrate. L’hémophobe Don Miguel Marcelino Boix yÿ Moliner publia ÆHinocrates defendido; Corral lui répondit dans l’Hipocrates vindicatlo. — Morejon rémarque encore que durant le xvrrr° siécle les médecins espagnols s’occupérent activement des eaux minérales, et qu'on à publié un grand nombre de monographies pour les décrire et en indiquer les vertus thérapeutiques.
Le plus habile des anatomistes espagnols est Martin Martinez, qui a écrit, en 1716, un traité sous forme de dialogue ; cette ana- (omie est surtout destinée aux chirurgiens. Il à publié aussi, en 1722, un traité de médecine opératoire, et plusieurs mémoires sur la chirurgie.
Les diverses parties de l’histoire des sciences médicales ont eu aussi des représentants distingués dans le xvur° siècle; il
(4) Un long extrait de son Mémoire (1793), a été traduit dans les Archives générales de médecine, 1e sér., . VIII, 4825 5 p. 419 et suiv. (2) Voy. plûs haut, p. 831, ce que je dis de Crescenzo.