CONCLUSION
L’anatomie, la physiologie, la chimie organique, d’abord moins favorisées depuis Bichat, Lavoisier et Fourcroy, se relèvent bientôt. Si l'Angleterre possède Charles Bell, et l'Allemagne J. Mueller, nous avons Magendie, Ét. et Isid. Geoffroy Saint- Hilaire, P. A. Béclard, G. Cuvier, de Blainville, Flourens, Leuret, qui font certes grande figure à côté de Meckel, de Burdach, de Treviranus et de Blumenbach. Dumas dont le nom appartient déjà à la postérité, Thenard, dans des travaux qui ont moins d'originalité, mais qui sont également solides, Donné, par ses ingénieuses recherches sur le sang, la salive, le lait, etc., ont agrandi le domaine de la chimie organique; Raspail lui-même, qui depuis longtemps figure sur d’autres théâtres, Raspail, en ses bons jours, a répandu d’assez vives lumières sur ce sujet; tous le disputent, à des degrés divers, au savant Berzelius.
Sur tous les points, dès le commencement de ce siècle, nous avons pris une éclatante revanche de l’état d’infériorité où nous étions restés si longtemps, à plus d’un égard, en face des autres nations de l'Europe. Ge serait une tâche séduisante mais difficile, périlleuse peut-être, et certainement trop hardie, que de continuer celte revue jusqu’au temps présent; le jugement de l’histoire n’est pas encore venu pour cette brillante cohorte de médecins, de chirurgiens, d’anatomistes, de physiologistes, qui sont aujourd’hui la gloire, de l’École française et qui rivalisent avec toutes les célébrités des pays voisins. Ce qui fait aujourd’hui la force des sciences médicales, ce qui assure leurs futures destinées, si l’on veut bien ne pas négliger ni la tradition ni l’histoire, c’est que tous les savants dignes de ce nom, d’un bout à l’autre du monde civilisé, oubliant les rivalités de système, et se= couant l’omnipotence d’une autorité routinière, d’où qu'elle vienne, se recherchent et se rencontrent sur le terrain commun de l'observation, de l’expérience et du libre examen.