‹ Histoire des sciences médicalesChapitre 48 sur 260 · SUCCESSEURS IMMÉDIATS D'HIPPOCRATE · texte numérisé non relu

SUCCESSEURS IMMÉDIATS D'HIPPOCRATE

d’Aristote. — La médecine et la philosophie, après la forte impulsion qu’elles avaient reçue, se sont lancées dans toutes sortes de directions, ont développé, étendu, modifié, mais, commeilarrive toujours après les grandes créations qui tombent dans le domaine public, affaibli les principes Yeçus; aux grandes écoles ont succédé les petites sectes. Pour les unes, Platon, Aristote, Hippocrate, restent les maîtres du savoir; pour les autres, la rupture est complète, et ce sont des vues nouvelles et indépendantes qui se font jour.

Toutelois, durant la période active de l’histoire de la philosophie et de la médecine, période pendant laquelle se continue la force créatrice, on ne regarde pas plus Hippocrate, que Platon et Aristote, comme un oracle; on le tient seulement pour un guide dont il est permis de discuter les opinions ou de vérifier les observations. Ainsi, à côté d'Hippocrate, il y a place encore pour la nature, tandis que plus tard, vers le xnr siècle, entre Hippocrate, Galien, Avicenne et quelques autres Arabes, il n’y a plus que la soumission aveugle et la crainte de voir autrement que n’avaient vu ces demi-dieux.

Pendant la durée de l’école médicale d'Alexandrie, le nom d'Hippocrate est un drapeau autour duquel se livrent presque toutes les batailles, mais ce nom ne représente pas une doctrine personnelle comme pour Galien; c’est le drapeau d’une doctrine plus générale : le dogmatisme; si bien que pendant cette longue période un seul médecin est appelé hippocratique. Ge sont au contraire les deux premiers fondateurs de l’école d'Alexandrie, Hérophile et Érasistrate, qui, tout en partant du dogmatisme hippocratique, créent chacun une secte à leur profit; il y a des Hérophiléens et des Érasistratéens durant plusieurs siècles. Hérophile et Érasistrate se croyaient de trop grands personnages et des auteurs trop originaux pour s’enrôlersous un chef; d'autre part, Hippocrate n'avait pas encore excité cette admiration superstitieuse qui eût permis de créer une secte hippocratique à l'exclusion de toute autre. Hippocrate avait un rôle plus relevé, puisqu'il représentait l’idée la plus compréhensive, celle du dogmatisme ou du raisonnement appuyé sur l’observation ; de sorte que sous son égide il y avait place pour toutes les doc-

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