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MÉDECINE PRÎMITIVE DES ROMAINS

plus d’empirisme possible; il n’y a plus que l'observation et l’expérience secondées par un raisonnement discret et sévère.

Heureusement l’empirisme n’a pas eu une meilleure fortune dans l'antiquité que de nos jours, et le dogmatisme même le plus outré, comme était celui de Galien, ou plus restreint, comme était celui des méthodiques, a sauvé la médecine dans les siècles de bouleversement social, en rattachant toutes les parties de cette science par un lien solide, quoique artificiel.

C'est encore aux diverses influences que je viens de signaler, et non pas, je crois, à la condition antérieure des médecins en Égypte, qu'il faut attribuer l’origine des nombreuses spécialités qui s’établirent à Alexandrie; ce qui n’a pas empêché que l'art de guérir n'ait été étudié et pratiqué dans toutes ses parties par la majorité des médecins. C’est en effet bien à tort, comme je vous l'ai démontré (1), qu'on a voulu trouver, dans un passage de Celse, le partage matériel et systématique de la médecine entre trois ordres de praticiens, dont les uns traitaient par les médicaments, les autres par le régime, et les derniers par les opérations.

Je ne voudrais pas trop médire des spécialistes ni les comparer aux empiriques; mais je crois qu’ils amoindrissent et

épuisent plutôt qu'ils n’étendent et fertilisent le champ de la médecine.

Déjà l’éclat que la médecine avait jeté à Alexandrie commençait à pâlir, quand elle prit possession de Rome, dont Asclépiade, le médecin et l'ami de Cicéron, venait de lui ouvrir les portes. Là elle prit un nouvel essor, comme il arrive à un arbre qu’on arrache d’un sol fatigué pour le transporter sur une terre encore vierge.

Cette expression de sol vierge demande quelques explications, et c’est ici le lieu d'examiner rapidement ce qu'était la médecine à Rome avant la venue d’Asclépiade.

Il semble, d’après les affirmations réitérées de Pline, que Rome, € comme tant d’autres milliers de peuples», vécut assez longtemps sans médecins, mais non pas sans médecine : — sans mé-

(1) Voyez plus loin, page 193, ce que je dis sur cette question à propos de Celse,

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