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PHYSTOLOGIE DU SYSTÈME NERVEUX

certes pas pour ébranler la croyance en Dieu, mais pour montrer qu’il ne faut pas faire dépendre la démonstration d’une telle vérité des oscillations d’une science aussi mobile qu'est la biologie (1).

Je ne voudrais pas, Messieurs, vous laisser sous ces fâcheuses impressions, ni tenir dans l'ombre une des parties les plus intéressantes de l’œuvre de Galien ; nous quitterons donc le domaine des spéculations et des rêveries pour entrer un moment sur celui de la physiologie expérimentale, et je reprendrai, à celte occasion dans ma Thèse, quelques pages déjà anciennes.Mais il convient de rappeler, comme préliminaire indispensable, en ce qui touche le système nerveux, les théorèmes, parfois justes, souvent inacceptables, sur la distinction des nerfs en ceux du mouvement et ceux du sentiment, et de déterminer nettement Jusqu'où Galien était allé dans cette distinction.

Le cerveau est le principe du sentiment et du mouvement: là moelle naît du cerveau comme un tronc de sa racine : c'est de lui qu’elle reçoit l'abondance de ses facultés; elle est comme un second centre (2), comme un autre cerveau. Aucune parlie ne jouit du sentiment et du mouvement, si ce n’est par l’action des nerfs; les nerfs n’ont pas une puissance innée, ils la reçoivent du cerveau et de la moelle : ainsi la sève monte de la terre aux racines, et des racines à l'extrémité des rameaux (3).

Mais d’où vient au cerveau sa force première, sa puissance motrice et sensitive? On croit généralement que Galien Ja fait consister dans l'esprit, que le cerveau élabore pour le distribuer aux nerfs, Cette proposition se trouve bien, en effet, dans quelques-uns de ses écrits; mais ce n’est pas là sa doctrine favorite ; cette doctrine est encore beaucoup plus mécanique; elle tient à celle des tempéraments; il la fonde sur l’état de mollesse ou de dureté des centres nerveux et de leurs ramifications. Ge qui est

(1) Dès 1841, dans ma thèse inaugurale déjà citée, je montrais quelle déplorable influence ce dogme des causes finales avait exercée sur les études de Galien.

(2) Voy. Des lieux affect., VI, 7.

(8) Müller n’a pas mieux exprimé cette idée, quand il a dit : « La moelle épinière est conductrice du principe nerveux ou de ses oscillations ; elle est partie constituante des organes centraux, » (Physiol., à. 1, p. 348-360.)

mou, ditsil, est plus facilement impressionné qüe ee qui est dur, et par conséquent #/ senf, Ce qui est dur, au contraire, a plus de force, et par conséquent &/ meurt. Comme déduction, il admet que les sens agissent par suite de l’a/fération de leurs parties constituantes (1) : ainsi le cerveau antérieur est plus mou que le postérieur (cerve/et), parce qu’il est véritablement le siége des sens. Le cerveau se durcit à mesure qu’il avance vers la moelle, et la moelle, à mesure qu’elle approche de sa terminaison : aussi les nerfs qui naissent dela moelle sont-ils affectés au mouvement (2), et ceux du cerveau au sentiment; mais, pour Corriger cel aphorisme trop absolu, iladmet que certains nerfs du crâne se durcissent pendant leur trajet, ou bien sortent des régions les plus postérieures du cerveau, afin de pouvoir servir aüx mouvements des organes situés dans la tête. En dépit de cette théorie bizarre, Galien reconnait cette fois par l'expérience que la deuxième paire (oculo-motéur, je suis sa classification) est motrice; que la troisième (éri/acial) est à la fois sensitive et motrice par ses anastomoses avec là cinquième (facial) ; que le facial est uñ nerf moteur; que la sixième paire (preumogastrique, ylosso-phar'yngien, Spinal) est sensitive, et que la septième (grand hypoglosse) est motrice: Il a découvert que de la moelle naissent des nerfs spéciaux pour le sentiment de là peau dü cou, de la tête et des bras (3). ;

D'où procède cette théorié mécanique ? Tout à la fois de l’opsefvation directe, car elle semble avoir été établie sur liñspection des nerfs optiques et olfactifs, nerfs spéciaux d'apparence molle; et d'une idée à priori, comme il en est tant Venü à cetix qui ont voulu chercher la cause première de ces actes mystérieux : le mouvement volontaire et le sentiment.

(1) Galien dit que l'orcille à été faite aérieñne, pour correspondre aux soñs; l'œil clair, pour recevoir la splendeur dé la luñtière; là langue, d'uñe sübstance molle, pour être impressionnée par les particules sapides; l’objet de l’olfaction, tenant le milieu entre l'air, l'humide ef la lumière, son organe est moins léger que l’air et moins épais que l’humide.

(2) Cest pourquoi la sixième paire a été envoyée dü cervéau aux viscères, quoiqu'il eût été plus expédient de la fairé vénir de la moelle, (De l'usage des parties, IX, 11.)

(3) Des lieux affectés; IV, 7, et III, 444

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