‹ Histoire des sciences médicalesChapitre 73 sur 260 · ENCYCLOPÉDISTES, COMPILATEURS ET ABRÉVIATEURS · texte numérisé non relu

ENCYCLOPÉDISTES, COMPILATEURS ET ABRÉVIATEURS

n'être pas historien, c’est-à-dire commencer l'étude d’Arétée à Arétée lui-même; — n’être pas médecin, c’est-à-dire ne pas faire servir les acquisitions présentes au jugement sur l’antiquité. La troisième cause de l’excès d’admiration tient à ceci, qu’on a confondu la beauté de la période grecque avec l’exactitude de la description médicale; la rhétorique a masqué la médecine. La phrase est si élégante, qu’on est séduit par la forme et qu’on est enclin à considérer comme ressemblant ce qui est peint sous de vives couleurs.

On ajoute qu’Arétée, n’étant qu’un observateur, ne devait pas être compris parmi les raisonneurs. Certes on ne pouvait pas avancer une proposition plus fausse. À l’aide d’un même chapitre, celui de la pleurésie, je vous ai montré que le médecin de Cappadoce était au-dessous de Soranus comme observateur, et au niveau des plus subtils dogmatiques (1).

L’historien n’a point de parti pris ni pour ni contre aucun ancien, ni pour ni contre aucun moderne ; il faut lire, comparer, peser et juger avec impartialité; si l’on se trompe, que ce soit faute de lumières, mais non par prévention ou par défaut d’informations consciencieuses ; rien ne doit être indifférent, mais rien non plus ne doit passionner, si ce n’est la recherche de la vérité; c’est là l'extrême limite de toute appréciation historique. Quand on embrasse l’histoire dans son ensemble, on est bien plus libre

en ses jugements que si l’on s'attache àune époque, à un homme ou à un système.

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