PRÉFACE. IX
| d'Hippocrate aux chirurgiens-barbiers, et de ceux-ci à Jean- | Louis Petit; c’étaient plutôt des plaidoyers que des leçons.
= Enfin est venu le grave, le savant, le vénérable M. Andral, qui désira couronner son Cours de pathologie générale par une exposition critique des doctrines médicales (1). Qui pouvait mieux que cet illustre professeur renouveler, ou plutôt créer le goût des études historiques à la Faculté de médecine de Paris ? Il avait l’autorité et le prestige de l’honnête homme qui respecte ses auditeurs et le sujet qu'il traite; sa longue expérience, ses vastes connaissances et la rectitude de son jugement lui permettaient de porter un coup d'œil aussi ferme que profond sur la valeur des doctrines qui se sont succédé dans la longue série des siècles. Ses leçons sur Hippocrate et sur Galien en portent témoignage; il est à jamais regrettable que de tristes circonstances ne lui aient pas permis de franchir l’antiquité, Grâce au zèle de M. le docteur Tartivel, ces belles leçons ont été rassemblées dans l Union médicale de 1852 à 1854. Sans doute elles n’y sont pas perdues : on va quelquefois les y chercher; mais quel service on eùt rendu à notre histoire en les réunissant en un volume que chacun aurait pu se procurer aisément !
Je me suis étendu assez longuement dans la leçon d'ouverture (voy. p. # et suiv.) sur les principes qui ont présidé à mon cours ; j’ai assez insisté sur les caractères que doit présenter une histoire de la médecine, et établi sur assez de preuves les services que peut rendre cette histoire, pour n’y pas revenir 1@1. Je rappellerai seulement le but que je me suis proposé d'atteindre et quelques-uns des problèmes que je me suis particulièrement attaché à résoudre. Il n’entrait
(1) Le cours (1852-1854) commence et finit avec la médecine grecque.
x PRÉFACE.
pas dans mon plan de donner tous les détails, de citer tous les noms, de rappeler tous les événements, de résumer tous les textes, de signaler toutes les découvertes, de marquer les moindres nuances qu'une doctrine ou qu’un système ont prises en passant des mains du maître dans celles des disciples, toutes choses qui feraient légitimement partie d’une histoire complète de la médecine. Il fallait d’abord, dans le cours que j'inaugurais, tracer les grandes lignes et créer des auditeurs désireux et capables de pénétrer dans les profondeurs ‘de l’histoire (1). De plus, j'ai réservé pour une autre partie du cours et pour un ouvrage spécial la pathologie médicale et chirurgicale, c’est-à-dire l’histoire des maladies et des traitements qui leur conviennent. Déjà même, pendant l’année scolaire 1868-1869, j'ai traité des grandes épidémies : peste, peste noire, variole, mal des ardents, suette, grippe, typhus pétéchial, etc., et j'ai eu plus de vingt fois l’occasion de prouver que de nombreuses questions, encore pendantes, au sujet de l’origine, de la marche, de la nature, du traitement, de la prophylaxie de ces maladies ne peuvent être étu-
(4) Ainsi, au nombre des périodes les moins connues de nos annales, il faut, sans contredit, mettre au premier rang le moyen âge. J'ai voulu déterminer quelles ont été les sources de l'instruction médicale durant cette époque, quels livres les médecins ont eus entre les mains, non pas seulement à Salerne, mais dans tout le reste de l’ancien empire romain d'Occident; de quelle manière, par quels intermédiaires ces livres leur sont arrivés ; quel en était le caractère; quel usage on en a fait, soit pour la pratique, soit pour la composition d’autres ouvrages; comment l’instruction était donnée, par conséquent quelles étaient les institutions médicales privées ou publiques d'enseignement ou de charité; enfin quelle était la condition du médecin, et jusqu'où s’étendait son action dans les relations de la vie publique ou privée; quelle était la nature de ses Tapports avec l’Église ou avec l’État. Ces divers sujets je les ai étudiés dans leurs moindres détails; mais je me suis contenté de les résumer dans le cours et dans ce livre, me réservant de les traiter avec étendue dans un Mémoire spécial qui paraîtra prochainement,