‹ Histoire des sciences médicalesChapitre 81 sur 260 · ORIGINES DE L'ÉCOLE DE SALERNE · texte numérisé non relu

ORIGINES DE L'ÉCOLE DE SALERNE

pour la plupart inconnus et dérivés évidemment de traductions d'auteurs grecs; entre autres, la Somme médicale, où il est impossible de méconnaître les traces multipliées de la doctrine méthodique. De sorte que, dans toutes ces vastes régions qui furent autrefois l'empire romain, et qui sont devenues des royaumes barbares, jamais il n'a manqué ni de médecins, ni de médecine, ni d'enseignement médical. Gette proposition est surabondamment démontrée de deux côtés à la fois : par les manuscrits médicaux et par les textes historiques. Ainsi, de quelque côté que nous nous tournions durant les temps barbares, nous rencontrons toujours et partout la médecine, les médecins et les écoles médicales.

C’est pour avoir méconnu l'existence de l'enseignement médical et des livres médicaux durant la première période du moyen âge, qu'on s’est mépris sur le caractère de l’école de Salerne, qu’on a cherché à cette école des origines précises, et qu’on l’a considérée comme une exception. Le viféclat que Salerne a jeté de bonne heure, et qu’elle a conservé si longtemps, pouvait, il est vrai, éblouir les historiens et détourner leur attention des autres centres d'instruction médicale ; mais alors on ne comprend pas, ni que ces historiens se soient laissé égarer à ce point d'avoir proposé ou accepté les explications plus étranges, plus invraisemblables les unes que les autres sur les débuts de cette école fameuse, ni surtout qu'ils aient eu assez peu de souci de sa véritable réputation pour n’être pas allés à la recherche des ouvrages rédigés par les maîtres salernitains (1).

Ce ne sont ni les Arabes, ni les Juifs, ni Constantin, ni les princes lombards, ni les moines bénédictins , ni Charlemagne, ni même une société composée d’un Juif, d’un Arabe, d'un Grec et d’un Latin, qui ont fondé l’école de Salcrne! Reproduire les arguments qui combattent victorieusement ces ridicules alléga-

(4) Voyez, soit dans mon Introduction à l’École de Salerne (texte donné d’après celui de M. de Rensi; traduction en vers de M. Maux Saint-Marc, Paris, 4859), soit dans la Médecine, histoire et doctrines (p. 423 et suiv., et p. 460 et suiv.), la liste des écrits salernitains découverts par M. Henschel et par moi, et publiés aux frais de M. de Rensi, ainsi que l'historique de ces découvertes.

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