INSTITUTIONS MÉDICALES A SALERNE
enfants trouvés, aux dames qui voulaient se préserver des dangers du monde, enfin aux malades qui y étaient logés et soignés. Les chevaliers de Jérusalem, les frères Gélestins, les frères de la Croix et d’autres congrégations dirigeaient ces hôpitaux.
On voit aussi à cette époque plusieurs médecins militaires sortir de Salerne et suivre les armées avec une commission du gouvernement ; — des médecins spécialistes patentés pour traiter les plaies, les hernies et les yeux, exercent en ville et dans les environs ; — on rencontre aussi la mention de diplômes particuliers pour les femmes, ce qui ne doit point étonner dans la patrie de Trotula(A); — les médecins de cour sont nombreux et obtiennent de grands priviléges; — les traitements des maitres ou professeurs sont réglés; on voit que pour quelques-uns il s'élevait à douze onces d’or par an; — on trouve encore plusieurs médecins-prêtres à la fois chargés de l’enseignement médical et revêtus des hautes dignités ecclésiastiques; — enfin il y a des sages-femmes jurées, surtout pour les grandes dames de Salerne et de Naples,
Cest au milieu du xn° siècle que maître Gérard, de Crémone, popularise les livres arabes par des traductions, et que ces livres se substituent définitivement aux ouvrages gréco- Jatins: l’école de Salerne perd son autonomie, mais non pas encore son importance et sa réputation.
Frédéric I donne une nouvelle impulsion aux sciences et aux lettres : il réunit les différentes écoles en une seule université, et publie divers règlements de grande importance (2).
Frédéric prescrit trois ans d’études philosophiques et litté-
(4) Hrotula à écrit beaucoup de livres; mais elle n’est très-probablement pas L'auteur de celui qu'on lui attribue. Vers la fin du xv° siècle, Costanza ou Costanzella Calenda, renommée même à la cour par sa beauté et par sa science, estqualifiée de docteur-médecin ; Abella avait écrit Sur l'afrabile et Sur la générations Mercuriade s'occupait de chirurgie autant que de médecine: on le voit par le titre deses ouvrages, aujourd'hui perdus; enfin Rébecca, issue de cette célèbre famille des Guarna qui était alliée aux rois normands, avait rédigé divers opuscules Sur les fièvres, Sur les urines et Sur l'embryon.
(2) Plus tard, il détruisit lui-même en partie son œuvre de rénovation pour Salerne, en créant à Naples, dans une capitale, un institut tout semblable à celui de Salerne, qu'il dota richement et auquel il accorda des priviléges exceptionnels.