ORIGINES ET DÉVELOPPEMENTS
beaucoup de bibliothèques publiques ou privées, toutes remplies des plus précieux manuscrits qu'on copiait sur place ou qu’on recevait en grand nombre d'Orient (1). La bibliothèque de Cordoue, ouverte en 915, renfermait 600 000 manuscrits, dont lé catalogue formait 44 volumes ! Aussi l'Espagne arabe attirat-elle de bonne heure les Occidentaux.
En nous plaçant dans ce milieu créé de toutes pièces, doué néanmoins, comme on voit, d’une certaine activité, nous ayons reconnu et suivi les voies par lesquelles la médecine est arrivée parmi les Arabes (2). Nous savons maintenant comment elle a pu être un moment respectée, et prendre, même dans les académies et à la cour des princes, un certain développement. Cependant c’est par un grand abus de langage qu’on dit : 4 médecine arabe, puisque c’est presque toujours la médecine grecque que nous irouvons enseignée ou pratiquée par des étrangers dans l'un ou l’autre kalifat, celui d'Orient et celui d'Occident.
On ne peut faire que des divisions factices dans l’histoire de la médecine chez les Arabes, puisqu'il n’y à pas dans cette médecine de mouvements caractérisés par les progrès de la science. Pour le kalifat d'Orient, j'ai admis deux divisions : de l'an 1 de lhégire à l'an 250 environ, et de celte année 250 {milieu du IX siècle) jusqu’à l'an 750 (xiv° siècle). Les médecins qui sont compris dans la première partie de la première période ne sont Connus que par leur biographie; il n’en reste rien : du moins, s'ils ont écrit, leurs œuvres sont perdues ou sont encore cachées
dans les manuscrits: même de l'an 4 à l’an 150, on ne trouve pas de médecins proprement dits, mais des espèces de rebou-
(1) Dans le désir d’exalter Sa patrie, l'auteur d'une histoire de la médecine espagnole, Morejon, semble avoir oublié complétement que le kalifat d'Orient a été en grande partie le Pourvoyeur du kalifat d'Occident.
(2) Les premiers médecins qui ont pratiqué parmi les Arabes, un peu dans le peuple et surtout chez les grands, s'étaient formés en Perse, où de très-bonne heure (déjà du temps de Ghosroëès) on avait établi des hôpitaux et des écoles. Ces médecins, au milieu desquels brille particulièrement la famille des Bachtischua, étaient les plus recherchés. Mais bientôt les épiciers, les droguistes ct les barbicrs, en se faisant médecins, finirent par compromettre entièrement Ja profession.