‹ Histoire des sciences médicales v. 2 (volume 2)Chapitre 11 sur 102 · DÉCOUVERTE DU CANAL THORACIQUE ET DES LYMPHATIQUES · texte numérisé non relu

DÉCOUVERTE DU CANAL THORACIQUE ET DES LYMPHATIQUES

pris garde, et qui semblent avoir été destinées à la fonction que je n'aurois jamais sçu accordée aux mezaraïques communes. Elles £ont blanches et remplies d'un lait ou substance blanche telle qu'on veut être celle du chyle ; mais elles ne peuvent ôtre vues ni observées qu'en ranimai encore vivant, et quelques heures après qu'on l'a bien fait paître ; c'est-à-dire quand l'aliment préparé dans l'estomach descend le long des intestins. C'est homme en a fait tout un monde d'expériences en divers animaux qu'il a ouverts tous vivants, comme chiens, chats, agneaux» pourceaux, vaches, voire même un cheval acheté pour ne servir qu'à cela : étant bien considérable que, d'abord que l'animal expire, ces vases ne laissent point de vestiges d'eux-mêmes, et que, si l'animal n'est repu, et on ne l'ouvre en une heure convenable, on n'en sçauroit aussi rien voir. Je n'en ai point encore vu l'expérience ; mais, outre la foi que ce brave homme semble mériter, M. Riolan et autres personnes qui l'ont déjà éprouvé^ m'ont assuré qu'il n^en faut point faire de doute. »

Nous venons d'assister, Messieurs, aux premiers assauts qu'a reçus la vieille théorie de la sanguification, ou plutôt de la chyliticalion (car jusqu'ici personne n*a encore eu une juste idée de l'hématose), après qu'on eut reconnu les vaisseaux chylifères. Mais ces assauts ne nous ont pas rendus maîtres de la place, puisque le foie conserve ses antiques fonctions. Maintenant nous allons, avec notre connpatriote Pecquet, conquérir un nouveau tronçon des voies de la nutrition, et cette fois le viscère hépati* que est mort, bien mort, jusqu'à ce que M. Claude Bernard vienne le ressusciter en lui donnant d'autres attributions.

€ Il manquait, dit Mentel (1), un couronnennent à la découverte d'Aselli et un point de départ à celle de Harvey ; c'est toi, Pec* quet, qui, au grand bénéfice de la fiiédecine, as flairé et puis découvert cette nouveauté nécessaire. »

Pecquet a reçu une double immortalité : par la découverte du réservoir du cbyle et du conduit qui mène ce liquide aux sous-clavières (voy. p. 631, note 1), et par les Lettres de madame de Sévigné, où il est nommé et célébré comme médecin, mais où il n'est pas question de sa découverte. Être appelé par une grande dame c notre petit Pecquet,» être l'objet de ces c petites amitiés » que dicte une vive reconnaissance, n'est pas une mince faveur-, être préféré à tous les médecins pour soigner ce

(1) Episiola ad Pecquetum.

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